Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Catégorie : Mutualité Préfecture Page 1 of 4

Le temps n’est pas à la réflexion mais à l’action !

Lors du Conseil du 3e arrondissement du 5 novembre 2019, la Maire du 3e et sa majorité LREM-PS-EELV-PCF a refusé le vœu que je proposais (voir ci-dessous) pour plaider pour une intégration de la partie 3e de Guillotière dans le projet d’extension de la vidéoverbalisation.

La raison invoqué par Catherine Panassier a été qu’elle préférait s’inscrire dans la démarche du groupe de réflexion qui a été mis en place pour solutionner les problèmes du secteur Guillotière et qu’elle souhaitait une approche plus globale. Elle a aussi souligné qu’il fallait bien distinguer dans ce secteur insécurité et sentiment d’insécurité. Par ailleurs, elle a dit que la Ville serait vigilante aux effets de transfert des problèmes sur les rues avoisinantes si la surveillance était renforcée sur Gabriel Péri. Mais les problèmes du secteur Montebello sont bien déjà réels et cela depuis des années !

Je ne comprends pas ce vote négatif sur ce vœu. A partir du moment où l’adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon a annoncé l’extension de la vidéoverbalisation à Guillotière, indépendamment du groupe de réflexion, c’est bien le moment pour concrètement peser dans la mise en œuvre de ce projet et faire en sorte que le 3e ne soit pas oublié. Par ailleurs, dans la réponse de Catherine Panassier, il n’y a aucune assurance sur le fait que les caméras nécessaires existent bien côté 3e pour pratiquer la vidéoverbalisation dans toutes les rues sensibles…

Le Vœu que j’ai présenté :
“Depuis de nombreuses années, les habitants du secteur Mutualité/Augagneur subissent d’importantes nuisances, y compris la nuit, du fait de regroupements bruyants dans les rues, de stationnements sur la chaussée, à proximité de commerces aux larges amplitudes horaires. Les riverains n’en peuvent plus des incivilités permanentes et de situations sources d’insécurité.

Le 25 octobre dernier, l’adjoint au Maire de Lyon chargé de la sécurité a annoncé dans la presse le projet d’étendre à la Guillotière le dispositif de vidéo-verbalisation expérimenté en Presqu’île.

Afin que cette extension apporte une réponse à l’ensemble des problèmes, je vous prie de bien vouloir soumettre le vœu suivant au conseil du 3e arrondissement, dans le cadre de l’article 24 du règlement intérieur de notre assemblée.

VOEU

« Compte tenu des nuisances et incivilités subies par les habitants du secteur, le Conseil du 3e arrondissement demande que l’extension de la vidéo-verbalisation au quartier de la Guillotière intègre le secteur Mutualité/Augagneur dans le 3e arrondissement.

A cette fin, il demande à la Ville de Lyon, si cela est nécessaire pour assurer une couverture totale des rues, de compléter les équipements municipaux de vidéoprotection, sur le quai Augagneur et dans le secteur délimité par le cours Gambetta, la rue Jean Larrivé, la rue Aimé Collomb et le cours de la Liberté. »

Lyon en colère

Alors que l’actualité lyonnaise est rythmée par des atteintes répétées à la tranquillité publique et des faits délictuels inacceptables, voici mon intervention lors du Conseil municipal du 23 septembre 2019 sur le sujet.

“Monsieur le Maire,

Notre Conseil municipal se prononce sur des subventions à des associations qui organisent des chantiers loisirs ou éducatifs dans le cadre de la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance.

Personne ne contestera ces chantiers de loisirs ou éducatifs qui aident des jeunes en difficulté à rester ou à revenir sur le bon chemin, en les inscrivant dans des projets collectifs qui travaillent le sens de l’effort, de la réalisation et de l’intérêt général.

Ce qui reste préoccupant par contre, c’est la modestie de l’engagement municipal dans la prévention de la délinquance. 75 000 euros sur l’année, soit 9 % du coût de l’expérimentation florale temporaire de la rue du Président Herriot ! On rappellera aussi l’information du dernier rapport développement durable de la Ville : pas plus de 15 jeunes délinquants chaque année concernés par les modules mis en place par la Ville pour une réparation pénale. Et pourtant, chacun mesure combien les besoins en matière de traitement de la délinquance sont colossaux et en augmentation dans notre ville. Une grande partie des Lyonnais ne se reconnaissent pas dans le bilan de baisse de la délinquance que vous avez brossé en début de conseil.

