Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Catégorie : Intervention au Grand Lyon (Métropole)

Soutien à Lyon French Tech

Voici l’intervention que j’ai effectuée lors du Conseil métropolitain du 11 mai 2015, au nom du groupe UMP et apparentés, à propos de notre soutien à Lyon French Tech.

“Monsieur le Président,

Le groupe des élus UMP et apparentés salue et soutient le dynamisme des entreprises de la filière numérique de notre agglomération.

Les 7 000 entreprises du numérique, avec leurs 42 000 emplois, sont un véritable atout pour notre agglomération. Ce dynamisme entrepreneurial associe de grands acteurs et une myriade de TPE et startups, qui font de notre agglomération le 2e pôle numérique français, fort également de 600 formations universitaires.

Comme pour d’autres filières économiques, il y a sans doute besoin de renforcer la visibilité de ce potentiel économique. Nous soutenons donc la démarche French Tech, même s’il faut reconnaître que l’engagement financier de l’Etat est somme toute limité. C’est donc bien l’action des entrepreneurs, des chercheurs, des salariés de la filière numérique qu’il faut d’abord saluer.

Nous approuvons donc la création, l’adhésion et le soutien financier à l’association Lyon French Tech en tant que structure d’animation de la filière.

Cela nous amène néanmoins à une interrogation sur votre approche du développement économique. Dans le contexte financier contraint qui est le nôtre, une fois que la structuration d’une filière est réalisée, comme c’est le cas pour le numérique, et que le Grand Lyon externalise l’animation de cette filière avec un soutien financier, ne faudrait-il pas dans le même temps réduire les moyens consacrés en interne à l’animation économique ?

Concernant la création du  lieu totem, conformément au cahier des charges de la French Tech, nous regrettons que notre assemblée n’aie pas été associée à la sélection de ce lieu.

Vous nous demandez aujourd’hui de valider un choix. Je sais que plusieurs bâtiments ont été analysés et que les professionnels ont été associés au choix, parmi cette short-list.

Néanmoins et d’abord, notre assemblée peut s’étonner que vous imposiez des choix lyonnais. Quand on cherche à mettre en valeur les compétences économiques de notre agglomération, tous les territoires de cette dernière peuvent faire valoir leur potentiel. Une discussion ouverte aurait été intéressante.

Ensuite, concernant la halle Girard, peut être que cela sera un lieu fort à terme, dans le quartier Confluence. Maintenant, il est aussi possible d’avancer quelques réserves.

D’abord, sans doute encore pour quelques années, même après 2017, le lieu risque d’être encore marginal. Le numérique a besoin d’une vitrine fédératrice tout de suite, pas dans 3 ou 5 ans. N’inversons pas la logique des choses. Il faut appuyer le développement de la filière numérique et non pas se servir d’elle pour aménager une zone d’activité.

Nous pouvons aussi nous poser la question si la Part-Dieu n’aurait pas été un lieu plus adapté. Vous le savez, je ne pense pas qu’il faille tout concentrer à la Part-Dieu. Mais pour le coup, quand on parle de vitrine et d’accélérateur de startups numériques, ce secteur a vraiment du sens : parce que c’est un lieu d’expérimentation numérique, parce qu’il y a la densité économique, parce que enfin et surtout, il y a l’accessibilité par le pôle d’échange multimodal, atout essentiel pour assurer la connexion de nos entreprises numériques avec d’autres territoires.

Ce pourrait notamment être un formidable levier pour fédérer les pôles numériques de toute notre région. Grenoble a aussi obtenu le label French Tech. Saint Etienne et Annecy sont candidats. Et demain, les capacités de l’Auvergne viendront encore renforcer notre potentiel. Il s’agit là d’un enjeu fondamental pour peser au plan mondial. Etre proche de la gare serait un atout clé pour réaliser cette fédération régionale.

Pour être dans la proposition, pourquoi par exemple ne pas avoir envisagé de localiser le lieu totem dans l’ancienne blanchisserie des HCL, cours Lafayette ? C’est une idée spontanée comme nous n’avons pas été associés au choix, mais c’est un exemple d’une localisation qui avait l’avantage d’une disponibilité immédiate et d’une proximité de la gare.”

