Fév 11

Le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a lancé cette semaine la nouvelle police de sécurité du quotidien. Elle se traduit d’une part par une expérimentation, dans certains quartiers prioritaires, du renforcement des forces de l’ordre, sous forme de brigades spécialisées de terrain, et par une orientation visant à décharger les forces de police des lourdeurs de la procédure pénale pour renforcer les capacités d’action. On verra à l’usage quels sont les résultats de ces expérimentations et quelle est la réalité de l’allégement des procédures… sans oublier bien sûr le meilleur fonctionnement de la justice, sans lequel il est illusoire de vouloir rétablir la sécurité ; à quoi bon multiplier les arrestations si les délinquants sont aussitôt libérés sans peine réelle ! On le verra aussi en gardant à l’esprit les errements de la “police de proximité” de l’ère Jospin.

A Lyon, le quartier Mermoz dans le 8e arrondissement est l’un des quartiers retenus pour l’expérimentation, qualifié de quartier de reconquête républicaine… l’intitulé donne une idée de l’ampleur des problèmes. Car il faut effectivement bouger en matière de lutte contre la délinquance et l’insécurité au quotidien. Les faits de délinquance sur la voie publique sont ainsi en hausse de 5,4 % en 2017 pour la Métropole de Lyon (près déjà + 9 % en 2016). Et on notera que les vols dans les véhicules bondissent de 24 %.

Il demeure une question. Tous les territoires du pays et tous les quartiers de nos villes auront-ils l’opportunité de bénéficier d’une meilleure sécurité au quotidien. Pour prendre l’exemple du 3e arrondissement, deux secteurs font l’objet de toutes les attentions : la Part-Dieu, compte tenu du nombre énorme de passages et les Berges du Rhône, pour lesquelles on apprend que si l’insécurité y a reculé, c’est au prix d’un énorme investissement public. Ceux qui portent le succès des Berges en étendard oublient de dire les risques qui ont été pris, sciemment, en matière de sécurité et de tranquillité publique.

Mais qu’en est-il pour les autres quartiers de notre arrondissement, qui ne sont ni des secteurs d’hyper-centre, ni des secteurs de “jungle urbaine” il est vrai. Force est de constater qu’ils sont un peu délaissés, et pourtant les problèmes existent. Prenons le 3e Est : 60 000 habitants sans aucun poste de police, ni nationale, ni municipale (ce qui n’a pas été le cas dans le passé quand il y avait un commissariat annexe avenue Lacassagne et une antenne de la police municipale cours Long). Quels que soient l’engagement et la réactivité des forces de police, on sait bien que quand il faut venir de loin, c’est moins facile de dissuader, de surveiller et d’intervenir rapidement.

Et pourtant, il y a des problèmes dans le 3e Est : des trafics en plusieurs lieux, des dégradations de véhicules à répétition, des tapages réguliers qui nuisent à la tranquillité des riverains, des cambriolages notamment dans les secteurs pavillonnaires de Montchat. On peut aussi constater que Chambovet, qui devrait incarner la tranquillité, est régulièrement le lieu d’incendies de véhicules…

Pour une vraie sécurité au quotidien pour tout le monde, il faut nécessairement un maillage de proximité des forces de police. En la matière, il y a des progrès à réaliser à Lyon et notamment dans notre arrondissement.

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Jan 19

Voici la vidéo de mon interview sur Lyon Mag/Jazz Radio par Gérard Angel, suite à la démission de Thierry Philip. Ce départ n’est pas anodin, et il pose des questions pour notre arrondissement (voir aussi ci-dessous mon communiqué de presse).

Communiqué de presse du 15 janvier 2018

Thierry Philip vient d’annoncer qu’il abandonnera prochainement sa fonction de Maire du 3e arrondissement dans un discours sur l’engagement politique qui ne manquait pas de panache. C’est une décision qui n’est pas anodine et qui suscite le respect. Il me semble effectivement logique et incontournable qu’un élu assure pleinement son mandat.

Nous avons eu de nombreuses divergences de vue avec Thierry Philip ces dernières années, à propos du développement du 3e arrondissement. Je salue cependant l’homme de conviction et je reconnais qu’il était un chef d’orchestre pour la majorité municipale du 3e.

Cela met d’autant plus en avant une question majeure qui se pose pour les habitants du 3e arrondissement. Quelle va être l’orientation politique de l’équipe qui a la charge de servir les Lyonnais du plus important arrondissement de la ville ?

La majorité du 3e arrondissement est en effet particulièrement hétéroclite, rassemblant des élus « En marche » qui ont coupé avec le PS, des élus PS qui se veulent les gardiens du Temple socialiste, des Verts parmi les plus idéologues, des MODEM, des cadres du PCF, des modérés de la société civile…

Le départ de Thierry Philip pose ainsi la question de l’orientation politique pour cette fin de mandat, alors même que les enjeux d’un arrondissement qui vient de passer le cap des 100 000 habitants exigent une orientation claire :
– quelle réponse pour les secteurs de l’arrondissement confrontés à l’insécurité et aux atteintes à la tranquillité publique,
– quel engagement pour obtenir les nouveaux équipements nécessaires du fait de la forte croissance de la population,
– quelle vigilance sur le Grand projet Part-Dieu pour s’assurer qu’il prend bien en compte les besoins et contraintes des habitants,
– quelle volonté pour préserver les spécificités des quartiers, leur identité, leur cadre de vie, pour éviter qu’une densification homogène se traduise par la banalisation des quartiers et la généralisation des problèmes liés à cette densification,
– quelle détermination pour veiller à ce que l’affirmation de la Métropole ne se traduise pas par une perte de la proximité dans la mise en œuvre des politiques ?

