Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Catégorie : Voltaire Page 2 of 4

Gare aux effets collatéraux

Aménagement Part Dieu

Lors du dernier Conseil d’arrondissement, j’ai eu un échange assez vif avec le Maire du 3e à propos du développement de la Gare Part-Dieu. Le lancement d’études sur le projet d’aménagement du pôle d’échange multimodal était en effet à l’ordre du jour. J’ai fait part de mes inquiétudes sur le fait que ces études, centrées sur l’accessibilité et le fonctionnement de ce pôle, me semblaient oublier les quartiers du 3e environnants. Cela n’a visiblement pas plu à Thierry Philip.

Je maintiens que la façon avec laquelle Gérard Collomb et Thierry Philip, les Maires PS de Lyon et du 3e, abordent la question du développement de la Gare Part-Dieu est inquiétante, pour les raisons suivantes :

  • Le projet de « hub métropolitain » de Gérard Collomb est porteur de déséquilibres. Quand on l’entend, on voit que la Part-Dieu est vue comme un méga pôle d’emplois vers lequel doivent converger tous les matins, par TER et autres transports en commun, des milliers de personnes habitant de plus en plus loin. C’est certes une réalité, mais il n’y a pas lieu de chercher à la renforcer : il faut aussi faire en sorte que des gens habitent et travaillent en centre-ville. C’est tout l’enjeu de la politique du logement : les actifs doivent pouvoir continuer à vivre dans le 3e, y compris autour de la Part-Dieu.
  • 2e constat : certes, la gare Part-Dieu est un élément clé du rayonnement de l’agglomération. Elle doit être au cœur du réseau européen de la grande vitesse et continuer à jouer le rôle de pôle d’échanges. Pour autant, il n’est pas forcément nécessaire de «tout concentrer sur la Part-Dieu ». Il est possible d’équilibrer la desserte ferroviaire avec les autres gares, ce que viennent de rappeler les services de l’Etat. La croissance de la Gare Part Dieu ne doit pas être une fin en soi.
  • Enfin, dans ces réflexions sur le développement du pôle d’échange, les quartiers d’habitation limitrophes (10 000 personnes à la Part-Dieu, 40 000 avec Villette-Paul Bert et Part Dieu Sud) semblent oubliés.

Les preuves de cela ?

  • Quand le cadrage des études se borne à préciser « qu’il faut étudier les conséquences des différents scenarii d’aménagement de la gare sur l’organisation du pôle d’échange », cela montre bien que les quartiers d’habitation voisins sont oubliés : il faudrait ainsi que ces scenarii soient aussi évalués en fonction des conséquences sur l’accessibilité de ces quartiers. On ne peut aujourd’hui que constater que les modifications de circulation dans le secteur Villette/Bonnel/Flandin dégradent le cadre de vie des habitants.
  • Ainsi, un scenario envisage une entrée supplémentaire de la gare, avenue Pompidou, ce qui pourrait entraîner la fermeture de cet axe et le report de la circulation sur Paul-Bert. Ce scenario ne peut être évalué sans prendre en compte les effets sur les conditions de circulation dans le centre de quartier de Villette-Paul Bert, déjà bien compliquées.
  • Autre fait significatif : l’aménagement de la place de Francfort a été suspendu de façon surprenante, du fait semble-t-il d’une modification de la desserte de Part-Dieu Villette en transports en commun. Cela montre bien que l’aménagement urbain du secteur est vu uniquement comme une conséquence de la desserte de la Part Dieu en transports en commun : il y a pourtant des centaines d’habitants dont c’est le cadre de vie.

Alors, le Maire du 3e peut bien être mécontent de ce débat. Je reste étonné du fait que le Maire de Lyon, et a fortiori celui du 3e, soient autant focalisés sur la gare, en oubliant les quartiers d’habitation.

Garibaldi : tronçonnage et divisions

P2240015Voici le texte de mon intervention, lors du Conseil du 3e arrondissement du 10 mai 2011, lors du vote du projet de réaménagement de la rue Garibaldi :

« C’est un dossier très important pour notre arrondissement mais il donne la mesure de ce qu’est le temps « long » de la politique, parce que je me souviens que dix ans en arrière, j’étais adjoint à la démocratie participative, à la concertation et on nous parlait déjà des plans du réaménagement de la rue Garibaldi.  Le projet ne va démarrer qu’aujourd’hui, cela donne l’idée d’une certaine perspective « historique ».

