Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Pas de temps mort

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’après 17 juin n’a pas donné lieu à un temps mort ! La semaine a été bien rythmée entre les conclusions politique (hâtives) tirées du scrutin, des échanges vifs au sein de notre famille sur ces conclusions, et, en fin de semaine, au plan local, la proposition de Michel Havard d’organiser des primaires de la droite et du centre en amont des municipales.

Il est vrai que nous avons intérêt, avant même ou en parallèle de l’attribution des responsabilités futures au sein du Mouvement, à bien (re)définir notre socle de valeurs et nos orientations programmatiques. Pour autant, sans doute ne faut-il pas le faire dans la précipitation, sur la base des seuls résultats des législatives, ou selon des angles de vue très restreints. Je pense que s’il s’agit de déterminer ce qu’attendent de nous les électeurs de la droite et du centre, mieux vaut se baser d’abord sur le déroulement et les scores de l’élection présidentielle. Les législatives ont été un scrutin “très partiel” d’une certaine manière, de nombreux de nos électeurs préférant sortir du jeu, pour des raisons multiples d’ailleurs. Je ne perçois pas en tous cas une aspiration évidente à recentrer la ligne de l’UMP, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des évolutions à apporter dans la façon de porter notre message.

Au plan local, Michel Havard a présenté son projet d’organiser des primaires en amont des prochaines municipales à Lyon pour départager les prétendants à droite. C’est à mon avis courageux et innovant. Avec ce principe de primaires ouvertes, c’est en tous cas le moment de vérité pour ceux qui, à droite, ont basé leur campagne sur une différence de méthode avec l’UMP. Ces primaires peuvent être une opportunité de clarification et de dynamisation. J’y souscris à deux conditions :

  • d’une part, qu’elles reposent sur de vraies visions pour Lyon, avec des projets, et qu’elles ne se bornent pas à une compétitition “de postures” ou “de caractères”,
  • d’autre part, il ne faut pas que cela fasse perdre à l’élection municipale sa dimension d’aventure collective, d’équipe. Certes, une liste doit être tirée par un leader. Mais une élection municipale, c’est aussi proposer une association de compétences et de profils pour la ville et ses 9 arrondissements. Et l’un des points importants, c’est la cohérence et la performance de cette association de compétences. Il ne faudrait pas, au moment même où la gauche lyonnaise va être de plus en plus confrontée aux problèmes de l’exercice par trop solitaire du pouvoir, que nous nous engagions aussi dans la voie de la personnalisation excessive. Veillons, si primaires il y a, à ce que cela ne pénalise pas l’incontournable dimension collective de la démarche.

Ces deux conditions renvoient à un réglage fin de la méthode et du calendrier.

 

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Parc Sisley

4 Comments

  1. Dominique

    DES PRIMAIRES A ORGANISER POUR LES MUNICIPALES DE 2014 ?
    La décision de Michel Havard a bien été présentée de prévoir des primaires pour les prochaines municipales.
    Après ce que nous avons vécu aux précédentes élections, présidentielles et législatives, cette décision l’honore sur un plan démocratique, car force a été de constater des divisions dont celles des divers droites, chrétiens démocrates et le centre, exception faite du nouveau centre qui s’est rallié à l’UMP pour les législatives.
    Le nouveau centre dont Monsieur Morin a rejoint ensuite le groupement de M. Borloo, se distingue lui-même aujourd’hui de l’UMP.
    Aussi si Monsieur Borloo ne rejoint pas l’UMP la scission entre les deux partis est constatée et les voix manqueront et pour l’un et pour l’autre parti. Par ailleurs, une alliance avec le Front National est exclue et là encore les voix manqueront.
    Le problème de l’UMP est qu’après une droitisation du mouvement, elle propose la politique du Ni-ni, qui est incompatible et on a pu le constater hélas.
    Les gens ne suivent pas dans ces conditions car cela manque de cohérence. Un mouvement d’ouverture comme l’UMP n’aurait pas du se bloquer mais continuer d’être à l’écoute de TOUT le monde, tout en préservant sa ligne directrice et en rejetant ce qui est incompatible avec ses fondamentaux.
    Il me parait donc prématuré aujourd’hui de prévoir l’organisation de primaires pour l’investiture UMP, puisque des équations ne sont pas résolues au plan national et qu’aujourd’hui personne ne sait où en sera l’UMP de ses alliances dans six mois.
    Des divergences entre tendances politiques sont à gérer. A l’intérieur de l’UMP, des divergences personnelles seraient donc à éviter …..
    L’UMP a besoin aujourd’hui d’un chef qui fixe les fondamentaux de la pensée du parti. La priorité me semble donc être la crise du leadership à gérer au sein même de notre famille politique. Viendront ensuite bien entendu les investitures locales et la forme à leur donner. Mais jouer la politique de l’autruche est miner dores et déjà les futures élections municipales.
    Les gens sont perdus face à la droite actuellement, les militants sont fatigués du manque de clarté et et les électeurs n’y voient que des intérêts personnels comme priorité. Ce n’est pas une bonne image, ce n’est pas une politique, du moins, celles que nous aimons.
    L’UMP regroupe en effet, toutes les familles de la droite à l’exception des extrêmes. Il me parait donc essentiel de cimenter cette unité par la clarification du discours, de cesser la guerre des chefs qui fatigue tout le monde, surtout les militants et les électeurs enfin. Je pense que des primaires pour élire un candidat aux municipales est prématuré ; par la suite, un sondage pour savoir si des primaires pour les municipales sont nécessaires, pourquoi pas ? Pour ma part, Michel Havard me parait tout désigné de par sa détermination et son investissement. Ce qui me préoccupe le plus, est le leadership de l’UMP. M. Bruno LE MAIRE me parait être un candidat idéal pour des primaires de parti, son discours est clair et sa position affirmée. JEUNESSE, DYNAMISME, NOUVEAUTE, voilà ce dont on a besoin