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Jan 05

Interview de rentrée

Politique générale, Présidentielle 2017, Sécurité, Société Commentaires fermés sur Interview de rentrée

Face à faceFin de la trêve des confiseurs, j’ai eu le plaisir hier d’être l’invité de Loic Besson pour Face à face sur TLM.

L’occasion d’échanger sur la sécurité et la dernière attaque contre les policiers – alors que l’insécurité revient parmi les toutes premières préoccupations des Français -, sur le retour en France des djihadistes, sur les premiers mois du quinquennat Macron et sur la refondation à droite.

Pour voir l’émission, c’est ici.

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Oct 07

L’assassinat terroriste de dimanche dernier à Marseille constitue un nouveau choc pour le pays. Deux jeunes femmes, qui ont eu la malchance de se trouver sur le parvis de la Gare Saint Charles, ont perdu la vie dans des conditions atroces. Chacun mesure l’horreur de cette barbarie au cœur de notre société.

C’est un choc aussi après les révélations sur le tueur. Les faits constituent un nouvel exemple de délitement de nos institutions, à la fois du fait d’une complexification extrême, source d’inefficacité, et du fait d’un laisser aller. Les Français le ressentent au fond d’eux-mêmes et cela explique beaucoup le ras-le-bol qu’ils expriment.

Complexification extrême, quand on constate que le terroriste, immigrant illégal, se trouvait encore sur notre sol malgré de multiples délits. Il y a des procédures pour expulser les personnes en situation irrégulière, mais elles sont tellement complexes, et il y a tellement de motifs qui peuvent être actionnés pour les ralentir, que leur efficacité est très faible. Sans doute que la France est corsetée par des conventions internationales censées protéger les droits individuels, mais à quel déséquilibre arrive-t-on entre les “droits” de ceux qui enfreignent nos lois et le droit “élémentaire” de notre population, celui de marcher dans la rue en sécurité.

Et à côté de cela, on se rend compte qu’il y a aussi du laisser aller. Les moyens d’appliquer les textes ne sont pas suffisants, mais on laisse aller, on se trouve d’autres priorités… Et comme les moyens sont insuffisants, on laisse tomber… et c’est ainsi qu’une fois encore, ce délinquant interpellé a pu reprendre sa route avant de devenir un tueur…

Cette tragédie montre deux autres choses.

D’abord l’utilité du dispositif Sentinelle. Certains veulent le suspendre. Mais à Marseille, sans la présence de cette patrouille, il y aurait sans doute eu d’autres victimes. Les militaires de Sentinelle remplissent une mission dangereuse pour eux, très pénible. Il faut saluer leur action. Mais il faut aussi souligner son utilité.

Enfin, cette affaire de Marseille est un nouvel exemple du lien qui peut intervenir entre délinquance et initiatives terroristes, avec des entourages qui, consciemment ou pas, fournissent un appui à ces initiatives. Dès lors, la lutte contre le terrorisme doit aussi prendre pleinement en compte cet aspect, en “armant” le pays pour y faire face. La guerre contre le terrorisme se mène au plan technologique (interventions à distance, surveillance du Net), avec le renseignement au plan mondial, mais aussi par la remise en ordre de certaines “cours des miracles” sur notre sol. A cet égard, la réponse du Gouvernement reste insuffisante.

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Juil 06

Le redressement des comptes de la Région avait été un enjeu de la dernière campagne des élections régionales. Laurent Wauquiez s’était engagé à stopper la progression de la dette régionale, tout en relançant l’investissement et ce sans augmentation des impôts et taxes. Cela impliquait donc un grand volontarisme pour réduire les dépenses de fonctionnement.

Lors de la session du 29 juin, nous avons adopté le compte administratif de l’année 2016. Alors que le budget est une prévision de recettes budgétaires et une autorisation de dépenses, le compte administratif est la photo de la réalité financière. Ce compte administratif démontre donc la réalité financière de la première année de mandat de notre nouvelle majorité.

Première conclusion marquante : les dépenses de fonctionnement ont été réduites de 130 millions d’euros, alors que l’objectif était de 75 millions ! Auvergne-Rhône-Alpes est n°1 pour les économies de fonctionnement. Cette performance est réalisée grâce à la réduction du train de vie des élus (- 5,8 millions d’euros), la baisse des dépenses d’administration courante (290 000 euros gagnés par la vente de 67 véhicules) et la recherche d’économies dans les politiques régionales, en faisant en sorte notamment de simplifier le circuit administratif pour éviter les dépenses de fonctionnement intermédiaires, ce qui a pleinement occupé Etienne Blanc, Premier Vice-Président chargé des finances.

Cette réduction des dépenses de fonctionnement, malgré le contexte budgétaire très contraint lié à la baisse drastique des dotations de l’Etat, permet effectivement de maîtriser l’endettement et la remontée de l’épargne brute.

Dans le même temps, ces efforts ne sont pas récessifs, bien au contraire. 868 millions d’euros ont financé des investissements, soit + 21 % par rapport à 2015. Des investissements supplémentaires contribuant au mieux vivre des habitants de la région et au soutien de l’économie : création de maisons de santé, rénovation et sécurisation de gares et des lycées, contribution à la maintenance du réseau ferroviaire secondaire, aide au désenclavement routier…

Comme quoi le volontarisme politique c’est possible. Nous poursuivons sur ce chemin en 2017 !

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