Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Pas de construction durable sans fondations solides

Je n’ai soutenu Emmanuel Macron, ni au 1er tour de la présidentielle, ni aux législatives. Je n’ai pas fait partie non plus des séduits de la seconde heure, mais pour autant, j’ai observé les premiers mois du mandat sans opposition systématique ou ressentiment revanchard. Je ne suis cependant toujours pas convaincu.

Il y a d’abord l’exercice du pouvoir. Nous avons eu beaucoup de symboles habiles, mais cet exercice de la fonction présidentielle, ponctué de “belles images”, de propos provocants et surtout de promotion personnelle laisse dubitatif. Avec la dernière mise en scène à Athènes, devant l’Acropole, alors que l’impératif c’était la réponse à l’ouragan Irma, on a frôlé l’overdose…

Il y a ensuite les réformes engagées… Reconnaissons-le, il y a du volontarisme et certaines vont dans le bon sens, certaines étaient attendues. Nous l’avions d’ailleurs dit lors de la campagne des législatives : les bonnes propositions seraient soutenues. Il faut dire que la méthode Macron pour préparer la présidentielle a été habile : du porte-à-porte pour recueillir les attentes des Français, puis des mesures ponctuelles phares pour y répondre. Ce fut le cœur du “et droite, et gauche”. Chaque électeur pouvait ainsi trouver son point d’intérêt. Nous l’avons bien vu avec les mesures revenant sur les aberrations de Hollande au plan scolaire (classes européennes par exemple), l’indemnisation du chômage en cas de démission, la suppression du RSI…

Certaines réformes vont donc dans le bon sens, mais on sera vigilant sur la réalité de la mise en œuvre. On s’assurera aussi que ce qui est accordé d’une main, n’est pas repris de l’autre… Et puis surtout, soyons conscients que les défis de la France ne se résoudront pas par des réformes parcellaires. Prenons les réformes du marché du travail. Aussi utiles que soient ces réformes, elles ne sont pas l’alpha et l’omega de notre agenda politique. Je suis surpris de voir comment certains ont restreint leur vision politique à ce sujet. D’ailleurs, même en se limitant au travail et à l’emploi, pour bien résoudre les problèmes, il faudrait aussi aborder la question de l’attractivité de tous les emplois.

Mais la première faiblesse du macronisme, c’est la vision pour la France. L’interview fleuve de rentrée dans le Point était censée y remédier. Elle est surtout un révélateur. Le diagnostic qui fonde cette vision apparaît très incomplet et penche à gauche. L’approche du terrorisme et de la menace islamiste est révélatrice. Les propos du Président apparaissent d’une grande naïveté, avec la mise en avant de multiples causes et la classique tentation de la victimisation. Ainsi peut-on lire que le départ des djihadistes répond à une “soif d’engagement” ou que “la guerre civile du monde musulman – sunnites contre chiites – s’exporte dans nos sociétés et nourrit le terrorisme”. On aurait surtout voulu lire que le terrorisme islamiste est un projet global et construit contre nos valeurs occidentales et qu’il faut donc le combattre en fonction de cela.

Il en va de même pour le rétablissement du respect des règles de notre République. La hausse des moyens d’action est évoquée (sécurité, justice), mais rien n’est dit que sur le terrain qu’il faut reconquérir. Pour reprendre une expression d’Emmanuel Macron, les “problèmes ne sont pas nommés”, on peut donc douter des solutions.

Autre limite fondamentale, celle de l’analyse des fractures économiques et sociales de la France. On constatera d’abord que les difficultés du monde rural et de l’agriculture, des travailleurs pauvres, des petites retraites, ne sont pas dans le radar présidentiel. On lit des développements sur les Français les plus en difficultés, mais les agriculteurs qui travaillent du matin au soir sans rien gagner, les jeunes qui n’ont pas d’espoir à attendre dans l’espace rural, les retraités qui ne s’en sortent pas, n’en font pas partie. Et puis, au plan économique, il y a cette fascination qui transparait pour la destruction-créatrice, semblant oublier que l’action politique, le gouvernement du pays, ce n’est pas se laisser aller au fil-de-l’eau des évolutions économiques.

