Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Le coût social de l’insécurité

Commerce“Magasin fermé, merci de votre compréhension”. Voici la mention que l’on peut lire sur la vitrine d’une supérette de proximité de Part-Dieu dans notre arrondissement.

Il n’est pas inutile de revenir en quelques mots sur l’histoire de ce commerce. Il y a quelques mois, ses gérants ont subi une agression. Pour ceux qui prétendent que tout va bien à Lyon, que parler d’insécurité est excessif ou pathologique, c’était un nouvel exemple d’une réalité… bien réelle. J’ai en tête un autre exemple récent à Montchat.

Pour ce qui est de Part-Dieu, j’ai aussi en tête, la situation à proximité immédiate de la gare. Un homicide s’y est déroulé il y a quelques jours. Et il suffit de passer par le mail intérieur de la place de Milan pour constater que c’est une vraie cour des miracles à la nuit tombée… là même où Gérard Collomb veut remplacer les logements par de nouvelles tours. Cette perspective explique-t-elle le laisser-aller actuel dans cette zone en matière de sécurité publique ?

Mais j’en reviens à l’histoire du commerce. J’ai échangé avec l’un des gérants quelques jours après l’agression. Il restait profondément choqué et bien sûr dubitatif sur l’explication qui lui avait été donnée, à savoir que la Part-Dieu draine des individus peu recommandables… Le magasin a ensuite été fermé pour cause de “congés”, qui étaient bien mérités. Il a rouvert a minima quelques temps, tenu par un remplaçant, et il est définitivement fermé depuis quelques semaines.

Quel est le bilan de cet acte de délinquance “du quotidien” ? Des professionnels méritants qui ont été marqués par une agression violente et dont la carrière professionnelle a été modifiée. Un magasin qui a fermé, dans un secteur peu doté en commerces : pour bien connaître des habitants du secteur, ce n’est pas seulement “un magasin de moins”, c’est une vraie ressources à proximité du domicile de personnes se déplaçant difficilement qui a fermé. Et pour la rue en question, c’est un élément d’ambiance qui disparait.

Voilà, quand les bonnes consciences demandent à ne pas exagérer l’analyse sur l’insécurité, ou quand les postulants comme M. Macron en appellent au retour d’une police “médiatrice”, police de proximité même requalifiée de police de sécurité du quotidien, il est important de prendre la mesure du coût consolidé de l’insécurité pour la société.

Alors “Magasin fermé, merci de votre compréhension” ? Non pas vraiment, on ne comprend pas que notre société en arrive là.

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1 Comment

  1. edmee

    je connais très bien ce coin puisque y habitant à quelques pas !! hélas ce n’est que le reflet de ce qui passe vraiment dans le quartier : un autre exemple le passage qui relie la rue gabillot à la rue maurice flandin face à la poste la c’est un passage crée de toute pièce il y a plus de 20 ans avec des rez de jardin (il y a le même qu coupe la copropriété où j’habite rue gabilot place st anne et bien le restaurant face à la poste : 4 cambriollages en quelques mois !!! le gérant à beaucoup d’humour (voir sur sa vitrine où il annonce qu’il n’a que des fonds de bouteille !) en hiver un conseil évitez d’y passer et en été prenez un chien de 80 kg ! mais chute il ne faut pas en parler et surtout pas traumatiser la pauvre jeunesse spolié par “les vieux nantis ”
    Et vous me direz vous Mais que fait la police ? la pauvre dixit un brigadier que je connais “mais on a des ordres surtout ne pas faire de vagues” ! voila tout est dit

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