Nous venons de débattre de la situation déplorable la nuit en presqu’île et des pressions qui sont exercées sur les habitants. Beaucoup de choses ont été dites et de ce fait je modifie l’intervention prévue pour aborder deux points de votre propos en début de conseil.

1) Sur les points noirs de la délinquance. Il ne faudrait pas que cette actualité dans le 2e arrondissement occulte le fait que cela fait de nombreuses années que des Lyonnais voient leur cadre de vie se dégrader, la peur s’installer parce que des attitudes délinquantes deviennent la norme. Dans votre intervention, outre la rue Herriot, vous avez cité le bas des pentes et la place Gabriel Péri. Il y a bien d’autres points chauds. Quelques exemples qui illustrent ces réalités : courses de scooter dans les squares et tours de quads en grillant les feux à Villette Paul Bert, braquages et vols à répétition dans les commerces et nouvelle pétition des habitants excédés aux Charmilles à Montchat, trafics, consommation d’alcool et nuisances sonores au square Saint Michel dans le 7e, des rues voire des secteurs entiers où la réglementation n’est pas respectée par des commerces en termes d’horaires d’ouverture, de vente d’alcools…

Concernant la place Gabriel Péri, j’ai constaté récemment la présence de la police municipale sur la place, au milieu de la foule, pour faire cesser les divers débordements et délits qui s’y produisent. Il faut saluer l’engagement de ces agents qui prennent ainsi le sujet à bras-le-corps. Mais les problèmes dépassent largement la place et ce qu’exprime le collectif Guill’en colère, c’est un retour du droit et de la tranquillité dans l’ensemble du quartier côtés 3e et 7e. Et je ne suis pas sûr que l’étude sociologique que vous annoncez sur le secteur soit la réponse la plus attendue.

2) Votre constat M. le Maire d’une montée de l’intolérance mutuelle et votre appel à la concorde.

L’affaire de l’intrusion dans des immeubles du 2e a fait avec justesse beaucoup de bruit. Mais il y a bien longtemps dans d’autres secteurs de la ville que les habitants se gardent bien de s’exposer pour ne pas subir de représailles. Un état de fait inacceptable pour notre République.

La multiplication des collectifs met en pleine lumière cette situation.

Quand des groupes spontanés ou des bandes organisées veulent faire régner leur loi, imposer leur système ou leurs non-valeurs, il n’y a pas d’intolérance mutuelle et ce n’est plus la concorde civique qui est nécessaire, c’est la restauration de l’ordre public qui est nécessaire, avec les réponses à la hauteur des troubles.

En conclusion, l’action de la ville ne peut se limiter à quelques lieux emblématiques ou à quelques actions « coup de poing ». C’est bien d’action à grande échelle et permanente dont la ville a besoin, une action puissance 10 dans tous les lieux qui le nécessitent… ce qui veut dire une volonté politique implacable et des moyens au niveau pour les missions de tranquillité publique, y compris en amont, dans la prévention.

Tout cela n’est pas un sujet de la présidentielle de 2022 comme l’analyse Emmanuel Macron. C’est un sujet d’hier qui s’aggrave et pour lequel il faut des réponses maintenant.”

Voir aussi le compte-rendu du Conseil du 3e de juin 2019 où j’ai interpelé la Maire du 3e sur l’augmentation de l’insécurité à Montchat (pages 21-23). Lire

 

Soutien aux commerces de Gambetta/Mutualité

Voici le texte de mon intervention en Conseil municipal du 1er juillet 2019 à propos du soutien aux commerces du secteur Gambetta/Guillotière.

“Monsieur le Maire,

Avec cette délibération, vous nous proposez d’étendre à certains axes commerciaux du 3e et 7e arrondissements, fortement impactés par les manifestations du mouvement des Gilets jaunes, la mesure d’exonération exceptionnelle de la redevance d’occupation du domaine public votée par ce conseil en mai dernier pour les commerçants du 1er et du 2e arrondissement.

Cette mesure exceptionnelle est censée constituer une réponse aux difficultés économiques rencontrées par ces commerces du fait du mouvement social.

Ces difficultés économiques sont bien réelles du fait de la perte d’activité occasionnée par la perte de fréquentation commerciale les samedis, pendant un semestre, et notamment lors de la période clé des fêtes de fin d’année. Et cette perte directe de chiffre d’affaires se prolonge car beaucoup de personnes ont perdu l’habitude de fréquenter les commerces du centre-ville, une tendance encore renforcée par l’attentat de la rue Victor Hugo, la canicule et les restrictions de circulation. Les experts du cabinet PROCOS notent ainsi que « les consommateurs se sont détournés des centres-villes car ils craignaient d’être bloqués par des manifestations même si aucune n’était prévue ce jour-là ».

