Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

L’art de réduire les possibles

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Il y a quelques jours se tenait – enfin !- au Grand Lyon la réunion de lancement de la concertation sur le réaménagement de la rue Garibaldi. Après quelques jours de réflexion, voici quelques réactions à cette réunion présidée par Gérard Collomb.

Premier constat marquant : la forte participation, qui démontre l’intérêt du dossier pour les Lyonnais de la rive gauche, mais ce n’est pas une surprise. Ce fut une intéressante réunion d’introduction de cette concertation.

Je poursuis par une autre satisfaction. Gérard Collomb a vanté la création du nouveau carrefour avec les rues Arménie/Pensionnat. Cela avait été pour l’équipe d’arrondissement du mandat dernier un combat acharné, et j’avais fortement œuvré en ce sens avec le Conseil de quartier de Voltaire-Part Dieu et les associations. Une reconnaissance qui fait plaisir a posteriori !

La concertation sur cet important projet va porter sur les aménagements le long du nouvel axe Garibaldi, sur les aménagements des espaces publics qui jouxtent la rue, et sans doute sur le nombre de voies de circulation qui seront maintenues. Par contre trois points et non des moindres ne sont pas discutables. Il faut le regretter et les motifs invoqués par le Maire de Lyon sont peu recevables.

La suppression des trémies tout d’abord. Je n’ai pas d’avis arrêté, général, sur la question. J’attends que l’on me démontre la faisabilité de la mise à niveau, en termes d’écoulement du trafic. J’ai en tous cas relever une contradiction. Le Maire de Lyon nous dit que les trémies n’ont aucune utilité dans la mesure où il y a des feux sur l’itinéraire. Son propos est le suivant : à quoi cela servirait-il d’éviter des croisements, si le flux de circulation est arrêté plus loin ? Tout dépend en fait du temps de vert qu’il faut laisser aux différents axes qui coupent Garibaldi. Par ailleurs, on nous explique que le trafic moyen sur l’axe Garibaldi varie de 13 000 véhicules/jour à 30 000 véhicules/jour selon les sections. Une part importante du trafic entre ou quitte en effet Garibaldi le long du parcours. Cela veut dire que les conditions d’écoulement du trafic ne sont pas les mêmes tout le long de l’axe. S’il est possible de gérer un carrefour en surface à un endroit, ce n’est pas forcément le cas ailleurs.

Concernant les trémies, la question a été posée par des habitants de leur réutilisation ; une proposition balayée par le Maire de Lyon au motif qu’il ne concevait pas la vie en ville, sous terre. Certes, il ne s’agit pas de prévoir de créer des bureaux ou des logements dans les trémies ! Mais faut-il pour autant exclure d’autres réutilisations ? A l’heure où l’on parle de densifier la ville, ne faut-il pas ouvrir la réflexion ?

Autre point qui n’est pas discutable : le tronçonnage du projet sur plusieurs mandats. Sur le mandat 2008-2014, seule la (petite) section Vauban (6e)-rue Bouchut (3e) sera réaménagée. Le reste attendra (encore) au moins 2014-2020 ! Gérard Collomb justifie cet étalement, qui devient maintenant historique, par la nécessité de ne pas multiplier les chantiers pour ne pas gêner la circulation ! Plus c’est gros, plus ça passe. La réalité est bien sûr tout autre : c’est encore le résultat d’un arbitrage entre les projets. Rappelons encore ce qu’écrivait Thierry Philip dans son programme électoral : « Nous créerons un parcours vert tout le long de la rue Garibaldi… Ce projet annoncé par Gérard Collomb en Novembre 2007 est budgété dans le plan de mandat 2008-2014 à hauteur de 55 millions d’euros (sic) ». On nous aurait trompé ?

Ce tronçonnage dans le temps est bien sûr extrêmement décevant pour des quartiers qui attendent un mieux vivre depuis déjà 10 ans. C’est aussi une incohérence majeure de la politique des déplacements. Car tant que l’aménagement n’est pas complet, il n’y aura ni itinéraire continu Sud-Nord pour les transports en commun, ni voie verte pour les vélos. Belle opportunité perdue.

Une dernière remarque pour le sourire. J’ai bien noté que le Maire de Lyon avait préféré sa place habituelle à la tribune du Conseil du Grand Lyon plutôt que la place qui lui avait été réservée au centre de l’hémicycle avec les autres élus. Faut-il y voir une rupture définitive avec le Ségolénisme, en refusant ainsi un des principes fondateurs de la démarche participative royaliste ?

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9 Comments

  1. catelin

    Je n’ai pu assister à cette réunion : employer le mot concertation est un abus de langage puisque le public intervenait par disposition hiérarchique, demandeur et non participatif. Et ces demandes me fut-il rapporté, furent plus d’intérêt individuel ou politique comme ces dates de réalisation. Qui curieusement rappelle la campagne collombiste “LYON 2020”.
    Des ateliers dits de concertation sur la circulation seraient mis en place en Avril. Curieux qui à priori ne soulevèrent aucune objection. Le plan déplacement, fut adopté me semble-t-il il y a environ 5 à 6 mois, et ne peut prêter à aucune modification au risque de transformer l’ensemble “circulatoire” sur une périphérie au rayon d’1 km au moins. Donc concertation bienveillante pour amuser quelques naïfs.
    Des décisions d’aménagement furent donc prises sans aucun respect du Code de l’urbanisme : dans le silence d’une assemblée soit ignorante soit soumise ce Code peut être jeté aux oubliettes.
    Le cas “In City” n’aurait pas été cité, hors cet aménagement sans concertation préalable, générera des problèmes de circulation, d’accès et de stationnement. Les flux n’étant pas connus par vice caché ou ignoré, une belle pagaille naîtra avec ses nuisances très écologiques.
    Bref, cette réunion oublieuse des arborescences créées par ces transformations, ne fut qu’un échange bien aimable et sans effet sur des volontés politiques déjà gravées dans le marbre.

