Mai 23

Chacun le ressent, les enjeux des élections européennes de 2019 sont d’importance. Il n’y a pas trop d’une année pour pouvoir aller au fond du débat. Et compte tenu de ces enjeux, il faut souhaiter que la campagne ne soit pas une caricature, qu’elle ne tombe pas dans le simplisme. Gardons-nous du basique “pour ou contre l’Europe”… mais gardons-nous aussi du slogan “Europe des Etats contre Europe fédérale”.

Car la réalité est plus complexe et c’est cette réalité de 2018, et celle des années qui viennent, à laquelle il faut répondre.

Je prends un exemple, celui de la lutte contre le terrorisme qui renvoie à la défense de nos valeurs et de notre projet de société. Chacun reconnaîtra après les drames que nous avons connus que ce n’est pas un sujet secondaire, qu’il en va des intérêts supérieurs du pays.

Les récents débats auxquels j’ai assisté m’ont confirmé que ce sujet ne peut s’aborder de façon simpliste.

D’abord, d’une façon ou d’une autre, la question se pose au niveau européen, que l’on s’interroge sur la liberté de circulation des personnes ou que l’on considère qu’on mène une lutte plus efficace à plusieurs que seul. J’ai entendu des experts expliquer comment, lors des récentes attaques terroristes, il y avait eu des insuffisances et des râtés dans la coopération européenne… des insuffisances et des râtés qui ne sont pas anecdotiques puisqu’ils se sont traduits par des actions de prévention qui n’ont pu être menées ou des arrestations qui ont été retardées.

Coopérer de façon opérationnelle, dans l’urgence qui s’impose sur ces dossiers, impose forcément une forme d’intégration. Rester bloqué sur l’Europe des Etats, sur ce type de problématique, c’est forcément un gage d’inefficacité. Comment espérer une réaction appropriée à une menace si à chaque fois il faut mettre en branle une machine inter-étatique entre les Etats concernés ?

Niveau supérieur de la problématique : si on vise une intégration opérationnelle en matière de lutte contre le terrorisme, encore faut-il que nous ayons une vision commune de cette menace, un ordre commun des priorités. Il y a donc une feuille de route de niveau politique à établir… ce qui est l’une des illustrations de l’impossibilité de voir la Turquie intégrer l’Union européenne.

La vraie question, c’est donc plutôt quels sont les domaines, les sujets, pour lesquels il y a un intérêt pour les peuples d’Europe à mettre en place des dispositifs intégrés ? La question, c’est de se centrer sur ce qui apporte une valeur ajoutée aux peuples d’Europe. Ainsi, apparaissent plus clairement les domaines pour lesquels une délégation de souveraineté est opportune… et en même temps, cela met en lumière les éléments actuels d’intégration qui ne se révèlent pas utiles compte tenu des besoins des Européens et de la diversité des situations.

Ce qui est vrai pour la lutte contre le terrorisme, l’est pour d’autres sujets : la défense des intérêts européens stratégiques dans le monde, le leadership à gagner dans les grandes percées technologiques, la promotion et la défense de nos intérêts commerciaux… Sur ce dernier sujet, alors que se déroulent sous nos yeux les grandes manœuvres américaines et chinoises, on voit bien que seule une Europe unie peut peser, mais que pour cela il faut qu’elle soit prête à s’imposer dans le bras de fer. Il faut donc là aussi une feuille de route “prête à l’emploi”. Sinon, il n’y a ni réactivité, ni efficacité. C’est bien ce que l’on constate ces derniers jours…

écrit par Pierre BERAT


2 commentaires pour “Européennes : souhaitons pouvoir échapper à une campagne simpliste”

  1. 1. DYLAS Dit:

    Oui, le terrorisme est un sujet plus que prioritaire. Moi aussi j’ai vu certains témoignages d’anciens responsables de la sécurité exprimer le réel danger qui menace notre territoire. Mais il ne semble pas que cela soit pris avec le sérieux qui s’impose. Un ministre de l’intérieur peut investi et ne prenant pas suffisamment la mesure de la menace. Peut être obéit-il aux ordres.
    La fermeture des frontières s’impose. L’Italie prend des mesures fortes même si elles sont contestables!!!!
    Concernant la Turquie dans l’Europe j’ai toujours été farouchement contre.
    Culture et traditions incompatibles avec notre système européen.
    Les anglais se sont retirés cela devrait être un sujet de réflexion le pourquoi de cette décision.
    La droite doit de réunifier pour gèrer l’Europe. Le président français risque de ne défendre que la finance et taxer encore plus les contribuables . Un référendum serait un service à rendre aux français pour savoir ce qu’ils désirent vraiment après une election présidentielle trompeuse. Courage .

  2. 2. Roger Dit:

    L’Europe est à revoir de plus en plus le populisme se développe dans les Etats, l’Italie , suite à la poussée dans tous les Pays Européens même en Allemagne d’opposants qualifiés de droite, après l’Autriche, seuls la Hongrie , la Pologne se font respecter face à la démagogie de l’accueil sans limites des migrants venus de n’importe quel pays d’Afrique .Il lui faut aussi revoir ses accords avec les EtatsUnis dont l’irresponsabilité de son président dans certains cas peut mettre à mal l’économie de tout le système financier occidental. Vaste programme! Il faudra nécessairement un accord national sur des points précis.