Au cours des 10 jours tragiques que nous venons de vivre, la consternation, le recueillement et la compassion pour les familles et proches des victimes se sont imposés. Depuis vendredi, je suis un peu choqué par les commentaires en boucle que l’on peut entendre sur les événements. Hier matin, j’entendais à la radio une interview d’un « commentateur renommé » qui analysait les événements en termes d’impact de la communication ; franchement, j’ai trouvé l’analyse « distanciée » qu’il développait choquante, et certains mots, indignes. Il y a aussi les polémiques sur l’intervention des forces de sécurité pour neutraliser le terroriste. Que de glose, alors que l’on parle de fonctionnaires qui ont risqué leur vie. Une chose est sûre : si le RAID avait abattu le tueur dès le début du “siège”, dans l’appartement, nous aurions pendant des mois, voire des années, entendu que l’on avait voulu l’éliminer délibérément pour éviter qu’il ne divulgue des « choses » gênantes. J’ai entendu aussi des critiques sur ce que n’aurait pas dit telle ou telle autorité morale pendant ces 10 jours dramatiques ; des critiques bien décalées par rapport à ce que l’on peut constater.

Bon sang mais taisez-vous donc !

Ce qui compte, c’est de se souvenir qu’avec ces drames, un nouveau pas a été franchi dans l’horreur et la barbarie. Il convient de penser d’abord à l’extrême douleur des familles et des proches.

Il convient ensuite de prendre en compte effectivement, avec la dimension « symbolique » de ces actes terroristes, que c’est notre République qui était visée. Et la préoccupation que nous devons avoir, c’est d’analyser, pour être en mesure de le contrer, comment une telle haine terroriste a pu être armée intellectuellement. Car quel que soit le profil du tueur, qu’il ait agi totalement seul ou pas, il a trouvé des inspirations quelque part. Cette préoccupation, nous savons qu’elle sera permanente, car cette menace change de forme constamment. Et c’est bien dans cette course permanente que sont engagées nos forces de sécurité.

Alors plutôt que d’écouter ces commentaires et analyses souvent déplacés, et parfois indignes même si c’est par maladresse, je vous invite à regarder la vidéo du discours du Premier ministre, prononcé vendredi, qui remet ce drame en perspective et rappelle nos fondamentaux (via le lien ci-dessous).

Et nous retiendrons aussi les moments forts d’unité nationale que nous venons de vivre, comme cette image marquante du rassemblement sur la place du Capitole.