Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Catégorie : Urbanisme Page 2 of 14

PLU-H : la Métropole et la Ville doivent maintenant les entendre les Montchatois

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le rapport de l’enquête publique sur le projet de PLU-H de la Métropole de Lyon confirme une forte expression des Montchatois pour mieux préserver l’identité et le cadre de vie du quartier. Alors que de nombreux Français souhaitent être mieux écoutés, il convient maintenant que la Métropole de Lyon, avec la Mairie du 3e arrondissement, adapte le projet de PLU-H pour répondre à ces attentes, comme la commission d’enquête l’y invite.

Le rapport de la commission d’enquête sur le projet de PLU-H, qui vient d’être publié, confirme une forte mobilisation des habitants de Lyon 3e dans le cadre de cette enquête : près de 300 contributions et 600 observations. C’est beaucoup pour ce type de procédure qui apparaît complexe pour les habitants. Je suis très satisfait de cette mobilisation dont je ne doutais pas compte tenu des échanges que j’avais pu avoir avec les habitants ces derniers mois.

Les Montchatois ont fortement souhaité une meilleure préservation du cadre de vie et de l’identité du quartier, par une densification mieux maîtrisée. La commission d’enquête l’a entendu et souhaite « que la plus grande vigilance soit accordée à la cohérence entre les constructions autorisées et le niveau des équipements. Elle tient à souligner l’importance des études préalables, quant à l’insertion architecturale… ». Concernant l’urbanisation du terrain à enjeux de la clinique Trarieux, la commission d’enquête se prononce en faveur de l’édiction dans le PLU-H d’orientations d’aménagement et de programmation, pour aboutir à un projet plus harmonieux en termes d’insertion urbaine et de hauteur des bâtiments. Je m’en félicite car je demande une telle approche à la Mairie du 3e depuis des années.

Alors que le mouvement des Gilets jaunes montre un désir des citoyens d’être mieux associés aux décisions, il convient maintenant que la Métropole de Lyon, en liaison avec la Mairie du 3e arrondissement, prenne en compte ces aspirations pour éviter les excès de densification. Il ne s’agit pas d’empêcher le développement de la ville et la construction de logements, mais bien de suivre une démarche équilibrée, garante du développement durable de la Cité. Je suis bien sûr prêt à contribuer à ces améliorations du projet dans les semaines qui viennent, en espérant que le Conseil d’arrondissement sera consulté.

Pour consulter le cahier Lyon 3 du rapport de la Commission d’enquête du projet de PLU-H c’est ici :

https://www.grandlyon.com/services/la-revision-generale-du-plu-h.html

Et maintenant, quelle feuille de route pour le 3e arrondissement ?

Voici la vidéo de mon interview sur Lyon Mag/Jazz Radio par Gérard Angel, suite à la démission de Thierry Philip. Ce départ n’est pas anodin, et il pose des questions pour notre arrondissement (voir aussi ci-dessous mon communiqué de presse).

Communiqué de presse du 15 janvier 2018

Thierry Philip vient d’annoncer qu’il abandonnera prochainement sa fonction de Maire du 3e arrondissement dans un discours sur l’engagement politique qui ne manquait pas de panache. C’est une décision qui n’est pas anodine et qui suscite le respect. Il me semble effectivement logique et incontournable qu’un élu assure pleinement son mandat.

Nous avons eu de nombreuses divergences de vue avec Thierry Philip ces dernières années, à propos du développement du 3e arrondissement. Je salue cependant l’homme de conviction et je reconnais qu’il était un chef d’orchestre pour la majorité municipale du 3e.

Cela met d’autant plus en avant une question majeure qui se pose pour les habitants du 3e arrondissement. Quelle va être l’orientation politique de l’équipe qui a la charge de servir les Lyonnais du plus important arrondissement de la ville ?

La majorité du 3e arrondissement est en effet particulièrement hétéroclite, rassemblant des élus « En marche » qui ont coupé avec le PS, des élus PS qui se veulent les gardiens du Temple socialiste, des Verts parmi les plus idéologues, des MODEM, des cadres du PCF, des modérés de la société civile…

Le départ de Thierry Philip pose ainsi la question de l’orientation politique pour cette fin de mandat, alors même que les enjeux d’un arrondissement qui vient de passer le cap des 100 000 habitants exigent une orientation claire :
– quelle réponse pour les secteurs de l’arrondissement confrontés à l’insécurité et aux atteintes à la tranquillité publique,
– quel engagement pour obtenir les nouveaux équipements nécessaires du fait de la forte croissance de la population,
– quelle vigilance sur le Grand projet Part-Dieu pour s’assurer qu’il prend bien en compte les besoins et contraintes des habitants,
– quelle volonté pour préserver les spécificités des quartiers, leur identité, leur cadre de vie, pour éviter qu’une densification homogène se traduise par la banalisation des quartiers et la généralisation des problèmes liés à cette densification,
– quelle détermination pour veiller à ce que l’affirmation de la Métropole ne se traduise pas par une perte de la proximité dans la mise en œuvre des politiques ?