C’est un dossier important, mais j’aurais un regret aujourd’hui, c’est sur le délai futur, puisque nous aurons une réalisation sous ce mandat, seulement jusqu’à la rue d’Arménie, ah ! uniquement jusqu’à la rue Bouchut, c’est encore pire.

Cela reporte au mandat prochain la réalisation de l’ensemble du réaménagement, donc on est sur l’horizon 2020 et c’est vraiment dommage que tout ne soit pas réalisé sous ce mandat. Cela pose le problème des promesses faites et non tenues, car vous aviez pendant la campagne électorale municipale de 2008, promis et même écrit qu’il y avait l’argent et que tout était programmé pour faire une rue Garibaldi nouvelle de bout en bout.

Je me rappelle le maire de Lyon, en pleine campagne électorale, annonçant le projet dans des conditions très limites par rapport au déroulement de la campagne électorale.

Il peut donc y avoir chez les habitants, une frustration et même un mécontentement certain quand on dit aujourd’hui que ce ne sera fait que jusqu’à Bouchut.

Comme l’a dit votre propre adjointe, cela pose aussi un problème d’incohérence de la politique, parce que je ne souscris pas à l’argument de Gérard COLLOMB qui nous dit « c’est bien de le faire en phasé parce qu’il n’y aura pas des chantiers qui bloqueront l’ensemble de la ville ». Je ne suis pas d’accord et j’aurais préféré qu’il n’y ait pas de chantiers sur Garibaldi jusqu’à l’horizon 2020, parce que l’on sait qu’on va souffrir dans le 3ème pendant 10 ans.

Comme l’a dit aussi votre adjointe, en scindant l’opération en deux, c’est vraiment l’occasion ratée de créer un itinéraire mode doux et une voie de transport en commun en site propre, à court terme.  On repousse cette possibilité à 10 ans et c’est vraiment dommage.

Le deuxième point que je voulais évoquer, c’est le souhait que cette opération Garibaldi soit vraiment cohérente avec le projet Part Dieu 2020 que vous lancez et que Garibaldi ce ne soit pas que la limite du périmètre Part Dieu à réhabiliter, à rénover. Il faudrait que cette rue Garibaldi soit un atout, si ce n’est l’atout majeur du Part Dieu 2020, un axe de prestige qui permette à la Part Dieu de fonctionner.

Quand j’entends ce soir les propos de votre adjointe et l’abstention d’Europe Ecologie les Verts sur ce dossier, ce souhait se transforme en inquiétude parce que pour vivre ça au Conseil régional à Charbonnières, je sais combien les incohérences de votre majorité, la difficulté à s’entendre sur des objectifs essentiels conduisent à un blocage de la politique. Je suis donc inquiet sur la suite de ce projet.

Mon souhait c’est vraiment que Garibaldi soit un atout et je souhaite que ce projet ne soit pas bloqué ou prenne une mauvaise orientation.

Je voterai votre rapport mais avec les limites que j’ai évoquées. »

Confidentiel-défense !

secret Etat - CopieRéunion de présentation des orientations du projet Part-Dieu 2020 aux membres des conseillers de quartier du 3e mardi dernier : quel n’est pas mon étonnement d’entendre les consignes fortement appuyées du Maire du 3e en début de réunion. En gros, cela donnait cela : « la presse n’est pas conviée à cette réunion et aucun des participants ne doit communiquer sur ce qu’il va voir ! ». Je ne suis pas sûr d’avoir compris que l’omerta devait durer jusqu’à la présentation officielle par Gérard COLLOMB début juin.

 « Rien ne doit être communiqué en dehors du cercle des participants ». Quelle pression ! C’était à se demander de quel secret d’Etat relatif au devenir de la Part-Dieu, les participants à cette réunion allaient être les dépositaires. C’était à se demander aussi si le power point « prospectif » de présentation n’allait pas s’autodétruire à la fin de la réunion : on n’en était toutefois pas loin avec la présentation en 5 secondes chrono de la diapo sur la perspective des constructions le long de Villette-Mouton Duvernet ; 5 secondes pour cette « question de détail » dans une présentation de 45 minutes !

