Jan 31
L'immeuble construit avenue Lacassagne là où aurait pu être créée une belle vue sur le futur parc.

L’immeuble construit avenue Lacassagne là où aurait pu être créée une belle vue sur le futur parc.

Voici le texte de mon intervention lors du Conseil d’arrondissement de janvier 2016 à propos de la création du nouveau parc sur le tènement RVI ; une position plusieurs fois affirmée ces dernières années.

“Nous allons bien sûr voter favorablement ce rapport. Je pense qu’effectivement lorsque que nous voyons la description du parc, cela sera un beau parc. Je me félicite de la décision du maintien d’un bassin puisque c’était un des points en débat. Il manque d’eau dans cette ville, c’est donc une bonne chose que nous profitions de cette opération pour en voir plus.

Par contre, ce parc est tellement beau que je regrette que nous ne le voyions pas depuis l’avenue. Je renouvelle et je le redis que nous avons raté une opportunité d’ouvrir l’avenue Lacassagne à cet endroit là sur ce parc. Nous aurions pu marquer la porte d’entrée de Montchat de belle façon, si nous avions permis à tous les gens qui passent avenue Lacassagne d’avoir une vision sur ce grand parc que nous allons créer.

Le choix a été fait de construire un immeuble à la place, le long du parc. Premier inconvénient, cela va encadrer le parc d’immeubles et cela va le cacher à la vue de tout le monde, et en termes d’espaces public cela n’est jamais très bon. Par ailleurs à cet endroit là, cela renforce l’effet tunnel de l’avenue Lacassagne, alors que nous aurions pu créer une belle ouverture.

Tout cela m’amène à regretter qu’en termes de concertation, nous ne fassions pas confiance aux citoyens habitants pour discuter des grands choix d’urbanisme. Très souvent, nous nous rendons compte que la Ville pose sur la table des choix structurants. Ce choix de construire l’immeuble en bordure de l’avenue Lacassagne, à mon avis, est un choix structurant qui n’a pas été discuté. Vous demandez après aux citoyens, dans l’accompagnement, dans le détail, de se concerter et de donner des idées. Il faudrait leur faire plus confiance pour qu’ils puissent se prononcer plus globalement sur ces opérations et voir la physionomie qu’ils veulent pour leur quartier. C’est le cas sur la friche RVI, c’était aussi le cas lors de la réunion d’hier sur la Part Dieu où finalement des choix ont été faits, structurants et lourds, sans trop d’explications. La concertation est ouverte uniquement sur des questions secondaires et je le regrette, les habitants peuvent s’exprimer sur des grands choix d’urbanisme.

Nous sommes très contents de ce parc et nous voterons le rapport avec le regret qu’il soit caché et que nous n’ayons pas bénéficié de l’opération pour créer une belle entrée au quartier de Montchat.” 

écrit par Pierre BERAT \\ tags:

Déc 22

PA020079Le Conseil du 3e arrondissement du vendredi 12 décembre a été riche, abordant plusieurs dossiers importants pour notre arrondissement. Voici les positions que vos élus UMP ont défendu lors de ce conseil.

Un intéressant CICA a permis d’entendre les témoignages argumentés des CIL Villette et Mutualité/Préfecture sur les problèmes de sécurité et les atteintes à la tranquillité publique dans le quartier Villette Paul Bert et sur les Berges du Rhône. Alors que le Maire PS du 3e, Thierry Philip, balance sur ces sujets entre autosatisfaction et tentative de minimisation des problèmes, j’ai confirmé les difficultés rencontrées, dont m’ont témoignées de nombreux habitants. J’ai rappelé mon intervention sur la lutte contre la délinquance lors du Conseil municipal d’octobre, qui pointait déjà la situation dans certains secteurs de Villette Paul Bert. La réponse de l’Adjoint à la sécurité Sécheresse s’était alors limitée a des sarcasmes, de l’autosatisfaction et des propos indignes, un comble quand on traite en assemblée de la question des incivilités… Sur cette question de la délinquance, j’ai rappelé en conseil d’arrondissement que la mise en place de la Métropole devait être l’occasion de mieux articuler l’action des médiateurs sociaux et de la Police municipale.

