Mar 27

Premières impressions d’un nouveau conseiller régional après la session d’installation d’hier à Charbonnières. C’est tout d’abord une ambiance qui a quelque chose de rentrée des classes, avec son parcours obligé et ses découvertes. Ensuite, c’est la mesure d’une assemblée de taille conséquente – 157 élus – qui reflète bien la dimension et la diversité de la région. Enfin, dès les premiers débats, c’est la confirmation de la “technicité” du fonctionnement de l’assemblée régionale (voir plus loin).

L’élection du Président du Conseil régional s’est déroulée sans surprise. Jean-Jack Queyranne a été réélu, chacun des candidats faisant le plein de ses voix. L’élection des Vice-Présidents s’est par contre traduite par l’évaporation de 3 voix pour la coalition rose-rouge-verte…

Françoise Grossetête a souligné que les élus de la droite et du centre mèneront une opposition à l’écoute des Rhônalpins, et n’agiront que dans l’intérêt de ces derniers : « s’opposer c’est avant tout être force de propositions et avoir capacité à amender ». Elle a aussi souhaité que la majorité fasse preuve d’ouverture en confiant, comme cela se fait ailleurs, la présidence de la commission des finances à notre groupe. Nous verrons bien ce qu’il en sera, de même que pour la représentation de l’opposition dans les représentations du Conseil régional au sein des organismes extérieurs (Lycées par exemple).

Dans son premier discours, Jean-Jack Queyranne a décrit une feuille de route comportant quatre chantiers : l’emploi, l’innovation, la solidarité territoriale et la démocratie. Comme ce fut le cas dans le programme électoral post-fusion des listes, les orientations restent floues. Pour l’emploi, je partage le fait d’en faire un grand chantier prioritaire tant il faut répondre à cette préoccupation première des Rhônalpins. Il reste à débattre des bonnes solutions pour développer l’emploi. En la matière, le fait de mettre en place d’une part une vice-présidence au développement économique et d’autre part une vice-présidence à l’emploi ne me semble pas la meilleure approche. Si je partage aussi la nécessité de donner la priorité à l’innovation, je m’étonne de la place accordée dans le discours à l’économie sociale et solidaire. Certes cette dernière compte mais est-ce le champ prioritaire de l’innovation ? Sans doute s’agit-il d’un premier gage donné aux partenaires de la coalition. Quant au dernier chantier, la démocratie, il débute bien mal (voir la suite) et l’appel à la résistance face à la réforme des collectivités territoriales semble marquer une nouvelle affirmation de la Région en tant que contre-pouvoir, ce qui est regrettable.

La suite des débats a été assez mouvementée. Le nouvel exécutif a voulu faire adopter une délibération déléguant à la Commission permanente un ensemble de pouvoirs, dont « la mise en œuvre et l’évolution des politiques décidées par la Région ». Sous des apparences d’aspect technique et de pragmatisme, cette délégation posait un problème sérieux puisqu’en commission permanente, il n’est pas possible d’amender les textes. Par ailleurs cette commission se tient en l’absence de public et de la presse. En clair, il était proposé de délibérer sur l’évolution des politiques, à huis clos et sans possibilité d’amendement. Sans doute était-ce un bon moyen pour brider les débats internes à la majorité sur les politiques régionales… Les élus de la droite et du centre ont dénoncé ce projet, Europe Ecologie exprimant également un « trouble ». Cette situation politique a permis une adoption uniquement temporaire de la mesure, qui sera de nouveau débattue le mois prochain. Well done !

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,


6 commentaires pour “Il faudra compter avec nous”

  1. 1. Claude JEANDEL Dit:

    Gaullistement Pierre,

    Félicitations pour ton élection dont je ne doute pas que tu en feras bon usage.
    Comme tu le sais, je ne suis pas très régionaliste mais étant républicain et respectueux de la loi, je respecte donc cette institution.

    Ne pas perdre de vue que d’une part, un Français sur deux s’est abstenu et un d’autre part, un FN à près de 15 % dans le Rhone. posent un sérieux probléme sur la santé démocratique de ce pays, de cette région.

    La seconde remarque que je ferai : ne pas faire les mêmes erreurs que la précédente mandature qui ont été celles de ne jamais informer les électeurs et plus largement les citoyens des actions et du travail de l’opposition à Queyranne. Le faire c’est bien, le faire savoir c’est mieux. Je ne mets pas du tout en doute le travail accomplis par tes prédécesseurs mais force est de reconnaître qu’ils n’ont jamais su ou voulu communiquer. La conséquence est là : il n’est pas normal que les sympathisants, militants et électeurs ne connaissent absolument pas les Elus de la Région. Certains d’ailleurs en ont payé le prix.

    Pour conclure, il faut C O M M U N I Q U E R !!!!

