Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Catégorie : Société Page 1 of 7

Une nouvelle stratégie pour la CSTI

Lors de son assemblée de fin décembre, le Conseil régional a voté sa nouvelle stratégie de soutien à la culture scientifique, technique et industrielle (CSTI). Voici mon intervention à cette occasion, cette stratégie ayant été concertée et travaillée ces derniers mois dans le cadre de la commission que je préside.

« Notre groupe « Les Républicains, Indépendants et Apparentés » se félicite de la stratégie régionale de culture scientifique, technique et industrielle que vous proposez à notre assemblée régionale d’adopter. Nous nous en félicitons pour ses objectifs, pour la façon dont elle sera concrétisée et aussi pour son mode d’élaboration.

Pour ce qui est des objectifs, nous partageons pleinement le choix qui est fait de mobiliser les moyens au profit de la culture scientifique, technique et industrielle en priorité pour diffuser des messages essentiels au développement et à la cohésion de notre société :

  • La promotion des avancées de la Science, notamment sur les questions de santé,
  • La mobilisation de la population autour de l’enjeu climatique, mais aussi pour saisir les opportunités du développement numérique et de l’intelligence artificielle,
  • La promotion des carrières scientifiques, pour combler le manque d’attractivité constaté dans notre pays, notamment auprès des jeunes femmes,
  • Le soutien à l’attractivité des métiers de l’industrie, et plus généralement aux métiers technologiques, en cohérence avec l’ADN de notre région et en s’appuyant sur les filières d’excellence de nos territoires.

Nous soutenons aussi pleinement la volonté de déployer la CSTI en s’appuyant sur les atouts de chacun des territoires de notre région et en donnant la priorité à l’itinérance, pour que chaque habitant de la région puisse en bénéficier et y contribuer, quels que soient son lieu de vie ou sa situation sociale.

Nous soulignons l’avancée de cette stratégie, qui sera dorénavant déclinée par un plan d’action sur 3 ans, de 2020 à 2022, ce qui donnera la visibilité attendue aux acteurs de la CSTI dans les départements, tout en prévoyant une concertation régulière avec la Région pour faire converger les objectifs.

Nous saluons enfin la démarche concertée qui a permis l’élaboration de cette stratégie : écoute des structures départementales porteuses d’actions de la CSTI sur leurs besoins, réunion plénière de concertation avec ces structures et échanges réguliers au sein de notre commission régionale. Il résulte de tout cela une stratégie ambitieuse et partagée. Nous la soutenons pleinement. »

Colmatage

La conférence de presse du Président de la République du 25 avril vient enfin d’engager la sortie du Grand débat. Après bientôt six mois de tensions et de mouvement social, il est plus que temps pour le pays de repartir de l’avant.

Si la longueur et la mise en scène de cet échange avec la presse à l’Elysée donne une impression de grand bavardage, et si plusieurs des mesures évoquées restent à préciser ou clarifier, je ne dirais pas comme certains qu’Emmanuel Macron n’a rien annoncé. Il y a bien un certain nombre d’évolutions et de projets dans ses réponses. On retiendra notamment la baisse d’impôt sur le revenu dont devraient bénéficier certains contribuables de la classe moyenne ainsi que le coup de pouce aux petites retraites, et même à l’ensemble des retraites d’ici 2021. Ce sont des avancées. Dans le domaine de l’enseignement supérieur que je suis à la Région, j’ai noté aussi l’annonce d’un développement des filière universitaires courtes.

Des changements sont donc annoncés pour répondre à la colère sociale qui s’est notamment exprimée dans le mouvement des gilets jaunes. Après les premières mesures annoncées en décembre, pour un coût de 10 Md d’euros, les dernières annonces ont aussi un coût conséquent : on parle de 5 Md d’euros pour la réduction d’IRPP, de 3 Md d’euros pour l’indexation des retraites à l’horizon 2021.

Mais pour ma part, ces annonces de décembre et d’avril m’évoquent une double interrogation.

La première est celle de leur financement. Comment cela va-t-il être financé, qui va “payer” ? Les indications manquent de clarté et ne semblent pas à la hauteur du chantier.