Nouveau PLU-H : gare aux excès de densification

DSC00575La révision générale du Plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) de la Métropole est engagée. Il s’agit d’un plan essentiel puisqu’il fixe les conditions de construction et organise l’évolution de la ville.

La Mairie du 3e arrondissement a lancé le débat sur ce nouveau PLU-H avec une contribution présentée lors du CICA de mars.

Ce débat est utile car les enjeux sont importants pour notre qualité de vie. Dans les semaines qui viennent, sur ce blog, je vais exposer ma vision sur ce nouveau PLU-H pour notre arrondissement et pointer les divergences avec celle de la majorité municipale.

Commençons aujourd’hui par ce qui sera un point clé, à savoir la densification de la ville. Oui, une certaine densification urbaine est nécessaire, car nous sommes – heureusement – en croissance démographique. Celle-ci ne doit pas se traduire par la destruction d’espaces naturels. Et nous savons par ailleurs que l’étalement urbain génère des coûts importants pour la société. Il faut donc admettre que le centre des villes et les lieux bien desservis par les transports soient denses en logements.

Mais la question qui se pose est celle du niveau de densification visé. Et je réponds qu’il faut se garder des excès de la densification urbaine, qu’il faut se fixer des limites. Le SCOT de l’agglomération lyonnaise fixe déjà des objectifs ambitieux en prévoyant la réalisation de 150 000 logements entre 2010 et 2030. Le rythme des constructions a été soutenu ces dernières années, en ligne avec les objectifs du SCOT. Mais il apparait que la majorité municipale est tentée d’aller au-delà de ces objectifs, avec une vision politique très “constructiviste”. On peut ainsi lire, dans la contribution de la Mairie du 3e : “l’attractivité de l’arrondissement appelle une production de logements afin de répondre aux aspirations des populations à une vie urbaine”. Reste à préciser de quelle vie urbaine on parle.

Pour ma part, je ne suis pas favorable au dépassement des objectifs du SCOT et je pense par ailleurs que le 3e arrondissement, qui s’est fortement densifié ces dernières années, ne doit pas prendre plus que sa part de cette densification.

Par ailleurs, il y a lieu de s’interroger sur la méthode employée par la majorité municipale. Elle lance des “appels à la population” pour que chacun regarde autour de chez lui où il est possible de densifier l’habitat ! Il s’agit ainsi de chercher à remplir les “vides” de la ville. Par ailleurs, leur tentation à l’augmentation des hauteurs est forte, et pas seulement à la Part-Dieu.

Mais dans le même temps, Gérard Collomb et Thierry Philip ont aménagé de grands tènements sans y créer de logements… Ainsi, le tènement RVI de la rue Feuillat a été aménagé pratiquement sans création de nouveaux logements… Allez comprendre.

Je pense qu’en matière de densification de l’habitat à Lyon, la priorité doit aller aux grandes zones à aménager, à proximité des transports en commun.

Pourquoi cacher un beau parc ?

L'immeuble construit avenue Lacassagne là où aurait pu être créée une belle vue sur le futur parc.

L’immeuble construit avenue Lacassagne là où aurait pu être créée une belle vue sur le futur parc.

Voici le texte de mon intervention lors du Conseil d’arrondissement de janvier 2016 à propos de la création du nouveau parc sur le tènement RVI ; une position plusieurs fois affirmée ces dernières années.

“Nous allons bien sûr voter favorablement ce rapport. Je pense qu’effectivement lorsque que nous voyons la description du parc, cela sera un beau parc. Je me félicite de la décision du maintien d’un bassin puisque c’était un des points en débat. Il manque d’eau dans cette ville, c’est donc une bonne chose que nous profitions de cette opération pour en voir plus.

Par contre, ce parc est tellement beau que je regrette que nous ne le voyions pas depuis l’avenue. Je renouvelle et je le redis que nous avons raté une opportunité d’ouvrir l’avenue Lacassagne à cet endroit là sur ce parc. Nous aurions pu marquer la porte d’entrée de Montchat de belle façon, si nous avions permis à tous les gens qui passent avenue Lacassagne d’avoir une vision sur ce grand parc que nous allons créer.

Le choix a été fait de construire un immeuble à la place, le long du parc. Premier inconvénient, cela va encadrer le parc d’immeubles et cela va le cacher à la vue de tout le monde, et en termes d’espaces public cela n’est jamais très bon. Par ailleurs à cet endroit là, cela renforce l’effet tunnel de l’avenue Lacassagne, alors que nous aurions pu créer une belle ouverture.

Tout cela m’amène à regretter qu’en termes de concertation, nous ne fassions pas confiance aux citoyens habitants pour discuter des grands choix d’urbanisme. Très souvent, nous nous rendons compte que la Ville pose sur la table des choix structurants. Ce choix de construire l’immeuble en bordure de l’avenue Lacassagne, à mon avis, est un choix structurant qui n’a pas été discuté. Vous demandez après aux citoyens, dans l’accompagnement, dans le détail, de se concerter et de donner des idées. Il faudrait leur faire plus confiance pour qu’ils puissent se prononcer plus globalement sur ces opérations et voir la physionomie qu’ils veulent pour leur quartier. C’est le cas sur la friche RVI, c’était aussi le cas lors de la réunion d’hier sur la Part Dieu où finalement des choix ont été faits, structurants et lourds, sans trop d’explications. La concertation est ouverte uniquement sur des questions secondaires et je le regrette, les habitants peuvent s’exprimer sur des grands choix d’urbanisme.

