Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Catégorie : Urbanisme Page 3 of 13

Nous ne pouvons approuver en l’état la ZAC Part-Dieu Ouest

pa040073

Voici le texte de mon intervention lors du Conseil de la Métropole du 10 décembre 2015 sur le projet de ZAC Part-Dieu Ouest

“Monsieur le Président,

Notre groupe ne peut pas approuver cette délibération sur la création de la ZAC Part-Dieu Ouest.

Certes, nous sommes favorables à l’engagement de la collectivité pour qu’un projet d’urbanisme ambitieux permette une renaissance de la Part-Dieu :

Rénovation des abords de la gare pour la qualité de vie des habitants et l’image de notre Métropole.

  • Création des conditions du développement/renouvellement de la Part-Dieu en tant que centre d’affaires, jouant un rôle clé dans notre rayonnement économique.
  • Renouveau du cadre urbain pour conforter la Part-Dieu en tant que quartier à vivre, et d’abord pour ses 30 000 habitants.

Certes, nous approuvons le principe d’une ZAC pour mener ce projet, ainsi que sa concession à la SPL Part-Dieu. Sur ce sujet de la méthode, nous nous interrogeons toutefois sur le périmètre retenu pour la ZAC ; un périmètre insuffisant qui n’intègre pas la porte Est de la gare. Il y a là le risque d’incohérences.

Mais nous ne pouvons pas approuver votre projet pour la Part-Dieu, sous forme de ZAC, car il comprend des aspects que nous ne partageons pas. Nous l’avons déjà plusieurs fois évoqué :

  1. Une réorganisation irresponsable de la voirie :
  • La réduction à deux fois une voie de l’avenue Pompidou sous les voies ferrées. Ce nouveau verrou pour la circulation va encore dégrader l’accessibilité de la gare – les études l’ont démontré – et va isoler un peu plus le quartier Villette Paul Bert,
  • Le détournement de la circulation qui passait sous la Part-Dieu, du fait de la fermeture de l’accès à la rue Servient. Cet aménagement couteux va se traduire par du trafic automobile supplémentaire dans des rues résidentielles – Mazenod, André Philip – bordées d’équipements publics (résidence pour personnes âgées, école).

2. Une densification urbaine excessive, incompatible avec un quartier à vivre. Le développement/renouvellement du centre d’affaires doit se faire de façon maîtrisée et cohérente. On ne peut pas, comme vous le projetez, semer ici et là des tours, sans cohérence, ou uniquement pour constituer une sky line rappelant la chaîne des Alpes. La Part-Dieu est un quartier où résident 30 000 Lyonnais. Nous devons pouvoir continuer à vivre dans ce quartier, à y vivre bien, à y vivre mieux. Le commissaire-enquêteur, lors de la dernière enquête publique, avait pointé ce manque de cohérence.

3. Nous voulons plus de garanties pour l’avenir des Lyonnais qui vivent actuellement à la Part-Dieu. Nous déplorons toujours que l’on débute ce projet urbain en programmant la démolition de centaines de logements, en mettant des centaines de propriétaires et locataires dans une grande incertitude.

4. Pour créer un quartier à vivre, nous pensons qu’il faut créer un environnement convivial, avec des espaces verts, des équipements de proximité, et qu’il faut favoriser le tissu de petits commerces. Mais cela ne peut se faire uniquement par une action sur le toit du centre commercial.

Toutes ces raisons sont autant de mauvais choix ou de lacunes dans votre projet. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons approuver le lancement de la ZAC sur ces bases. Pas plus que nous ne pouvons approuver le traité de concession, porteur des mêmes erreurs.

Quant au bilan de la concertation préalable, je dirais les choses suivantes.

Oui beaucoup d’habitants ont participé à l’opération. Ont-ils pour autant le sentiment d’avoir été concertés ? Je ne le crois pas. Les actions menées ont surtout été des actions d’information, et même parfois de promotion.

