Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

La Havane sur Rize

Le programme était attrayant : pensez donc, une séance de CICA sur le plan de mandat 2008-2014 pour l’arrondissement, autrement dit un échange entre le conseil d’arrondissement et les associations sur les projets de la Ville pour les 5 ans qui viennent. Un sujet qui mijotait depuis 18 mois ! La soirée aura été pour le moins décevante sur le fond et la forme.

 

Cette réunion de CICA a en effet été un modèle de verrouillage. Rappelons que le Comité d’Initiative et de Consultation d’Arrondissement, est un moment de la vie démocratique qui permet aux associations d’interpeller les élus sur les affaires de la Cité et d’en débattre. A quoi avons-nous assisté ? A un propos fleuve du Maire Thierry PHILIP, lequel, selon une approche de “leader massimo” à la cubaine, a présenté pendant 1H15, avec nombre de détails, les différents projets du plan de mandat. Pour les ¾ d’heure restants, situation inédite, la plupart des associations n’ont pas pu poser leurs questions, le Maire déterminant lui-même les points sur lesquels il pensait avoir déjà répondu ! Pour ma part, j’ai du arracher de haute lutte la possibilité d’intervenir deux minutes en fin de séance pour donner un point de vue d’opposition sur ce plan de mandat ; rappelons que cela aura été la seule occasion de débat public sur ce document fondamental qu’est le plan de mandat.

 

Un peu de méthode aurait sans doute permis une séance plus fructueuse. Pourquoi ne pas avoir envoyé avant la séance, aux associations et à l’opposition, le document longuement présenté ? Cela aurait ainsi pu permettre aux associations de poser des questions complémentaires et cela aurait laissé du temps pour de véritables échanges. La circulaire sur les conseils d’arrondissement ne dit-elle pas que ces derniers mettent à la disposition des associations du CICA toutes les informations permettant de préparer les débats !

 

Mais ne soyons pas naïfs. Il fallait verrouiller la séance pour surtout éviter que soit discuté le grand nombre de promesses qui ne seront pas tenues. Un rapide pointage montre que ce sont près de 50 % des projets promis qui ne sont pas programmés. Et en termes de volume financier, c’est sans doute encore plus puisque ce ne sont pas moins de 2 groupes scolaires, 2 aménagements de rues + la moitié du réaménagement de la rue Garibaldi, 5 équipements de service public de proximité, 3 espaces verts, le rachat de Chambovet, qui passent à la trappe !

 

J’aurai l’occasion de commenter cela, mais à ce stade je voudrais revenir sur les excuses données par Thierry PHILIP. Il a bien sûr invoqué les contraintes financières, mentionnant d’hypothétiques réductions des dotations financières aux collectivités locales. La réalité d’aujourd’hui, c’est que ce plan de mandat, revu fortement à la baisse, intervient alors :

  • Que le remboursement anticipé de la TVA, dans le cadre du plan de relance gouvernemental, vient d’apporter 26 millions d’euros non prévus au Grand Lyon pour réaliser des investissements,
  • Que ce sont 29 millions d’euros qui sont actuellement ponctionnés en plus aux Lyonnais, via les impôts locaux, avec une pression fiscale qui s’accroît de 12 % du fait du cumul des effets base et taux.

 

Bref des projets en moins, des impôts en plus et surtout silence dans les rangs !

 

Pierre Bérat

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14 Comments

  1. sans souci

    je ne veux voir qu’une tête et respecter vos alignements….
    le Chef a toujours raison.. Parait-il….

  2. Je vous rejoins entiéremment comment poser des questions sur des sujets développés seulement en réunion pleinière. Une diffusion de ces projets auarient apporté beaucoup au dialogue mais comme a dit un certain adjoint quand les sujets sont politiques (c’est à dire décidés par la majorité actuelle) il n’ y a pas à discuter.
    Deux points : Monsieur le maire au sujet de la requalificationde la rue Garibaldi a soulevé dux difficultés dont une au croisement avec le cours Lafayette et l’autre vers l’avenue Félix Faure et le cours Gambetta je suggère d’améliorer les trémies afin de faciliter les croisements avec les transports publics comme la ligne C3 et laligne 11 et en poussant la logique et pour faire des économies (il n’y a plus d’argent dan sles caisses) ne rien faire du tout et peindre au sol le passage des trolleybus. Le deuxième point est la traversée de la gare de la Part Dieu quand Léa fut lancé le problème semblait résolu mais le temps apssant et la réflexion avec on se demande maintenant s’il ne faut pas vider la ger pour faire passer les voyageurs et les personnes empruntant les transports en commun, il est vrai que discuter avec la SNCF et RFF (Réseau Ferré de Farnce) relève de la gageure. Ce sera tout pour ce soir

  3. admin

    Monsieur Burnier, bien d’accord avec vos remarques. La question de Garibaldi est un bon exemple de ce qui mérite débat et discussion. A partir du moment où l’on sait que seule la section Lafayette-Bouchut sera réaménagée – et après avoir dénoncé cette réalisation partielle parce que c’est notre devoir de le faire -, on peut effectivement débattre de ce que l’on va réaliser. Ce projet est majeur, il va conditionner beaucoup de choses dans le quartier. Il faut donc une approche mixant urbanisme et déplacements. En la matière, l’avis de ceux qui vivent le quartier est important. On voit bien d’ailleurs en ce moment qu’un trouble grandit parmi la population sur les projets “Part Dieu”. Refuser le débat, cela ne contribue pas à lever ce trouble.
    Pierre Bérat

  4. A combien sont chiffrés les programmes supprimés et ceux réellement inscrits au plan de mandat? Qu’est-ce que cela représente en points d’impôts supplémentaires? Peut-être que la majorité municipale n’a pas suffisament augmenté les impôts pour réaliser leurs mirifiques promesses …

    Pour les réaménagements de voirie, il me semble que vous ne devez pas avoir beaucoup de rues qui ne soient pas de compétence Grand Lyon …

  5. Bibi Fricotin

    Que je me souvienne …. avant les éléctions municipales de Mars 2008 les croisements Lafayette ,Félix Faure et Gambetta avec la rue Garibaldi n’éxistaient-ils pas ???…sans doute ahzheimer…. mais je ne dirais pas du quel coté, pour vexer personne !!!!

