Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Erreurs urbaines

Petit à petit, par manque de volontarisme ou du fait d’erreurs pourtant dénoncées, le cadre de vie du 3e arrondissement subit des atteintes. Si chaque dossier peut sembler marginal, si chacun peut se dire que cela ne concerne que le voisinage immédiat, c’est bien
l’harmonie et la qualité de vie dans l’ensemble du 3e qui seront à terme pénalisées. Le Conseil d’arrondissement de décembre a fourni un exemple supplémentaire.

Nous avions déjà connu les opportunités perdues de créations d’espaces verts, avec la décision de l’équipe municipale de renoncer aux projets sur le tènement Keller Dorian (rue Saint Eusèbe) ainsi que rue des Petites sœurs. Il y a eu aussi le choix d’empiéter sur la future Esplanade Villette pour y créer un terminus Tramway pour la desserte du Grand stade. Et encore la regrettable décision de renoncer à réaliser intégralement le projet d’espace public sur l’îlot Créqui / Chaponnay / Voltaire / Verlet Hanus, un secteur pourtant en mal de respiration urbaine.

Autre erreur majeure que j’ai dénoncée : le choix de construire un immeuble de plusieurs étages entre le futur parc RVI et l’avenue Lacassagne, ce qui renforcera « l’effet tunnel » sur l’avenue.

Lors du Conseil d’arrondissement de décembre, nouveau recul :  la Mairie du 3e vient de renoncer à réaliser l’alignement des immeubles rue Richerand entre Pompidou et Paul Bert. J’ai contesté ce choix. La Ville de Lyon a en effet acquis l’immeuble des 66-68 rue Richerand et une opération de logement social va débuter. Cela aurait pu se faire avec une démolition-reconstruction qui aurait permis d’aligner les constructions. Mais la Ville de Lyon a préféré rénover le bâtiment existant, en invoquant des raisons de coût ; ce dont on peut douter quand on mesure l’ampleur des travaux à réaliser sur cet immeuble en triste état.  Ces immeubles déborderont ainsi définitivement sur la rue (voir la photo). Cet abandon de l’alignement est tout à fait dommageable quand on connaît les efforts qui ont été accomplis depuis plus de vingt ans pour  l’aménagement urbain du secteur.

Autre effet collatéral néfaste de cette décision : le trottoir de la rue Richerand conservera sa largeur insuffisante, ce qui n’est pas une question de détail quand on se situe sur un itinéraire d’accès à un groupe scolaire. J’ai aussi soulevé cette question de sécurité, mais les adjoints en charge ont jugé que cela ne posait pas de problème (voir photo suivante) !

Notre vote d’élus « Ensemble pour Lyon 3e » a été négatif sur ce dossier.

 

Précédent

Interview Lyon-Mag

Suivant

Agir vite

5 Comments

  1. sylvie

    Le troisième n’a pas le monopole. A La Duchère, ils ont complètement réhabilité une barre avant de la démolir… Alors peut être en resa t il de même rue Richerand.

    Et il n’aurait pas coûté plus cher de réaliser un EHPAD neuf rue Constant que de laisser à l’abandon la RPA

  2. BURNIER

    On retrouve encore dans les cas évoqués un manque de vue d’ensemble et une perspective à court terme pour l’arrondissement.
    En ce qui concerne l’abandon de l’alignement on peut l’observer dans de nombreuses rues, il est vrai que les POS et autres PLU se sont succedés suivant une logique qui échappe au citoyen moyen et apparemment c’est maintenant la densification de l’habitat qui prime avec une diminution des espaces verts; A suivre ……

  3. guillaume

    Bonjour,

    et que dire des travaux toujours attendus de l’immeuble charade?

    Que dire de l’état de la voirie? De la propreté générale?

    Le comble étant un “arrêt de bus ” construit rue baraban, face immeuble charade, non goudronné et condamné immédiatement: réduction de la voirie, diminution du nombre de places (y compris pour les commerçants), mise en place d’arrêts de bus temporaires, interdiction de stationner, amendes…complètement incroyable, depuis 1 an!!!

    Cordialement, meilleurs voeux.

  4. Dominique

    L’esthétique compte pour le tourisme et une grande ville comme Lyon classée à l’UNESCO se voit transformer à vitesse grand V mais hélas pas en bien.
    Ne peut-on pas invoquer certains textes puisqu’elle appartient au patrimoine mondial et qu’elle devrait en toute logique être protégée contre ce genre d’initiative intempestive car d’un quartier à l’autre, c’est assez alarmant ?
    Son attrait et son emplacement stratégique à l’égard des étrangers peuvent lui permettre de développer de la croissance, encore faut-il que ces touristes aient envie de venir à Lyon et d’y rester quelques temps ….et là encore le bouche à oreille fonctionne mais est-il positif et dans l’affirmative, jusqu’à quand ?

  5. Dominique

    Par ailleurs, l’esthétisme de Lyon doit être préservé non seulement pour un manque à gagner sur les marchés du Tourisme mais aussi parce que Lyon est une ville qui appartient au patrimoine mondial et que d’autres intérêts sont en jeu.
    1/Selon les experts de l’Unesco et de l’Icomos, les objectifs d’un plan de gestion des sites patrimoniaux sont les suivants :
    – garantir que les qualités « exceptionnelles et universelles », reconnues par l’Unesco soient maintenues dans l’avenir.
    – le compléter par un programme de mesures dynamiques et positives de mise en valeur du site en insistant sur le fait que ce plan n’a pas pour but de « geler » un bien dans son état au moment de l’inscription mais d’en assurer une évolution harmonieuse et respectueuse tout en sauvegardant, en améliorant, ses qualités d’origine.
    – ne pas constituer de couche supplémentaire de prescriptions et de contraintes, mais un instrument de « management » régional. L’assise populaire est donc essentielle car le plan de gestion doit contribuer à ce que chacune et chacun (propriétaire, habitant, responsable d’entreprise ou membre d’une autorité) prenne conscience de la valeur du site et le gère comme tel, à tous les niveaux de décision.

    2/Sur le fondement de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel du 16 Novembre 1972, notamment articles 4 et 5, lesquels prônent la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel ou tout autre texte dans ce sens, un droit d’opposabilité pourrait sans doute permettre de bloquer certains projets peu opportuns ….car en effet, comme vu précédemment, Lyon doit s’entendre, globalement et ne pas s’entendre seulement des sites archéologiques et historiques pour une mise en valeur et une harmonie d’ensemble. Lugdunum fût créée sur la colline de Fourvière et s’est peu à peu développée au fil des siècles en descendant sur le Vieux Lyon (Moyen âge), le centre ville (17ème, Renaissance 18ème, Napoléon 19ème et 20ème siècles seconde guerre mondiale, résistance) et ce jusqu’ à Satolas aux formes avant-gardistes. C’est dire que bien des parties de cette ville sont marquées d’un point de vue architectural et doivent être prises en considération pour leur mise en valeur.
    3/ Parallèlement, l’article L110 du code de l’urbanisme indique que le territoire français est le patrimoine de la Nation….A méditer car on ne peut traiter Lyon comme une ville quelconque, on se doit de ne pas la dénaturer….c’est un état de fait qui prime sur de simples décisions locales, lesquelles en cas d’irrespect aux normes du classement peuvent sans doute priver Lyon et ses habitants de certaines subventions de l’Unesco en cas de travaux…

Les commentaires sont fermés

2008 - 2019 - Réalisé par Omma Services - Thème par Anders Norén