Nous ne partageons pas la lecture quantitative que vous avez des expressions recueillies. Oui certaines expressions étaient favorables, avec des commentaires semblant assez répétitifs. Pour autant, je ne crois pas que ces expressions traduisaient une approbation dans le détail.

Enfin, nous ne pouvons que nous étonner du manque d’explications quant aux évolutions du projet résultant de cette concertation. Quelle réalité de cette prise en compte ? La délibération est d’une grande pauvreté en la matière, comme l’a souligné votre Vice-Présidente Madame Vessilier en commission.

Pour toutes ces raisons, nous souhaitons un vote par division pour la délibération 2015-917. Nous votons contre le 1e) relatif à l’approbation du bilan de la concertation, et nous nous abstenons sur l’approbation de la ZAC Part-Dieu Ouest.”

 

Le moment de vérité

DSC00500Voici mon intervention lors du Conseil municipal du 28/09/2015, à propos de la construction d’un immeuble de 7 étages dans un secteur pavillonnaire de Montchat. Moment de vérité car non seulement la majorité municipale n’a pas essayé de faire respecter les orientations d’aménagement du quartier, mais elle contribue au montage financier de l’opération ! Cela prouve bien que les élus PS poursuivent une politique de densification non maîtrisée de Montchat.

“Monsieur le Maire,

Notre groupe des élus Les Républicains va voter contre cette délibération. Nous nous opposons à garantir cette opération de construction à Montchat au 12 rue Ferdinand Buisson, aberration urbanistique qui démontre clairement votre volonté de réaliser une densification urbaine non maîtrisée dans ce quartier pourtant si réputé pour son identité.

Construire une « mini-tour » de 7 étages –23 mètres de haut dans une rue où la hauteur maximale autorisée est de 10 mètres-, est effectivement une aberration urbanistique. La construction sera 2,5 fois plus haute que la construction qu’elle va jouxter. Construction décalée car les orientations d’urbanisme, inscrites au PLU, appellent à préserver l’habitat traditionnel du secteur fait de petits immeubles et petites maisons : je cite « le particularisme montchatois constitue un ensemble patrimonial à préserver. »

Cette construction bénéficie d’une triple exception :

  • Parce qu’il s’agit de logement social. Il faut néanmoins que chacun sache que cette opération de logement social est toutefois transitoire, puisqu’il s’agit d’un usufruit locatif. A terme, les logements ne seront plus sociaux. Voici donc à terme une belle opération de « promotion classique ».
  • Parce que la construction nouvelle est construite à côté d’un immeuble de même hauteur. Avec cette logique, en quelques années, vous pourrez construire une barre de 7 étages de la rue Bernard à l’avenue Lacassagne !
  • Dans un quartier déjà tendu en matière de stationnement, ce programme se fait avec un déficit de parkings. Le promoteur a payé une compensation financière pour cela. La loi actuelle ne le permet plus mais le promoteur a pu le faire compte tenu de la date de dépôt du permis.

Cette bétonisation excessive, les Montchatois n’en veulent pas. Ils sont près de 400 dans le secteur à l’avoir signifié en signant une pétition, dont le CIL.

Vous ignorez tellement peu ce refus que vous avez été, en apparence, d’un grand effacement sur le sujet. Le Maire du 3e, au motif d’un contentieux, a refusé de dire quel avis il avait rendu sur le projet. Cet avis a été favorable comme chacun peut le constater en allant consulter ce permis. Votre adjoint, M. Le Faou, aime à dire qu’il ne pouvait s’opposer à ce projet. Les Lyonnais attendent pourtant de leurs élus qu’ils défendent les orientations d’aménagement du PLU !

Mais finalement, il n’est pas nécessaire d’analyser la procédure de délivrance du permis de construire. Avec ce dossier que nous examinons ce soir c’est le moment de vérité. Il prouve que non seulement vous n’avez pas agi pour contrer ce projet pour servir l’intérêt général du quartier, mais vous contribuez à son montage financier puisque Ville et Métropole garantissent la totalité de l’emprunt nécessaire. Les choses sont claires : vous avez approuvé cette construction au plan urbanistique et surtout vous la rendez financièrement possible.