  6. Bibi Fricotin

    Alzheimer et non pas ahzheimer…comme quoi je perds bien la Boule !!!

  7. admin

    @ Griffon, nous sommes bien loin dans notre débat démocratique de discuter sur des projets chiffrés… comme c’était le cas dans le magnifique catalogue électoral de Thierry Philip. Pour ce qui est de la voirie, de grâce, ne nous cantonnons pas à une stricte application des compétences. Il me semble tout à fait normal qu’un conseil d’arrondissement, incarnation de la proximité, débatte aussi de sujets de compétence communautaire comme la voirie ou la propreté. Cela remet un peu de logique au système. En la matière, je félicite le Maire du 3e d’avoir intégré des éléments de compétence Grand Lyon ou Sytral dans sa présentation du plan de mandat. C’est assez naturel par ailleurs pour quelqu’un qui est aussi Vice-président du Grand Lyon.
    Pierre Bérat

  8. admin

    @ Bibi, vous vous souvenez bien, la question posée est celle de la gestion du croisement de trafics pour ces carrefours majeurs, qui plus est avec de nouvelles lignes fortes, en cas de suppression des trémies.

  9. Discuter de la rénovation et de l’aménagement des rues doit bien sûr se faire au niveau du CICA mais si les opérations ne se font pas c’est sans doute parce que le financement le plus plus lourd n’est pas assuré par le Grand Lyon, le SYTRAL ou le Département …

  10. admin

    @ Griffon, j’ai la faiblesse de penser que lorsque Gérard Collomb ou Thierry Philip, respectivement candidats à la Mairie de Lyon et du 3e, présentent leurs promesses électorales, y compris sur des sujets de compétences Grand Lyon, ils le font en ayant conscience des réalités du Grand Lyon qu’ils auront à prendre en compte en tant que futurs Président et Vice-Président du Grand Lyon ! Rappelez-vous la présentation officielle du projet Garibaldi par le Président du Grand Lyon intervenue en pleine campagne municipale. Le dédoublement de personnalité politique doit avoir des limites. Cette “excuse” des compétences est par contre recevable quand un maire n’est pas de la même couleur politique que l’exécutif du Grand Lyon, et peut donc être mal traité par le Grand Lyon ; vous voyez à quoi je pense !
    Pierre Bérat

  11. Clarisse Robillard

    Gardons la trémie Lafayette et supprimons les trémies Paul Bert et Gambetta ,
    voilà un choix judicieux à mon avis , d’autre part :
    J’avais assistée à la réunion de campagne de Th.Philip en Février 2008 au café le Petit Dan : tout était possible, tout était réalisable pour la rue Garibaldi.
    A l’époque ( qui n’est pas si lointaine ) Th.Philip et son équipe nous ont présentés un projet mirifique qui tenait plus du pays imaginaire de Oui-Oui , coulée verte , voies de circulation réduites …bref loin du plan que nous avons vu lundi soir avec ses problèmes de croisements .

  12. admin

    Chère Clarisse, Je n’étais pas bien sûr à cette réunion au Petit Dan mais j’imagine aisément le tableau ! Le problème pour l’aménagement de Garibaldi c’est qu’il est nécessaire d’avoir une cohérence dans les aménagements pour assurer la fluidité du trafic. Si on passe “bien” à un carrefour, l’avantage trouve rapidement ses limites si on “bloque” au carrefour suivant. Pour ce qui est de la coulée verte, c’est vrai que l’on est plus aujourd’hui dans une logique d’aménagement des abords de la future Tour In City que dans une vision d’ensemble du quartier Part Dieu.
    Pierre Bérat

  13. catelin

    Croire que CICA et Conseils de Quartier sont des lieux de démocratie participative actuellement, s’est montrer une naïveté désarmante voire dangereuse.
    Ils ne sont que des chambres d’expression “collombiste” et les acteurs municipaux actuels de piètres éléments d’activité créatrice.
    Dès que M. Collomb est devenu Maire de Lyon en 2001, il a tissé avec ses proches une stratégie pour boucler des intentions et les arrondissements à sa dévotion et briser les velléités des autres.
    Le “Plan de Mandat” est l’une de ses prétentions qui devait éteindre les précédents travaux, proches des préoccupations des “grands lyonnais”, pour disposer d’un Conseil de Développement à sa dévotion. Après de longues discussions avec M. Claisse, par mails, je donnais ma démission.
    Ce “Plan d Mandat” prolongé par les Mairies asservies n’est qu’une volonté pour uniformiser les stratégies d’arrondissements.
    De ce fait les CICA comme les Conseils de Quartier n’ existent que par légalité mais n’ont aucune légitimité. Ils ne sont que des chambres d’enregistrement d’où ne doit dépasser effectivement aucune tête.

  14. admin

    @ Catelin, il faut sans doute effectivement distinguer pratique et potentialité. Vous me donnez une idée pour mon prochain post sans doute de ce soir.

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