Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Le bébé et l’eau du bain

img-20161017-01212Les 17 et 18 octobre derniers, j’ai participé avec un grand intérêt à un séminaire au Parlement européen entre nos députés européens du PPE et des élus régionaux ; l’occasion de porter un regard pragmatique sur les questions européennes.

Parmi les nombreux sujets évoqués, Françoise Grossetête qui siège dans la Commission “Environnement, Santé” a expliqué les projets en cours en matière de sécurité alimentaire ou encore de gestion des déchets. Nous avons aussi traité de la question de la révision de la directive sur les travailleurs détachés et abordé bien sûr la question des fonds européens disponibles au niveau des régions.

Cette rencontre au Parlement européen intervenait à une période peu favorable pour l’Union européenne : Brexit, affaire Barroso, feuilleton mouvementé de la signature de l’accord CETA entre l’UE et le Canada.

Il y a bien sûr des choses à changer dans les institutions et dans les politiques européennes, mais cela ne veut pas dire qu’il faille jeter le bébé avec l’eau du bain.

Soyons tout d’abord conscients des avancées réalisées sur des sujets clés. Le député européen Arnaud Danjan a ainsi expliqué comment la coopération policière était en train de monter en puissance, au grand bénéfice de la lutte contre le terrorisme. Il a aussi souligné les progrès réalisés en moins d’un an sur FRONTEX, avec un triplement des moyens, pour maîtriser les frontières extérieures de l’Union. On peut regretter que cela n’ai pas été réalisé plus tôt, mais reconnaissons néanmoins les avancées… et l’intérêt de traiter ces sujets clés à un niveau pertinent.

Qu’on le veuille ou non en effet, il est des sujets qu’il est difficile de bien traiter au niveau national. Prenons les accords de libre-échange, et notamment l’affaire du CETA. Oui il est très important de préparer dans le détail ces accords, pour être gagnants en termes de défense de nos intérêts économiques. Mais pouvons-nous nous satisfaire du statu quo. Et qui peut croire aujourd’hui, dans le contexte géo-économique que nous connaissons, qu’un pays européen peut vivre en autarcie, et plus encore qu’une région européenne peut négocier de tels accords avec les puissances économiques mondiales.

Alors la vraie question est celle de la mobilisation pour la défense de nos intérêts dans une Europe forte. Michel Barnier, qui va négocier le Brexit pour le compte de l’Union, nous a rappelés que l’objectif est une Europe unie et pas une Europe uniforme. Et Françoise Grossetête a souligné la question clé de l’influence française à Bruxelles… une dimension parmi tant d’autres pour laquelle le quinquennat Hollande aura été catastrophique !

 

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2 Comments

  1. Christiane

    Oui il nous faut plus d’Europe, raison et sentiments devraient nous y porter : nous ne pouvons faire face à des concurrents féroces sur le plan économique qu’en étant unis, notre voix française ne peut que s’affaiblir au niveau international étant donné la taille de notre pays, si nous n’avons pas avec nous une diplomatie et une défense européennes. Le Brexit peut être une chance car les Britanniques ont toujours traîné les pieds : voilà le principal frein enlevé, profitons-en ! Et comme je me sens européenne quand je vois Donald Trump et ses soutiens …
    Mais si l’augmentation des crédits Frontex sert essentiellement à aller repêcher des migrants et à les amener en Europe, non, je ne suis pas d’accord, et je ne suis pas toute seule. L’Europe doit défendre ses frontières, c’est-à-dire empêcher d’entrer, par tous les moyens possibles des populations qui ne sont pas les bienvenues. Assez de langue de bois sur ce sujet ! Si la politique commune allait en ce sens, l’Europe retrouverait l’adhésion qui lui manque auprès de ses habitants.

  2. Pierre BERAT

    @ Christiane, le nouvelle version de FRONTEX intègre aussi un corps de gardes frontières destiné à renforcer les moyens aux frontières terrestres en cas d’arrivée massive de migrants. C’est je crois une avancée.

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