Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Crash test ?

Grenoble a été plusieurs fois dans son histoire un laboratoire politique. Mais la semaine dernière, la ville a plutôt été le cadre d’un crash test pour la coalition rose-rouge-verte du Conseil régional.

L’annonce de la destruction d’un lycée de la ville, à défaut de sa réhabilitation, a mis le feu aux poudres entre PS et Verts locaux. Il est vrai que l’on a parfois tendance à oublier, vu de Lyon, que les Verts sont dans l’opposition à la Municipalité PS de Grenoble. Mais cette affaire locale a rapidement pris une tournure régionale. Le Président du groupe PS à la Région s’en est pris « vertement », si j’ose dire, aux Verts, dénonçant leurs exigences et oppositions qui « écornent sérieusement la cohérence de notre majorité ». Bel aveu ! (rétrospective ).

Il est vrai que ces dernières semaines ont largement illustré la difficulté de cette majorité à s’entendre. Traductions concrètes, certaines délibérations de l’exécutif ont été retoquées par l’Assemblée régionale. Et le constat est le même dans les groupes de travail, avec d’un côté des Verts arc-boutés sur des positions de principe et des élus PS qui voudraient continuer à gérer les affaires comme avant… et des élus Front de gauche et PRG qui essayent de faire entendre leur petite musique. On voit bien aussi que l’extrême lenteur qui marque le début de cette mandature trouve une bonne part de son explication dans ces oppositions et rivalités, et les incontournables négociations qui en découlent.

Tout cela ne porte toutefois pas à sourire. Il apparaît que les Rhônalpins ont largement été trompés par une offre de coalition de circonstance. Pendant que cette « majorité » joue à se faire peur, le temps passe… alors que les enjeux du moment (en matière d’emploi, de sortie de crise, de grands événements, d’infrastructures…) exigent plutôt une politique régionale pointue, réactive et déterminée.

On peut avoir aussi une autre crainte, celle de voir la dépense régionale poursuivre dans la « non maîtrise » pour « arroser » à la fois ici et là, et contenter ainsi les différents soutiens politiques. C’est souvent une solution pour faire taire les oppositions les plus virulentes. Mais on est bien loin de la nécessaire recherche d’économies, pas plus que cela ne fait une politique régionale !

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4 Comments

  1. Il est sur que cette coalition “Rose-Vert-Rouge” serait plus à l’aise si elle n’avait pas à gérer car elle aurait trouver dans l’oppositions systématique un liant pour critiquer la majorité “aux manettes”

    Les postures idéologiques ne favorisent pas le dialogue

    Pourvu que notre Région ne souffre pas trop de ces divisions

  2. Guyot/ Mogu

    Enfin un article sur la Région (ceci n’est pas péjoratif).

    Il est à prévoir que cet incident est un prémices de ce qui doit se passer dans les alliances entre la carpe et le lapin.
    Nous aimerions savoir si le budget régional, prévoit lui aussi des économies dans les prévisions de budget, J’ai lu je ne sais ou que monsieur Quairanne était très déçu de ne pas recevoir de l’Etat toutes les allocations prévues. Il va falloir choisir les bons investissements, sans pénaliser le développement régional.
    Please, speak French in the comments.

  3. Pierre BERAT

    Messieurs, vos propos ne sont que sagesse. Effectivement, quand ils sont dans l’opposition systématique, le PS et les verts peuvent facilement masquer leurs grandes divergences.
    Concernant les finances régionales, nous allons entrer dans la période d’élaboration du budget, avec le débat sur les orientations budgétaires la semaine prochaine. En la matière vous posez une question clé M. Guyot.
    Je bats ma coulpe pour l’usage des anglicismes !

  4. Estelle

    Ces querelles entre PS et Verts que vous relatez ressemblent à la situation à laquelle Michel Destot le Maire de Grenoble devait faire face au cours de sa précédente mandature avec sa composante verte qui l’empêchait d’avoir les coudées franches sur des projets d’envergure tel que le contournement de Grenoble par un tunnel sous la Bastille. Ce qui l’a conduit à se séparer de cette composante et à privilégier d’autres alliances autour d’un même programme.

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