Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Catégorie : Villette Paul Bert Page 2 of 12

Nous ne pouvons approuver en l’état la ZAC Part-Dieu Ouest

pa040073

Voici le texte de mon intervention lors du Conseil de la Métropole du 10 décembre 2015 sur le projet de ZAC Part-Dieu Ouest

“Monsieur le Président,

Notre groupe ne peut pas approuver cette délibération sur la création de la ZAC Part-Dieu Ouest.

Certes, nous sommes favorables à l’engagement de la collectivité pour qu’un projet d’urbanisme ambitieux permette une renaissance de la Part-Dieu :

Rénovation des abords de la gare pour la qualité de vie des habitants et l’image de notre Métropole.

  • Création des conditions du développement/renouvellement de la Part-Dieu en tant que centre d’affaires, jouant un rôle clé dans notre rayonnement économique.
  • Renouveau du cadre urbain pour conforter la Part-Dieu en tant que quartier à vivre, et d’abord pour ses 30 000 habitants.

Certes, nous approuvons le principe d’une ZAC pour mener ce projet, ainsi que sa concession à la SPL Part-Dieu. Sur ce sujet de la méthode, nous nous interrogeons toutefois sur le périmètre retenu pour la ZAC ; un périmètre insuffisant qui n’intègre pas la porte Est de la gare. Il y a là le risque d’incohérences.

Mais nous ne pouvons pas approuver votre projet pour la Part-Dieu, sous forme de ZAC, car il comprend des aspects que nous ne partageons pas. Nous l’avons déjà plusieurs fois évoqué :

  1. Une réorganisation irresponsable de la voirie :
  • La réduction à deux fois une voie de l’avenue Pompidou sous les voies ferrées. Ce nouveau verrou pour la circulation va encore dégrader l’accessibilité de la gare – les études l’ont démontré – et va isoler un peu plus le quartier Villette Paul Bert,
  • Le détournement de la circulation qui passait sous la Part-Dieu, du fait de la fermeture de l’accès à la rue Servient. Cet aménagement couteux va se traduire par du trafic automobile supplémentaire dans des rues résidentielles – Mazenod, André Philip – bordées d’équipements publics (résidence pour personnes âgées, école).

2. Une densification urbaine excessive, incompatible avec un quartier à vivre. Le développement/renouvellement du centre d’affaires doit se faire de façon maîtrisée et cohérente. On ne peut pas, comme vous le projetez, semer ici et là des tours, sans cohérence, ou uniquement pour constituer une sky line rappelant la chaîne des Alpes. La Part-Dieu est un quartier où résident 30 000 Lyonnais. Nous devons pouvoir continuer à vivre dans ce quartier, à y vivre bien, à y vivre mieux. Le commissaire-enquêteur, lors de la dernière enquête publique, avait pointé ce manque de cohérence.

3. Nous voulons plus de garanties pour l’avenir des Lyonnais qui vivent actuellement à la Part-Dieu. Nous déplorons toujours que l’on débute ce projet urbain en programmant la démolition de centaines de logements, en mettant des centaines de propriétaires et locataires dans une grande incertitude.

4. Pour créer un quartier à vivre, nous pensons qu’il faut créer un environnement convivial, avec des espaces verts, des équipements de proximité, et qu’il faut favoriser le tissu de petits commerces. Mais cela ne peut se faire uniquement par une action sur le toit du centre commercial.

Toutes ces raisons sont autant de mauvais choix ou de lacunes dans votre projet. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons approuver le lancement de la ZAC sur ces bases. Pas plus que nous ne pouvons approuver le traité de concession, porteur des mêmes erreurs.

Quant au bilan de la concertation préalable, je dirais les choses suivantes.

Oui beaucoup d’habitants ont participé à l’opération. Ont-ils pour autant le sentiment d’avoir été concertés ? Je ne le crois pas. Les actions menées ont surtout été des actions d’information, et même parfois de promotion.

Nous ne partageons pas la lecture quantitative que vous avez des expressions recueillies. Oui certaines expressions étaient favorables, avec des commentaires semblant assez répétitifs. Pour autant, je ne crois pas que ces expressions traduisaient une approbation dans le détail.

Enfin, nous ne pouvons que nous étonner du manque d’explications quant aux évolutions du projet résultant de cette concertation. Quelle réalité de cette prise en compte ? La délibération est d’une grande pauvreté en la matière, comme l’a souligné votre Vice-Présidente Madame Vessilier en commission.

Pour toutes ces raisons, nous souhaitons un vote par division pour la délibération 2015-917. Nous votons contre le 1e) relatif à l’approbation du bilan de la concertation, et nous nous abstenons sur l’approbation de la ZAC Part-Dieu Ouest.”