Alors oui il faut apporter une aide aux commerces dans cette période délicate, notamment aux petits commerces indépendants qui peuvent être très vulnérables.

Mais il me semble nécessaire de faire trois remarques.

La première, comme nous l’indiquions en mai dernier, c’est que cette exonération d’occupation du domaine public est une mesure bien limitée et qui plus est, peu équitable, puisque tous les commerces n’ont pas de terrasses sur la voirie. Un soutien plus fort et plus général serait possible avec, par exemple, comme vient de le faire la Ville de Valence, une exonération de la taxe locale sur la publicité extérieure.

2e remarque, il faut effectivement étendre le soutien au secteur Gambetta/Guillotière car il est souvent, bien trop souvent, impacté par les manifestations, avec les dégradations qui peuvent aller avec. Et on ne parle pas que des manifestations « gilets jaunes ». Il serait sans doute opportun d’intervenir auprès de la Préfecture pour que le cours Gambetta ne soit pas considérer comme le terrain systématique des manifestations ou l’arrière-cour des échauffourées à Bellecour.

3e remarque, les secteurs du 3e et du 7e arrondissement qui bordent le cours Gambetta ont aussi besoin d’un appui à la dynamisation commerciale. Il s’agit d’une porte vers le 3e arrondissement, il comporte de beaux cours et avenues avec des atouts pour en faire des axes de prestige. Mais force est de constater que la situation du tissu commercial s’est plutôt dégradée ces dernières années, sauf bien sûr pour le commerce illégal de la place Gabriel Péri et des rues attenantes, qui reste « une cour des miracles »…

Une action volontariste de la Ville est nécessaire pour dynamiser le tissu commercial, entretenir le cadre urbain, rétablir les règles du vivre ensemble et de l’activité commerciale normale, pour inciter à la fréquentation commerciale, faire venir les passants, les touristes, les consommateurs.

Je note que la Mairie du 3e arrondissement avait fait de la redynamisation du secteur Montebello/Mortier une priorité du mandat qui s’achève. Nous sommes loin du compte.

Alors notre groupe des élus Les Républicains et apparentés va voter cette exonération qui est un petit pas dans le bon sens. Mais il reste encore beaucoup à faire pour soutenir les commerces dans le secteur Gambetta/Guillotière.”

 

La sécurité au quotidien… pour tout le monde ?

Le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a lancé cette semaine la nouvelle police de sécurité du quotidien. Elle se traduit d’une part par une expérimentation, dans certains quartiers prioritaires, du renforcement des forces de l’ordre, sous forme de brigades spécialisées de terrain, et par une orientation visant à décharger les forces de police des lourdeurs de la procédure pénale pour renforcer les capacités d’action. On verra à l’usage quels sont les résultats de ces expérimentations et quelle est la réalité de l’allégement des procédures… sans oublier bien sûr le meilleur fonctionnement de la justice, sans lequel il est illusoire de vouloir rétablir la sécurité ; à quoi bon multiplier les arrestations si les délinquants sont aussitôt libérés sans peine réelle ! On le verra aussi en gardant à l’esprit les errements de la “police de proximité” de l’ère Jospin.

A Lyon, le quartier Mermoz dans le 8e arrondissement est l’un des quartiers retenus pour l’expérimentation, qualifié de quartier de reconquête républicaine… l’intitulé donne une idée de l’ampleur des problèmes. Car il faut effectivement bouger en matière de lutte contre la délinquance et l’insécurité au quotidien. Les faits de délinquance sur la voie publique sont ainsi en hausse de 5,4 % en 2017 pour la Métropole de Lyon (près déjà + 9 % en 2016). Et on notera que les vols dans les véhicules bondissent de 24 %.

Il demeure une question. Tous les territoires du pays et tous les quartiers de nos villes auront-ils l’opportunité de bénéficier d’une meilleure sécurité au quotidien. Pour prendre l’exemple du 3e arrondissement, deux secteurs font l’objet de toutes les attentions : la Part-Dieu, compte tenu du nombre énorme de passages et les Berges du Rhône, pour lesquelles on apprend que si l’insécurité y a reculé, c’est au prix d’un énorme investissement public. Ceux qui portent le succès des Berges en étendard oublient de dire les risques qui ont été pris, sciemment, en matière de sécurité et de tranquillité publique.

