Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

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L’apaisement viendra de l’équilibre pas de la contrainte

Comme sans doute la plupart d’entre vous, j’ai constaté cette semaine que cette fois, la fin des vacances était bien là, avec des rues engorgées comme je l’avais rarement vu, et ce tous modes confondus… On voit aussi qu’un retour « à la normale » post-covid est à l’œuvre.

J’ai entendu sur Lyon Mag Fabien Bagnon, Vice-Président à la voirie de la Métropole de Lyon, évoquer « une attente d’apaisement de la voirie assez généralisée », dans le contexte de projet d’instaurer les 30 km/h dans toute la ville, sauf quelques axes.

Sur ce projet « 30 km/h », la seule question qui vaille est de savoir si cela améliore la situation en termes de sécurité. Si l’objectif caché est, une fois de plus, de contraindre les automobilistes à abandonner leur mode de transport, c’est bien sûr beaucoup plus discutable. D’autant plus quand on prend en compte tout l’argent public qui a été consacré à des aménagements de sécurisation « zones 30 km/h » ces dernières années.

La politique de la contrainte, nous la voyons bien sûr à l’œuvre avec les mesures prises par les nouveaux élus écolos : des voies « modes doux » à des endroits plutôt « décalés » peu fréquentés par les modes doux, des rues fermées alors que les entrées des écoles se font ailleurs,…  décisions dont on voit mal en quoi elles contribuent à la sécurité ou à la réduction de la pollution…

Pour en revenir à l’apaisement prôné par Fabien Bagnon, on doit bien sûr reconnaître que oui, c’est souhaitable. Circuler à Lyon, c’est effectivement plutôt la jungle. Mais d’abord contrairement au Vice-Président, je pense que cette recherche d’apaisement concerne les utilisateurs de tous les modes. Il y a bien sûr des comportements d’automobilistes inacceptables. Mais pour utiliser quotidiennement les voies « modes doux », je constate aussi des comportements de cyclistes qui ne poussent pas à l’apaisement : vitesses excessives sur des voies étroites, dépassement à grande vitesse sans distance de sécurité, personnes incapables de rester dans une file au feu et qui dépassent tout le monde pour se positionner devant…

Ensuite, je crois que l’apaisement ne viendra pas de la contrainte. Décider d’aménagements inutiles, incohérents, punitifs… ne peut qu’exaspérer les usagers. Les mesures qui vous gênent peuvent d’autant plus être acceptées qu’elles sont légitimes.

Le vrai sujet c’est de parvenir au bon équilibre entre les modes de déplacement : car on a encore besoin de tous les modes. S’il est nécessaire de continuer à réduire les trajets automobiles en ville, il faut admettre que c’est un mode de déplacement qui reste nécessaire dans certaines situations personnelles ou professionnelles, pour certaines personnes… Il doit donc encore être possible de circuler en voiture particulière. Pour ce qui est des cyclistes, des usagers de trottinettes ou bien sûr des piétons, il faut offrir des itinéraires pratiques et sûrs, et ce sur l’ensemble du parcours. La priorité doit donc aller au traitement des points faibles de ces itinéraires. Et en la matière, il reste beaucoup à faire… Quel écart entre les grands discours théoriques de nos élus écolos et les situations locales concrètes !

Le Progrès évoquait cette semaine le tragique accident qui avait coûté la vie à Nathalie qui circulait en vélo au niveau du carrefour Félix Faure/Lacassagne. Deux ans après, un premier niveau d’aménagement de sécurisation (marquage de la continuité cyclable dans le carrefour, rebouchage des trous dans la chaussée) n’a même pas encore été réalisé…

Hommage à Max Dubernard, chirurgien-député

L’année dernière était célébré le 20e anniversaire de la première double greffe des mains. C’est avec stupeur et tristesse que j’apprends ce dimanche le décès de Jean-Michel Dubernard qui avait réalisé cette première mondiale, entrée dans la grande histoire médicale lyonnaise.

Après avoir milité des années à ses côtés, je veux rendre hommage à Max, chirurgien-député.

De 1986 à 2007, son expertise, sa connaissance de l’Hôpital et du monde médical en ont fait un parlementaire engagé à Paris, particulièrement actif et reconnu sur tous les sujets de la Santé et plus largement, sur les questions sociales. Il incarnait le député investi dans la durée pour faire avancer des sujets qu’il maîtrisait parfaitement ; l’expérience et la connaissance au service des politiques publiques.

Mais cette influence à Paris ne l’empêchait pas d’être pleinement engagé à Lyon, au cœur de sa 3e circonscription. Max, c’était aussi le député qui passait prendre son café à Monplaisir, présent aux AG des associations et dans tous les quartiers de cette circonscription très diverse, qui recevait à sa permanence de l’avenue de Saxe. Que de souvenirs dans cette permanence, avec notamment la réunion d’équipe du samedi matin où Max nous passait régulièrement « un savon » pour nous appeler à plus de dynamisme. Si Max était un caractère, au management de rugbyman, son côté « carré », sa proximité et sa détermination étaient remarquables. Il animait un réel collectif.