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Arrêtons les doublons dans l’action publique

Voici des extraits de mon intervention lors du Conseil métropolitain du 23 mars, à propos des actions du Pôle métropolitain. Alors qu’il nous faut réduire drastiquement les dépenses, ce qui réduit nos investissements et les aides que la collectivité peut apporter, il n’est plus possible de mener des actions en doublon avec d’autres collectivités territoriales.

“Monsieur le Président, Chers collègues,
Nous voterons cette modification statutaire technique, qui illustre la grande complexité de notre organisation territoriale.
Nous la voterons mais à l’occasion de cette délibération, nous, élus du groupe UMP, alertons sur l’émergence de nouveaux doublons entre l’action du pôle métropolitain et celle d’autres collectivités.
Depuis quelques mois, vous ne cessez d’annoncer – et vous avez raison sur ce point – les conséquences douloureuses qu’aura la baisse drastique des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales (- 73 millions en 2015).
La loi NOTRe, en cours d’examen par le Parlement, est censée simplifier les choses, en répartissant clairement les rôles des collectivités, pour une action publique moins couteuse. On verra quel sera le résultat à l’issue du capharnaüm de votre réforme territoriale socialiste.
Il reste que dans ce contexte, l’heure n’est certainement pas à la création de nouveaux doublons. C’est pourtant ce que vous tentez de faire avec certains projets du pôle métropolitain. On vous promeut à Paris comme le grand expérimentateur-simplificateur avec la Métropole, on sait moins que vous êtes aussi complexificateur avec le pôle métropolitain.

Quelques exemples de ces doublons naissants :
L’attraction des entreprises : alors même qu’au plan national Business France se met en place, en déclinant son action en région, vous organisez les choses au niveau d’un sous-territoire de Rhône-Alpes.
La French Tech : alors que quatre agglomérations sont labellisées « agglos numériques » ou candidates en Rhône-Alpes, pourquoi chercher à travailler uniquement avec Saint-Etienne ?… qui semble d’ailleurs regarder vers Grenoble… Pourquoi ne pas chercher à jouer la complémentarité de toutes nos forces régionales ?
La robotique : vous nous expliquez qu’il faut financer une stratégie de développement de la robotique au niveau du pôle métropolitain. Mais pas plus tard que jeudi dernier, votre camarade Jean-Louis Gagnaire, Vice-Président du Conseil régional, a lancé aussi son plan régional de la robotique animé par la structure haut-savoyarde Thésame.

Pourquoi doublonner la dépense publique sur des sujets où nous sommes plus forts en réunissant tous nos atouts régionaux ? Et pour lesquels notre Métropole, capitale régionale incontestée, a naturellement un rôle d’entrainement à jouer en tant que pôle économique, sans qu’elle ait besoin créer ses propres actions de soutien.

(…)
 A votre décharge, il est vrai que l’attelage majoritaire sortant a gravement endormi la Région et que cela laissait de la place à des initiatives concurrentes. Mais j’ai une bonne nouvelle, avec une majorité nouvelle, la Région retrouvera son rôle plein et entier.

(…)
 Vous allez me dire aussi, « plus il y a d’actions, mieux sait. Vive le foisonnement des initiatives pourvu qu’on sache travailler ensemble ». Cet argument, qui relève du monde des « bisounours », ne tient plus la route. Car pour en revenir à mon propos introductif, en période de disette budgétaire, aucun gaspillage ne peut être toléré.

Car effectivement, les doublons en termes de structure ont forcément un coût. Et nous en avons eu la démonstration chiffrée dans le bilan du pôle. Les orientations budgétaires indiquent, noir sur blanc, que le pôle n’a réalisé que 58 % de son plan d’actions en 2014. Et pourtant, les frais de fonctionnement n’ont diminué que de 15 %. Vous avez toujours vanté la souplesse et la légèreté de l’organisation du pôle métropolitain. Un tel écart entre activité et ressources consommées, c’est plutôt le signe d’une rigidité. Je peux vous dire qu’une petite entreprise dont l’activité chute de 50 % ne peut se contenter de réduire de 15 % ses charges.

