Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Humilité et responsabilité

J’aurais bien titré ce post « exemplaire », mais je l’ai déjà utilisé récemment ! La réunion organisée à Caluire par Philippe Cochet, Président de l’UMP et député du Rhône, dans le cadre des Etats généraux de la Bioéthique, a été remarquable ; le type de réunion dont on sort en se disant, voilà, nous sommes au cœur d’un sujet Politique avec un grand « P ».

 

Cette réunion s’inscrivait donc dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique, débat voulu par Nicolas Sarkozy dans la perspective de la révision des lois sur la bioéthique prévue pour 2010. Cette réunion a été remarquable par la qualité des propos des experts (scientifiques, juristes, philosophe et religieux) invités à s’exprimer et par celle des interventions du public.

 

Parmi les enjeux de cette révision : Faut-il autoriser la recherche sur des cellules embryonnaires ? Faut-il abandonner l’anonymat des donneurs de gamètes ? Faut-il autoriser la gestation pour autrui (mère porteuse) ? – Deux questions qui interrogent sur la nature de la filiation -. On comprend rapidement avec ces questions que l’on touche à l’essentiel, aux valeurs fondamentales. Comment la collectivité nationale doit-elle répondre à ces questions, comment faire pour maîtriser les conséquences du progrès scientifique ?

 

Je dirais que pour un non spécialiste, il faut se laisser le temps de la réflexion, car un tel débat amène d’abord à se poser de nombreuses questions. C’est son premier mérite.

 

J’ai retenu de cette soirée les propos suivants, qui me semblent très utiles pour aborder cette réflexion :

          Ces sujets « bioéthiques » ne doivent pas être laissés uniquement aux experts, le citoyen doit s’y intéresser.

          Ce type de questions touche au fondamental, qui ne peut s’accommoder d’une approche coût-bénéfice pourtant très prisée dans notre société.

          Ce n’est pas parce qu’il existe telle ou telle pratique à l’étranger, qu’il faut la reproduire en France.

          Il y a des « accidents » de la vie qui peuvent modifier la cellule familiale traditionnelle. Il faut donner les moyens d’y faire face, mais pour autant, faut-il que la loi « crée » ces situations ? 

          Sur les questions de bioéthique, la loi doit régler le plus de choses possible, et ne pas se contenter d’afficher des principes généraux ; il ne faut pas que l’autorité politique se cache derrière des organismes « experts ».

          La médecine doit-elle tout soulager ?

 

Comme l’a dit Philippe Cochet en conclusion, c’est avec humilité qu’il faut aborder ces questions et on mesure bien l’ampleur de la responsabilité du législateur lorsqu’il doit se prononcer sur ces sujets.

 

Pierre Bérat

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6 Comments

  1. Bonsoir,

    “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme”.

    Cette réflexion, je l’ai renvoyée à la figure d’un scientifique lors du forum Biovision auquel j’ai participé, durant trois jours.

    Ce scientifique, dans son exposé ne comprenait pas pourquoi il y a des êtres humains qui peuvent s’opposer sur l’évolution de la science, laquelle selon lui ne peut être que bénéfique pour l’homme.

    En effet, il ne comprenait pas ou ne voulait pas comprendre pourquoi les réligieux notamment s’opposaient aux expériences concernant les cellules souches.D’ailleurs, il a perdu un peu de crédibilité en disant crûment qu’il était athé, ce qui est son droit mais pour lui, il était inadmissible que des membres des corps sociaux autre que ceux du milieu scientifique apportent des avis sur l’évolution de la science, au motif que celle-ci, dans ses certitudes était la seule à apporter du bien-être à l’homme.

    En lisant ton exposé, j’ai l’impression que nous nous rejoignons. Il serait dangereux de laisser aux seuls scientifiques et autres experts de tout poil, d’édicter des normes donc d’imposer leus visions de la science par l’expérimentation, les manipulations génétiques sans contrôle qui peuvent amener à l’eugénisme.

    La science est trop sérieuse pour la laisser aux seuls scientifiques. La nature et l’ordre naturel des choses fait qu’il existe le masculin, le féminin, qu’il y a le bien et le mal, l’eau et le feu, le ying et le yang. Vouloir aller contre cet ordre naturel des choses, c’est aller contre la nature des choses. Il y a donc, du point de vue philosophique à remettre les choses en place, que l’homme n’est pas seulement un animal à deux pattes mais outre, qu’il est un sujet de droit, il est également un être humain qui pense, réfléchit, et qui se pose des questions…..Bref, il a une âme.

