Sep 23

Alors que l’actualité lyonnaise est rythmée par des atteintes répétées à la tranquillité publique et des faits délictuels inacceptables, voici mon intervention lors du Conseil municipal du 23 septembre 2019 sur le sujet.

“Monsieur le Maire,

Notre Conseil municipal se prononce sur des subventions à des associations qui organisent des chantiers loisirs ou éducatifs dans le cadre de la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance.

Personne ne contestera ces chantiers de loisirs ou éducatifs qui aident des jeunes en difficulté à rester ou à revenir sur le bon chemin, en les inscrivant dans des projets collectifs qui travaillent le sens de l’effort, de la réalisation et de l’intérêt général.

Ce qui reste préoccupant par contre, c’est la modestie de l’engagement municipal dans la prévention de la délinquance. 75 000 euros sur l’année, soit 9 % du coût de l’expérimentation florale temporaire de la rue du Président Herriot ! On rappellera aussi l’information du dernier rapport développement durable de la Ville : pas plus de 15 jeunes délinquants chaque année concernés par les modules mis en place par la Ville pour une réparation pénale. Et pourtant, chacun mesure combien les besoins en matière de traitement de la délinquance sont colossaux et en augmentation dans notre ville. Une grande partie des Lyonnais ne se reconnaissent pas dans le bilan de baisse de la délinquance que vous avez brossé en début de conseil.

Nous venons de débattre de la situation déplorable la nuit en presqu’île et des pressions qui sont exercées sur les habitants. Beaucoup de choses ont été dites et de ce fait je modifie l’intervention prévue pour aborder deux points de votre propos en début de conseil.

1) Sur les points noirs de la délinquance. Il ne faudrait pas que cette actualité dans le 2e arrondissement occulte le fait que cela fait de nombreuses années que des Lyonnais voient leur cadre de vie se dégrader, la peur s’installer parce que des attitudes délinquantes deviennent la norme. Dans votre intervention, outre la rue Herriot, vous avez cité le bas des pentes et la place Gabriel Péri. Il y a bien d’autres points chauds. Quelques exemples qui illustrent ces réalités : courses de scooter dans les squares et tours de quads en grillant les feux à Villette Paul Bert, braquages et vols à répétition dans les commerces et nouvelle pétition des habitants excédés aux Charmilles à Montchat, trafics, consommation d’alcool et nuisances sonores au square Saint Michel dans le 7e, des rues voire des secteurs entiers où la réglementation n’est pas respectée par des commerces en termes d’horaires d’ouverture, de vente d’alcools…

Concernant la place Gabriel Péri, j’ai constaté récemment la présence de la police municipale sur la place, au milieu de la foule, pour faire cesser les divers débordements et délits qui s’y produisent. Il faut saluer l’engagement de ces agents qui prennent ainsi le sujet à bras-le-corps. Mais les problèmes dépassent largement la place et ce qu’exprime le collectif Guill’en colère, c’est un retour du droit et de la tranquillité dans l’ensemble du quartier côtés 3e et 7e. Et je ne suis pas sûr que l’étude sociologique que vous annoncez sur le secteur soit la réponse la plus attendue.

2) Votre constat M. le Maire d’une montée de l’intolérance mutuelle et votre appel à la concorde.

L’affaire de l’intrusion dans des immeubles du 2e a fait avec justesse beaucoup de bruit. Mais il y a bien longtemps dans d’autres secteurs de la ville que les habitants se gardent bien de s’exposer pour ne pas subir de représailles. Un état de fait inacceptable pour notre République.

La multiplication des collectifs met en pleine lumière cette situation.

Quand des groupes spontanés ou des bandes organisées veulent faire régner leur loi, imposer leur système ou leurs non-valeurs, il n’y a pas d’intolérance mutuelle et ce n’est plus la concorde civique qui est nécessaire, c’est la restauration de l’ordre public qui est nécessaire, avec les réponses à la hauteur des troubles.