Le CICA a aussi été l’occasion de la présentation d’une intéressante enquête sur l’inconfort de la ligne C13 par le CIL Sans Souci Dauphiné. Force est de constater que la situation décrite correspond à la réalité : bus bondés car sous-dimensionnés, engorgement du fait de l’obligation de monter par l’avant, d’où des retards importants… Là encore, la “non-réponse” du SYTRAL, communiquée par l’adjoint en charge, n’est pas satisfaisante.

En conseil, nous avons délibéré sur les objectifs triennaux que va se fixer la Ville en matière de production de logements sociaux. Des objectifs “sur-volontaristes” qui vont au-delà de ce que la loi exige, la Ville de Lyon compensant notamment des déficits de production dans d’autres communes du Grand Lyon. Après avoir rappelé que nous sommes favorables à la production de logements sociaux, nous avons néanmoins fait valoir les points suivants qui nous ont amenés à nous abstenir sur la délibération proposée par la Ville :

  • le niveau à atteindre en matière de logements sociaux (25 % maintenant) doit maintenant s’apprécier au niveau du Grand Lyon, avec l’avènement de la Métropole,
  • nous n’avons pas obtenu la répartition des objectifs par arrondissement,
  • nous n’avons de ce fait pas de vision sur l’accompagnement par la Ville de ces nouveaux logements, en termes d’équipements et de services publics,
  • la politique de création forcenée de logement social en diffus en centre-ville coûte très cher. Alors que l’on ne cesse de nous rappeler que la dépense publique doit se réduire drastiquement, il faut se demander si l’on peut continuer à produire des logements à un tel coût alors que l’on pourrait en offrir plus ailleurs.

Nous avons approuvé le prolongement d’un an du programme FISAC dans le quartier Moncey, qui vise à aider la rénovation et la redynamisation commerciale. J’ai toutefois demandé à ce que les élus puissent se prononcer suite aux résultats de l’étude en cours qui doit faire des propositions sur une nouvelle identité commerciale du quartier. J’ai aussi rappelé que si l’on souhaite soutenir l’activité commerciale dans le secteur, il faudrait commencer par éviter de concentrer les manifestations et après-matchs à risque cours Gambetta : les commerces de cette importante artère ont encore subi des dégradations inacceptables lors d’une récente manifestation.

Nous devions aussi nous prononcer sur l’acquisition par la Ville de locaux dans le cadre de la réalisation du futur parc RVI. Nous nous sommes abstenus sur cette acquisition. Sylvie Pendarias en a expliqué les raisons. D’une part, le coût est très élevé pour la Ville. D’autre part, cette position est cohérente avec la vision urbanistique que nous avons développée pour ce jardin : nous voulions un parc s’ouvrant sur l’avenue Lacassagne alors que la Mairie du 3e a fait le choix d’un relatif enclavement de ce jardin, en confortant l’effet tunnel des constructions sur cette avenue. Or ces acquisitions se font pour créer une entrée du Parc sur le côté, rue Rochaix.

 

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , , , , , ,

Mai 26

Outre les promesses non tenues, la concertation déficiente, l’action de la gauche plurielle à la tête du 3e arrondissement se sera aussi traduite par des aberrations pour notre vie urbaine. Certes, il s’agit parfois de décisions de niveau Ville de Lyon ou Grand Lyon, mais pour autant, il revient à un Maire d’arrondissement de faire valoir la qualité de vie dans son arrondissement. C’est sa mission première. Sur les affaires que nous allons évoquer il y a eu déficience depuis 2008.

Pour évoquer ces aberrations, je vais consacrer ce premier épisode à la gestion prospective du logement, sujet clé s’il en est puisque cela influe à la fois sur la capacité de se loger et sur la qualité de vie en ville.

Le choix du développement résidentiel a été fait dans le SCOT, avec un objectif de construction de 150 000 logements d’ici 2030 pour les 72 communes concernées par ce schéma. Pour le bassin de vie centre (Lyon-Villeurbanne), cela devra se traduire par 60 000 logements supplémentaires, dont plus de 30 000 hors projets d’urbanisation déjà prévus. Dans un secteur de la ville déjà très dense, cet objectif ne sera pas tenu facilement.

Lors du 1er atelier de concertation sur la révision du PLU-H (Plan local d’urbanisme), le Maire du 3e a déclaré que notre arrondissement devait prendre sa part à la réalisation de cet objectif, et l’adjoint à la démocratie participative a invité les participants à faire des propositions pour déterminer les lieux où il était possible de réaliser de nouvelles constructions, ou de densifier le bâti existant. Les citoyens de l’arrondissement ont donc mission de trouver les m² à densifier autour de chez eux. Avis à la population, pour la densification, la concertation est autorisée !

