Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Catégorie : Urbanisme Page 1 of 13

Avancées et limites du nouveau PLU-H

COMMUNIQUE DE PRESSE

Nouveau PLU-H : après un combat de plusieurs années, deux avancées pour le cadre de vie de Montchat…

mais des insuffisances subsistent

 

Le quartier de Montchat (Lyon 3e) est une richesse pour la Ville, par son identité et la qualité de ses espaces ; des atouts fragilisés ces dernières années du fait d’une densification mal maîtrisée. Après le combat politique que j’ai mené depuis des années et grâce à la mobilisation des habitants, le nouveau PLU-H voté lundi par la Métropole réalise des avancées. Mais certaines dispositions demeurent regrettables.

Première avancée : l’inscription d’une trentaine de maisons à l’inventaire des éléments bâtis à préserver du fait de leurs caractéristiques architecturales. Dès 2012, lors de la dernière modification du PLU-H, j’avais proposé de débuter cette protection mais cela avait été écarté par la majorité municipale. Quelques années ont été perdues… Le nouveau PLU-H apporte enfin une protection pour les maisons remarquables qui font l’identité de Montchat.

Deuxième avancée, obtenue à l’arraché : l’inscription d’orientations d’aménagement et de programmation (OAP) qui donnent des garanties pour la mutation du site d’exception de l’ancienne clinique Trarieux. La modification du PLU de 2013, à laquelle je m’étais opposé, risquait de mener à une densification excessive, en portant la hauteur constructible à 13 mètres dans un quartier pourtant pavillonnaire. Dès 2016, je demandais en Conseil d’arrondissement une telle OAP pour maîtriser cette densification. L’équipe municipale et la Métropole n’avaient pas voulu le prévoir. Le combat politique que j’ai mené depuis 3 ans et la mobilisation des habitants ont amené la Commission de l’enquête publique à reconnaître la nécessité d’une OAP. C’est chose faite dans le projet final.

Je conteste par contre toujours l’augmentation des hauteurs constructibles à la « Porte ouest de Montchat » (rues Ferdinand Buisson, Professeur Florence et Roux-Soignat). Ainsi, la « ville haute » va encore gagner du terrain à Montchat. Ajouté à des hauteurs constructibles inchangées sur le cours du Dr Long, favorisant un effet « tunnel », cela va encore contribuer à la banalisation et à la densification urbaines du quartier, alors même qu’il reste mal desservi par les transports en commun en son cœur.

Quelles avancées pour le projet de PLU-H à Montchat ?

Nous sommes toujours dans la période entre la remise du rapport de la commission d’enquête sur le projet de Plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) et l’adoption de ce nouveau PLU-H par la Métropole. C’est la période au cours de laquelle la Métropole, en liaison avec la Ville, peut modifier le projet de PLU-H pour tenir compte des conclusions de l’enquête publique et donc de l’expression des habitants.

C’est la raison pour laquelle, j’ai posé les questions suivantes lors du Conseil du 3e arrondissement du 11 mars 2019, afin de connaître les positions portées par la Mairie d’arrondissement sur des sujets clés pour le quartier de Montchat.

Ci-dessous les questions, les éléments de réponse de Catherine Panassier et mon commentaire sur ces réponses.

“Madame le Maire,

A l’issue de l’enquête publique sur le projet de PLU-H qui a vu de très nombreux Montchatois s’exprimer pour la préservation du cadre de vie et de l’identité du quartier, le rapport de la Commission d’enquête a tiré des conclusions et exprimé des recommandations.

S’il revient maintenant à la Métropole de Lyon de prendre en compte ces conclusions pour améliorer le projet définitif de PLU-H, nous savons que les communes peuvent donner leur point de vue. Je souhaite donc avoir votre position sur les éléments suivants.