En conclusion, l’action de la ville ne peut se limiter à quelques lieux emblématiques ou à quelques actions « coup de poing ». C’est bien d’action à grande échelle et permanente dont la ville a besoin, une action puissance 10 dans tous les lieux qui le nécessitent… ce qui veut dire une volonté politique implacable et des moyens au niveau pour les missions de tranquillité publique, y compris en amont, dans la prévention.

Tout cela n’est pas un sujet de la présidentielle de 2022 comme l’analyse Emmanuel Macron. C’est un sujet d’hier qui s’aggrave et pour lequel il faut des réponses maintenant.”

Voir aussi le compte-rendu du Conseil du 3e de juin 2019 où j’ai interpelé la Maire du 3e sur l’augmentation de l’insécurité à Montchat (pages 21-23). Lire

 

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Juin 16

COMMUNIQUE DE PRESSE

11 juin 2019

 

Ce mardi soir, la Mairie du 3e arrondissement a tenu une réunion publique pour appeler les habitants à la vigilance citoyenne face à la montée de l’insécurité et des atteintes à la tranquillité publique à Montchat. Aussi utile soit-elle, cette vigilance ne peut suffire et il faut que les autorités apportent elles-aussi sans attendre des réponses.

Ces derniers mois, la sécurité et la tranquillité publique à Montchat se sont fortement dégradées : braquage de commerce, voitures incendiées, cambriolages avec acharnement sur des commerces, dégradations sur véhicules parfois de façon purement gratuite, incivilités, lieux de trafic…

Il y a déjà plusieurs mois, j’avais écrit à la Maire du 3e en listant les faits dont j’avais connaissance. Je suis intervenu aussi sur ce sujet lors d’un récent Conseil d’arrondissement. Cette dégradation très préoccupante amène à se poser deux questions. Est-ce un effet du renforcement de la police de proximité sur le 8e arrondissement, provoquant un déplacement de la délinquance ? Est-ce que les caractéristiques de Montchat (nombreux secteurs pavillonnaires, éloignement du centre) sont bien prises en compte dans la stratégie de sécurité ?

Face à cette situation, la Mairie du 3e organise une réunion publique pour inciter habitants et commerçants à être plus vigilants. Si la sécurité est effectivement l’affaire de tous, j’en appelle néanmoins aux autorités pour qu’elles apportent enfin elles-mêmes des réponses structurelles face à cette situation inacceptable qui pèse sur les Montchatois :

  • Les caractéristiques du quartier nécessitent une présence de proximité permanente des forces de police. Cela pose de nouveau la question de l’absence de poste de police dans le 3e Est (60 000 habitants sans poste de police nationale ou municipale), alors que Lyon dispose d’une Police municipale les plus importantes de France.
  • Compte tenu de la nature des actes délinquants, la vidéoprotection ne serait-elle pas utile dans certains secteurs ?
  • Par ailleurs, est-il bien opportun dans ce contexte de mettre en place sur le quartier un éclairage public uniquement par détection ?

 

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Jan 06

Fermeture de la Bourse du travail

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Bourse du travail : une fermeture qui interroge sur les priorités de la Ville de Lyon en matière d’investissements

 

La fermeture soudaine de la Bourse du travail interpelle tant il s’agit d’un équipement culturel majeur pour notre Ville. Si la sécurité impose effectivement de ne prendre aucun risque, cet événement confirme qu’une partie du patrimoine de la Ville de Lyon n’est pas suffisamment entretenue.

Comme de nombreux Lyonnais, je suis surpris d’apprendre la fermeture soudaine de la Bourse du travail pour des raisons de sécurité liées aux défaillances du système anti-incendie. La salle de spectacle de la Bourse du travail est en effet un équipement majeur et apprécié pour la vie culturelle et l’animation de notre cité. J’ai une pensée bien sûr pour les compagnies qui ont été contraintes de renoncer à une représentation et bien sûr à leur public, privé de leur spectacle dans une période festive.