Alors voilà, Monsieur le Président, nous vous alertons sur cette dérive institutionnelle. Alors que notre collectivité s’apprête à réduire la voilure en termes d’investissement, alors que vous vous apprêtez à dire à de nombreuses associations, dans le cadre des nouvelles compétences, qu’il n’y a plus d’argent, les doublons institutionnels, facteurs de gaspillages en termes de dépenses, ne sont vraiment plus admissibles.
Nous allons y veiller dans le détail.”

Quelques rappels sur le projet Part-Dieu

Lyon-20130630-00119Voici le texte mon intervention lors du Conseil du Grand Lyon de lundi 3 novembre, à propos de l’ouverture d’une concertation sur une future zone d’aménagement concerté (ZAC) Part-Dieu Ouest, pour la réalisation du projet Part-Dieu 2020. Le périmètre de cette ZAC est délimité par le boulevard Deruelle, le boulevard Vivier-Merle, la rue Paul Bert et la rue Garibaldi.

“Monsieur le Président, Chers collègues,
La Part-Dieu nouvelle devra être un quartier à vivre, pour ses visiteurs, mais aussi pour ses habitants. Cette délibération, qui clôt une procédure de concertation et en ouvre une autre, est l’occasion de le réaffirmer.

Concernant le bilan de la concertation préalable, il faut effectivement souligner la forte mobilisation des habitants. Une mobilisation bien compréhensible puisqu’il s’agit, pour près de 200 familles, de la disparition programmée de leur logement. Un logement qui correspond bien souvent à un projet de vie, et dont la disparition, même à l’horizon 2020, crée pour eux une forte incertitude.
Mobilisation, et même émotion légitime des habitants concernés, puisque sur cette question du logement, votre projet Part-Dieu 2020 était mal engagé :
• Vous avez parlé de densifier l’habitat en centre-ville, mais parmi les premières réalisations, il y a des démolitions de dizaines de logements.
• Certains des habitants concernés l’ont appris lors de réunions publiques, en réponse à des questions de la salle !
• Et puis il y eut l’incroyable épisode du MIPIM 2011. C’est sur ce salon de l’immobilier à Cannes, que vous avez dévoilé en avant-première la maquette du projet envisageant d’autres démolitions. Les Lyonnais ont alors apprécié votre approche délocalisée de la démocratie de proximité. Face à la levée de boucliers, vous avez parlé d’intentions urbanistiques. Les habitants y ont vu des projets mal intentionnés.
Sans doute allez-vous me répondre que vous pensez au rayonnement de la ville. Nous aussi ! Mais nous ne concevons pas le rayonnement de la ville contre, ou sans ses habitants.

Les habitants sont aussi soucieux des conditions de circulation et d’accessibilité, en réaction notamment à la chronique d’un engorgement annoncé de l’avenue Pompidou, sous la gare. Redisons-le encore : cet aspect du projet pose la question de l’accessibilité à la gare, mais aussi celle de l’enclavement du quartier Villette-Paul Bert.

La délibération précise pudiquement que suite à la concertation, le plan de référence du projet Part-Dieu est davantage conforme aux attentes des riverains et usagers. C’est le cas sur le papier. Nous serons vigilants dans la réalisation. En tous cas, l’action des élus UMP du 3e, aux côtés des habitants, n’y est pas pour rien.

2e volet de la délibération : le lancement de la zone d’aménagement concerté (ZAC) Part-Dieu Ouest.

D’abord une question. Pourquoi limiter le périmètre de la ZAC à l’Ouest de la gare ?
Vous motivez la ZAC par la complexité du projet autour de la Gare. Pourquoi alors ne pas prendre en compte la porte Est de la gare ?
Je redis ici que la Part-Dieu nouvelle ne pourra être réussie au plan urbanistique si on ne prend pas en compte le périmètre de vie de la Part-Dieu, espace urbain de 30 000 habitants, avec leurs souhaits et leurs besoins.

Et j’ouvre à ce propos une parenthèse d’actualité. Avec le découpage de la future Métropole sur lequel vous travaillez, vous réussissez le tour de force d’éclater le quartier Part-Dieu en deux territoires électoraux. En 2020, l’habitant qui souhaiterait demander des comptes sur l’aménagement de la Part-Dieu, devrait le faire à des élus différents selon qu’il réside à l’Est ou à l’Ouest des voies ferrées.
Belle réalisation en termes de simplification et de transparence démocratique !