    Gaullistement
    Claude JEANDEL

  2. 2. ChristineH Dit:

    Bonsoir,

    Je vois avec un intérêt certain qu’à peine élu vous semblez informer les lecteurs de ce blog. J’espère que vous continuerez sur la durée de la mandature;

    En ce qui concerne la commission des Finances de la Région, je ne suis pas certaine qu’il faille la confier à l’opposition. L’assemblée nationale et l’assemblée régionale sont des institutions bien distinctes et qui n’ont pas du tout la même finalité politique.

    Pour ce qui est des membres de l’opposition régionale à représenter également la région au sien d’organismes extérieurs, il me semble que c’était déjà le cas sous le premier mandat de JJ Queyranne mais il est vrai que cette fois-ci compte-tenu de l’appétit d’Europe Ecologie, il va vous falloir batailler dur..

    En terme d’emploi, en faire un chantier prioritaire me parait être la moindre des choses compte tenu de la violence de la crise, particulièrement dans notre région. Vous dénoncez le fait que deux vice-présidences s’attaquent à ce probléme. Certes, mais au niveau de l’Etat n’ y a t-il pas également un Minstre de l’empoi d’une part, Mme Lagarde et un ministre du travail d’autre part M. Woerth. D’ailleurs ce récoupage a été voulu par NS en 2007. Par contre ce qui me préoccupe au niveau régional c’est que la vice-présidence à l’emploi soit confiée à une communiste comme précédemment d’ailleurs.

    Pour le reste, attendons la prochaine réunion pleinière du 22 avril.

    Cordialement
    ChristineH

  3. 3. sans souci Dit:

    Délibération à huis clos : encore un exemple de la “clarté” prônée par l’Exécutif régional socialiste……
    On se croirait à un procès de Cour d’Assises……Serait-ce celui de la Démocratie ?

  4. 4. Pierre BERAT Dit:

    @ Claude, le fait qu’il y ait un problème de visibilité du conseiller régional est une des raisons qui font que je suis très favorable à une élection du futur conseiller territorial au scrutin uninominal dans le cadre d’un “super-canton”. L’électeur doit savoir a qui s’adresser et à qui demander des comptes.

    @ Christine, au Gouvernement, il y a certes un Ministre du travail, mais Mme Lagarde est en charge de l’économie et de l’emploi. C’est important car il faut bien intégrer que l’emploi ne se décrète pas et qu’il est d’abord lié à la croissance du tissu économique, donc à la santé des entreprises. C’est d’autant plus vrai au niveau régional qui est le niveau où il faut bâtir une stratégie de développement économique. Par ailleurs, comme vous le soulignez, le découpage en deux vice-présidences est d’autant plus problématique qu’elles sont confiées à deux partis différents, le PS et le PCF. Bonjour les arbitrages…

    Bonne journée à vous

  5. 5. catelin Dit:

    Je vous félicite pour votre accession et souhaite que votre travail améliorera les conditions de réalisation de la Région.
    Mais je mets à contribution votre enthousiasme.
    La France se situe mal en Europe : Ile de France en 6e position et loin derrière Rhône Alpes. 26 régions disproportionnées entre elles et en Europe. La France se situerait au rang de la Slovaquie et de la Grèce : tout en respectant les habitants de ces pays, notre classement “Eurostat” ne semble pas favorable.
    Dure la tâche surtout, que je suis de ceux qui souhaiterait une diminution drastique des régions françaises. Pour de plus amples autonomies dépassant (ironiquement) le bouchage des “nids de poule” ou le relookage des lycées sans oublier le saupoudrage économique.
    Bien à vous et courage.

  6. 6. Pierre BERAT Dit:

    Merci Cathelin pour vos félicitations. Je ne doute pas que nous aurons souvent l’occasion de débattre sur les sujets régionaux !
    Je vous trouve un peu sévère sur le classement de Rhône-Alpes parmi les régions européennes. Selon la façon de comparer, Rhône-Alpes se situe plutôt entre la 7e et la 15e place. Par contre, ce qui est préoccupant c’est effectivement les moins bons résultats qu’elle enregistre depuis quelques années et qui nous font reculer.
    Sans doute serait-il utile de réduire le nombre de régions françaises pour éviter la division des “ressources”. Mais je ne pense pas que Rhône-Alpes soit la plus concernée. Elle a à mon avis une bonne taille.
    Par ailleurs si la taille est importante (la masse critique en termes de moyens), il faut aussi que la région corresponde à un vrai espace de projet, avec un sentiment d’adhésion de la population. Certains le contestent, mais je crois que c’est aujourd’hui le cas pour Rhône-Alpes. Je l’ai déjà écrit, mais pour ma part, je me sens pleinement Rhônalpin. Cette question de l’espace de projet et d’adhésion est fondamentale. Les régions qui réussissent sont aussi des régions à forte identité : cf la Bavière, la Catalogne, la Lombardie… ce qui vient de se passer au Piémont est aussi intéressant.
    Quant aux moyens d’action des régions, c’est bien sûr aussi une dimension déterminante. Je pense que la meilleure articulation entre départements et régions prévue par la réforme des collectivités permettra de progresser en ce sens.
    Bien à vous