Je trouve qu’il y a dans cette approche une aberration évidente. On nous demande de chercher des m² pour caser des logements mais depuis sept ans, on a laissé passer la formidable opportunité de créer un nouveau quartier à vivre, au cœur du 3e arrondissement, sur les tènements RVI et Merck. 90 000 m² en plein centre ville urbanisés à marche forcée sans y réaliser de logements de façon conséquente. Ces terrains uniques dans notre ville auraient dû être utilisés aussi pour contribuer au développement résidentiel de la ville.

Ajoutons que cette urbanisation sous forme de logements aurait été une approche valorisante en termes d’urbanisme. D’abord, c’était l’occasion d’assurer la continuité de la ville. Ce secteur RVI est en effet souvent vécu comme un espace de transition entre Montchat, Sans Souci et Monplaisir. Par ailleurs, la dimension des terrains à aménager donnait la possibilité de créer un véritable quartier à vivre, avec ses commerces et équipements, sans déstructurer l’habitat existant, comme nous avons eu l’occasion de le souligner maintes fois. Bref, une belle opportunité perdue !

Autre aberration sur ce secteur. On vient regretter aujourd’hui le fait qu’un projet de pépinière d’entreprises ne puisse se concrétiser sur le tènement RVI. On oublie de rappeler que la pépinière innovante qui existait, à côté, sur le tènement Merck, n’a pas été prolongée !

Pour le cadre urbain, il s’agit d’une erreur lourde, comme nous en avons vu d’autres à Lyon depuis 2001. Le type d’erreur qui freine le développement urbain, et dont il faut ensuite payer le prix.

A venir dans un 2e épisode, d’autres aberrations du mandat Thierry Philip.

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Mai 20

Quel bilan tirer en matière de concertation après 5 ans de gauche plurielle dans le 3e arrondissement ? Attention, sur ce sujet de la démocratie participative, comme sur celui de la culture, nous sommes dans le domaine réservé de la gauche ! Elle serait la seule à en maîtriser la théorie et la pratique… Que pouvons-nous constater dans le 3e arrondissement ?

Le premier constat que l’on peut faire, c’est celui d’une concertation très étroitement encadrée. L’adjoint à la démocratie de proximité est le spécialiste en la matière, qui ne manque pas une occasion d’affirmer en préambule des réunions, ou de “faire un rappel au réglement”, pour tracer la frontière de ce qui est discutable dans les projets. Avec une telle approche, nos élus de gauche semblent douter de la capacité des citoyens à avoir un avis sur toutes les dimensions d’un problème. Ces cadrages donnent la malheureuse impression d’un père de famille traçant à ses enfants les limites du terrain de jeu… Cette concertation encadrée est bien sûr inacceptable, et je sais que nombreuses sont les personnes impliquées dans les conseils de quartier à partager ce point de vue. Cela explique d’ailleurs les nombreux abandons et démissions des conseils de quartier, que l’histoire municipale officielle tient bien sûr à gommer…

Dans les limites qui sont fixées par nos élus de gauche, ce que l’on peut dire c’est qu’il y a eu du bon et du moins bon en matière de concertation dans le cadre des conseils de quartier. Il faut reconnaître que sur certains projets de proximité, cette concertation a été réelle.

Mais, globalement, notre arrondissement a connu de grosses lacunes en matière de concertation.

Notons d’abord que certaines décisions ont été prises en l’absence de toute concertation : urbanisation du quartier de la Buire, création du terminus du tram pour le Grand Stade sur l’Esplanade Villette, modification à venir de l’itinéraire du C13 (l’information n’est pas concertation), réaménagement prévu de la place de Francfort (l’absence de concertation a conduit in fine au blocage du projet).