Je me souviens aussi de la campagne de Jacques Chirac en 2002 dont il s’occupait à Lyon. Max savait quels étaient les combats importants à mener. Dans le contexte politique très particulier de cette campagne, il faisait partie de ceux qui avaient tenu la barre. Il s’affirmait avec constance gaulliste social, à une époque où l’association de ces deux termes ne répondait pas à des préoccupations marketing.

Et Max, ce fut aussi l’un des piliers de la victoire de Michel Noir en 1989, l’un de ceux qui ont alors incarné le renouveau de la politique lyonnaise et qui ont dynamisé notre Ville.

Je présente toutes mes condoléances à sa famille et je formule le souhait que la Ville de Lyon honore rapidement la mémoire de celui qui est l’une de ses personnalités marquantes et engagées, pour la santé et au plan politique.

Fin de mandat

Comme en Ile-de-France, dans les Hauts-de-France et dans la Région Sud, les élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes ont été un grand succès pour la liste d’union de la droite et du centre. C’est le résultat d’un très bon bilan et d’une dynamique de campagne. A Lyon, la progression est nettement moins forte et la gauche l’emporte encore malgré le contexte très favorable à la droite… Même constat dans notre 3e arrondissement où la gauche écologiste reste en tête et où la variation du score de la droite par rapport à 2015 est nettement moins forte que la moyenne régionale (+ 6 points contre + 15). La dynamique de la droite à Lyon reste à construire…

Vous avez été nombreux à me demander ces dernières semaines les raisons de ma non-candidature aux élections régionales.

Vos interrogations ont été d’autant plus nombreuses que, comme vous l’avez constaté, j’ai assuré mon mandat jusqu’au bout. Rien que de très normal à cela puisque quand on se présente à un mandat, c’est pour l’assurer quoi qu’il arrive, jusqu’au bout.

Ces derniers mois de mon mandat régional ont en effet été denses. La crise sanitaire m’a amené à être fortement engagé auprès des associations, des entreprises, des lycées pour les accompagner sur les aides anti-crise : « click and collect » et commerce en ligne, purificateurs d’air dans les lycées… Nous avons aussi examiné dans les dernières commissions que j’ai présidées les aides d’urgence du plan de soutien aux associations étudiantes et l’important dossier de l’implantation à Lyon de l’Académie de l’Organisation Mondiale de la Santé (voir ici). Et je suis particulièrement satisfait de terminer ce mandat en ayant permis d’assurer un soutien régional à une nouvelle étape pour le festival Yggdrasil. Un soutien qui me tenait à cœur tant le projet est remarquable en termes de dynamisme de notre jeunesse, des bienfaits des associations, d’entrepreneuriat et de vision positive sur l’avenir, ce dont nous aurons beaucoup besoin dans les mois qui viennent.

Vous m’avez aussi toujours trouvé ces derniers mois à vos côtés sur des sujets locaux pour défendre notre qualité de vie dans le 3e, face à la dégradation de la sécurité ou aux décisions politiques néfastes de la nouvelle majorité Verts-Extrême gauche.

Il est important pour moi que cette non-candidature ne soit pas vue comme un abandon du combat politique ou un désintérêt pour le devenir de notre arrondissement et de ses quartiers. Comme cela a déjà été le cas lors des élections municipales, c’est un choix des instances locales des LR avec lesquelles j’ai des divergences.

Maintenant que les élections sont passées, je peux m’exprimer sur ces divergences. Au plan politique, il m’est difficile d’être sur la ligne du chef de file de la droite au plan municipal, le sénateur Blanc ; ligne qui le conduit à souhaiter qu’Eric Zemmour puisse participer à une primaire pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle. Je souhaite une approche plus équilibrée de la droite sur Lyon. Comme je l’ai déjà dit, je ne comprends pas que la droite exprime de façon véhémente son opposition sur tous les sujets mais que dans le même temps, au lieu de voter contre sur les sujets clés comme celui de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI), elle fasse le choix de s’abstenir.

Je n’ai donc pas été retenu par les instances locales. C’est la règle du jeu et personne n’est bien sûr propriétaire de son mandat.

Je regrette néanmoins toujours que la réforme du conseiller territorial mise en place par Nicolas Sarkozy ait été supprimée par François Hollande. Ce mode d’élection du conseiller territorial permettait en effet aux habitants de choisir directement leur représentant dans cette collectivité très importante qu’est la Région et non pas de laisser ce choix à d’autres. Par ailleurs, cela assurait que chaque territoire soit effectivement représenté et défendu à la Région. Avec le scrutin de liste, le résultat est plus aléatoire.