 

Communiqué de presse

Nous venons d’être frappés hier par une nouvelle tragédie avec l’attentat de Saint Quentin Fallavier. Ce matin, je pense d’abord au cadre d’entreprise lâchement et odieusement assassiné lors de cette action criminelle, je pense à la douleur de sa famille.

Au plan politique, s’il en était besoin après les tragédies de début d’année, ce nouveau crime confirme que nous sommes dans une situation de guerre et que la lutte contre ce terrorisme fondamentaliste est l’une des tops priorités de la politique de sécurité de la France. Les discours, les postures ne peuvent évidemment suffire, il faut concentrer des moyens adaptés sur la lutte contre cette menace, y compris par des mesures d’exception si nécessaire, comme je l’exprimais déjà en début d’année.

A un tout autre niveau de problématique et d’action (donc sans lien mais je ne pouvais m’exprimer sur ce blog sans faire référence aux derniers événements), voici le communiqué de presse que j’ai diffusé hier suite à la parution dans le Progrès du 25 juin d’un article sur la position de la Mairie du 3e arrondissement à propos de la sécurité et de la tranquillité publique à Villette Paul Bert (communiqué repris dans le Progrès du 26 juin).

                  La Mairie du 3e ne doit pas continuer à minimiser les problèmes d’insécurité et les atteintes graves à la tranquillité publique

 La Mairie du 3e communique ce jour sur une enquête qui indiquerait que les habitants de Villette-Paul Bert ne se sentent pas en insécurité. Cette conclusion est complètement décalée par rapport aux alertes lancées depuis plusieurs mois par les associations du quartier et aux témoignages d’habitants. En cherchant à minimiser les problèmes, le Maire du 3e arrondissement ne prend pas la voie de la recherche de solutions efficaces pour faire cesser les comportements qui nuisent fortement à la qualité de vie des habitants dans certains secteurs du quartier. Il y a quelques jours, lorsque j’ai suggéré l’implantation d’un poste de police municipale rue Baraban, Thierry Philip m’a répondu que les contraintes budgétaires ne le permettaient pas ; il s’agit en fait d’une question de choix, difficile à opérer quand on refuse de reconnaître les problèmes.

La Mairie du 3e dévoile ce jour dans le Progrès des résultats d’une enquête de proximité selon lesquels, une grande part des habitants du quartier Villette Paul Bert seraient satisfaits de la sécurité et de la tranquillité dans le quartier ; une conclusion sensible réalisée à partir de la collecte de 70 témoignages seulement…

Cette conclusion apparaît totalement décalée par rapport aux faits rapportés ces derniers mois par les associations locales : rodéos sur la chaussée ou les trottoirs, attroupements bruyants jusqu’à des heures tardives, menaces et invectives contre les personnes appelant à respecter la tranquillité publique, prise à partie des usagers de certains espaces publics… Lors d’une récente réunion publique, plusieurs habitants ont témoigné de ces nuisances importantes et de la dégradation de la situation.

En diffusant ainsi les résultats de cette enquête « légère », la Mairie du 3e cherche une fois de plus à minimiser les problèmes ce qui rend pessimiste quant aux solutions qui seront proposées. On peut ainsi pointer que la « sensibilisation sur l’utilisation des espaces publics » ne sera pas à la hauteur de la situation.

Pour faire cesser ces atteintes graves à la tranquillité publique et mieux prévenir la délinquance, je maintiens qu’il serait nécessaire d’implanter un poste de police municipale dans le 3e est, pour assurer une présence policière de proximité dont a besoin Villette-Paul Bert, mais aussi Montchat, quartier qui souffre quant à lui de vols et dégradations fréquents sur véhicules. Le Maire du 3e répond que les contraintes budgétaires ne le permettent pas : il faut en fait comprendre que ce n’est pas une priorité pour la Ville de Lyon.

Projet de site propre C3 : les trois erreurs

Tract C3 RV projet cours lafayette ensemble pour lyonToute la semaine, nous avons mené des actions dans le 3e arrondissement pour sensibiliser les Lyonnais au projet de création d’un site propre sur le cours Lafayette, pour le trolley C3, voulu par Gérard Collomb et Thierry Philip. Je remercie toutes les personnes qui se sont mobilisées pour ces actions. Un projet porteur de trois erreurs : pour la ligne C3, pour la politique de déplacement de l’agglomération et pour le secteur Lafayette.