Quelques remarques enfin sur les objectifs de la concertation.
Votre délibération dit qu’il faut prendre en compte l’accessibilité en voiture. Je dirais qu’il faut surtout l’assurer en limitant les restrictions de voiries, qui n’auraient qu’un seul effet, celui de déplacer les flux de circulation vers des rues résidentielles.
Il faut aussi clairement assurer l’accessibilité pour les usagers de la gare. Vous devriez afficher plus clairement le projet de nouveau parking de la gare.
Le projet doit aussi rendre des espaces publics plus agréables. Attention à ne pas se limiter aux abords de la gare. Quid par exemple du petit centre commercial Moncey Nord, aujourd’hui largement délaissé ?
Enfin, si 2 000 nouveaux logements sont prévus, il faut assurer des conditions de relogement équivalentes aux habitants qui vont perdre le leur.

Le groupe UMP approuve bien sûr le lancement de la concertation sur la future ZAC Part-Dieu Ouest. Nous allons suivre les choses de près.
En 2009, déjà au salon du MIPIM, vous avez déclaré : « Plus qu’un quartier d’affaires, il s’agit aussi d’un quartier à vivre qui propose une offre de services pour les entreprises mais aussi pour leurs salariés ».
La Part Dieu doit être un quartier à vivre, pour ses visiteurs. Mais aussi pour les 30 000 personnes qui y habitent au quotidien !

Place Gabriel Péri : ne pas se tromper de diagnostic

Je vous invite à prendre connaissance du texte de mon intervention lors du Conseil du Grand Lyon du 10 juillet 2014 à propos de travaux sur l’immeuble “Le Clip” ; l’occasion d’avoir la confirmation que le Maire de Lyon fait une analyse erronée sur cet espace public. Dès lors, on comprend mieux pourquoi la situation est chaotique dans le secteur.

“Monsieur le Président, il ne s’agit pas que d’un petit dossier technique qui consiste à remplacer les vitres d’un immeuble puisqu’il y en a pour un peu plus de 4 M€ ! Je voudrais dire que le groupe UMP va voter cette délibération parce qu’en effet, il est plus que nécessaire de rénover cet immeuble de la place Gabriel Péri pour résoudre les problèmes de chutes d’éléments de cet immeuble, pour sécuriser le site et je dirais pour « libérer » les habitants occupant ces immeubles qui se trouvent aujourd’hui derrière des filets, vous le savez, depuis quelques années, dispositif qui pénalise également l’activité des commerces en rez-de-chaussée. Cette rénovation va aussi permettre l’embellissement du cadre urbain dans le secteur ; je vais y revenir juste après.

Je voudrais d’abord faire trois remarques techniques sur la délibération :

– la première, c’est que l’on peut s’étonner de l’écart de chiffrage entre les deux expertises dans le rapport pour la rénovation de CLIP 2 puisque l’une a abouti à 150 000 € alors que l’autre a abouti à 3,5 M€ ;

– deuxième remarque, c’est qu’il faut regretter bien sûr que le recours porté par la SACVL pour malfaçon ait été déposé hors délai, ce qui occasionne aujourd’hui des coûts pour notre collectivité ;

– enfin, troisième remarque, puisque le Grand Lyon se voit contraint d’acquérir les commerces en pied d’immeuble, il faut souhaiter que cela donne la possibilité à notre collectivité de bien maîtriser les lieux dans le cadre du devenir de la place.

Je disais donc que cette rénovation arrivait au moment opportun pour rénover le cadre urbain de la place Gabriel Péri qui en a bien besoin et vous savez que le CLIP est un immeuble emblématique des lieux.

Mais cette rénovation ne suffira pas à elle seule à changer l’image du secteur et à restaurer un cadre agréable pour les habitants et les visiteurs de cette place Gabriel Péri qui est, avec le bout du cours Albert Thomas, une entrée du troisième arrondissement. Elle ne suffira pas car les besoins de rénovation urbaine sont colossaux et je voudrais à ce propos exprimer une suggestion, un regret et un rappel.

