Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Diagnostic en surfant

 Recevant d’un ami montchatois une série de photos sur le cadre de vie du quartier, il me vient l’idée d’évoquer les « diagnostics en marchant » que va mettre en place la Mairie du 3e. Pourquoi pas, mais il ne faut pas oublier l’essentiel.

 

Un ami montchatois m’a donc transmis une série de photos sur le cadre de vie du quartier, de retour d’une balade dominicale (la bien connue montée à Chambovet !). Vous en trouvez une sélection à la fin de cet article. Elles sont assez caractéristiques. Prises une à une, on peut se dire « la belle affaire », ce n’est quand même pas si terrible. Et j’imagine que certains responsables à « grande vision » ne manqueront pas de dire, les revoilà avec leurs trous dans les trottoirs et leurs papiers gras. Certes. Mais quand on les met à la suite, comme on peut le constater lors d’un périple en ville, l’appréciation est bien différente. C’est bien celle de l’image diffuse mais tenace d’un cadre de vie dégradé, d’un quotidien qui manque d’attentions. C’est comme dans une résidence, on laisse passer au fur et à mesure les petits entretiens nécessaires, jusqu’au jour où c’est l’ensemble qui paraît décrépit. Le cadre de vie de nos quartiers n’est donc pas un sujet secondaire, y compris pour le rayonnement de la ville.

 

Le Maire du 3e a annoncé la mise en place prochaine de diagnostics en marchant. Il s’agit pour les élus, accompagnés de techniciens, de parcourir un quartier, en rencontrant les habitants, pour relever les dysfonctionnements et problèmes et chercher des solutions. Sur le principe, rien à dire. On ne fait jamais assez de terrain ! Je formulerais toutefois un souhait et deux rappels constructifs.

 

Pour le souhait, c’est que ces diagnostics en marchant ne soient pas que des actions de communication, mais qu’ils débouchent effectivement sur la résolution de problèmes. D’après ce que je vois de la nouvelle équipe depuis quelques mois, je crains que la communication ne soit l’objectif principal.

 

N’oublions pas l’existant, sera mon premier rappel. Les diagnostics sont déjà pratiqués au quotidien par les Comités d’intérêt local, qui savent adresser aux élus la « liste » des problèmes après les avoir analysés. Je note aussi que les conseils de quartier, lors du dernier mandat, avaient mené des actions similaires. Le Conseil de quartier Voltaire-Part Dieu, dont j’étais l’élu référent, avait par exemple mené plusieurs fois une opération systématique de repérage des dysfonctionnements du quartier en matière de propreté, de voirie et d’entretien du mobilier urbain. Ce fut un gros travail. Il y a là des expériences à prolonger, de nature à favoriser effectivement une implication citoyenne.

 

Le diagnostic c’est bien, le traitement c’est le principal, tel est mon second rappel ! Je constate que la collectivité publique aime bien lancer des diagnostics mais que le curatif est parfois plus long à obtenir. Les problèmes sont pourtant parfois simples à résoudre : pas besoin de disserter à 20 personnes pour reboucher un trou dans le trottoir, idem pour une poubelle qui reste systématiquement dans la rue malgré des « rappels au règlement ». Je me souviens de la réaction d’un participant à une récente réunion à Villette-Paul Bert après un exposé sur le diagnostic propreté du quartier qui va être lancé. Cette réaction était la suivante : les points noirs en matière de propreté on les connaît, on les signale constamment aux services et à la mairie, si vous voulez on va les constater dès demain… alors maintenant apportez une solution ! ».