Ce projet, soumis actuellement à enquête publique, consiste à créer un site réservé, dans les deux sens, pour le C3, sur tout le parcours de ce trolley entre le Rhône et l’Est de Villeurbanne, et donc notamment sur le cours Lafayette. Conséquence : il n’y aura plus qu’une voie de circulation automobile sur le cours Lafayette et les stationnements côté Nord sont supprimés.

Ce projet est une erreur pour la ligne C3. Il est présenté comme une solution aux problèmes – réels – de cette ligne forte qui transporte 55 000 passagers chaque jour : des retards de circulation et une desserte irrégulière… auxquels on pourrait ajouter l’inconfort du transport. Problème : ce projet n’est pas une solution pertinente car il se fonde sur un diagnostic incomplet. La création du site propre vise à éviter les embarras de la circulation (forte circulation Ouest-Est et stationnement en double file). Mais la désorganisation de la ligne est aussi la conséquence de sa grande longueur et de la gestion du trafic. Par ailleurs, la solution proposée ne permettra de gagner que 6 minutes, alors que le coût du projet est de 70 millions d’euros ! Et encore, ce gain de temps sera surtout permis par la suppression de trois arrêts – Molière, Récamier et Sainte Geneviève -, donc au prix d’une réduction de service.

C’est une erreur pour la politique des transports, car l’investissement proposé n’est pas à la hauteur d’une ligne forte qui relie notamment directement la presqu’île à la Part-Dieu. La fréquentation de cette ligne va encore fortement progresser et le trolley ne peut être une solution technique adaptée à une telle liaison forte, entre les deux centres de la Ville. C’est la raison pour laquelle nous avions proposé lors de la campagne des municipales la création d’une nouvelle ligne de métro entre Hôtel de Ville et Part-Dieu, via Saxe-Lafayette et les Halles : une nouvelle ligne (très) forte sur laquelle auraient pu se greffer des liaisons efficaces vers l’Est du 3e/6e, Villeurbanne et au-delà. Avec ce projet, ce sont donc 70 millions d’euros qui seront consommés pour un projet déjà dépassé alors que les besoins d’investissement sont si nombreux.

Erreur de politique des transports car ce projet, en restreignant la circulation automobile à une voie sur Lafayette, va engorger un axe premier pour la sortie de Lyon. La chasse idéologique à la voiture se poursuit… il est vrai que ce projet est au cœur de l’accord PS – Les Verts…

Erreur pour la vie dans les quartiers qui bordent le cours Lafayette. En asphyxiant la circulation automobile, en supprimant les stationnements du côté Nord, en abattant des arbres, en menant des travaux sur trois ans, le cours Lafayette va être sinistré et le cadre de vie fortement dégradé. L’activité des commerces va notamment être fortement pénalisée. Pour avoir une idée du résultat, il n’y a qu’à voir ce que sont devenues les avenue Berthelot et rue de Marseille. Une perspective d’autant plus inquiétante que plusieurs secteurs du cours Lafayette sont déjà fragilisés, au niveau des barres du 100 Lafayette, ou à l’Est, dans le quartier Bellecombe, entre la rue Bellecombe et Villeurbanne. Concernant ce secteur, il faut relever en plus que l’on semble ne pas s’orienter vers un projet ambitieux pour le site de l’ancienne blanchisserie des HCL, pour y créer un vrai pôle d’animation du cours. Je suis étonné que des positions plus audacieuses n’aie pas été prises pour ce site d’exception. J’avais ainsi avancé il y a quelques semaines l’idée d’y implanter le lieu totem de la French Tech.

L’impact défavorable pour ces quartiers sera d’autant plus fort qu’ils vont subir la suppression d’arrêts très pratiques pour les habitants à Récamier et Sainte Geneviève.

Une enquête publique est en cours sur ce projet. C’est donc le moment de s’exprimer. Chacun peut le faire en Mairie du 3e ou du 6e arrondissement jusqu’au 26 juin.

http://www.sytral.fr/300-c3.htm

Sauvegarder un service métropolitain

Voici le texte de mon intervention en Conseil municipal du 1er juin pour plaider pour une implication de la Ville de Lyon afin que la crèche Mirabilis à la Part-Dieu puisse continuer à proposer un accueil de nuit.
“Monsieur le Maire,

Notre groupe, Ensemble pour Lyon, les Républicains et apparentés, approuve la convention de mise à disposition des locaux du 230 rue de Créqui au profit de la Croix Rouge, pour la crèche « Les oursons et compagnie », comme nous l’avons fait pour l’attribution de subventions pour cette crèche. Nous marquons ainsi notre soutien au développement de l’offre d’accueil de la petite enfance, conformément à nos propositions pendant la campagne électorale.