Il faut néanmoins être clair et responsable. Si le système anti-incendie ne peut garantir la sécurité des spectacles, il est logique que cet arrêté de fermeture soit pris. En la matière, aucun risque ne peut être pris, l’actualité nous montre régulièrement ce à quoi peuvent aboutir les négligences.

Il demeure que cette fermeture soudaine, non anticipée, conforte le sentiment qu’une partie du patrimoine de la Ville de Lyon n’est pas maintenue comme elle le devrait. D’un côté, la Ville et la Métropole communiquent sur de nouveaux projets, sur des réalisations clinquantes, mais de l’autre, des équipements très importants (salles de spectacle, gymnases…) sont délaissés. Le dernier rapport « Développement durable » de la Ville de Lyon démontre d’ailleurs l’insuffisance des investissements quand on constate les mauvais résultats en matière d’efficacité énergétique, ce que nous avons souligné en Conseil municipal.

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Sep 24

Lors du Conseil municipal de mai dernier, j’intervenais une fois encore pour demander une action plus volontariste et efficace de la Ville dans la prévention et la lutte contre la délinquance (voir mon intervention). L’adjoint Sécheresse, chargé de la sécurité, démontrait dans sa réponse une autosatisfaction à propos de la situation à Lyon… J’alertais notamment sur ces espaces publics qui n’allaient pas manquer d’être “privatisés” par quelques attroupements pendant l’été. Quelques jours après cette intervention, des riverains du “jardin de poche”, entre les rues Créqui et Edison, me contactaient pour me dire que c’est exactement ce qu’ils vivent et pour me faire part de leur désarroi.

J’ai alors saisi la Mairie d’arrondissement et obtenu l’organisation d’une réunion entre ces riverains, l’adjointe à la sécurité et des responsables des polices nationale et municipale. Cette réunion fut intéressante, permettant à une vingtaine d’habitants d’expliquer la difficulté de leur situation du fait de l’occupation récurrente du square jusqu’à des heures avancées de la nuit : nuisances sonores très fortes (cris et insultes), débordements, dégradations et, quand les riverains demandent aux “visiteurs” du square de se calmer (comme cela est suggéré par nos autorités pour régler le problème), insultes, jets de pierre et de bouteilles contre les fenêtres, menaces, dégradation sur les véhicules… Avec cet état de fait, nous ne sommes bien évidemment plus dans une “petite” nuisance sonore, mais bien dans un cadre de vie néfaste et pesant qui mine les gens.

Suite à cette réunion, les forces de police, que l’on peut remercier pour leur écoute, ont effectivement multiplier les passages dans le square en soirée et répondu plus fréquemment aux appels téléphoniques des habitants. Mais pour autant, les nuisances perdurent, car dès ces passages réalisés, les débordements reprennent.

Cette situation, qui se retrouve dans beaucoup d’autres lieux de notre ville, illustre bien l’insuffisance de la lutte contre la délinquance. Je note notamment les éléments suivants :

  • Alors que le problème de cet espace est connu, que les fauteurs de troubles sont quotidiennement présents, leurs noms n’étaient pas connus des autorités… Comment dès lors peut-il y avoir une action de fond, notamment auprès des familles, pour tenter de corriger les choses ?
  • Les passages réguliers sur un espace sensible sont bien sûr une première réponse, mais face aux débordements, il faut aussi se mettre en situation de pouvoir constater les comportements délictueux, ce qui veut dire observation discrète, surprise voire recours à la vidéoprotection pour une surveillance permanente. Sans cela, il apparaît bien évidemment difficile de réprimer et on ne peut faire porter toute la charge de la démarche aux habitants. Quelle déception quand nous avons appris lors du conseil d’arrondissement de septembre que les seules verbalisations de l’été concernaient le stationnement…
  • Lors de la réunion de juillet, nous avons vu aussi que cet espace sensible ne faisait pas partie des zones d’intervention des médiateurs sociaux. Comment comprendre qu’il n’y ait pas une cartographie globale de l’arrondissement, avec les points sensibles à traiter en permanence.
  • Enfin, dans ce cas d’école, la configuration des lieux favorise les débordements du fait de l’installation de sièges, directement sous les fenêtres d’une résidence, alors que ce jardin de poche, du fait de son état, n’est pas vraiment propice à une vie de square. Bref, cette installation s’est faite sans analyse des risques, alors qu’on nous parle de “prévention situationnelle”. (NB : après de multiples demandes et un été de nuisances, ces sièges ont finalement été retirés le 25/9…)