Et Thierry PHILIP de préciser que ce que nous allions voir, ce n’était que des « intentions d’aménagement », donc  rien de fixer. Les projets de « tours » sont ainsi manipulés avec la prudence requise pour le déplacement d’un jerrican de Nitroglycérine.

Tout cela est tout de même risible, quand on se rappelle que le Maire de Lyon a présenté la maquette en 3D de la Part-Dieu 2020, il y a deux mois lors du Salon de l’immobilier d’entreprises (MIPIM) à Cannes (la preuve en article et en image).

Alors je pose deux questions naïves :

  • Les visiteurs du MIPIM ont-ils reçu les mêmes consignes que les membres des Conseils de quartier du 3e : « ne divulguez rien de ce que je vous montre » ?
  • Les investisseurs visitant le stand du Grand Lyon à l’occasion de ce salon se sont-ils contentés de projets hypothétiques, d’intentions d’aménagement ?

Décidément depuis 2008, avec le Maire du 3e, la politique locale c’est de la grande comédie !

Après avoir parlé du « grand secret », s’il devait m’arriver quelque chose, j’ai laissé une lettre à qui vous savez !

Bon anniversaire ?

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Jeudi dernier, Michel Havard, et les élus du groupe municipal « Ensemble pour Lyon » avons tenu un point presse à l’occasion du bilan de mi-mandat municipal (je vous conseille la lecture de la plaquette que nous avons réalisée à cette occasion) ; eh oui, cela fait déjà trois ans que Gérard Collomb et son équipe ont entamé leur deuxième mandat.

Le bilan que nous tirons est celui d’un mi-mandat loin du quotidien des Lyonnais, le Maire de Lyon étant visiblement très occupé par certains grands projets et sa notoriété parisienne. Michel Havard a évoqué la réduction  brutale des dépenses dans des domaines d’action essentiels d’une Ville, ce qui ne manque pas de se traduire par une dégradation du service aux habitants et de la qualité de vie en ville : fermeture d’écoles, absence d’anticipation en matière de restauration scolaire, fermeture de 5 résidences pour personnes âgées sur 23, réduction de l’encadrement de ces résidences, refus d’instruire les demandes de RSA dans les antennes solidarité… Michel Havard a aussi évoqué trois scandales : le scandale immobilier de la rue Grôlée, le scandale financier de la SACVL et le scandale historique de la reconversion de l’Hôtel Dieu. Il a enfin dénoncé une méthode solitaire et l’attitude méprisante à l’égard des oppositions et avis divergents, ce qui explique largement les problèmes et échecs constatés.

En matière de méthode, j’ai évoqué les interrogations qui peuvent être les nôtres quand on constate comment sont engagés ou menés de grands projets d’urbanisme :

  • J’ai d’abord évoqué le projet de la « Confluence », son manque de cohérence avec notamment les difficultés d’accessibilité actuelles, qui seront encore beaucoup plus fortes dans quelques semaines. Je suis pour ma part très surpris de voir combien l’approche de l’aménagement d’un nouveau centre de ville a été déficiente à Lyon, ne serait-ce qu’en comparaison avec ce qui peut s’engager par exemple à Grenoble (municipalité PS, on ne pourra donc m’accuser d’esprit partisan). Lors de la dernière Commission permanente du Conseil régional, nous avons approuvé une convention cadre relative à l’aménagement du projet Presqu’île GIANT, convention à laquelle la Région est partie, avec toutes les collectivités iséroises concernées, les transports en commun de Grenoble, les futurs occupants du site (enseignement supérieur, équipements de recherche…). Nous sommes ici bien éloignés de la méthode lyonnaise pour Confluence.
  • Deuxième fait significatif du problème de méthode : une nouvelle phase de développement de la Part-Dieu a été lancée, prévoyant de multiples projets de démolition, construction pour développer l’offre disponible en locaux d’activité, autour de la gare Part-Dieu ; un projet qui prévoit également à court et moyen terme la réalisation de plusieurs nouvelles tours ? Où ce projet d’ampleur, fortement structurant pour la Part-Dieu et ses quartiers voisins du 3e, a-t-il été dévoilé par le Maire de Lyon : au Conseil du 3e, lors d’une réunion publique, devant les conseils de quartier concernés ? Pas du tout, c’était à Cannes, dans le cadre du salon immobilier MIPIM. Mais peut-être était-ce de la démocratie participative tournée vers les Lyonnais ayant la chance de disposer d’une résidence secondaire sur la Côte d’Azur !