  2. Burnier

    La première section à réaménager est, il me semble, celle qui pose le plus de problèmes en effet le croisement avec le cours Lafayette est dèjà difficile avec la trémie, sans celle-ci on voit poindre les problèmes et, s’il me souvient bien, Monsieur Thierry Philip avait évoqué cette importante difficulté. On est loin de l’idée première du temps de Monsieur Noir : axe Sud-Nord Boulevard Vivier Merle axe Nord-Sud rue Garibaldi.
    En effet ce n’est pas un argument de parler de feux tricolores nombreux dèjà, donc si l’on en ajoute ça ne se verra pas.
    Quand au refus de faire d’autres trémies il est assez drôle de l’entendre en se rappellant qu’il y a quelques semaines on parlait de faire une gare souterraine à la Part-Dieu pour doubler l’existant, on pensait à ce moment que la vie de la ville pouvait se passer sous terre. Mais il est vrai que nous ne sommes pas à Montréal (Québec)
    La concertation semble mal partie mais pas la communication à tort et à travers.

  3. Pierre BERAT

    Bien vu Monsieur Burnier ! Il est effectivement assez cocasse d’entendre que l’espace constitué par les trémies ne présente aucun intérêt parce que souterrain, alors qu’il y a quelques semaines on nous a expliqué que le devenir de la Gare Part Dieu passe par l’exploitation du sous-sol ! Y aurait-il des “réutilisations” que l’on souhaite d’emblée exclure ?

  4. Déjà on peut se réjouir de voir enfin un maire de Lyon résoudre ce problème laissé à l’abandon sous ses prédécesseurs.

    Ni le précédent maire du 3e (jusqu’en 2007) ni les prédécesseurs du maire de Lyon n’avaient cherché à résoudre la nuisance qu’est l’aménagement actuel de Garibaldi.

    Pour ce qui est des trémies; il est fort difficile d’en optimiser l’usage en ce lieu sans dévellopper un certain risque d’insécurité.

  5. catelin

    @romain blachier

    Votre propos est faux.
    Des études furent menées et j’ai pu étudier les 3 projets présentés : comme nombre de lyonnais qui l’ont fait.
    Les projets ne furent pas retenus… parce que M. Collomb n’y a pas donné suite.
    Question de rivalité ridicule, tant avec M. Christian Philip qu’avec M. Huguet.
    Les projets, à s’y méprendre, ressemblent aux précédents.

  6. Pierre BERAT

    Cher Romain, On mettra sur le compte de la fatigue de fin d’année autant de mauvaise foi ! Catelin m’a devancé dans la réponse. Un petit historique : avant le mandat Collomb I, la traversée Bouchut avait été réalisée. En 1999, des scenari de réaménagement, avaient été présentés. J’étais bien placé pour le savoir, étant adjoint aux déplacements urbains. Le réaménagement aurait pu se faire lors du mandat 2001-2008. Il n’en a rien été car effectivement Gérard Collomb a choisi d’autres priorités. Face à ce renoncement, au cours de ce mandat 2001-2008, l’équipe du 3e arrondissement n’a eu de cesse de demander au moins des aménagements permettant de limiter les nuisances. C’est ainsi qu’avec les associations et le conseil de quartier, nous avons finalement obtenu la création du carrefour Arménie. Sans ce combat politique, il n’existerait pas aujourd’hui.
    Le comble de la mauvaise foi, c’est quand même de faire croire qu’une mairie d’arrondissement peut lancer un projet d’aménagement de l’ampleur du projet Garibaldi. Même pour la création du carrefour Arménie, il a fallu obtenir la décision de la Mairie centrale.
    Quant à l’argument de l’insécurité pour la réutilisation des trémies, c’est un vrai dérapage…
    Allez, un peu de vacances, la rentrée sera plus objective Romain !
    Bon réveillon

  7. Clarisse Robillard

    Etonnant , sur le Site de la Section 3éme du Parti Socialiste était annoncer la Réunion de ” Concertation ” Garibaldi.
    L’équipe municipale en place avait donc besoin d’une assistance à sa botte dans la salle du conseil de l’Hotel Communautaire ???
    Alors que penser des prochains Ateliers et de leurs Compositions ???

  8. Rygu

    Le problème de la circulation automobile dans le quartier n’est pas près d’ètre résolu. Voyez ce qui se passe ces jours avec les achats pour les fètes de fin d’année, c’est la réalité de demain, car je ne crois pas à la suppression de la circulation, sauf l’interdire. Les nouvelles motorisations non polluantes ne seront pas la justification de cette solution.Je crois qu’il faut maintenir la solution de Michel Noir avec les 2 axes Vivier Merle et Garibaldi avec trémies couvertes complètement (ou tunnels) ce qui dégagerai la chaussée donnant la possibilité sur celle-ci d’établir de la vegétation, pistes cyclables, transports en commun etc… mais à quel prix? C’est là oû le bâs blesse. Mais c’est la solution pour l’avenir, si l’on veut continuer à prévoir la ville du futur…

  9. Bibi Fricotin

    Pas mal votre photo , Pierre , mais vous auriez élargi votre prise de vue , j’aurais pu vous faire un petit coucou !
    Joyeux Noel à vous, et gardons espoir dans une vie citadine futur plus fraternel,
    plus chaleureuse ,ou les citoyens seront consultés et leurs avis respectés afin d’élaborer en commun avec ceux qui auront à appliquer les décisions, des grands projets tournés vers l’humain dans toute sa dimension .

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