Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Catégorie : Part-Dieu Page 1 of 15

Conseil d’arrondissement : son utilité est une question de volonté !

L’utilité des conseils d’arrondissement à la lyonnaise est régulièrement critiquée par certains, aux motifs que les arrondissements seraient dépourvus de moyens financiers et juridiques pour agir. En tous cas, la question mérite d’être posée puisqu’ils coûtent, tant en termes de locaux utilisés, de dépenses de fonctionnement et d’indemnités des Maire et adjoints d’arrondissement.

Pour ma part, je n’ai jamais partagé cette critique des arrondissements car il me semble (pouvoir) avoir une utilité. Dans des villes de la taille de Paris, Lyon et Marseille, je vois deux utilités majeures : (1) celle de la “porte de proximité” que l’on peut pousser pour trouver une solution à un dysfonctionnement dans nos quartiers, et tant pis si la solution n’est pas à la Ville mais à la Métropole, au Sytral ou autre, les équipes d’arrondissement doivent organiser la réponse et (2) celle du lieu politique d’expression sur les sujets de proximité (sécurité, propreté, stationnement/circulation, dynamique des commerces, jeunesse…). Mon expérience m’a montré que sans les conseils d’arrondissement, certains problèmes, jugés trop périphériques ou secondaires par la Mairie centrale, ne seraient jamais évoqués publiquement… et pourtant ils sont importants pour beaucoup de Lyonnais.

Donc oui, mais encore faut-il que les élus d’arrondissement aient la volonté de jouer ce rôle. Je suis frappé depuis la rentrée du nombre d’habitants du 3e, de responsables associatifs, de professionnels qui m’expliquent qu’ils ne peuvent pas rencontrer les élus d’arrondissement et qu’ils n’obtiennent même pas d’accusé de réception à leur courrier… j’en ai fait l’expérience concrète sur l’affaire de la rue de l’Harmonie : pas de réponse à mes questions et un dossier qui semble géré en “petit comité”. De la même façon des sujets importants pour nos quartiers comme la dégradation de la sécurité à Sans Souci Dauphiné ou la fermeture de la dépose minutes à Part-Dieu sont passés sous silence par la Mairie d’arrondissement. Les candidats Verts ont l’habitude de promouvoir la concertation et la démocratie de proximité, il serait bon, que sur ce point également, ils soient attachés à respecter leurs promesses de campagne.

Et que l’on ne vienne plus nous dire qu’il faut le temps de s’installer, cela fait déjà un semestre que les élections sont intervenues.

Marre de ces incohérences

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ces dernières semaines la situation sensible en matière de sécurité et de tranquillité publique dans cette période de déconfinement… nous étions encore hier soir à Montchat avec Hélène Baronnier pour rencontrer des habitants excédés suite à de nouveaux incendies volontaires de véhicules dans la rue… il y a quelques jours, c’était rue Baraban que sept véhicules étaient incendiés.

Un autre aspect des débordements est celui de l’occupation nocturne des parcs et jardins, avec leur lot de nuisances pour les riverains. Les soirées estivales arrivant, finie la quiétude pour ces riverains parce que la fermeture de ces espaces publics n’est pas respectée. Un habitant confronté à cette situation récurrente autour du Parc Kaplan, en réponse à sa demande que soit fermé le parc selon les horaires du règlement, a reçu l’explication suivante “Le nombre de ces espaces sécurisés est en diminution compte tenu des nouvelles contraintes financières qui pèsent sur les collectivités territoriales (notamment de la baisse des dotations de l’Etat).”

On apprend ainsi que sur notre 3e arrondissement, ce service essentiel de la maîtrise des espaces publics n’est pas assuré de façon systématique ; à chaque espace ses règles de gestion ou l’absence de règles… et c’est l’argument des économies budgétaires qui est avancé. Nous sommes bien pourtant là sur une mission essentielle de la collectivité.

Donc manque d’argent… mais dans le même temps nous assistons au spectacle consternant de l’aménagement cyclable de la rue Ferdinand Buisson à Montchat. Un aménagement qui dès l’origine a été mal conçu, avec notamment des bordures de séparation peu visibles qui sont causes d’accident et qui, par ailleurs, empêchent les girations depuis certaines rues perpendiculaires.

Un défaut de conception qui aurait pu être facilement évité ; il suffisait de consulter les riverains qui connaissent les usages de leur rue.

Ce défaut de conception a été maintes fois signalé depuis quelques mois auprès de l’adjoint à la voirie de la Mairie du 3e, Laurent Peiser. Je l’ai encore fait lors de la dernière séance du Conseil d’arrondissement. Mais c’est un Laurent Peiser sûr de son fait, niant les problèmes, qui a répondu “circulez y’a rien à voir”. Et pourtant, ces derniers jours, plusieurs interventions de la voirie sont venues compléter l’aménagement… sans grand succès puisque ces compléments sont immédiatement dégradés (voir photo).