La suggestion, c’est d’avoir une approche urbanistique qui intègre cette place Gabriel Péri. Pendant la campagne électorale, vous avez promis de réaliser la diagonale Moncey. Je pense que ce projet manquera de cohérence s’il s’arrête derrière le CLIP et n’intègre pas une requalification de la place Gabriel Péri qui -je le redis- est l’élément-clé de l’une des portes du troisième arrondissement.

Le regret, pour ne pas dire la consternation, c’est de constater qu’alors même que les besoins sont énormes, ce secteur du troisième arrondissement (Moncey-Voltaire) ne sera plus considéré comme un quartier prioritaire de la politique de la ville du fait des choix de votre Gouvernement socialiste. L’histoire retiendra que c’est la Ministre Najat Vallaud-Belkacem, encore élue du troisième arrondissement, qui aura fait sortir ce quartier de la politique de la ville et qui considère donc que ce quartier ne doit pas bénéficier d’une action renforcée des pouvoirs publics.

Le rappel, c’est que le développement urbain du quartier, comme pour tous les quartiers en difficulté, ne peut se réaliser sans que l’ordre public soit assuré ; c’est un préalable. Et, là encore, les besoins sont criants, comme on l’a vu avec certains comportements qui se sont déroulés sur cette place et comme une actualité récente l’a démontré. Je fais référence aux après-matchs de l’équipe d’Algérie qui se sont déroulés dans le secteur Guillotière et qui ont montré que cette place avait été un point dur des graves débordements que nous avons connus ; et je dois dire que j’ai été un peu choqué de recevoir des sms de relations à divers endroits de France me disant “Ton troisième arrondissement de Lyon, c’est plutôt chaud !”. Effectivement ! Et je dirais que le début de l’émeute que nous avons connue en marge du marché du Ramadan cette semaine doit aussi nous interpeller.

Oui, monsieur le Président, la collectivité, Ville et Grand Lyon, doit avoir une action forte en termes de bâti comme nous allons le voter avec cette délibération mais il faut aussi un développement urbain d’ensemble, avec une approche urbanistique globale et ne pas oublier les notions d’ordre public et de sécurité, qui relèvent bien évidemment de l’Etat mais pour lesquelles la Ville de Lyon et la Métropole doivent aussi apporter leur contribution.”

Part-Dieu 2021 : regardons le concret

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Voici le texte de mon intervention lors du Conseil du Grand Lyon du 23 juin 2014 sur le programme d’infrastructures et d’aménagement d’espaces publics “Part-Dieu 2021” : le temps est venu d’examiner les implications concrètes des projets, sans en rester aux concepts à la mode…

“Nous, élus UMP, nous approuvons ce projet de développement du pôle d’échanges multimodal de la Part‑Dieu. Nous pensons qu’il y a besoin d’un projet d’ensemble qui permette effectivement d’assurer la bonne desserte ferroviaire de cette agglomération et donc notre accessibilité internationale, qui connecte cette gare à notre système de transports en commun et qui s’inscrive dans un projet d’urbanisme global qui va conforter le quartier d’affaires de la Part-Dieu mais qui n’oublie pas pour autant -et nous l’avons suffisamment dit dans la campagne- que la Part-Dieu est aussi un quartier à vivre.

Dans ce programme, vous nous proposez un certain nombre d’aménagements qui sont liés à ce pôle d’échanges multimodal. Sur certains de ces projets, nous sommes d’accord, je ne vais pas m’étendre sur ceux-là. Par contre, un certain nombre nous posent problème et je serai plus concret et un peu moins lyrique que mes collègues, mesdames Panassier et Bouzerda, dans leur présentation.

Se pose d’abord le problème de la réduction de cinq à deux voies de l’avenue Pompidou sous les voies ferrées. Cet aménagement va bien sûr poser un problème d’accessibilité majeur pour la gare parce que c’est un fonctionnement essentiel tout autour de cette gare qui est permis par cette voirie et c’est un problème d’accessibilité en plus pour le quartier Villette-Paul Bert qui se trouve juste derrière, qui est déjà un peu enclavé et que l’on va un peu plus fermer du reste de la ville. J’en parle ici parce que je pense que le Maire d’arrondissement n’a sans doute pas suffisamment défendu les intérêts de ce quartier. La concertation elle-même l’a évoqué : si vous avez lu le rapport de concertation, il est dit par beaucoup d’habitants et d’actifs qu’il ne faut pas réduire plus la voirie dans ce secteur au risque d’asphyxier complètement le quartier. Lors d’une réunion technique en août 2011 au Grand Lyon, il est d’ailleurs indiqué que votre projet va réduire de 15 % la capacité de voirie sur la Part-Dieu, donc c’est tout à fait significatif.