  2. Pierre, bonjour,

    D’abord, il faut distinguer les résultats de la droite lyonnaise et villeurbannaise de celle autour de Lyon. Pourquoi ça fonctionne dans les circonscriptions de l’Ouest lyonnais mais pas à Lyon et Villeurbanne? Tout simplement, c’est que dans l’Ouest lyonnais, les élus de droite sont très proches du terrain et de leurs électeurs qui, certes disposent d’un électorat à priori favorable. Or, à Lyon, je m’excuse à part l’exception de la 4eme circo, dans les autres circonscriptions il ya une absence totale de travail de fond et de terrain, et une ingnorance complète de la nouvelle sociologie lyonnaise. Je prend deux cas que je connais bien qui sont la 1er circo et la 3eme. Concernant la 1ere, j’affirme que Michel Havard est inconnu des Gerlandais, jamais dans son mandat, il a daigné faire des réunions auprès des citoyens de Gerland. De plus, ses positions des plus obscures pour le projet du Grand Stade lui a coûté des voix, il suffit de regarder les résultats. Pour ce qui est de la 3eme, incluant également la partie nord du 7eme arrondissement, le résultat électoral est normal en ce sens qu’il est la résultante de l’inexistence d’un travail de terrain constant et de leur “inexistence politique” au Conseil d’arrondissement. Les citoyens doivent savoir qu’il ya 3 élus d’opposition dans le 7eme : 2 UMP, 1 NC. dont l’un a un taux d’absentéisme de près de 80%. J’ajoute que l’élu NC est souvent absent également. Enfin bref, il suffit de venir au CA pour s’apercevoir que la droite dans le 7eme est une véritable friche. Les résultats électoraux dans certains bureaux vote où JM Dubernard était majoritaire, aujourd’hui c’est l’inverse qui se produit. Il y a donc là, les relations de cause à effets.

    Alors venons-en au sujet de fond. Faut-il ou non des primaires? Sur le fond, philosophiquement, pourquoi-pas? Ce serait mieux que seulement 3 personnes décident à elle-seules qui doit-on, mettre sur la liste? L’exemple des dernières municipales lyonnaises de 2008 ont démontré le fiasco que l’on sait. Ce dont a besoin la droite lyonnaise, c’est d’arr^ter de nous remettre à chaque élection, qui les vieux cheveaux de retour, qui les éternels battus dont certianes et certains après 18 ans de mandat n’ont jamais été capables de créer une dynamique et d’équipe. IL FAUT ABSOLUMENT RENOUVELER ! sans que cela signifie systématiquementy jeunisme.

    Sur le plan national, c’est à un big bang que la droite, comme je l’ai écrit sur mon blog doit s’atteler. ( cf aussi Tribune de Lyon du 4 mai)

    Pour ma part, compte-tenu des précédents, j’ai des doutes sur la sincérité des dirigeants de la droite en général et de l’UMP en particulier de faire sa propre révolution culturelle. Dès aujourd’hui, avec des amis de sensibilité gaulliste et de droite, nous nous préparons à mettre en place une équipe sur le 7eme que je conduirai pour les futures municipales;

    Gaullistement
    Claude JEANDEL

  3. Pierre BERAT

    @ Dominique, merci pour ces réflexions argumentées que je partage pour certaines. Concernant les municipales, je crois que le sujet est différent des enjeux de politique nationale, et que les primaires peuvent donc se faire indépendamment de la mise en place des nouvelles équipes nationales.
    @ Claude, je crois qu’il faut faire attention dans les comparaisons. Effectivement, comme vous le dites, il y a des différences de sociologie, et nos arrondissements lyonnais ont connu une profonde mutation… ce qui ne veut pas dire bien sûr que nous ne devons pas convaincre quoi qu’il en soit. Mais je pense que ce n’est pas la même chose de faire campagne dans l’ouest lyonnais ou dans les quartiers de Lyon, où le temps d’un mandat, entre 30 et 50 % de la population a bougé ! Cela ne nécessite pas la même action de proximité.

  4. Math

    Sur le plan local, il ne faut pas succomber “aux sirènes ” du parti U.M.P.Cette composante que je respecte doit prendre en compte les différentes sensibilités des “courants” qui composent l’U.M.P. A ce jour, les querelles doivent cesser dans le milieu parisien. celles-ci nous portent préjudice au niveau local et à tous nos élus de terrain. Pour Lyon un grand challenge s’annonce. Il faut reconquérir cette ville qui souffre du dirigisme du maire qui se prend pour un ” tout puissant” . Marre de cette arrogance et donneur de leçons. Il gouverne tout seul la ville !!! Nous ne sommes plus au temps des monarques! Il semble l’oublier. Alors oui, dès à présent préparons les municipales sur notre ville en prenant en compte toutes les sensibilités de chacun des prétendants. M. Havard représente le renouveau et doit s’appuyer sur les différents courants. Une unité doit se faire sur le plan local pour échapper à un troisième désastre. Dialogues, écoute et respect mutuel sont nos valeurs. Respectons ces devoirs de base. Nous travail nous attend pour reconquérir LYON. Les querelles des anciens sont à mettre de coté, ouvrons une nouvelle page et écrivons là avec les remontées du terrain et des hommes et des femmes qui ont des convictions pour notre ville. Arrêtons avec tous ces anciens courants qui nous ont fait perdre la ville au cours de ces 2 mandatures. Reprenons notre sens des valeurs et soyons convaincants pour redonner à notre ville un maire moins méprisant. Courage on peut y arriver.

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