Mais qu’en est-il pour les autres quartiers de notre arrondissement, qui ne sont ni des secteurs d’hyper-centre, ni des secteurs de “jungle urbaine” il est vrai. Force est de constater qu’ils sont un peu délaissés, et pourtant les problèmes existent. Prenons le 3e Est : 60 000 habitants sans aucun poste de police, ni nationale, ni municipale (ce qui n’a pas été le cas dans le passé quand il y avait un commissariat annexe avenue Lacassagne et une antenne de la police municipale cours Long). Quels que soient l’engagement et la réactivité des forces de police, on sait bien que quand il faut venir de loin, c’est moins facile de dissuader, de surveiller et d’intervenir rapidement.

Et pourtant, il y a des problèmes dans le 3e Est : des trafics en plusieurs lieux, des dégradations de véhicules à répétition, des tapages réguliers qui nuisent à la tranquillité des riverains, des cambriolages notamment dans les secteurs pavillonnaires de Montchat. On peut aussi constater que Chambovet, qui devrait incarner la tranquillité, est régulièrement le lieu d’incendies de véhicules…

Pour une vraie sécurité au quotidien pour tout le monde, il faut nécessairement un maillage de proximité des forces de police. En la matière, il y a des progrès à réaliser à Lyon et notamment dans notre arrondissement.

Garder la maîtrise

La Ville de Lyon était propriétaire d’un immeuble du quartier Moncey, rues Villeroy et Gutenberg, loué à l’association Islam Culture et Religion qui l’utilise comme salle de prière. La Ville a décidé de vendre ces locaux à l’association. Le groupe Les Républicains et apparentés s’est opposé à cette vente. Ci-dessous la vidéo et le texte de mon intervention, expliquant les raisons, lors du Conseil municipal du 16 décembre 2016. La vente a néanmoins été approuvée par la gauche.

<“Monsieur le Maire, mes cher(e)s collègues,
Le groupe des élus Les Républicains et apparentés n’est pas favorable à votre projet de cession des immeubles détenus par la Ville de Lyon au 14 rue Villeroy et 5 rue Gutenberg. Je vais vous en expliquer les raisons.
Tout d’abord, il nous semble souhaitable de pouvoir continuer à maîtriser pleinement l’usage qui est fait des locaux par l’association qui les loue. Nous nous souvenons qu’au cours de l’année 2015, il avait fallu rappeler à l’ordre l’association lorsque l’exercice du culte avait été constaté sur l’espace public, aux abords des locaux. En gardant la maîtrise des immeubles, la Ville de Lyon peut plus facilement veiller à ce que des prières de rue ne se produisent pas. Je note que la dénomination de l’association a changé. Ce n’est plus l’association Islam Culture et Religion mais l’association cultuelle Abou Bakr Essedik.
Dans le cadre de la location, cette association peut aménager les locaux conformément à ses usages. Elle doit veiller au respect des règles de sécurité et au respect de la laïcité sur l’espace public.

Deuxième argument, urbanistique celui-là, la Ville de Lyon doit garder la maîtrise de ces immeubles dans une perspective d’aménagement urbain. D’ailleurs, si la collectivité a fait l’acquisition de ces immeubles en 2001, ce n’est pas par hasard ou par donation. C’est bien parce qu’elle considérait qu’ils comptaient pour l’aménagement urbain du secteur. Et cet aménagement urbain n’est pas encore terminé. Ces immeubles se situent dans un secteur clé, charnière entre l’axe de prestige Liberté et le quartier Moncey, à côté de l’îlot constitué par un très bel immeuble bourgeois.

On peut enfin avoir deux interrogations sur ce rapport.
D’abord la question du prix de vente : 270 000 euros alors que l’évaluation directe des domaines était plutôt de 325 000 euros. Nous n’avons par ailleurs pas eu d’éléments montrant que ce prix est celui du marché dans le secteur. La mise en avant dans votre délibération de la clause « de retour à meilleure fortune », montre bien que ces immeubles peuvent présenter un intérêt. La Ville doit préserver les siens.

Je m’interroge aussi sur l’empressement dont semble faire preuve le Maire du 3e sur ce projet si j’en crois le courrier annexé à la délibération. J’espère que cet empressement n’a pas de rapport avec les élections de 2017 et qu’il ne s’agit pas de la concrétisation d’une promesse électorale avant les grands rendez-vous démocratiques de l’année prochaine.

Nous n’approuvons donc pas cette délibération. La Ville de Lyon doit garder la maîtrise de ce tènement, pour éviter des dérapages dans son utilisation et pour préserver les capacités d’aménagement urbain.”

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