Visiblement, si la baisse des dotations impacte la fermeture des parcs et jardins, elle n’impacte pas les expérimentations hasardeuses sur la voirie

Nos propositions pour LYON EST

Difficile de suivre

Ces derniers mois, j’ai été surpris de constater que la Maire du 3e arrondissement, Catherine Panassier, fuyait les occasions de débat et d’explication des décisions prises. Ainsi, cet été, la promesse faite aux habitants d’une réunion pour leur présenter l’opération immobilière d’aménagement du site de la clinique Trarieux à Montchat n’était pas tenue, au motif que la campagne électorale avait démarré… Plus récemment, j’ai fait le constat d’une absence d’élus de la « majorité » à deux assemblées générales importantes de comités d’intérêt local : à Montchat avec le sujet de la zone 30 km/h en cours de déploiement à l’ordre du jour (seul l’élu écologiste Dominique Hitz était présent), puis à Villette-Paul Bert, où un point détaillé était fait sur les aménagements du projet Part-Dieu (seule l’élue écologiste Françoise Chevallier était présente). Dans les deux cas, on avait laissé entendre aux organisateurs que la « période de réserve » des élections de mars permettait difficilement une participation aux réunions de CIL…

Pour tout dire, je trouve assez inconvenant l’utilisation de cet argument pour éviter l’échange avec les habitants. La loi dispose qu’avant les élections, les élus ne peuvent mobiliser les moyens de la collectivité territoriale à l’appui de leur candidature ou pour promouvoir leurs réalisations. Je ne crois pas que d’assister à une assemblée générale d’une association indépendante entre dans ce cadre. La loi n’a bien sûr pas prévu que l’action des élus s’arrête 6 mois avant le scrutin… et il est bien dans la mission d’un Maire de répondre aux questions des habitants. Je dois dire que c’est bien la 1ère fois que j’entends ces arguments pour expliquer l’absence à une AG de CIL.

Tout cela est d’autant plus étonnant que dans le même temps, la Maire du 3e n’hésite pas à porter et participer à une concertation sur l’aménagement du débouché Sud de la rue Moncey, avec l’idée d’une démolition totale ou partielle du CLIP à la clé… On parle ainsi d’un projet structurant avec une facture pouvant varier de 20 à 35 M.€, qui n’a fait l’objet d’aucune présentation ou débat en Conseil d’arrondissement !

Ainsi, pour cette opération qui met en musique ce qu’il faut bien appeler des promesses de campagne, on ne parle plus de période de réserve…

Lutte contre la délinquance : toujours loin du compte

Lors du Conseil municipal de mai dernier, j’intervenais une fois encore pour demander une action plus volontariste et efficace de la Ville dans la prévention et la lutte contre la délinquance (voir mon intervention). L’adjoint Sécheresse, chargé de la sécurité, démontrait dans sa réponse une autosatisfaction à propos de la situation à Lyon… J’alertais notamment sur ces espaces publics qui n’allaient pas manquer d’être “privatisés” par quelques attroupements pendant l’été. Quelques jours après cette intervention, des riverains du “jardin de poche”, entre les rues Créqui et Edison, me contactaient pour me dire que c’est exactement ce qu’ils vivent et pour me faire part de leur désarroi.

J’ai alors saisi la Mairie d’arrondissement et obtenu l’organisation d’une réunion entre ces riverains, l’adjointe à la sécurité et des responsables des polices nationale et municipale. Cette réunion fut intéressante, permettant à une vingtaine d’habitants d’expliquer la difficulté de leur situation du fait de l’occupation récurrente du square jusqu’à des heures avancées de la nuit : nuisances sonores très fortes (cris et insultes), débordements, dégradations et, quand les riverains demandent aux “visiteurs” du square de se calmer (comme cela est suggéré par nos autorités pour régler le problème), insultes, jets de pierre et de bouteilles contre les fenêtres, menaces, dégradation sur les véhicules… Avec cet état de fait, nous ne sommes bien évidemment plus dans une “petite” nuisance sonore, mais bien dans un cadre de vie néfaste et pesant qui mine les gens.

Suite à cette réunion, les forces de police, que l’on peut remercier pour leur écoute, ont effectivement multiplier les passages dans le square en soirée et répondu plus fréquemment aux appels téléphoniques des habitants. Mais pour autant, les nuisances perdurent, car dès ces passages réalisés, les débordements reprennent.

Cette situation, qui se retrouve dans beaucoup d’autres lieux de notre ville, illustre bien l’insuffisance de la lutte contre la délinquance. Je note notamment les éléments suivants :

  • Alors que le problème de cet espace est connu, que les fauteurs de troubles sont quotidiennement présents, leurs noms n’étaient pas connus des autorités… Comment dès lors peut-il y avoir une action de fond, notamment auprès des familles, pour tenter de corriger les choses ?
  • Les passages réguliers sur un espace sensible sont bien sûr une première réponse, mais face aux débordements, il faut aussi se mettre en situation de pouvoir constater les comportements délictueux, ce qui veut dire observation discrète, surprise voire recours à la vidéoprotection pour une surveillance permanente. Sans cela, il apparaît bien évidemment difficile de réprimer et on ne peut faire porter toute la charge de la démarche aux habitants. Quelle déception quand nous avons appris lors du conseil d’arrondissement de septembre que les seules verbalisations de l’été concernaient le stationnement…
  • Lors de la réunion de juillet, nous avons vu aussi que cet espace sensible ne faisait pas partie des zones d’intervention des médiateurs sociaux. Comment comprendre qu’il n’y ait pas une cartographie globale de l’arrondissement, avec les points sensibles à traiter en permanence.
  • Enfin, dans ce cas d’école, la configuration des lieux favorise les débordements du fait de l’installation de sièges, directement sous les fenêtres d’une résidence, alors que ce jardin de poche, du fait de son état, n’est pas vraiment propice à une vie de square. Bref, cette installation s’est faite sans analyse des risques, alors qu’on nous parle de “prévention situationnelle”. (NB : après de multiples demandes et un été de nuisances, ces sièges ont finalement été retirés le 25/9…)

La prévention et la lutte contre la petite délinquance sont des sujets difficiles. Il est clair que la police nationale doit être mobilisée sur les faits les plus graves. Mais la Ville, avec sa police municipale, peut contribuer à cette action de façon beaucoup plus volontariste, systématique et organisée.

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