Sep 25

Voici la vidéo de mon intervention en Conseil municipal de Lyon du 25 septembre 2018, à propos du projet d’extension du groupe scolaire Léon Jouhaux.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , ,

Sep 24

Lors du Conseil municipal de mai dernier, j’intervenais une fois encore pour demander une action plus volontariste et efficace de la Ville dans la prévention et la lutte contre la délinquance (voir mon intervention). L’adjoint Sécheresse, chargé de la sécurité, démontrait dans sa réponse une autosatisfaction à propos de la situation à Lyon… J’alertais notamment sur ces espaces publics qui n’allaient pas manquer d’être “privatisés” par quelques attroupements pendant l’été. Quelques jours après cette intervention, des riverains du “jardin de poche”, entre les rues Créqui et Edison, me contactaient pour me dire que c’est exactement ce qu’ils vivent et pour me faire part de leur désarroi.

J’ai alors saisi la Mairie d’arrondissement et obtenu l’organisation d’une réunion entre ces riverains, l’adjointe à la sécurité et des responsables des polices nationale et municipale. Cette réunion fut intéressante, permettant à une vingtaine d’habitants d’expliquer la difficulté de leur situation du fait de l’occupation récurrente du square jusqu’à des heures avancées de la nuit : nuisances sonores très fortes (cris et insultes), débordements, dégradations et, quand les riverains demandent aux “visiteurs” du square de se calmer (comme cela est suggéré par nos autorités pour régler le problème), insultes, jets de pierre et de bouteilles contre les fenêtres, menaces, dégradation sur les véhicules… Avec cet état de fait, nous ne sommes bien évidemment plus dans une “petite” nuisance sonore, mais bien dans un cadre de vie néfaste et pesant qui mine les gens.

Suite à cette réunion, les forces de police, que l’on peut remercier pour leur écoute, ont effectivement multiplier les passages dans le square en soirée et répondu plus fréquemment aux appels téléphoniques des habitants. Mais pour autant, les nuisances perdurent, car dès ces passages réalisés, les débordements reprennent.

Cette situation, qui se retrouve dans beaucoup d’autres lieux de notre ville, illustre bien l’insuffisance de la lutte contre la délinquance. Je note notamment les éléments suivants :

  • Alors que le problème de cet espace est connu, que les fauteurs de troubles sont quotidiennement présents, leurs noms n’étaient pas connus des autorités… Comment dès lors peut-il y avoir une action de fond, notamment auprès des familles, pour tenter de corriger les choses ?
  • Les passages réguliers sur un espace sensible sont bien sûr une première réponse, mais face aux débordements, il faut aussi se mettre en situation de pouvoir constater les comportements délictueux, ce qui veut dire observation discrète, surprise voire recours à la vidéoprotection pour une surveillance permanente. Sans cela, il apparaît bien évidemment difficile de réprimer et on ne peut faire porter toute la charge de la démarche aux habitants. Quelle déception quand nous avons appris lors du conseil d’arrondissement de septembre que les seules verbalisations de l’été concernaient le stationnement…
  • Lors de la réunion de juillet, nous avons vu aussi que cet espace sensible ne faisait pas partie des zones d’intervention des médiateurs sociaux. Comment comprendre qu’il n’y ait pas une cartographie globale de l’arrondissement, avec les points sensibles à traiter en permanence.
  • Enfin, dans ce cas d’école, la configuration des lieux favorise les débordements du fait de l’installation de sièges, directement sous les fenêtres d’une résidence, alors que ce jardin de poche, du fait de son état, n’est pas vraiment propice à une vie de square. Bref, cette installation s’est faite sans analyse des risques, alors qu’on nous parle de “prévention situationnelle”. (NB : après de multiples demandes et un été de nuisances, ces sièges ont finalement été retirés le 25/9…)

La prévention et la lutte contre la petite délinquance sont des sujets difficiles. Il est clair que la police nationale doit être mobilisée sur les faits les plus graves. Mais la Ville, avec sa police municipale, peut contribuer à cette action de façon beaucoup plus volontariste, systématique et organisée.

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Mai 17

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 16 MAI 2018

Part-Dieu quartier à vivre… mais Ville et Métropole de Lyon détournent le trafic automobile des grands axes vers les rues résidentielles… et pas que temporairement !

 Après la réduction de l’avenue Pompidou, la coupure du boulevard Vivier-Merle va générer une 2e incohérence du projet Part-Dieu : le trafic automobile sera dévié par des rues résidentielles. Cette incohérence sera un problème pendant les longs mois de travaux, mais plus grave encore, de façon structurelle et durable par la suite. Il est encore temps de changer les plans pour éviter cette atteinte à la qualité de vie.

