Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Catégorie : Intervention en Conseil municipal Page 1 of 4

Le secteur Mutualité n’est plus oublié

Je me félicite que l’amendement que j’avais proposé ait été voté lors du Conseil municipal du 19 décembre 2019. Ainsi, le secteur couvert par l’expérimentation de la vidéo-verbalisation à Guillotière va intégrer des rues sensibles du secteur Mutualité dans le 3e arrondissement : les rues Montebello, Aimé Colomb et une partie de la rue Mortier (ce qui peut être vidéosurveillé avec les caméras existantes).

Cela permet ainsi de corriger un oubli puisque la délibération initiale ne comportait rien sur Mutualité, alors même qu’il y a un mois et demi j’avais alerté la Maire du 3e, Catherine Panassier, en Conseil du 3e arrondissement (voir ci-dessous mon billet du 5/11/2019). Elle avait balayé mon vœu au prétexte d’attendre les résultats d’études. Je la laisse, avec sa majorité, expliquer le pourquoi de ce refus…

L’essentiel est que ce test de la vidéo-verbalisation intègre bien sans attendre toutes les rues où des problèmes se posent, notamment du fait de stationnements sur la chaussée, supports de bruits, de trafics et autres nuisances pour les habitants.

La vidéo de mon intervention en Conseil municipal c’est ici.

Développement durable : la Ville doit faire moins de communication et plus d’actions structurelles

Lors du Conseil municipal du 18 novembre 2019, j’ai exprimé la position de notre groupe sur le rapport annuel de la Ville sur son action en matière de développement durable. Ce rapport est censé présenter la démarche de la Ville pour progresser sur ce sujet.

Force est de constater que cette année encore, ce rapport est surtout un document de communication illustré par une collection d’actions, dont le caractère souvent positif n’est pas contesté. Mais on peut déplorer deux lacunes. D’abord il n’expose pas de stratégie claire sur certains objectifs fondamentaux, et encore moins d’indicateurs pour mesurer nos progrès. C’est le cas par exemple en matière d’efficacité énergétique des bâtiments ou d’insertion professionnelle des jeunes. D’autre part, ce rapport traduit un manque de volontarisme évident dans le domaine de la tranquillité publique et de la lutte contre la délinquance, une dimension pourtant majeure pour un développement équilibré de la Ville.

Pour plus de détails, retrouvez la vidéo de mon intervention : https://www.youtube.com/watch?v=TYdxJ8jkuUU

Lyon en colère

Alors que l’actualité lyonnaise est rythmée par des atteintes répétées à la tranquillité publique et des faits délictuels inacceptables, voici mon intervention lors du Conseil municipal du 23 septembre 2019 sur le sujet.

“Monsieur le Maire,

Notre Conseil municipal se prononce sur des subventions à des associations qui organisent des chantiers loisirs ou éducatifs dans le cadre de la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance.

Personne ne contestera ces chantiers de loisirs ou éducatifs qui aident des jeunes en difficulté à rester ou à revenir sur le bon chemin, en les inscrivant dans des projets collectifs qui travaillent le sens de l’effort, de la réalisation et de l’intérêt général.

Ce qui reste préoccupant par contre, c’est la modestie de l’engagement municipal dans la prévention de la délinquance. 75 000 euros sur l’année, soit 9 % du coût de l’expérimentation florale temporaire de la rue du Président Herriot ! On rappellera aussi l’information du dernier rapport développement durable de la Ville : pas plus de 15 jeunes délinquants chaque année concernés par les modules mis en place par la Ville pour une réparation pénale. Et pourtant, chacun mesure combien les besoins en matière de traitement de la délinquance sont colossaux et en augmentation dans notre ville. Une grande partie des Lyonnais ne se reconnaissent pas dans le bilan de baisse de la délinquance que vous avez brossé en début de conseil.

Nous venons de débattre de la situation déplorable la nuit en presqu’île et des pressions qui sont exercées sur les habitants. Beaucoup de choses ont été dites et de ce fait je modifie l’intervention prévue pour aborder deux points de votre propos en début de conseil.