En tous cas je vous dis à bientôt pour de futures rencontres dans notre 3e et aussi sans doute pour de nouveaux engagements politiques ou citoyens. Vous pourrez toujours trouver mes prises de position sur ce blog.

Si on pouvait éviter une 3e erreur !

Le Progrès du samedi 20 mars a évoqué la réunion publique en visio qui s’est tenue le 15 mars. Les propos de Madame la Maire du 3e, effectivement tenus lors de cette réunion, comme ils l’avaient été lors du dernier conseil d’arrondissement et dans un autre article, m’amènent à réagir dans ce post.

Comme je l’ai déjà exprimé, sur ce dossier de la fermeture permanente, 24H/24 et 7J/7 de la rue de l’Harmonie, les nouveaux élus de la Ville de Lyon et de la Métropole ont déjà fait deux erreurs.

La 1ère, c’est d’avoir lancé ce projet sans que les objectifs soient clairs et transparents. On ne sait pas vraiment si le premier objectif est de sécuriser les abords (tous les abords ?) des écoles Rebatel ou s’il s’agit de créer un espace planté qui permettrait d’afficher “une rue supprimée” au tableau de chasse des élus Verts… Comme toujours, quand l’objectif n’est pas clair, le dossier part mal…

La 2e erreur, c’est d’avoir concrétiser le projet sans avoir fait d’étude d’impact préalable et sans avoir concerté avec tous les habitants du quartier. La conséquence est logique : beaucoup d’habitants subissent un préjudice important, le sujet est devenu une source d’oppositions et il faut maintenant trouver comme on peut des solutions pour réduire ce préjudice…

A ce bilan bien désolant, il ne faudrait pas ajouter de provocations à l’égard des habitants qui contestent ce choix de fermeture permanente, en faisant un lien entre leur position et les dégradations sur les barrières. Dans mes nombreuses rencontres avec les riverains et les membres du collectif “Harmonie pour tous” ces dernières semaines, je n’ai jamais entendu parler de dégradations, qui bien évidemment ne sont pas acceptables. Je constate d’ailleurs que des dégradations surviennent dans les autres rues soumises dernièrement à fermeture et pas seulement rue de l’Harmonie.

Cet état de fait en plusieurs endroits interroge d’ailleurs sur le coût du projet. On nous dit que cela coûte trop cher de rémunérer quelqu’un pour ouvrir et fermer les barrières en fonction des entrées-sorties des écoles. Au final, est-ce vraiment plus économique de commander toutes ces opérations de voiries pour installer, changer des barrières mal conçues, réparer les dégradations… ?

Bref merci à nos élus d’éviter une 3e erreur en sous-entendant une suspicion quant aux dégradations. Il faut admettre que l’on peut être un bon citoyen sans partager les conceptions de la nouvelle majorité.

Fermeture de la rue de l’Harmonie : suite

J’ai assisté ce jour, lundi 15 mars, à la réunion d’information organisée par la Mairie du 3e. Un échange de proximité était souhaité, c’est donc une avancée. Mais il s’agissait effectivement d’une réunion d’information et non de concertation puisque la décision de fermeture permanente de la rue est déjà prise…

Je retiens de cette réunion les points suivants, qui sont problématiques :

On ne sait toujours pas quels sont clairement les objectifs : est-ce vraiment la sécurité des abords des écoles ou bien de transformer une rue en un espace planté ?

Si on veut vraiment améliorer les choses en matière de sécurisation des abords de l’école, qu’est-il prévu sur Rebatel qui connaît un fort trafic et de multiples flux à gérer qui sont autant de risques pour les enfants et les familles qui traversent (voir la vidéo ci-dessous) ?

Les élus de la majorité du 3e l’ont reconnu. Cette décision de fermeture permanente de la rue de l’Harmonie a été prise sans que des études de circulation préalables soient menées ! Et pourtant, le document “Voirie pour tous” du CERTU précise bien que la mise en place d’aires piétonnes doit être préparée et qu’il faut tenir compte de la hiérarchisation des voiries.

Concernant cette hiérarchisation des voiries, les élus de la majorité du 3e ne semblent pas comprendre que la circulation Ouest-Est rue de l’Harmonie est nécessaire au plan de circulation du quartier, pour permettre aux habitants des rues voisines (Rebatel, Dahlias…) d’aller vers le Nord-Est. Il ne s’agit pas de vouloir faire passer rue de l’Harmonie un trafic de transit entre des quartiers lyonnais. En laissant ouverte la rue en dehors des heures d’entrée et de sortie des écoles, il s’agit juste de permettre aux riverains de ne pas faire 1,6 km de détour pour rentrer chez eux, et de perdre parfois 15 minutes (voir la 2e vidéo ci-dessous sur la réalité du détour), et de permettre aux habitants du quartier d’en sortir sans détour.

Circulation rue Rebatel au moment de l’entrée des écoles
Preuve en vidéo de l’importance du détour occasionné par la fermeture de la rue de l’Harmonie

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