  1. La commission d’enquête a constaté que pour les habitants, le quartier de Montchat correspond à un territoire beaucoup plus vaste que celui qui est considéré comme le cœur de Montchat dans le PLU-H. Par ailleurs, la commission d’enquête  reconnaît que la densification de l’habitat en cours dans le quartier pose la question des aménagements et équipements nécessités par la croissance de la population. Dans ce contexte, et alors que la construction en cours d’un immeuble haut au 12 rue Ferdinand Buisson (voir photo) frappe par son incohérence urbanistique, allez-vous finalement demander à la Métropole de renoncer à augmenter les hauteurs constructibles autorisées au début de cette rue qui constitue une porte d’entrée dans le quartier ?

Réponse de la Maire du 3e : confirmation que la hauteur constructible va passer de 10 à 13 mètres sur les 100 premiers mètres de la rue Ferdinand Buisson, mais il s’agit de hauteurs maximales. Le zonage du PLU prévoit des constructions discontinues, donc il pourra y avoir différentes hauteurs et un effet de transition urbaine.

Ma réaction : on peut faire le constat sur le quartier que les volumes constructibles sont en général utilisés au maximum. Par ailleurs, la construction en cours au 12 rue Ferdinand Buisson montre bien que l’on est en train de constituer un alignement haut, qui va créer un nouvel effet tunnel. Il est regrettable que le nouveau PLU-H ne maîtrise pas mieux cette évolution.

2. Pour le terrain de la clinique Trarieux, la commission d’enquête recommande d’intégrer au PLU-H des OAP (Orientations d’Aménagement et de Programmation) pour maîtriser la mutation urbaine de ce terrain d’exception et veiller à la bonne intégration des projets immobiliers dans ce secteur pavillonnaire. Je soutiens cette approche depuis des années, compte tenu de la nature remarquable du site. Soutenez-vous finalement l’intégration d’OAP dans le PLU-H pour le tènement Trarieux et quels éléments défendez-vous auprès de la Métropole pour limiter les hauteurs des nouvelles constructions, pour tenir compte notamment du dénivelé du terrain et pour assurer la meilleure intégration possible des constructions dans le paysage ? Par ailleurs, quelles orientations proposez-vous pour assurer une continuité verte avec Chambovet ?

Réponse de la Maire du 3e : elle revient sur sa position précédemment exprimée pour dire que suite aux conclusions de la Commission d’enquête il y aura bien des OAP pour le tènement Trarieux. Dans un article du Progrès du 15 mars elle indique que ces OAP pourraient limiter les hauteurs constructibles à 10 m en limite de propriété, alors qu’elles seraient de 13 m en zone centrale et à l’entrée. La végétalisation serait renforcée en continuité de Chambovet.

Ma réaction : satisfaction de voir la Mairie revoir sa position avec l’intégration d’OAP dans le PLU-H alors que jusqu’à maintenant, elle avait poussé pour une hauteur constructible de 13 m pour tout le terrain (pour les nouvelles constructions). Ainsi le PLU-H encadrera mieux l’urbanisation du tènement, qui ne résultera pas uniquement d’un accord entre le vendeur et l’acheteur. Mon combat politique ces dernières années et la mobilisation des habitants ont fait bouger les lignes. Néanmoins, il faudra voir dans le détail quelles seront ces orientations. Et on peut déjà ne pas approuver une hauteur de 13 m en haut de la butte, puisque la pente va accentuer l’effet “plots”. Donc à suivre…

3. Pour le Parc Chaussagne, êtes-vous finalement disposée à adapter le nouveau zonage envisagé pour que l’implantation d’activités économiques dans le périmètre reste prohibée, compte tenu de l’intérêt patrimonial de ce dernier ?”

Réponse de la Maire du 3e : l’existence d’un périmètre d’intérêt patrimonial dans le PLU-H est protecteur quant à l’implantation d’activités économiques.

Ma réaction : là encore, je trouve cette position un peu naïve car l’existence de périmètres d’intérêt patrimoniaux dans d’autres secteurs de Montchat n’a pas empêché ces dernières années des constructions complètement décalées par rapport aux caractéristiques du quartier. Les garanties sont beaucoup plus fortes quand les règles sont clairement exprimées.