Alors Monsieur le Maire, vous allez sûrement comme à chaque fois que des arguments font mouche parler d’une intervention virulente. Je ne sais qu’une chose, les Lyonnais nous demandent de ne pas soutenir ce type de fuite en avant.

Vous allez aussi sûrement dire que vous ne comprenez pas que l’on discute un projet de logement social. J’appelle chacun à bien regarder de quel programme il s’agit.

Vous allez aussi sûrement me dire « les chantiers sont utiles pour relancer l’activité ». Oui bien sûr, mais il n’est pas nécessaire pour cela de faire n’importe quoi, sous forme de néo-pradélisme déconnecté de la vie des quartiers. Vous feriez mieux –enfin- d’œuvrer à l’accélération des grands chantiers d’infrastructure.”

 

Projet Part-Dieu : ce que l’on ne vous dit pas

Lyon-20130630-00119Le public était nombreux pour la réunion organisée dans le cadre de la concertation sur la ZAC Part-Dieu Ouest. Tant mieux ! Il demeure néanmoins que les présentations du projet Part-Dieu restent très orientées. Gérard Collomb et Thierry Philip mettent en avant des concepts vendeurs… mais veillent à ne pas développer certaines réalités moins avenantes !

Depuis son lancement, nous contestons les erreurs prévisibles du projet Part-Dieu. Il faut un nouveau développement urbain mais nous voulons que le « quartier à vivre » ne soit pas qu’un slogan.

Nous soutenons la restructuration de la gare, pour le confort des passants et passagers (220 000 sont attendus en 2030). Mais nous ne partageons pas la vision de Gérard Collomb consistant à en faire le cœur de la Part-Dieu, avec un nouveau centre commercial qui pénalisera les centres de quartier alentours. En effet, l’augmentation conséquente des surfaces commerciales dans la gare, couplée avec la loi Macron qui autorise maintenant dans cette gare internationale le travail en soirée et le dimanche, peuvent déstabiliser le tissu de petits commerces dans les secteurs voisins. Ce serait un recul pour notre qualité de vie.

Le développement du centre d’affaires est nécessaire, pour accueillir de nouvelles entreprises et donc des emplois. Mais il ne faut pas « poser » des tours en fonction des opportunités foncières. Il faut un plan d’ensemble, concerté, qui respecte la vie des habitants et le fonctionnement de la Cité. Le commissaire enquêteur l’a dit avec ses avis négatifs lors de la dernière modification du PLU.

S’il faut conforter le pôle d’échange multimodal, avec transports en commun et itinéraires cyclables et piétonniers confortables, il faut aussi maintenir l’accessibilité en voiture. Nous contestons la réduction à deux voies seulement de l’avenue Pompidou sous les voies ferrées. Ce nouveau verrou sur la voirie va engorger tout le secteur et isoler un peu plus le coeur de Villette.

La couverture du tunnel Brotteaux Servient est par ailleurs une réalisation couteuse qui va détourner la circulation dans des rues résidentielles (Mazenod, André Philip). C’est une illustration de la non prise en compte des 30 000 habitants, comme l’est la décision brutale de démolir des logements. La majorité municipale annonce la création de 2000 logements mais commence par détruire ceux de 300 familles contentes d’habiter à côté de la gare, sans leur donner des assurances quant à leur devenir.

Bien vivre à la Part-Dieu, ce n’est pas seulement en faire un lieu d’achats et de loisirs, concentré au centre commercial ou à la gare. On y vivra bien si tous ses secteurs (Villette, Lafayette, Guichard, Part-Dieu Sud, Bir Hakeim) sont des lieux conviviaux dotés d’équipements et de commerces de proximité.

L’avis caché dévoilé !