1) Sur les points noirs de la délinquance. Il ne faudrait pas que cette actualité dans le 2e arrondissement occulte le fait que cela fait de nombreuses années que des Lyonnais voient leur cadre de vie se dégrader, la peur s’installer parce que des attitudes délinquantes deviennent la norme. Dans votre intervention, outre la rue Herriot, vous avez cité le bas des pentes et la place Gabriel Péri. Il y a bien d’autres points chauds. Quelques exemples qui illustrent ces réalités : courses de scooter dans les squares et tours de quads en grillant les feux à Villette Paul Bert, braquages et vols à répétition dans les commerces et nouvelle pétition des habitants excédés aux Charmilles à Montchat, trafics, consommation d’alcool et nuisances sonores au square Saint Michel dans le 7e, des rues voire des secteurs entiers où la réglementation n’est pas respectée par des commerces en termes d’horaires d’ouverture, de vente d’alcools…

Concernant la place Gabriel Péri, j’ai constaté récemment la présence de la police municipale sur la place, au milieu de la foule, pour faire cesser les divers débordements et délits qui s’y produisent. Il faut saluer l’engagement de ces agents qui prennent ainsi le sujet à bras-le-corps. Mais les problèmes dépassent largement la place et ce qu’exprime le collectif Guill’en colère, c’est un retour du droit et de la tranquillité dans l’ensemble du quartier côtés 3e et 7e. Et je ne suis pas sûr que l’étude sociologique que vous annoncez sur le secteur soit la réponse la plus attendue.

2) Votre constat M. le Maire d’une montée de l’intolérance mutuelle et votre appel à la concorde.

L’affaire de l’intrusion dans des immeubles du 2e a fait avec justesse beaucoup de bruit. Mais il y a bien longtemps dans d’autres secteurs de la ville que les habitants se gardent bien de s’exposer pour ne pas subir de représailles. Un état de fait inacceptable pour notre République.

La multiplication des collectifs met en pleine lumière cette situation.

Quand des groupes spontanés ou des bandes organisées veulent faire régner leur loi, imposer leur système ou leurs non-valeurs, il n’y a pas d’intolérance mutuelle et ce n’est plus la concorde civique qui est nécessaire, c’est la restauration de l’ordre public qui est nécessaire, avec les réponses à la hauteur des troubles.

En conclusion, l’action de la ville ne peut se limiter à quelques lieux emblématiques ou à quelques actions « coup de poing ». C’est bien d’action à grande échelle et permanente dont la ville a besoin, une action puissance 10 dans tous les lieux qui le nécessitent… ce qui veut dire une volonté politique implacable et des moyens au niveau pour les missions de tranquillité publique, y compris en amont, dans la prévention.

Tout cela n’est pas un sujet de la présidentielle de 2022 comme l’analyse Emmanuel Macron. C’est un sujet d’hier qui s’aggrave et pour lequel il faut des réponses maintenant.”

Voir aussi le compte-rendu du Conseil du 3e de juin 2019 où j’ai interpelé la Maire du 3e sur l’augmentation de l’insécurité à Montchat (pages 21-23). Lire

 

Soutien aux commerces de Gambetta/Mutualité

Voici le texte de mon intervention en Conseil municipal du 1er juillet 2019 à propos du soutien aux commerces du secteur Gambetta/Guillotière.

“Monsieur le Maire,

Avec cette délibération, vous nous proposez d’étendre à certains axes commerciaux du 3e et 7e arrondissements, fortement impactés par les manifestations du mouvement des Gilets jaunes, la mesure d’exonération exceptionnelle de la redevance d’occupation du domaine public votée par ce conseil en mai dernier pour les commerçants du 1er et du 2e arrondissement.

Cette mesure exceptionnelle est censée constituer une réponse aux difficultés économiques rencontrées par ces commerces du fait du mouvement social.

Ces difficultés économiques sont bien réelles du fait de la perte d’activité occasionnée par la perte de fréquentation commerciale les samedis, pendant un semestre, et notamment lors de la période clé des fêtes de fin d’année. Et cette perte directe de chiffre d’affaires se prolonge car beaucoup de personnes ont perdu l’habitude de fréquenter les commerces du centre-ville, une tendance encore renforcée par l’attentat de la rue Victor Hugo, la canicule et les restrictions de circulation. Les experts du cabinet PROCOS notent ainsi que « les consommateurs se sont détournés des centres-villes car ils craignaient d’être bloqués par des manifestations même si aucune n’était prévue ce jour-là ».

Alors oui il faut apporter une aide aux commerces dans cette période délicate, notamment aux petits commerces indépendants qui peuvent être très vulnérables.