PLU-H : la Métropole et la Ville doivent maintenant les entendre les Montchatois

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le rapport de l’enquête publique sur le projet de PLU-H de la Métropole de Lyon confirme une forte expression des Montchatois pour mieux préserver l’identité et le cadre de vie du quartier. Alors que de nombreux Français souhaitent être mieux écoutés, il convient maintenant que la Métropole de Lyon, avec la Mairie du 3e arrondissement, adapte le projet de PLU-H pour répondre à ces attentes, comme la commission d’enquête l’y invite.

Le rapport de la commission d’enquête sur le projet de PLU-H, qui vient d’être publié, confirme une forte mobilisation des habitants de Lyon 3e dans le cadre de cette enquête : près de 300 contributions et 600 observations. C’est beaucoup pour ce type de procédure qui apparaît complexe pour les habitants. Je suis très satisfait de cette mobilisation dont je ne doutais pas compte tenu des échanges que j’avais pu avoir avec les habitants ces derniers mois.

Les Montchatois ont fortement souhaité une meilleure préservation du cadre de vie et de l’identité du quartier, par une densification mieux maîtrisée. La commission d’enquête l’a entendu et souhaite « que la plus grande vigilance soit accordée à la cohérence entre les constructions autorisées et le niveau des équipements. Elle tient à souligner l’importance des études préalables, quant à l’insertion architecturale… ». Concernant l’urbanisation du terrain à enjeux de la clinique Trarieux, la commission d’enquête se prononce en faveur de l’édiction dans le PLU-H d’orientations d’aménagement et de programmation, pour aboutir à un projet plus harmonieux en termes d’insertion urbaine et de hauteur des bâtiments. Je m’en félicite car je demande une telle approche à la Mairie du 3e depuis des années.

Alors que le mouvement des Gilets jaunes montre un désir des citoyens d’être mieux associés aux décisions, il convient maintenant que la Métropole de Lyon, en liaison avec la Mairie du 3e arrondissement, prenne en compte ces aspirations pour éviter les excès de densification. Il ne s’agit pas d’empêcher le développement de la ville et la construction de logements, mais bien de suivre une démarche équilibrée, garante du développement durable de la Cité. Je suis bien sûr prêt à contribuer à ces améliorations du projet dans les semaines qui viennent, en espérant que le Conseil d’arrondissement sera consulté.

Pour consulter le cahier Lyon 3 du rapport de la Commission d’enquête du projet de PLU-H c’est ici :

https://www.grandlyon.com/services/la-revision-generale-du-plu-h.html

Et maintenant, quelle feuille de route pour le 3e arrondissement ?

Voici la vidéo de mon interview sur Lyon Mag/Jazz Radio par Gérard Angel, suite à la démission de Thierry Philip. Ce départ n’est pas anodin, et il pose des questions pour notre arrondissement (voir aussi ci-dessous mon communiqué de presse).

Communiqué de presse du 15 janvier 2018

Thierry Philip vient d’annoncer qu’il abandonnera prochainement sa fonction de Maire du 3e arrondissement dans un discours sur l’engagement politique qui ne manquait pas de panache. C’est une décision qui n’est pas anodine et qui suscite le respect. Il me semble effectivement logique et incontournable qu’un élu assure pleinement son mandat.

Nous avons eu de nombreuses divergences de vue avec Thierry Philip ces dernières années, à propos du développement du 3e arrondissement. Je salue cependant l’homme de conviction et je reconnais qu’il était un chef d’orchestre pour la majorité municipale du 3e.

Cela met d’autant plus en avant une question majeure qui se pose pour les habitants du 3e arrondissement. Quelle va être l’orientation politique de l’équipe qui a la charge de servir les Lyonnais du plus important arrondissement de la ville ?