Pour découvrir la plaquette « bilan de mi-mandat » du groupe Ensemble pour Lyon, cliquez ici.

Béton et densification urbaine (suite)

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Je reviens sur la modification du Plan Local d’Urbanisme, projet sur lequel nous – les élus Ensemble pour Lyon du 3e – avons voté non lors du dernier Conseil. En débattant avec la Majorité du 3e, je me suis demandé à propos des points posant problème s’il y avait une volonté de masquer certaines évolutions ou bien un défaut de suivi des dossiers. Les suites de ce débat renforcent mes doutes.

Ces doutes concernent notamment le changement de destination de l’îlot Créqui/Chaponnay/Edison. J’ai déjà évoqué mon étonnement lorsque j’ai constaté que Mme Panassier, l’adjointe à l’urbanisme du 3e, n’évoquait pas spontanément ce projet dans sa présentation. Elle a répondu à mon interpellation avec des arguments pour le moins « datés » relatifs à la requalification de la place Voltaire. Elle a aussi essayé la diversion en mettant en avant le désormais classique « Mieux vivre ensemble » puis en glissant sur des propos plus que limites. Passons…

Depuis, la conseillère déléguée Anne Brugnera s’est aussi exprimée sur le sujet. Elle se positionne résolument comme la « grande rectificatrice » du Conseil du 3e, dès que l’opposition joue son rôle… quitte d’ailleurs à se prendre les pieds dans le tapis comme nous l’avons vu sur le dossier « Citrouille et Potiron » et comme nous le voyons encore sur cette question d’urbanisme. Mme Brugnera nous dit « L’opposition s’est émue du projet visant à lever une réserve pour espace sportif… Concernant le terrain sportif, il en existe déjà un à proximité ». Non Mme Brugnera, la réserve que vous comptez supprimer sur l’îlot en cause était une réserve pour espace public, au profit du Grand Lyon et non de la Ville (je joins une photo pour aider le cas échéant au suivi de ce dossier !). Tout cela pose effectivement question sur la vision de la Mairie du 3e sur le renouvellement urbain du secteur Voltaire.

Malaise encore avec la suppression de la réserve pour espace vert de la rue des Petites sœurs. Mme Panassier nous dit : « c’était trop petit » (1990 m²). La réserve qui a été créée rue Meynis lors de la dernière modification fait seulement 1260 m². Celle qui existe rue de l’Espérance 1810 m²…

Malaise toujours avec les aménagements du tramway T3 du fait de la mise en service de Rhônexpress et du projet de desserte du Grand stade. Une réunion de concertation avait lieu mercredi soir en Mairie. Monsieur Rivalta, Président du Sytral, a plusieurs fois évoqué lors de la soirée le fait que des tramways pour le Grand stade partiront effectivement du nouveau quai prévu au Sud de la rue Paul Bert (sur une partie du tènement prévu pour l’Esplanade verte Dauphiné II)… Et tant pis si les supporters devront faire un trajet de 500 mètres entre la gare Part Dieu/Métro et cette gare « spéciale ». Pourtant, dans les documents de concertation consultables en Mairie, c’est-à-dire dans les « écrits », nulle mention de cette gare « spéciale ». Les aménagements prévus sont présentés comme une plate-forme constituant :

  • un quai de secours,
  • un point de stockage de rames (injection/retrait du réseau),
  • un point de régulation du trafic pour « gérer l’encombrement du tronc commun T3, T4, Rhônexpress » (et après on vient prétendre que l’intersection avec la rue Paul Bert ne va pas perturber gravement la circulation automobile)…

Bref, la question majeure de l’urbanisme exige mieux que du verbiage : du sérieux dans le suivi des dossiers, de la transparence et du pragmatisme.

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