A Montchat, l’inquiétude et le mécontentement montent face à la mutation du cadre urbain : démolition de maisons et de villas, densification avec la construction d’immeubles sur des terrains de petite taille… La Mairie cherche à nier ou minimiser le phénomène, parlant de six maisons démolies. Mais dans le même temps, on justifie les travaux sur le réseau électrique par la densification de l’habitat…

Nombreux sont les Montchatois à refuser cette urbanisation à marche forcée, non maîtrisée, qui porte atteinte à l’ambiance villageoise du quartier, à son âme.

J’ai organisé récemment une réunion dans le quartier pour échanger sur cette évolution. L’assistance était nombreuse, traduisant une mobilisation pour éviter la banalisation du quartier.

Parmi les dossiers sensibles du moment, il y a le projet de construction d’un immeuble de 7 étages au 12 rue Ferdinand Buisson, alors que dans le secteur le PLUH prévoit des constructions de 2 étages, en cohérence avec le profil de la plupart des bâtiments existants. La construction d’un tel immeuble est théoriquement possible d’une part parce qu’il s’agit d’un immeuble de logement social, et d’autre part, parce qu’elle vient s’accoler à un immeuble existant de la même hauteur. Chacun peut néanmoins constater sur la photo combien un tel immeuble de 7 étages, qui doit être édifié à la place du parking, va dégrader le cadre urbain du quartier, créant un effet tunnel sur la rue F. Buisson.

DSC00500Par ailleurs, cet immeuble, construit sur un parking privé, et présentant un déficit en places de stationnement en sous-sol, va créer des difficultés supplémentaires de stationnement dans le secteur.

Dans ces conditions, se pose la question de l’avis rendu par le Maire d’arrondissement sur la demande de permis de construire.

Lors du Conseil d’arrondissement d’avril, j’avais interpellé Thierry Philip sur le sujet.

Celui-ci, comme son adjointe à l’urbanisme, ont refusé de dire quel avait été leur avis au motif qu’un contentieux avait été ouvert sur ce projet de construction

Cet avis du Maire d’arrondissement, sur un tel projet, est essentiel. Car c’est bien le Maire d’arrondissement, en tant qu’élu de proximité, qui doit pouvoir alerter sur le fait qu’une construction, dans ce type de situation “d’exception”, n’est pas compatible avec les caractéristiques d’un quartier. Les orientations d’urbanisme du PLUH pour ce secteur de Montchat mentionnent ainsi une “ambiance si singulière à préserver”.

Eh bien, il faut savoir que cet avis “caché” du Maire d’arrondissement a été positif comme le montre le cliché ci-dessous. Une preuve de plus que malgré les discours, Thierry Philip et son équipe sont favorables à une densification urbaine à marche forcée à Montchat… même s’ils peinent à l’assumer.

DSC00514

 

 

Belles perspectives !

DSC00502Cela embellit quand même la ville quand il y a la possibilité de mettre les constructions à l’alignement. C’est ce qui apparaît de façon assez évidente rue Charial, entre les rues Baraban et Richerand (photo ci-jointe).  La démolition d’une construction vient en effet de permettre de poursuivre l’alignement de l’axe Charial, offrant ainsi une belle perspective.

C’est bien d’ailleurs ce qui est recherché par certaines dispositions du PLUH, qui prévoient ces mises à l’alignement.

Dommage qu’à quelques pas de là, au 66 rue Etienne Richerand, la Ville de Lyon se soit prononcée pour une autre approche (voir photo ci-dessous). Elle a en effet renoncé à la démolition-reconstruction de l’immeuble ancien qui s’y trouve, ce qui aurait pourtant permis de poursuivre l’alignement de cette rue… tout en sécurisant le cheminement des piétons, en créant un trottoir correct, à proximité immédiate du groupe scolaire.

J’avais plaidé en son temps pour une autre approche de ce dossier. Dommage…

On peut ainsi constater que dans certains secteurs on démolit ce qui ne devrait pas l’être (à Montchat notamment) mais que l’on maintient dans d’autres secteurs des immeubles dont la reconstruction pourrait embellir la ville (à Villette notamment)…

DSC00503

2008 - 2022 - Réalisé par Omma Services - Thème par Anders Norén