Concernant cet accueil de la petite enfance, je veux exprimer notre inquiétude quant à l’avenir de la crèche Mirabilis à la Part-Dieu, structure qui assure un service en horaires atypiques, et qui présente également la spécificité de proposer un accueil de nuit.

Des menaces pèsent sur cette structure gérée par la Mutualité française depuis quelques mois. Notre groupe a abordé la question à deux occasions en conseil du 3e arrondissement. Les parents et professionnels sont dans une grande inquiétude. On évoque ces jours une fermeture de l’accueil de nuit à partir de septembre. Et contrairement à ce que nous dit la Mairie du 3e, c’est bien plus de 4 ou 5 familles, usagers des horaires atypiques ou de l’accueil de nuit, qui se trouveraient alors dans la difficulté.

Une telle issue ne serait pas acceptable. Nous évoquons avec cette délibération le développement de l’offre d’accueil de la petite enfance. Avec la disparition de l’accueil de nuit ou la réduction des horaires atypiques à Mirabilis, c’est bien un recul grave de l’offre d’accueil auquel nous assisterions.

Monsieur le Maire, une ville métropolitaine comme Lyon ne peut se retrouver sans solution de garde de nuit pour la petite enfance, « universelle », c’est-à-dire accessible à tout un chacun.

J’ai trouvé sur le site de l’Espace des temps de la Métropole de Lyon une présentation de la crèche Mirabilis. Elle y est décrite comme une innovation de l’agglomération lyonnaise, créée par la Mutualité française en étroite collaboration avec la Ville de Lyon. On nous explique que cette crèche a vocation à accueillir des enfants de familles monoparentales concernées par le travail de nuit, des enfants de cheminots, de postiers, de navigants, d’infirmiers, de militaires… L’évolution de notre société va-t-elle vers la disparition de ces besoins ? Alors que le combat pour l’emploi est une priorité, faut-il mettre un nouvel obstacle à l’emploi pour les familles monoparentales ou certaines professions ? Je ne le crois pas.

Monsieur le Maire, Monsieur le Président de la Métropole, il me semble vraiment nécessaire que nos collectivités se mobilisent pour assurer la poursuite de ce service. Certes, c’est d’abord l’affaire de la Mutualité française, mais comme elle l’a fait par la passé, la Ville de Lyon doit s’impliquer dans la recherche de solution. On peut s’interroger sur les raisons d’une telle situation, compte tenu d’une délocalisation de la crèche il y a quelques années, avec le soutien de la ville et de Grand Lyon habitat, qui a visiblement déstabilisé l’équipement.

Pour réussir, une Métropole ne doit pas s’occuper que d’organisation administrative, de répartition des pouvoirs, de rayonnement international et d’opérations d’urbanisme. Elle doit aussi répondre aux besoins de ses habitants.

Il me semble qu’une métropole digne de ce nom ne peut se priver d’une structure d’accueil de nuit de la petite enfance, ouverte à tous et non seulement en lien avec des équipements spécifiques, comme des hôpitaux. Et je serais étonné d’apprendre que notre Métropole ne compte pas de familles monoparentales avec un parent amené à travailler de nuit, ou de couples dont les deux parents sont susceptibles de travailler de nuit.

Ce qui est en jeu c’est bien un service métropolitain.”

Belles perspectives !

DSC00502Cela embellit quand même la ville quand il y a la possibilité de mettre les constructions à l’alignement. C’est ce qui apparaît de façon assez évidente rue Charial, entre les rues Baraban et Richerand (photo ci-jointe).  La démolition d’une construction vient en effet de permettre de poursuivre l’alignement de l’axe Charial, offrant ainsi une belle perspective.

C’est bien d’ailleurs ce qui est recherché par certaines dispositions du PLUH, qui prévoient ces mises à l’alignement.

Dommage qu’à quelques pas de là, au 66 rue Etienne Richerand, la Ville de Lyon se soit prononcée pour une autre approche (voir photo ci-dessous). Elle a en effet renoncé à la démolition-reconstruction de l’immeuble ancien qui s’y trouve, ce qui aurait pourtant permis de poursuivre l’alignement de cette rue… tout en sécurisant le cheminement des piétons, en créant un trottoir correct, à proximité immédiate du groupe scolaire.

J’avais plaidé en son temps pour une autre approche de ce dossier. Dommage…

On peut ainsi constater que dans certains secteurs on démolit ce qui ne devrait pas l’être (à Montchat notamment) mais que l’on maintient dans d’autres secteurs des immeubles dont la reconstruction pourrait embellir la ville (à Villette notamment)…

DSC00503

2008 - 2019 - Réalisé par Omma Services - Thème par Anders Norén