Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Incontournable temps long de l’action politique

Il y a quelques jours, se tenait la 1ère conférence-débat de la 4e circonscription UMP sur un thème d’actualité, celui de la crise financière et économique ; une réunion de grande qualité qui m’inspire quelques réflexions sur le temps long de l’action politique.

 

Cette rencontre consacrée à la crise a ainsi ouvert le cycle des conférences-débats de la 4e circonscription, dans les locaux et en présence de son député, Dominique PERBEN. C’est un exposé complet et argumenté de notre ami Gilles VITALIS, qui a permis de lancer le débat ; une remarquable première pour ce cycle de débats.

 

Alors que les effets de la crise occupent logiquement le devant de l’actualité, le grand mérite de cet exposé a été de retracer les enchaînements, au plan international, qui ont conduit à cette crise financière, qui est aussi devenue économique, avec ses effets sociaux. Il a aussi ouvert les perspectives, en expliquant la logique des plans de relance des Etats, mesures qui doivent déployer leurs effets pour maîtriser cette crise et asseoir les conditions de la reprise. Tout cela nous ramène au temps long de l’action politique, qui fait toute la difficulté de cette dernière. Et cela m’inspire les réflexions suivantes :

  • Cette crise n’est pas apparue en septembre, ni même au printemps dernier. Ses causes étaient à l’œuvre depuis plusieurs années, et c’est en partie du fait d’un déficit de régulation au plan international qu’il n’a pas été possible d’éviter sa diffusion rapide.
  • Si cette crise frappe aujourd’hui l’ensemble des Etats, avec des intensités variables, tous ces Etats ne disposent pas des mêmes cartes pour y faire face. Ceux qui ont assaini leurs finances publiques ces dernières années disposent aujourd’hui de plus de marges de manœuvre. Ceux qui ont su préserver ou restaurer la compétitivité de leur économie, sont mieux armés pour limiter la casse en cette période de faible demande. L’action déterminée du Président de la République et du Gouvernement a permis ces derniers mois de progresser de façon significative. Mais le rattrapage à effectuer est tel que notre pays reste pénalisé. Et c’est bien là que l’on retrouve le temps long de la politique ; les conséquences néfastes des politiques socialistes sont encore là. Il est ainsi particulièrement dérangeant de voir les responsables des 35H venir présenter sans aucune gêne un contre-plan de relance, qui plus est inadapté aux réalités de l’économie française. Le lien entre la mise en place des 35h et le décrochage de la compétitivité nationale est pourtant largement établi.
  • Pour revenir au niveau local, c’est un peu la même chose. L’équipe municipale nous explique que la crise oblige à revoir à la baisse le plan de mandat et les promesses de campagne. La réalité, c’est plutôt celle d’une dépense municipale non maîtrisée ces dernières années, notamment en termes de dépenses de fonctionnement, qui limite aujourd’hui les capacités d’investissement.
  • Temps long de la politique toujours : il faut aujourd’hui endiguer au plus vite les conséquences de la crise, venir en aide à ceux qui sont durement frappés par cette crise. Mais il faut le faire sans obérer l’avenir, c’est-à-dire sans porter atteinte à ce qui sera nos atouts pour rebondir et sans générer de nouveaux déséquilibres.

 

Gouverner est décidément un sacré défi. Plus que jamais, le débat politique se nourrit de l’instant, fait abstraction du passé et n’éclaire pas suffisamment l’avenir. L’opinion demande trop souvent de gouverner comme on pilote un jet-ski. C’est oublier que gouverner une collectivité tient plus de la conduite du supertanker : il faut prendre en compte le temps de la manœuvre et surtout, opérer cette manœuvre en fonction d’un cap que l’on s’est fixé.  C’est je crois ce que le Président de la République et le Gouvernement réalisent actuellement. La réaction française à la crise a été très rapide, pour endiguer les effets de la crise, mais sans jamais oublier qu’il faut aussi veiller aux conditions du rebond durable pour notre pays.

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2 Comments

  1. JJ BOIS

    Bravo Pierre,j’aurais préféré que cette brillante analyse,s’applique à un autre sujet que cette crise catastrophique pour tous.
    Mais la mise en avant de la difficulté plus grande de repartir pour notre pays malgré les mesures qui ont été prises,est tout a fait opportune.
    Et cela on le doit en partie à la “Dame des 35 heures”,pour laquelle un plan de relance de 51 milliards est peu couteux,puisqu’il n’a aucune chance (heureusement!!!) de n’ètre jamais mis en application…..
    Quand on part de plus loin….

  2. catelin

    Sommes-nous face à une crise aux assises multiples ou face à une mutation ?
    Je pencherai plutôt pour une mutation.
    Certes il y a eu des crises, mais multiples et diverses. Je me rappelle fin 80 une croissance de cadres et ingénieurs au chômage, comme une présence de rmistes de ce niveau à mes stages de “marché de compétences”.
    Que se passait-il ? Ces présences croissantes m’interpellaient.
    Une économie atomisée, un export peu ample par rapport aux aides proposées, des banques tout aussi frileuses que maintenant avec leur classement “banque de france” des entreprises.
    La relance proposée par travaux d’infrastructures, irait pour l’emploi, mais tout chantier doit faire l’objet d’un “appel d’offre” européen. Tant en réalisations qu’en matériels.
    Les banques ? Surtout de dépôts et peu d’affaires. De là, comme pour le marché international, une crise chez nous à retardement.
    Les 35H. Une erreur. Comme les heures défiscalisées. Elles créerent un effet d’aubaine pour produire à bas prix mais en constituant des stocks créant des “primes à la casse”. Double gain pour les constructeurs notamment automobiles.
    Les stratégies entrepreneuriales ne sont pas citoyennes.
    Comment une politique peut-elle être longtermiste sachant que les égoïsmes nationaux prédominent et que l’Europe ne peut agir sans des bases communes (fiscales, sociale, budgétaire, économique) ?

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