La majorité du 3e arrondissement est en effet particulièrement hétéroclite, rassemblant des élus « En marche » qui ont coupé avec le PS, des élus PS qui se veulent les gardiens du Temple socialiste, des Verts parmi les plus idéologues, des MODEM, des cadres du PCF, des modérés de la société civile…

Le départ de Thierry Philip pose ainsi la question de l’orientation politique pour cette fin de mandat, alors même que les enjeux d’un arrondissement qui vient de passer le cap des 100 000 habitants exigent une orientation claire :
– quelle réponse pour les secteurs de l’arrondissement confrontés à l’insécurité et aux atteintes à la tranquillité publique,
– quel engagement pour obtenir les nouveaux équipements nécessaires du fait de la forte croissance de la population,
– quelle vigilance sur le Grand projet Part-Dieu pour s’assurer qu’il prend bien en compte les besoins et contraintes des habitants,
– quelle volonté pour préserver les spécificités des quartiers, leur identité, leur cadre de vie, pour éviter qu’une densification homogène se traduise par la banalisation des quartiers et la généralisation des problèmes liés à cette densification,
– quelle détermination pour veiller à ce que l’affirmation de la Métropole ne se traduise pas par une perte de la proximité dans la mise en œuvre des politiques ?

Nouveau PLU-H : gare aux excès de densification

DSC00575La révision générale du Plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) de la Métropole est engagée. Il s’agit d’un plan essentiel puisqu’il fixe les conditions de construction et organise l’évolution de la ville.

La Mairie du 3e arrondissement a lancé le débat sur ce nouveau PLU-H avec une contribution présentée lors du CICA de mars.

Ce débat est utile car les enjeux sont importants pour notre qualité de vie. Dans les semaines qui viennent, sur ce blog, je vais exposer ma vision sur ce nouveau PLU-H pour notre arrondissement et pointer les divergences avec celle de la majorité municipale.

Commençons aujourd’hui par ce qui sera un point clé, à savoir la densification de la ville. Oui, une certaine densification urbaine est nécessaire, car nous sommes – heureusement – en croissance démographique. Celle-ci ne doit pas se traduire par la destruction d’espaces naturels. Et nous savons par ailleurs que l’étalement urbain génère des coûts importants pour la société. Il faut donc admettre que le centre des villes et les lieux bien desservis par les transports soient denses en logements.

Mais la question qui se pose est celle du niveau de densification visé. Et je réponds qu’il faut se garder des excès de la densification urbaine, qu’il faut se fixer des limites. Le SCOT de l’agglomération lyonnaise fixe déjà des objectifs ambitieux en prévoyant la réalisation de 150 000 logements entre 2010 et 2030. Le rythme des constructions a été soutenu ces dernières années, en ligne avec les objectifs du SCOT. Mais il apparait que la majorité municipale est tentée d’aller au-delà de ces objectifs, avec une vision politique très “constructiviste”. On peut ainsi lire, dans la contribution de la Mairie du 3e : “l’attractivité de l’arrondissement appelle une production de logements afin de répondre aux aspirations des populations à une vie urbaine”. Reste à préciser de quelle vie urbaine on parle.

Pour ma part, je ne suis pas favorable au dépassement des objectifs du SCOT et je pense par ailleurs que le 3e arrondissement, qui s’est fortement densifié ces dernières années, ne doit pas prendre plus que sa part de cette densification.

Par ailleurs, il y a lieu de s’interroger sur la méthode employée par la majorité municipale. Elle lance des “appels à la population” pour que chacun regarde autour de chez lui où il est possible de densifier l’habitat ! Il s’agit ainsi de chercher à remplir les “vides” de la ville. Par ailleurs, leur tentation à l’augmentation des hauteurs est forte, et pas seulement à la Part-Dieu.

Mais dans le même temps, Gérard Collomb et Thierry Philip ont aménagé de grands tènements sans y créer de logements… Ainsi, le tènement RVI de la rue Feuillat a été aménagé pratiquement sans création de nouveaux logements… Allez comprendre.

Je pense qu’en matière de densification de l’habitat à Lyon, la priorité doit aller aux grandes zones à aménager, à proximité des transports en commun.

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