Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Catégorie : Montchat Page 1 of 18

Un jour, un colistier

Notre liste “Pour une Métropole Juste LYON EST” a été déposée ce lundi. Aussi, à partir d’aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous présenter chacun de nos colistiers : des femmes et des hommes investis dans nos quartiers et qui incarnent le rassemblement de la droite, du centre et de la société civile pour représenter l’Est du 3e arrondissement à la Métropole de Lyon.

“Fabien VICENTE, 41 ans : nous sommes très contents que Fabien ait accepté de se présenter sur notre liste de LYON EST. Pour nous, compte tenu de l’ampleur des problèmes, la Métropole doit contribuer à la lutte contre l’insécurité et les incivilités. Agent de sûreté ferroviaire, Fabien est un professionnel de la sécurité, qui a l’expérience concrète des problèmes. Cette expérience nous sera très utile pour proposer et mettre en œuvre des actions efficaces. Par ailleurs, ses responsabilités dans un grand club de foot du 3e arrondissement lui donnent aussi une grande expérience de la formation de notre jeunesse à la pratique du sport et à son éthique. Là encore, ce sont des connaissances très utiles pour une collectivité qui est en charge de nombreuses compétences sociales et des collèges.”

Un projet dont il faut tirer des leçons

Il y a une semaine se tenait opportunément, en pleine campagne électorale, l’inauguration de la zone 30 km/h de Montchat ! Moment surprenant quand on a entendu Mme Panassier, Maire du 3e, dire qu’elle ne pouvait pas assister à certaines réunions de CIL pour cause de campagne… mais qu’elle inaugure dans le même temps des projets…

Il y a beaucoup à dire sur ce projet de zone 30 km/h. La première, c’est qu’en tant qu’usager de tous les modes de déplacement dans notre ville (à pieds, en transports en commun, en voiture, en vélo’v…) je souscris à l’idée de favoriser le partage de la voirie entre les modes et d’apaiser les circulations. Les zones 30 km/h sont ainsi une solution quand elles sont claires et cohérentes.

Maintenant le projet réalisé à Montchat appelle deux remarques.

La 1ère remarque, c’est que de toute évidence il y a eu un déficit de concertation sur ce projet. Le résultat est là. Certains contre-sens cyclables ne sont pas adaptés, voire dangereux. L’écoute des cyclistes du quartier aurait permis de montrer que des itinéraires auraient du être privilégiés. Par ailleurs, la consultation des habitants aurait permis d’éviter des erreurs grossières comme ces bordures de séparation en milieu de chaussée qui ne permettent plus les girations à partir des rues perpendiculaires… et qui sont la cause d’accidents comme on le voit sur cette photo…

2e remarque : on peut s’interroger sur la gestion des priorités par la Métropole et la Ville. Le budget de ce projet a été conséquent même s’il est difficile d’avoir une réponse précise : la Maire du 3e a répondu à ma question en conseil du 3e en disant que le coût avait été de 640 000 € alors qu’un article du Progrès parle de 1,3 M euros… Quoi qu’il en soit, je m’interroge sur un tel montant alors que dans le même temps, des points noirs en termes de sécurisation sont en attente de traitement. Je l’évoquais il y a quelques semaines, après l’accident dramatique survenu au carrefour Lacassagne/Félix Faure.

En conclusion, il me semble clair qu’on ne peut plus conduire un projet d’une telle ampleur avec ces méthodes. La Métropole ne peut pas aménager nos quartiers sans échange avec la population et les associations locales. Il faut un “travail de dentelle” avec les usagers… et la Mairie d’arrondissement doit jouer son rôle, et pas qu’au moment de l’inauguration.

Echo de campagne

La situation étant ce qu’elle est, la Métropole doit apporter sa contribution à la lutte contre l’insécurité et les atteintes à la tranquillité publique. Et ce concrètement dans nos quartiers de Lyon Est !

Gonflé et malsain

COMMUNIQUE DE PRESSE

Dans son édition du 17 novembre, le Progrès consacre un article aux insuffisances du gardiennage dans plusieurs équipements sportifs du 3e arrondissement : sont en cause le nettoyage des vestiaires, la surveillance des accès, la remise des clés… des problèmes importants pour l’activité des clubs sportifs utilisateurs de ces équipements.

L’adjoint aux sports du 3e arrondissement a réagi publiquement à cet article, exprimant sa « déception vis-à-vis de l’AS Montchat », l’une des associations qui fait remonter ces dysfonctionnements. Abdel Achache explique cette déception d’une part par le fait qu’il faut laisser du temps pour apporter les réponses et d’autre part parce que l’association alerte sur ces dysfonctionnements alors qu’elle va bénéficier d’un agrandissement de son terrain du stade Foe.

Je trouve cette réaction gonflée et malsaine.

Gonflée car réclamer (encore) un peu de patience alors que ces problèmes durent depuis très longtemps n’est pas une réponse acceptable. La Ville doit gérer ses équipes de façon beaucoup plus réactive. L’action municipale ne peut être durablement tributaire de mutations de personnels ou de réorganisation du service.