Je crois encore que cette vision présidentielle, construite sur un diagnostic incomplet et sous-tendue par un libéralisme mondialisé, aura bien du mal à répondre durablement et en profondeur aux défis de la France.

 

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4 Comments

  1. Pas votée pour lui, pour la première fois je me suis abstenue au second tour , trop déçue , Un gamin impétueux à été choisi grave erreur, il a été un ministre de Hollande et en plus aux finances Il ment lorsque il dit qu’il ne savait pas sur les comptes de la France . Taxée les retraités est une honte et favoriser ceux du CAC40 me fait r

  2. rager . Il un égo trop fort. A l’assemblée c’est un véritable désastre . Les électeurs qui ont cru en lui doivent le regretter . Sa cote de popularité est au plus bas et les médias n”en parle pas. nous sommes sous un régime monarchique.
    Pour mon petit fils qui va avoir 13 ans fin d’année il m’a dit c’est un menteur. Je ne lai pas influencé mais il écoute les informations et constate qu’il ne dit jamais la même chose.
    Alors créons une droite forte pour l’opposition en espérant que la guerre de certains ne nous nuisent pas.
    Notre Président de région fera un bon chef mais il a du boulot pour surmonter toutes les pierres que l’on lui met sur son chemin. Je le soutien à fond et enverrais mon bulletin de soutien et voterais pour lui.
    Courage à ceux gardent nos valeurs et tenons bons.

  3. Roger

    Déçu oui , peut être est-ce encore trop tôt, il est certain qu’il y a un redémarrage de l’économie les patrons d’entreprises semblent plus optimistes , mais le chômage ne baisse pas, malheureusement pour le reste il y a une belle déception et pour l’instant, je ne vois pas qui sera le repreneur du flambeau d’une droite combattante et réaliste enfin sociale et respectueuse de l’honnêteté et des valeurs de notre civilisation judeo- chrétienne, à mon âge je voudrais bien voir les prémices d’un renouveau.

  4. edmee

    pourquoi un président et à l’étranger de surcroit traite de fainéants une population qui n’a pas de travail ? ho je ne dis pas qu’une parti de ces chomeurs ne profite pas du système jusqu’à l’overdose cela tout le monde le sait et à au moins un voisin dans ce cas mais les insulter devant les grecs qui sont quand même champion dans cet exercice ne résout en rien le problème qui est celui d’une carence des Assedic qui avec leur ordinateur sont incapable de verifier qui cherche et qui ne cherche pas et aussi de payer pendant 3 ans à taux plein les chomeurs (vive jospin) .
    Je ne dis pas qu’il faille nettoyer le code du travail au contraire trop de lois du XIXeme toujours en vigueur mais il faut le faire pour tous, fonctionnaires compris et en plus rien n’a été fait pour annuler le chapitre 2 (les prières sur le lieu de travail moi j’ai lu l’ancienne mouture qui en a parlé ? pas les syndicats en tout cas ) et elel fait partie de l’ordonnance
    Vous dites lui faire confiance sur certains chapitres de sa politique glanée à droite et à gauche (collomb hier qui veut mettre des caméras sur les épaules des policiers n’est-ce pas une proposition de la gauche ? moi je ne suis pas contre cela éviterai sans doute des affaire style theo où les médias se sont ruées comme les mouches sur … pour un gros mensonge ignoble et une visite d’un président en mal de pub
    Donc à ce jour à part une descente vertigineuse dans les sondages un feuilleton style de martine à la plage avec maman en vedette, des insultes et une mégalomanie style Néron,(oups attention lu a brulé Rome et fait passer cela sur les chrétiens) une signature d’ordonnances avec en vedette américaine 2 lampistes et bien sur les médias à genoux devant jupiter je note que nos villes sont toujours à la merci de la racaille et qui’l ne fait pas bon se promener seule après une certaine heure mais sans doute est-ce voulue moins de retraitées = une économie de retraites oups j’oubliai il parait que je suis riche au délà du possible pensez donc j’ai l’insigne honneur d’avoir une retraite de + de 1200 euros et donc une ponction de 1.70 % à vie sur ma retraite si je deviens centenaire et mes enfants le souhaite bonjour la donation
    une dernière chose L.Wauquiez se presente pour être le patron de LR et déjà les boules puantes sont de retour !
    bonne semaine à tous

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