Mais il me semble nécessaire de faire trois remarques.

La première, comme nous l’indiquions en mai dernier, c’est que cette exonération d’occupation du domaine public est une mesure bien limitée et qui plus est, peu équitable, puisque tous les commerces n’ont pas de terrasses sur la voirie. Un soutien plus fort et plus général serait possible avec, par exemple, comme vient de le faire la Ville de Valence, une exonération de la taxe locale sur la publicité extérieure.

2e remarque, il faut effectivement étendre le soutien au secteur Gambetta/Guillotière car il est souvent, bien trop souvent, impacté par les manifestations, avec les dégradations qui peuvent aller avec. Et on ne parle pas que des manifestations « gilets jaunes ». Il serait sans doute opportun d’intervenir auprès de la Préfecture pour que le cours Gambetta ne soit pas considérer comme le terrain systématique des manifestations ou l’arrière-cour des échauffourées à Bellecour.

3e remarque, les secteurs du 3e et du 7e arrondissement qui bordent le cours Gambetta ont aussi besoin d’un appui à la dynamisation commerciale. Il s’agit d’une porte vers le 3e arrondissement, il comporte de beaux cours et avenues avec des atouts pour en faire des axes de prestige. Mais force est de constater que la situation du tissu commercial s’est plutôt dégradée ces dernières années, sauf bien sûr pour le commerce illégal de la place Gabriel Péri et des rues attenantes, qui reste « une cour des miracles »…

Une action volontariste de la Ville est nécessaire pour dynamiser le tissu commercial, entretenir le cadre urbain, rétablir les règles du vivre ensemble et de l’activité commerciale normale, pour inciter à la fréquentation commerciale, faire venir les passants, les touristes, les consommateurs.

Je note que la Mairie du 3e arrondissement avait fait de la redynamisation du secteur Montebello/Mortier une priorité du mandat qui s’achève. Nous sommes loin du compte.

Alors notre groupe des élus Les Républicains et apparentés va voter cette exonération qui est un petit pas dans le bon sens. Mais il reste encore beaucoup à faire pour soutenir les commerces dans le secteur Gambetta/Guillotière.”

 

Comment maîtriser le déploiement des trottinettes en free floating ?

Ci-dessous mon intervention en Conseil municipal du 25 mars 2019 à propos du développement des trottinettes en free floating à Lyon.

En quelques mots, voici l’approche qui me semble être la bonne :

  • Les trottinettes, y compris les trottinettes électriques, ont une utilité en termes de mobilité et peuvent contribuer à la diminution de la pollution. Elles doivent donc trouver leur place dans notre stratégie de mobilité à Lyon.
  • Compte tenu de leur vitesse, il faut souhaiter que la future loi LOM permette de déterminer dans quel espace elles doivent circuler. Pour ma part, je pense qu’il ne faut pas permettre la circulation sur les trottoirs. L’usage doit se faire sur les voies et bandes cyclables et sur la chaussée, à l’exclusion des grands axes.
  • Pour ce qui est des trottinettes en free floating, si la concurrence est bien sûr avantageuse, il faut néanmoins souhaiter que le marché trouve son équilibre pour éviter un trop grand nombre d’opérateurs, compte tenu des limites de l’espace public. Et les services en free floating doivent intégrer une redevance pour usage de l’espace public, comme toutes les activités économiques qui l’occupent.
  • En matière de stationnement, il faut veiller à ne pas faire perdre à ce moyen de déplacement l’atout du trajet de point à point. Si l’on va vers une obligation de stationner dans des zones délimitées, il faut donc que le maillage de ces zones soit très dense, pour offrir à chacun des possibilités de stationner et de trouver des trottinettes à proximité, et ce pas seulement dans le centre de la ville mais dans tous les quartiers. Cette exigence de maillage dense amène à évaluer au préalable le coût des aménagements. Il faut à mon avis aussi aborder la question sous l’angle de la responsabilisation des utilisateurs. Il n’est pas souhaitable de pénaliser tous les utilisateurs parce que certains manquent de civisme. Il faut donc miser sur les capacités d’innovation technologique pour faire en sorte qu’il soit possible de vérifier que chacun stationne l’engin correctement, avec pénalisation de l’usager/client si ce n’est pas le cas.

 

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