Nous sommes très contents de ce parc et nous voterons le rapport avec le regret qu’il soit caché et que nous n’ayons pas bénéficié de l’opération pour créer une belle entrée au quartier de Montchat.” 

Nous ne pouvons approuver en l’état la ZAC Part-Dieu Ouest

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Voici le texte de mon intervention lors du Conseil de la Métropole du 10 décembre 2015 sur le projet de ZAC Part-Dieu Ouest

“Monsieur le Président,

Notre groupe ne peut pas approuver cette délibération sur la création de la ZAC Part-Dieu Ouest.

Certes, nous sommes favorables à l’engagement de la collectivité pour qu’un projet d’urbanisme ambitieux permette une renaissance de la Part-Dieu :

Rénovation des abords de la gare pour la qualité de vie des habitants et l’image de notre Métropole.

  • Création des conditions du développement/renouvellement de la Part-Dieu en tant que centre d’affaires, jouant un rôle clé dans notre rayonnement économique.
  • Renouveau du cadre urbain pour conforter la Part-Dieu en tant que quartier à vivre, et d’abord pour ses 30 000 habitants.

Certes, nous approuvons le principe d’une ZAC pour mener ce projet, ainsi que sa concession à la SPL Part-Dieu. Sur ce sujet de la méthode, nous nous interrogeons toutefois sur le périmètre retenu pour la ZAC ; un périmètre insuffisant qui n’intègre pas la porte Est de la gare. Il y a là le risque d’incohérences.

Mais nous ne pouvons pas approuver votre projet pour la Part-Dieu, sous forme de ZAC, car il comprend des aspects que nous ne partageons pas. Nous l’avons déjà plusieurs fois évoqué :

  1. Une réorganisation irresponsable de la voirie :
  • La réduction à deux fois une voie de l’avenue Pompidou sous les voies ferrées. Ce nouveau verrou pour la circulation va encore dégrader l’accessibilité de la gare – les études l’ont démontré – et va isoler un peu plus le quartier Villette Paul Bert,
  • Le détournement de la circulation qui passait sous la Part-Dieu, du fait de la fermeture de l’accès à la rue Servient. Cet aménagement couteux va se traduire par du trafic automobile supplémentaire dans des rues résidentielles – Mazenod, André Philip – bordées d’équipements publics (résidence pour personnes âgées, école).

2. Une densification urbaine excessive, incompatible avec un quartier à vivre. Le développement/renouvellement du centre d’affaires doit se faire de façon maîtrisée et cohérente. On ne peut pas, comme vous le projetez, semer ici et là des tours, sans cohérence, ou uniquement pour constituer une sky line rappelant la chaîne des Alpes. La Part-Dieu est un quartier où résident 30 000 Lyonnais. Nous devons pouvoir continuer à vivre dans ce quartier, à y vivre bien, à y vivre mieux. Le commissaire-enquêteur, lors de la dernière enquête publique, avait pointé ce manque de cohérence.

3. Nous voulons plus de garanties pour l’avenir des Lyonnais qui vivent actuellement à la Part-Dieu. Nous déplorons toujours que l’on débute ce projet urbain en programmant la démolition de centaines de logements, en mettant des centaines de propriétaires et locataires dans une grande incertitude.

4. Pour créer un quartier à vivre, nous pensons qu’il faut créer un environnement convivial, avec des espaces verts, des équipements de proximité, et qu’il faut favoriser le tissu de petits commerces. Mais cela ne peut se faire uniquement par une action sur le toit du centre commercial.

Toutes ces raisons sont autant de mauvais choix ou de lacunes dans votre projet. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons approuver le lancement de la ZAC sur ces bases. Pas plus que nous ne pouvons approuver le traité de concession, porteur des mêmes erreurs.

Quant au bilan de la concertation préalable, je dirais les choses suivantes.

Oui beaucoup d’habitants ont participé à l’opération. Ont-ils pour autant le sentiment d’avoir été concertés ? Je ne le crois pas. Les actions menées ont surtout été des actions d’information, et même parfois de promotion.

Nous ne partageons pas la lecture quantitative que vous avez des expressions recueillies. Oui certaines expressions étaient favorables, avec des commentaires semblant assez répétitifs. Pour autant, je ne crois pas que ces expressions traduisaient une approbation dans le détail.

Enfin, nous ne pouvons que nous étonner du manque d’explications quant aux évolutions du projet résultant de cette concertation. Quelle réalité de cette prise en compte ? La délibération est d’une grande pauvreté en la matière, comme l’a souligné votre Vice-Présidente Madame Vessilier en commission.

Pour toutes ces raisons, nous souhaitons un vote par division pour la délibération 2015-917. Nous votons contre le 1e) relatif à l’approbation du bilan de la concertation, et nous nous abstenons sur l’approbation de la ZAC Part-Dieu Ouest.”

 

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