Cette réaction de la Ville est aussi malsaine car elle résonne comme un avertissement aux associations : si vous voulez notre soutien financier, si vous voulez des investissements, soyez dociles avec la Mairie… Il n’y a en effet aucun rapport entre l’extension du stade Foe et les dysfonctionnements signalés. C’est d’autant plus malsain que lors du conseil d’arrondissement du 12 novembre, Catherine Panassier, Maire du 3e avait déjà lourdement insisté sur l’investissement réalisé par la Ville pour l’extension du stade, en suggérant là encore que l’AS Montchat devrait être reconnaissante. Et l’adjoint aux sports de la Ville de Lyon, Yann Cucherat, a tenu le même discours en Conseil municipal. Les élus municipaux ne doivent pas considérer les associations comme des obligés dociles. Elles sont des partenaires qui aident la Ville en proposant des activités au bénéfice de la population.

Lyon en colère

Alors que l’actualité lyonnaise est rythmée par des atteintes répétées à la tranquillité publique et des faits délictuels inacceptables, voici mon intervention lors du Conseil municipal du 23 septembre 2019 sur le sujet.

“Monsieur le Maire,

Notre Conseil municipal se prononce sur des subventions à des associations qui organisent des chantiers loisirs ou éducatifs dans le cadre de la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance.

Personne ne contestera ces chantiers de loisirs ou éducatifs qui aident des jeunes en difficulté à rester ou à revenir sur le bon chemin, en les inscrivant dans des projets collectifs qui travaillent le sens de l’effort, de la réalisation et de l’intérêt général.

Ce qui reste préoccupant par contre, c’est la modestie de l’engagement municipal dans la prévention de la délinquance. 75 000 euros sur l’année, soit 9 % du coût de l’expérimentation florale temporaire de la rue du Président Herriot ! On rappellera aussi l’information du dernier rapport développement durable de la Ville : pas plus de 15 jeunes délinquants chaque année concernés par les modules mis en place par la Ville pour une réparation pénale. Et pourtant, chacun mesure combien les besoins en matière de traitement de la délinquance sont colossaux et en augmentation dans notre ville. Une grande partie des Lyonnais ne se reconnaissent pas dans le bilan de baisse de la délinquance que vous avez brossé en début de conseil.

Nous venons de débattre de la situation déplorable la nuit en presqu’île et des pressions qui sont exercées sur les habitants. Beaucoup de choses ont été dites et de ce fait je modifie l’intervention prévue pour aborder deux points de votre propos en début de conseil.

1) Sur les points noirs de la délinquance. Il ne faudrait pas que cette actualité dans le 2e arrondissement occulte le fait que cela fait de nombreuses années que des Lyonnais voient leur cadre de vie se dégrader, la peur s’installer parce que des attitudes délinquantes deviennent la norme. Dans votre intervention, outre la rue Herriot, vous avez cité le bas des pentes et la place Gabriel Péri. Il y a bien d’autres points chauds. Quelques exemples qui illustrent ces réalités : courses de scooter dans les squares et tours de quads en grillant les feux à Villette Paul Bert, braquages et vols à répétition dans les commerces et nouvelle pétition des habitants excédés aux Charmilles à Montchat, trafics, consommation d’alcool et nuisances sonores au square Saint Michel dans le 7e, des rues voire des secteurs entiers où la réglementation n’est pas respectée par des commerces en termes d’horaires d’ouverture, de vente d’alcools…

Concernant la place Gabriel Péri, j’ai constaté récemment la présence de la police municipale sur la place, au milieu de la foule, pour faire cesser les divers débordements et délits qui s’y produisent. Il faut saluer l’engagement de ces agents qui prennent ainsi le sujet à bras-le-corps. Mais les problèmes dépassent largement la place et ce qu’exprime le collectif Guill’en colère, c’est un retour du droit et de la tranquillité dans l’ensemble du quartier côtés 3e et 7e. Et je ne suis pas sûr que l’étude sociologique que vous annoncez sur le secteur soit la réponse la plus attendue.

2) Votre constat M. le Maire d’une montée de l’intolérance mutuelle et votre appel à la concorde.

L’affaire de l’intrusion dans des immeubles du 2e a fait avec justesse beaucoup de bruit. Mais il y a bien longtemps dans d’autres secteurs de la ville que les habitants se gardent bien de s’exposer pour ne pas subir de représailles. Un état de fait inacceptable pour notre République.

La multiplication des collectifs met en pleine lumière cette situation.

Quand des groupes spontanés ou des bandes organisées veulent faire régner leur loi, imposer leur système ou leurs non-valeurs, il n’y a pas d’intolérance mutuelle et ce n’est plus la concorde civique qui est nécessaire, c’est la restauration de l’ordre public qui est nécessaire, avec les réponses à la hauteur des troubles.

En conclusion, l’action de la ville ne peut se limiter à quelques lieux emblématiques ou à quelques actions « coup de poing ». C’est bien d’action à grande échelle et permanente dont la ville a besoin, une action puissance 10 dans tous les lieux qui le nécessitent… ce qui veut dire une volonté politique implacable et des moyens au niveau pour les missions de tranquillité publique, y compris en amont, dans la prévention.

Tout cela n’est pas un sujet de la présidentielle de 2022 comme l’analyse Emmanuel Macron. C’est un sujet d’hier qui s’aggrave et pour lequel il faut des réponses maintenant.”

Voir aussi le compte-rendu du Conseil du 3e de juin 2019 où j’ai interpelé la Maire du 3e sur l’augmentation de l’insécurité à Montchat (pages 21-23). Lire

 

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