Le 28 mai, le boulevard Vivier-Merle sera coupé à la circulation automobile au niveau de la rue Paul Bert, pour plusieurs années, le temps du chantier de l’extension du tunnel, créant une nouvelle difficulté majeure de circulation. La Métropole et la Ville de Lyon ont prévu des déviations : les rues André Philip et de Créqui serviront à contourner la Part-Dieu. Des aménagements provisoires ont été réalisés pour accueillir du trafic automobile supplémentaire. Ce choix est lourd car ce sont des rues résidentielles, bordées d’équipements scolaires et d’accueil de personnes âgées. Il faut limiter l’impact néfaste de cette situation ; je soutiens les propositions des acteurs du quartier tendant à ce que le contre-sens de la rue Garibaldi soit utilisé pour ce délestage.

Mais le plus grave sur ce dossier Part-Dieu, c’est que cette phase chantier n’est que la préfiguration de ce qui interviendra de façon structurelle et durable. Le choix de ne plus permettre aux véhicules venant de Vivier-Merle de passer sous la Part-Dieu, par la rue Servient, s’accompagne d’un futur itinéraire de contournement par la rue Bouchut prolongée, la rue Mazenod puis les rues André Philip ou Créqui vers Servient (voir plan au dos). Les responsables de la Mairie du 3e et de la Métropole démentent cela et pourtant… Pour ce faire, des aménagements de voirie sont prévus. Une délibération d’avril 2018 de la Métropole de Lyon, relative à la ZAC Part-Dieu, qualifie les rues Mazenod et André Philip d’ouvrages de dimension d’agglomération qui sont nécessaires pour accompagner la mutation urbaine de Part-Dieu. Les chiffres communiqués lors des enquêtes publiques font état d’un trafic qui serait multiplié par 5 rue Mazenod et doublé sur André Philip.

Le choix a ainsi été fait de transférer une partie du trafic automobile qui passait sous le centre commercial vers des rues résidentielles du quartier. Dès 2014/2015, à la Métropole puis au Conseil du 3e, j’ai alerté sur cette incohérence et m’y suis opposé. Il faut revenir sur ces choix et travailler sur des options alternatives.

On nous parle de Part-Dieu, quartier à vivre. Mais une fois de plus, avec ces choix de plans de circulation, provisoire puis permanent, on voit que seuls les grands équipements comptent et que peu importent les riverains des rues résidentielles qui seront directement impactés. Ce sont pourtant des centaines de Lyonnais qui vivent rues Mazenod, André-Philip et Créqui, des rues étroites pas adaptées à du trafic automobile intense. La tranquillité, la qualité de l’air, la sécurité (plusieurs équipements scolaires et de petite enfance) sont en jeu.

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Mar 10

Voici l’explication de notre décision de ne pas prendre part au vote pour l’élection du nouveau Maire de Lyon 3e, même si nous étions bien sûr présents à la séance de ce samedi 10 mars 2018.

 

A la suite de la démission de Thierry Philip, le Conseil du 3e arrondissement a élu, ce samedi 10 mars, Catherine Panassier pour lui succéder.

Il s’agit d’une élection faux-semblant. Malgré leurs fractures, malgré les divergences politiques de fond dans le nouveau paysage politique national, les conseillers issus de la liste Collomb de 2014 se sont entendus pour cette désignation car il y avait les postes d’adjoint à se répartir.

Suite à la démission de Thierry Philip, qui est aussi une traduction de ce malaise au sein de la coalition de 2014 (cf. son interview dans le Progrès du 10 mars), il aurait fallu que les habitants du 3e puissent revenir aux urnes, pour clarifier les choix politiques pour l’arrondissement. Dans ce contexte, les élus Les Républicains et apparentés du 3e ont choisi de ne pas prendre part à cette élection au sein du conseil.

Nous avons besoin de savoir comment va agir cet ensemble d’élus qui regroupe des PS traditionnels, des Verts assumés, des communistes historiques, des MODEMs, d’anciens socialistes devenus l’avant-garde du macronisme, des modérés de la société civile… Comment cet ensemble hétéroclite entend-il agir pour notre arrondissement pendant les deux prochaines années :

  • En matière de mobilité, partagent-ils la vision d’une écologie punitive et de la chasse systématique à la voiture, défendue avec acharnement par certains d’entre eux, comme nous le voyons sur la réduction des voiries ou la réforme du stationnement ?
  • Concernant les écoles, défendent-ils toujours la vision de M. Peillon/Hamon en matière de rythmes scolaires ou sont-ils finalement ralliés au retour à la situation antérieure ?
  • En matière de lutte contre la délinquance, sont-ils pour une action ferme pour mettre un terme aux comportements qui nuisent à la vie des gens ou bien confirment-ils qu’ils sont des adeptes du fatalisme et de l’excuse sociale ?
  • En matière de cadre de vie, sont-ils pour la densification de l’habitat, y compris à visée électoraliste, ou de vrais partisans de la qualité de vie en ville et de l’identité des quartiers ?
  • Concernant les migrants, sujet qui a été d’actualité dans le 3e, sont-ils d’accord avec les projets du Ministre de l’intérieur Gérard Collomb ou bien sont-ils sur une position de large accueil ?