    En conclusion, des normes juridiques doivent exister mais elles doivent être, dans le cadre du respect de l’homme, du droit à son imâge et du respect de son corps. C’est d’ailleurs pourquoi, je ne suis pas d’accord avec le Code Civil : lorsqu’un être humain meurt, du point de vue juridique il est une chose. Cela veut dire par-là, comme tout chose matérielle et immatérielle, il peut être “marchandisé”. Or, pour moi parce qu’ill en est ainsi, un être humain même mort reste un être humain. Cela veut dire dans la pratique, que bien sûr, l’on ne peut faire commerce du corps mais surtout ne pas séparer l’ensemble des membres de son corps, sans son propre consentement au motif que la science puisse s’en servir pour le greffer sur d’autres corps.

    C’est la raison pour laquelle, je suis contre les transplantations, surtout à grande échelle qui tourne au mercantilisme.

    Voilà, briévement, Pierre au travers de mes brèvres réflexions, ma participation à ce débat.

    Reçois mes gaullistes salutations.

    Claude JEANDEL

  2. Sylvie PENDARIAS

    En préalable à la future discussion sur la révision des lois de bioéthique, faut il les réviser ? Ce sont des sujets trop délicats pour être abordés dans la précipitation, ou sous la pression des évènements.

    Le débat auquel nous convie Monsieur Jandet fait écho à la récente décision du tribunal de fermer l’exposition “our bodies” qui s’est déroulée à Lyon sans débat.
    Quant aus transplantations d’organes, je pense que la règlementation française actuelle respecte les choix de chacun.

    Cordialement

    Sylvie

  3. Je n’étais pas présent à cette réunion, mon grand regret, puisque j’assistais au même moment à la réunion organisée par les Jeunes Actifs du Rhône consacrée au développement durable, avec Michel Havard, Lionel Lassagne et le président de la Frapna du Rhône.

    Ces deux réunions concomitantes, qui portent sur des sujets de fond dont les concept sont encore entièrement à inventer montrent que notre formation politique est bien plus qu’une formation de gouvernement: elle est aussi une force de réflexion et de proposition. De bonne augure pour les prochaines échéances !

  4. admin

    Tu as bien raison Rodolphe, ce foisonnement de débats et d’échanges au sein de l’UMP est remarquable, et ce d’autant plus que simultanément, le travail d’explication des enjeux des prochaines élections européennes est en cours, comme le montrent en ce moment les militants dans les permanences et sur les marchés.
    Pierre Bérat

  5. Béatrice

    Merci Pierre d’avoir relayé cette conférence dont la densité n’a trompé personne.Certes les sujets sont infiniment complexes et délicats mais d’où la pertinence de ces état généraux qui ont le mérite d’ouvrir le débat.Un débat se saisissant des redoutables interrogations sur l’homme.
    Chacun des enjeux n’est pas sans conséquence sur les ” garde-fous” d’une société qui veut préserver la dignité de la personne, dans ce qu’elle a de plus immanent.
    Concernant par exemple la gestation pour autrui, n’ouvre t-elle pas la porte à la marchandisation, l’instumentalisation du corps humain…ne brouille -t-elle pas les repères et les liens de filiation si basiquement structurel pour l’enfant ?

    Concernant les manipulations sur l’embryon, que penser de ces banques où sont stockés et congelés 200000 embryons. N’augurent-elles pas de dangereuses manipulations pour ceux dépourvus de projet parental) traitant ces petits êtres en devenir comme ” du matériel humain”?
    Sachant que des mêmes travaux sont faits sur des cellues souches comme celles notamment de la peau ne posant aucune question éthique …

    Je me risquerai aussi à évoquer les frontières de l’eugénisme avec lesquelles nous flirtont à chaque sélection d’embryon opérer par le diagnostic pré-implantatoire ou le diagnostic pré natal…
    Bien sûr que l’on en comprend la demande mais dans quel engrenage et jusqu’où irons-nous ? Est-ce une société parfaite avec des enfants et hommes parfaits qui nous rendront heureux ?
    La réponse ne peut être consensuelle.
    Le plus difficile est que bien souvent ces questions s’inscrivent au coeur de profondes souffrances humaines, mais la réponse est peut-être ailleurs et pas uniquement dans un pseudo droit à un Avoir ou un Pouvoir à tout prix …
    Il s’agit bien d’exercer et de déployer tant pour les chercheurs, que pour les législateurs et citoyens que nous sommes une véritable éthique de responsabilité.
    Merci encore pour cet espace de discussion.
    Béatrice.

  6. clemence

    Je suis contre toute forme de business humain. Sous le “Au nom de la science”, on est prêt à n’importe quoi. On achète des êtres humains et certaines célébrités ne s’en privent pas. C’est scandaleux et un mauvais exemple pour l ‘humanité. Même dans ce domaine, l’argent permet n’importe quoi. Femmes responsables, réagissons !

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