Vous allez me dire, monsieur le Président : “Mais vous avez d’autres solutions à nous proposer pour ces nouveaux accès à la gare de la Part-Dieu ?” Moi, je pense que l’option Bonnel n’a pas été suffisamment étudiée, qu’il y avait sans doute une possibilité de faire sans réduire la voirie Pompidou et j’ai quelques doutes sur les études qui ont justifié ce choix.

Deuxième dossier qui pose problème, c’est le détournement de la circulation de la rue Servient vers la rue Bouchut prolongée. La couverture de Servient va effectivement obliger à ce que la circulation automobile soit déviée en amont par la rue Bouchut. Le mail Bouchut aujourd’hui, que les cyclistes et les piétons connaissent bien, est l’un des rares endroits de la Part-Dieu relativement convivial.

J’ajoute que, sur la section de Vivier-Merle entre la rue Pompidou et la rue Servient, ce sont 600 véhicules par heure qui vont effectivement passer par la rue André Philip et la rue Mazenod ; on va détourner un trafic qui passait sous la Part-Dieu vers des rues résidentielles, ce qui est bien évidemment un problème.

On pourrait dire aussi que la densification du secteur Desaix n’est pas forcément une bonne idée, que l’aménagement de la place de Francfort a donné lieu a de multiples épisodes, on nous a présenté des projets puis ils ont été retirés et on nous en a présenté d’autres.

Je dirai que cela illustre une chose : c’est le caractère indigeste de notre millefeuille administratif au plan démocratique puisque de tels projets, on ne les discute pas dans cette enceinte, bien évidemment, on n’a pas le temps, on ne les discute pas en Conseil municipal de Lyon et on ne les discute même pas en Conseil du troisième arrondissement, ce qui veut dire que l’on impose, en fait, à 20 000 habitants des projets qu’ils n’ont pas vraiment l’occasion de débattre avec leurs élus.

Enfin, dernier point, le parking sous la place Béraudier. Oui il faut accroître les capacités de stationnement à proximité de la gare, c’est bien évident. Je ferai juste une remarque : il ne faudrait pas que ce parking, financé par des fonds publics, vienne servir à des tours dont vous autorisez la construction sans permettre de parking parce que, là, il y a bien évidemment un risque que ce parking public, qui a vocation à desservir la gare, ait un autre usage et je ne pense pas que ce soit aux fonds publics de financer de tels aménagements.

Le Maire du troisième arrondissement, votre Vice-Président, prétend souvent que son opposition UMP est dans la caricature sur Part-Dieu. Réduction de cinq à deux voies sur l’avenue Pompidou, circulation automobile que l’on détourne de dessous la Part-Dieu pour l’emmener vers des rues résidentielles, je pense que cette caricature a une drôle d’allure de réalité et qu’en termes de qualité de vie, il y a effectivement une dégradation. Rendre le sol facile, c’est bien, ne pas dégrader la vie des cœurs de quartier, c’est mieux, monsieur le Président. Je pense qu’il faut cesser de nous bercer de concepts, il faut prendre un peu à bras-le-corps certaines réalités.

Nous sommes donc favorables à la modernisation et au développement de la gare, nous sommes favorables à l’extension des capacités de stationnement à proximité de la gare, nous sommes favorables à la nouvelle place Béraudier, nous sommes favorables à la place de Francfort si elle est concertée. Par contre, nous sommes opposés aux restrictions et aux détournements de circulation que vous allez provoquer et à la dégradation des lieux de vie qui entourent la Part-Dieu. Vous disiez tout à l’heure que le Grand Lyon devait passer à l’acte ; sur ces derniers points, nous vous demandons de ne pas passer à l’acte.

C’est cet avis partagé qui nous amène à nous prononcer pour une abstention sur ce dossier qui n’est pas une abstention de retrait -vous l’avez compris- mais qui résulte de  la difficulté de faire la part entre les bons et les mauvais projets de votre délibération.”

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