 

C’est bien dans le curatif, pour les problèmes de proximité, qu’il faut progresser en priorité. D’abord par une veille plus forte des services : c’est bien que les habitants s’impliquent, mais certaines interventions devraient se faire automatiquement. Ensuite, il faut des interventions plus rapides et systématiques : trop de petits problèmes restent longtemps sans solution, donnant le sentiment d’une impuissance de la collectivité. D’où vient le problème : défaut d’organisation des services, insuffisance budgétaire pour les petites interventions pour mieux financer les grands projets… ? En tous cas, il faut progresser.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 Comments

  1. BURNIER

    Je vous suis entièremment au sujet de ces diagnostics en marchant. les rues avoisinat mondomicile en particulierla rue Fauillat entre Lacassagne et le tramway, le passage Feuillat, l’enclos fermé près de la voie du tramway sont dans un état de saleté repoussante je ne parle pas des tags. D’ailleurs au cous de la première réunion de quartier Thierry Philip a présenté deux listes de rues établies par les services de la propreté une pour la saleté et une pour les tags , pour les habitants c’était à croire que les ervices de propreté n’avainet pas en charge toutes les rues ou autres impasses. Autre chose pour les trottoirs; si je ne me trompe les propriétaires riverains des trottoirs ont en charge la propreté de ceux-ci Le long de l’ancien site MERK rue Feuillat le trottoir n’est jamais balayé le site apprtinet-il à la ville ? et le long des HLM 33 35 rue Feuillat il en est de même. Je m’arrête maisil faut préparer une liste et des photos c’est sur

  2. catelin

    Bonjour,
    Pourquoi modifier ce qui ..marchait bien auparavant ?
    Les Membres de “Cadre de Vie Part Dieu-Voltaire” avaient pour mission, après accord sur le découpage du secteur, de repérer les dysfonctionnements de propreté, voierie et stationnement. Cette démarche se réalisait 3 fois par an.
    Les résultats décortiqués, étudiés étaient soumis par lesdits Membres aux Représentants des Administrations concernées et discutés courtoisement mais âprement.
    Des résultats furent obtenus pour le plus grand bien des concitoyens de ce secteur.
    Rien depuis 1 an, alors qu’il ait été subtil de pérenniser et d’étendre cette heureuse initiative.
    Ces “diagnostics en marchant” pour obtenir des résultats devront :
    – couvrir le 3eme par secteur et le mailler suffisamment,
    – discuter avec les Administrations concernées.
    Si les élus locaux participeront à cette démarche, seuls les Membres de Conseils de Quartier pourront discuter avec les Responsables d’ Administrations
    concernées.
    Si le Politique se substitue à cette discussion les effets seront nuls, car d’autres sujets considérés comme plus “brûlants”, dilueront dans le temps les corrections à apporter.

    ;

  3. Clarisse Robillard

    Le “cantonier” est-il un emploi en voie de disparition ???
    Nous serions tentés de répondre par l’affirmatif, tant il est devenu rare d’en croiser dans nos rues de nos jours.

  4. Serge GOMES

    Bonsoir Pierre,
    C’est assez intéressant de prévoir des diagnostics en marchant mais c’est aussi assez troublant:
    -troublant parce que diagnostiquer l’ensemble du 3°art en marchant nécessiterait de la part de T.PHILIP un investissement à plein temps pour être efficace et cerner les très nombreuses problématiques de la vie quotidienne des habitants du 3; je ne suis pas certain qu’il souhaite “oublier” ses multiples mandats!
    -troublant encore car c’est aussi oublier les relais incontournables que furent pour nous les CIL, les CQ et autres riverains impliqués dans la vie de leurs quartiers
    Troublant enfin car mon expérience des visites de terrains pratiquées sous le dernier mandat dans le domaine de l’accessibilité (pilotage de S.GUILLAUME en Mairie centrale) n’apportaient qu’un constat amer bien connu des concernés ne trouvant pas de solution faute d’un engagement financier en rapport aux constats réalisés!
    Bref je pense réellement que cette équipe base son action sur une formule simple: occuper le “terrain” mais uniquement médiatique et surtout ne rien lâcher du pouvoir qu’elle prétend détenir. Dommage pour les habitants…
    Amitiés

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