Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Paroles de responsabilité

Des déclarations à la presse qui décoiffent, une proposition à préciser, un opportun rappel des réalités ; le débat sur le thème de la sécurité et de la tranquillité publique a encore été bien présent cette semaine.

Je disais donc « déclarations à la presse qui décoiffent”. Je ne parle pas de la prospective municipale personnelle à l’horizon… 2030, mais de celles du député PCF de Vénissieux. Comme le signale un récent commentaire sur ce blog, elles sont très intéressantes. Je cite les propos d’André Gérin repris dans le Progrès du 31 août. « Le PS et le PC font fausse route en se bornant à diaboliser Nicolas Sarkozy. (…) On peut traiter les problématiques de la sécurité sans stigmatiser, sans désigner de bouc émissaire, tout en regardant la réalité en face. » Et encore hier. « Il faut une bonne fois pour toutes en finir avec la culture de l’excuse, de la victimisation, et avec l’angélisme. La crise économique et sociale n’explique pas tout… (…) nous sommes face à une dérive très grave de la société française avec des minorités qui font la loi dans les cités sur fond d’omerta. »

Propos pragmatiques et courageux qu’il convient de saluer. Cela fait plaisir de constater que certains responsables politiques sont capables de sortir des clivages et des réflexes « pavloviens » et surtout, refusent de s’engager dans le discours pervers de diabolisation et d’outrances auquel nous avons assisté ces derniers mois. Pour ma part, je partage ce diagnostic. Beaucoup a été fait depuis 2007 apportant déjà des réponses aux problèmes. Mais le mal est profond, et il faut s’adapter en permanence aux évolutions (cf. les événements de Grenoble), d’où le nouvel élan donné cet été.

Dans ce contexte, Ségolène Royal parle de nouveau d’un encadrement militaire des délinquants. Cette proposition peut être examinée. Elle peut effectivement être intéressante si cela permet d’éviter la spirale de la montée en délinquance qui peut s’amorcer en prison. Mais encore faut-il préciser en quoi consisterait cet encadrement militaire dans un contexte de répression des délits. L’organisation d’activités sportives ne saurait par exemple suffire…

En la matière, alors que certaines vieilles lunes refont surface, un article du Figaro du 3 septembre vient rappeler, chiffres à l’appui, que la police de proximité était loin d’être une réussite, que ce soit pour ses résultats ou pour le travail des forces de l’ordre.

Pour terminer et à chaud, je trouve que les paroles de responsabilité, sur l’action de la Majorité, étaient aussi bien présentes dans le discours de Jean-Louis Borloo que je viens d’entendre à la Cité Internationale.

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3 Comments

  1. sans souci

    André GERIN tient des propos qui illustrent bien sa lecture pragmatique, car en matière de cités et d’omerta, il sait ce dont il parle.

  2. BD

    Merci Pierre pour avoir relayé cet article d’André Gerin plein de bon sens et pour ton analyse à laquelle je souscris pleinement, il faut effectivement un certain courage pour affirmer et afficher ce point de vue.

  3. Lyons

    Oui,les propos de Monsieur GRIN sont “courageux” . Il fut maire d’une ville dite sensible et s’il était encore le représentant de cette ville, je ne suis pas convaincue qu’il autait tenu de tels propos.
    Ancienne administré de cette ville, j’ai vécu un fait concret: un médecin a été agresssé et menacé par “la minorité de l’omerta”. Il a demandé au maire d’intervenir, l’omerta fut de mise et ce médecin ferma son cabinet.
    Courageux aujourd’hui, certes je ne le conteste pas, mais quant il avait les pouvoirs de police de maire qu’a-t-il fait?
    La mémoire est sélective, et ce constat est positif, mais je ne peux oublier la désespérance décelée dans le yeux du médecin qui volontairement était à l’écoute de toutes et tous et qui ne fut pas soutenu pas le maire.

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