La deuxième interrogation porte sur la cohérence de l’ensemble des mesures. Je ne perçois pas comment cela constitue un plan d’ensemble permettant de répondre aux défis du pays. Je n’y trouve pas de réponse à ce qui est à mon avis la problématique essentielle : comment retrouver la cohésion nationale et les marges de manœuvre financières pour que la France soit en mesure de faire face aux enjeux : le vieillissement, l’élévation des compétences, l’innovation, la transition énergétique, la défense… ?

L’éventail des annonces laisse plutôt penser qu’Emmanuel Macron cherche à accorder des avancées à différentes catégories de Français, pour que le plus possible puissent se dire qu’ils ont obtenu quelque chose. Cela rappelle finalement la campagne présidentielle, avec un patchwork de promesses qui n’a pas fait un projet politique cohérent… et qui a conduit à la crise quelques mois après.

Il y a donc de quoi être inquiets quant à la marche en avant que doit reprendre le pays. Et on peut aussi craindre que les élections européennes servent du coup à s’exprimer sur cette sortie de crise. Ce serait dramatique. Car après une élection présidentielle en 2017 qui n’a pas vraiment permis au pays de se prononcer sur le chemin qu’il voulait emprunter, on risque donc de passer à côté d’une élection européenne qui elle-aussi a vocation à trancher des choix importants : sur quels sujets et comment l’Union européenne doit-elle apporter une valeur ajoutée aux pays européens pour faire face aux défis de notre temps…

Et maintenant on s’en sort comment ?

Alors que la crise des « gilets jaunes » dure depuis maintenant plusieurs semaines, avec une tension croissante, l’idée d’un « Grenelle de la fiscalité » fait son chemin, le Gouvernement prenant enfin conscience de la profondeur du mécontentement. Mais un Grenelle de la fiscalité suffira-t-il ?

Le mouvement des gilets jaunes a pour origine (déclencheur) une forte augmentation programmée des taxes sur les carburants. Cette dernière, motivée officiellement par la transition énergétique, a été la taxation de trop, pour des Français qui voient leur pouvoir d’achat se réduire du fait des prélèvements fiscaux et sociaux et des autres dépenses contraintes.

Mais au-délà de ce ras-le bol fiscal, je pense que le malaise national est beaucoup plus profond. Il y a d’abord un clivage entre la France rurale et le péri-urbain et la France des grandes villes. Il s’impose avec cette question du prix des carburants, vécue avec raison comme une injustice par des Français qui n’ont pas de solution alternative à la voiture pour leurs déplacements quotidiens. Il y a là un sujet d’aménagement du territoire, qui était déjà apparu au moment où le Gouvernement fermait des classes dans l’espace rural pour en dédoubler d’autres dans les quartiers « politique de la ville ». Cette équité territoriale s’impose dès lors que l’on considère que la vie et l’activité doivent pouvoir continuer dans tous nos territoires.

Et puis il y a aussi le profond malaise des classes dites moyennes, qui craignent un déclassement, doutent de l’ascenseur social et des perspectives pour leurs enfants. Il y a aussi le malaise des actifs dont le pouvoir d’achat est bloqué alors que les efforts sont croissants.

Alors effectivement, une réforme de la fiscalité, cohérente et globale, peut contribuer à rétablir certains équilibres. Mais cette réponse risque fort d’être incomplète ; parce que la malaise porte finalement sur un pacte national terriblement fragilisé et parce qu’à la base, il y a le problème d’une France qui vit au-dessus de ses moyens depuis trop longtemps. C’est bien d’un nouveau pacte national dont a besoin la France, pacte sur lequel une majorité de Français doit s’entendre. Et c’est bien là la difficulté de la sortie de crise, du fait de la diversité des revendications, des gilets jaunes et d’autres mouvements de protestation : d’un côté il y a des appels à retrouver certains équilibres et de l’autre, une volonté de poursuivre dans la fuite en avant, avec toujours plus de dépense publique, à la mode union de la gauche de 1981… Juste pour illustrer le problème, une question d’actualité dans ce mouvement social de décembre : une majorité de Français est-elle d’accord pour qu’une partie de nos impôts continue de servir à réduire le coût d’inscription dans l’enseignement supérieur des étudiants étrangers, dans une proportion beaucoup plus forte que dans des pays “concurrents” en matière d’enseignement supérieur ?