C’est cela qui est en question, et il aurait été bon que les habitants puissent clarifier les choses.

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Déc 09

Lors du Conseil du 3e arrondissement du 5 décembre 2017, le projet de nouveau Plan Local d’Urbanisme et du Logement de la Métropole de Lyon était à l’ordre du jour. Les élus LR et apparentés n’ont pas donné d’avis favorable à ce projet compte tenu de certaines dispositions qui ne sont pas favorables à notre arrondissement, notamment à la Part-Dieu et à Montchat. Ci-dessous, les motifs de ce vote :

“L’urbanisation future du tènement de la clinique Trarieux est un point clé. Il y a quelques années, vous aviez fait voter une modification du PLU permettant de densifier les constructions sur ce tènement, en montant notamment les hauteurs sur la rue des Peupliers. Cette évolution n’était pas favorable puisqu’elle conduisait à une densification dans un secteur pavillonnaire, dont les infrastructures (voiries, équipements…) n’étaient pas adaptées. Nous l’avions combattue et les habitants du secteur ont exprimé leurs craintes. Mais rien n’a changé dans le nouveau PLU-H.

Pourtant, pour encadrer le renouvellement urbain de ce tènement d’exception, vous auriez pu établir des Orientations d’Aménagement de Programmation (OAP) qui guideraient le projet d’aménagement, en ménageant par exemple des traversées, en encadrant les hauteurs en fonction du voisinage, en organisant les futures constructions, et cela dans l’intérêt du quartier. Vous l’avez bien prévu pour le tènement Félix-Faure/Meynis/Paul Bert, donc c’est possible.

Lors de la réunion de bilan de mi-mandat à Montchat, vous avez dit ne rien pouvoir faire pour le tènement Trarieux puisque vous êtes contraint d’accorder les permis de construire respectant les règles. Mais la vraie question, c’est celle des règles que l’on pose. Et nous constatons que vous ne voulez rien modifier avec le nouveau PLU. Ainsi, vous organisez vous-même votre impuissance. Nous avons bien compris que votre objectif est de laisser carte blanche au promoteur.

Autre problème, l’entrée Sud de Montchat. Vous aviez déjà validé un permis de construire pour un immeuble de 7 étages rue Ferdinand Buisson, utilisant une double exception. Mme Panassier qualifiait elle-même cette opération de « peu glorieuse » lors de la dernière réunion de Montchat. Et pourtant dans le nouveau PLU-H, vous validez une augmentation des hauteurs à 13m, des deux côtés du début de la rue Ferdinand Buisson. Ainsi, ce changement peut conduire à terme à une continuité d’immeubles hauts au début de cette rue, avec un zonage prioritaire pour du logement social. Dans le même temps vous montez aussi les hauteurs à l’Est de la rue Professeur Florence. Par ces modifications la ville haute et dense gagne sur la partie résidentielle de Montchat.

Autre constat, vous maintenez inchangées les hauteurs sur le cours du Docteur Long. Ainsi, la mutation de ces dernières années va continuer, avec à terme un continuum d’immeubles hauts, créant un effet tunnel sur un cours qui n’est pas très large. Il faudrait adapter un peu les règles pour ménager des ruptures, des ouvertures, afin d’éviter cet effet tunnel, et assurer ainsi que ce cours restera un atout pour le quartier, et non un axe banalisé de la métropole.

Hors Monchat, on note également une densification importante rue Guy à Sans Souci.

A la Part-Dieu, les dispositions problématiques adoptées ces dernières années demeurent dans le nouveau PLU, posant toujours les questions de la cohérence de l’implantation des tours et de la place des habitants dans ce quartier.

Nous constatons même que la Ville de Lyon, dans l’avis qui nous est présenté ce soir, entend amplifier la densification, en suscitant une mutation de l’îlot Garibaldi/Moncey/Lafayette.

Enfin, le projet de PLU-H est dépourvu d’emplacements réservés au cœur de la Part-Dieu pour de nouveaux espaces verts de proximité ou pour de futurs équipements répondant aux besoins d’une population qui va croître.

En conclusion, certaines mauvaises orientations du nouveau PLU posent question quant à la concrétisation de ses objectifs généraux, notamment en matière d’équilibre urbain, de qualité du cadre de vie et de préservation des spécificités des quartiers.

Le bilan menaces/avancées de ce projet de PLU pour le 3e arrondissement n’est pas positif. En l’état, nous ne pouvons approuver votre rapport.

Nous espérons que dans les prochains mois, avant le vote définitif à la Métropole, vous corrigerez les manques que j’ai listés : réalisation d’OAP pour le tènement Trarieux, abandon de l’augmentation des hauteurs sur Ferdinand Buisson, règles de construction affinées sur le cours Dr Long, vision prospective des équipements de proximité et schéma de cohérence de l’implantation des nouveaux immeubles à la Part-Dieu.”

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