Pour l’aménagement des friches RVI et Merck, là encore, la concertation a été absente. La Mairie PS du 3e arrondissement ose écrire dans son bilan de mandat : “RVI une page nouvelle s’écrit, projet concerté avec vous” ! C’est l’un des mensonges du document. Car ces dernières années, aucune réflexion participative n’a été menée avec les habitants pour savoir comment ils voyaient le futur de ces “morceaux de ville”, au coeur du 3e (voir sur ce blog tous les billets que j’ai pu écrire sur le sujet). Nos édiles ont décidé pour nous, imposant leurs choix.  Le seul élément qui soit concerté, c’est l’aménagement interne de l’espace vert prévu dans le projet global. Je pense pour ma part que les choix sur le devenir de la Ville et de ses composantes peuvent aussi être concertés, bref une concertation sur l’urbanisme est possible et nécessaire.

Enfin nous souffrons aussi dans le 3e arrondissement de la concertation “écran de fumée”. J’entends par là les opérations de communication à gros budget censées apporter les informations et collecter le point de vue des habitants. Celle sur l’aménagement de la rue Garibaldi était dans cette lignée. Mais le summum est atteint avec la concertation “Part-Dieu 2020”, le Grand Lyon organisant un show autour du projet sans pour autant délivrer les informations qui impactent directement les habitants concernés, et sans prendre le temps de les écouter. La manipulation apparaît clairement lors des conférences du projet au cours desquelles des experts débatent pendant deux heures des concepts, avant de laisser la place à quelques questions des habitants, auxquelles nos élus daignent répondre… tant que ces questions sont jugées d’un “bon niveau”.

Bref, le 12e engagement de la gauche plurielle du 3e arrondissement, “concerter pour mieux décider” est bien imparfaitement tenu. D’abord parce que la non-concertation existe dans certains cas, et que dans d’autres, il s’agit d’une concertation “accessoire” ou “encadrée”. Ne sont concertées que les décisions “de détail”. Je pense pour ma part que l’avis des habitants est utile sur la finalité des projets, la conception de l’aménagement des quartiers, et pas seulement sur l’emplacement des poubelles ou des bancs sur l’espace public.

 

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Avr 23

Comme annoncé, voici le premier épisode de notre revue de mandat de la Mairie PS du 3e arrondissement. Commençons logiquement par les annonces et engagements non tenus. J’écris “logiquement” car c’est sur ces annonces et engagements que Thierry Philip s’est fait élire en 2008.

Je l’ai déjà évoqué, le Maire du 3e est sur cette question plutôt content de lui, cf. son affirmation lors d’une réunion publique “on a presque tout fait et même plus”. Intéressons-nous au “presque”.

Parmi les promesses de la liste PS, on pouvait lire “nous construirons trois nouvelles écoles HQE”. Bilan : une seule a été réalisée à la Buire. Ni la nouvelle école sur le tènement RVI, ni la nouvelle école “3e Est” ne se feront. Pour RVI, le Maire nous dit que “finalement il n’y a pas de besoin ici”. Cette déclaration pose question : pourquoi avoir fait une telle promesse en 2008, alors que les candidats PS disposaient de toutes les statistiques municipales pour connaître les besoins en fonction de la démographie ? Soit il s’agissait d’un grand amateurisme, soit il s’agissait d’une tromperie. On se souvient que ce projet d’école servait au candidat PS à justifier ses projets de construction sur le tènement RVI, en disant “vous voyez que l’on pense aussi aux habitants, on va vous faire une école”… La thèse de la tromperie tient bien la route.

Quant à l’abandon du projet de nouvelle école “3e Est”, cela veut dire concrètement que Villette Nord/Ferrandière n’aura pas d’école avant plusieurs années.

Autres manquements importants : le service aux administrés. Le programme annoncé était vendeur. Bilan : certes la Mairie a été rénovée, permettant par la même occasion d’aménager de beaux bureaux pour les élus. Mais pour le reste : pas de bus “mairie” pour rapprocher les services des habitants, pas de bornes interactives pour que les habitants du 3e accèdent facilement à des pièces administratives et à ma connaissance, pas de réflexion engagée pour une nouvelle mairie dans la partie Est de l’arrondissement. Pourtant tout cela figurait sur les documents électoraux. Sur cette mission de base d’une Mairie d’arrondissement, les réalisations sont très décevantes. La partie Est de l’arrondissement (Montchat, Sans Souci) reste donc très mal desservie, et ce d’autant plus que pendant ce mandat, la desserte en transports en commun, de ces quartiers vers la Mairie, s’est plutôt dégradée ou va se dégrader.

On le voit à l’issue de ce premier épisode, le “presque” n’est pas mince.

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