L’impasse dans laquelle nous nous trouvons n’est pas surprenante. Les élections nationales de 2017, présidentielle puis législatives, ont été tronquées pour diverses raisons. Leur résultat fut spectaculaire, un grand bouleversement, mais sans finalement que la population française se prononce sur ses choix pour l’avenir.

Tôt ou tard, il faudra bien que l’expression de ses choix puisse se faire. Mais sommes-nous encore capables dans ce pays d’avoir une campagne électorale synonyme de débat politique sur le fond ?

Un dernier souhait, que les élections européennes ne soient pas le cadre de cette clarification. La situation nationale est bien sûr liée aux orientations politiques définies par l’Union européenne. Mais il y a une part importante de responsabilité spécifique au Gouvernement de la France. Et par ailleurs, il y a d’autres enjeux qui se posent à l’Europe, notamment au plan géopolitique, dont on peut espérer qu’ils soient traités lors de la campagne européenne.

Interview de rentrée

Face à faceFin de la trêve des confiseurs, j’ai eu le plaisir hier d’être l’invité de Loic Besson pour Face à face sur TLM.

L’occasion d’échanger sur la sécurité et la dernière attaque contre les policiers – alors que l’insécurité revient parmi les toutes premières préoccupations des Français -, sur le retour en France des djihadistes, sur les premiers mois du quinquennat Macron et sur la refondation à droite.

Pour voir l’émission, c’est ici.

Une journée qui fait du bien

Alors que le pays, en quête de cap, est toujours au bord du blocage du fait d’un projet de loi “ni fait, ni à faire”, qu’une partie de la jeunesse, confrontée à un malaise bien réel, me semble se tromper de voie dans sa contestation, j’ai participé jeudi dernier à deux événements que je trouve particulièrement porteurs d’optimisme.

Annecy-le-Vieux-20160526-01045Le matin, je suis allé visiter à Annecy le Job dating de l’alternance pour les filières de l’enseignement supérieur, organisé par l’Université Savoie Mont Blanc, le Club des entreprises de l’Université et Formasup Pays de Savoie. Il s’agit d’une manifestation d’ampleur qui permet à 100 entreprises du territoire de rencontrer 500 étudiants candidats pour leur proposer des missions dans le cadre de l’alternance (contrats d’apprentissage et de professionnalisation).

L’alternance est une voie d’avenir, y compris dans le supérieur, du fait de son gagnant-gagnant : l’étudiant renforce ainsi son employabilité et l’entreprise peut recruter des jeunes diplômés répondant parfaitement à ses attentes.

Ce que je trouve remarquable dans ce job dating, c’est le volume d’opportunités qu’il propose, du fait de la fédération des formations et de la forte mobilisation des entreprises : elles étaient jeudi dernier une centaine, grands groupes, ETI et PME. Une mobilisation qui illustre clairement l’atout que représente l’existence d’un bassin économique structuré pour organiser ce type d’échange.

De retour à Lyon, j’ai représenté Laurent Wauquiez et Yannick Neuder, Vice-président, à la 13ème édition du Campus Création, manifestation dont la Région est partenaire. Cette opération, organisée par la Fondation pour l’Université de Lyon et Beelys, consiste à récompenser d’une part des équipes pluridisciplinaires d’étudiants qui ont planché sur un projet entrepreneurial et, d’autre part, des étudiants qui ont récemment créé leur entreprise (Concours Jeune Entrepreneur de l’Année). Ils étaient 900 au Palais de la bourse, porteurs de beaucoup d’enthousiasme, de créativité et de projets pour l’avenir. Parmi les projets présentés qui m’ont marqué : un biocide pour lutter contre la peste à Madagascar, une application robotique pour la peinture, une application pour aider à l’orientation professionnelle…

CampusLe succès de cette opération confirme le dynamisme de l’esprit d’entreprendre parmi les étudiants. Selon une récente enquête, 48 % des étudiants pourraient créer ou reprendre une entreprise au cours de leur carrière et 95 % des étudiants entrepreneurs sont optimistes pour leur avenir professionnel. C’est l’une des trop rares bonnes nouvelles pour notre société !

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