La prévention et la lutte contre la petite délinquance sont des sujets difficiles. Il est clair que la police nationale doit être mobilisée sur les faits les plus graves. Mais la Ville, avec sa police municipale, peut contribuer à cette action de façon beaucoup plus volontariste, systématique et organisée.

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Juil 03

Innovation dans l’éclairage public à Montchat : oui mais n’oublions pas la tranquillité publique

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Voici le texte de mon intervention, lors du Conseil municipal de Lyon du 2 juillet 2018.

“Monsieur le Maire,

Cette délibération vise à autoriser, pour un montant de 1,9 million d’euros, la mise en place d’un dispositif de pilotage de l’éclairage public sur le quartier de Montchat. Ce dispositif consiste, pour toutes les rues en dehors des grands axes, à graduer l’intensité lumineuse en 2e partie de soirée ou à allumer les lampadaires uniquement lors du passage d’une voiture, grâce à des détecteurs en début de rue.

Compte tenu de la finalité, qui est de faire des économies d’énergie, le groupe Les Républicains et apparentés aborde cette démarche favorablement.

Nous demandons toutefois à ce qu’elle soit bien étudiée, et mise en œuvre avec pragmatisme, en se gardant de se laisser aveugler par le culte de la technologie, comme nous avons pu le constater dans certaines interventions en conseil d’arrondissement.

S’il faut saisir cette opportunité de réduire la consommation électrique non nécessaire par l’éclairage public, il faut en effet prendre en compte la sécurité et la tranquillité publique des habitants.

Mon propos sera peut-être un peu technique mais la problématique n’est pas anecdotique.

Il se trouve qu’à Montchat, dans la plupart des rues concernées par le projet, il y a un éclairage unique, d’un côté de la rue, pour éclairer la chaussée et ses abords, dont le trottoir. Cela veut dire que si vous réduisez l’intensité lumineuse, ou si vous éteignez les lampadaires en l’absence de circulation, vous supprimez l’éclairage sur la chaussée mais aussi dans les abords (trottoirs, délaissés qui bordent la rue…).

Or il se trouve que des secteurs de Montchat, comme dans d’autres quartiers, souffrent de certains attroupements en soirée, qui occupent l’espace public et « pourrissent » la vie des riverains… il n’y a pas d’autres mots. Sans approche fine, votre dispositif risque ainsi de plonger dans le noir, des parties de l’espace public qui ne doivent pas l’être, surtout aux heures avancées de la nuit.

Il faut être d’autant plus vigilant à Montchat que je le rappelle, c’est un quartier dépourvu d’une présence policière permanente, du fait de votre choix politique assumé, alors même que ce quartier est très éloigné des postes de police municipale et nationale.

J’ai évoqué notre préoccupation en commission et on m’a répondu que tout est sous contrôle. Je préfère insister sur le sujet et vous lister tous les endroits où peuvent se produire les situations que j’évoquais : place de la Reconnaissance, rue Bonnand, rue Antoinette, rue Camille, rue de la Balme, secteur Trarieux/Eugénie, hauts de Montchat, débouché du cours Long sur la place Henri, parking nord du parc Bazin…

Nous sommes donc favorables à la recherche d’économie d’énergie par le pilotage de l’éclairage public, mais nous soulignons la nécessité de prendre en compte la dimension sécurité et tranquillité publique, en déployant le dispositif avec discernement, pour prendre en compte les zones à risque qui ne peuvent rester dans le noir.”

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