Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Pouvez répéter la question ?

Incrédulité et stupeur ! C’est un peu les réactions qui s’imposent à nous, comme je l’ai lu sur Twitter toute la journée, après l’annonce, par le Premier ministre grec, d’un référendum sur l’accord européen  de la semaine dernière. Après toutes ces semaines d’efforts de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, enfin un accord avait été trouvé, permettant à la Grèce de voir annulée une partie de sa dette. Et voilà que le Premier ministre de ce pays dit en quelques sortes, on veut encore y réfléchir un peu…

En théorie, au plan démocratique, on peut comprendre que le dirigeant d’un Etat souhaite faire valider des choix fondamentaux pour son pays, qui touchent à sa Souveraineté. Appel au peuple sur les grandes orientations pour son avenir et veiller à la souveraineté, cela parle dans la tradition gaulliste.

Il reste que cette question de Papandréou à son peuple arrive bien tard, trop tard. La question sur la façon d’assumer les erreurs aurait dû être posée il y a des mois, dès l’évidence de l’impasse.

Le calendrier du référendum est incompatible avec les réalités. Comment attendre une réponse début 2012 alors qu’il faut des solutions et des engagements maintenant ? La réponse du peuple grec risque d’être bien peu opérante si elle intervient sur un champ de ruines.

On peut aussi s’interroger sur la question qui va être posée dans le cadre de ce référendum. Si c’est pour ou contre l’austérité, ce sera clairement l’irresponsabilité totale. Si c’est demander au peuple grec de faire un choix entre deux potions amères, cela ne va pas être simple de poser  la question pertinente, présentant les aboutissants de l’une et de l’autre des options, à court, moyen et long terme pour ce pays.  On peut aussi se demander si l’exposé des motifs de ce référendum, comprendra bien une présentation détaillée des tenants du problème : comment et pourquoi ce pays en est arrivé là ?

C’est bien tout le problème des référendums : comment faire trancher une question complexe en toute connaissance de cause.

La problématique est un peu la même que pour ceux qui souhaitent un référendum sur la sortie du nucléaire : comment intégrer à la question les conséquences en termes de hausse du coût de l’énergie, de dégradation du bilan carbone, de dépendance extérieure… ?

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12 Comments

  1. sans souci

    Après les manifestations de ces derniers jours, PAPAANDREOU veut un avis du peuple grec, afin de “s’en laver les mains” en cas de refus. il est clair que la ou les questions posées portant sur les mesures d’austerité, le peuple grec va refuser Par ex , les fonctionnaires avaient 14 mois, retraite à 42 ans, vous avez bien lu (ex d’une personne travaillant à l’EDF locale), gratuité de l’électricité……L’Etat a déjà rogné sur les 13 et 14 ème mois. J’ai à dispo des photos de maisons dont le 1er étage n’a ni fenetre ni porte : donc pas finie, donc pas d’impôts… par contre antenne et tonneau d’eau avec panneau solaire sur le toit, les gens vivant au rdc…..

  2. Pierre BERAT

    Merci de ce témoignage in situ ! Bon retour

  3. Dodo la Saumure

    C’est une arnaque d’état ce coup là…le minimum était d’en parler avant avec les partenaires qui ont déja mis 3 mois à trouver une solution de sauvetage pour la Grèce.
    Le Référendum, s’il devait y en avoir un, c’était à faire au préalable,avant la finalisation de l’accord.Dans l’état actuel des choses quelle que soit la question,on peut ètre sur que la réponse sera non.Et d’ici là la zone euro sera coulée.Les marchés ne vont pa patienter 3 mois.
    Quel crédit encore accorder à la Grèce, qui va envoyer le reste de l’Europe par le fond!
    Que les Grecs s’arrange avec leur richissime Eglise et leurs Armateurs exemptés de toute taxe!

  4. Pierre BERAT

    C’est l’addition salée de Dodo la Saumure !

  5. edmee

    Que dire de plus sinon que les européens sont les dindons de la farce et on fait un marché de dupes. Le peuple grec a inventé la démocratie c’est vrai mais il a aussi inventé les palabres interminables, et les parties de pokers menteurs.
    Son dirigeant et son gouvernement ont avec les nerfs des principaux dirigeants de l’Europe et Monsieur Papadréou a extorqué un accord que tous nous devront d’une manière ou d’une autre payer. Jeudi dernier il n’a pas osé dire « Annuler la totalité de notre dette !» le dire était trop gros alors à peine l’encre sèche il nous fait le coup du référendum en connaissant d’avance le résultat.;
    Bien sur il va quitter les rennes de son pays mais il reviendra dans quelques années car en Grèce hélas les dirigeants pratique la ronde infernale des mêmes familles dirigeantes
    Pour avoir été à Rhodes cet été et interrogé les grec il n’hésitaient pas à nous dire coguenard……… vous êtes obligés de nous aider et jamais nous ne pourrons vous rembourser et en finalité vous préférez tout perdre de notre dette plutôt que perdre votre monnaie ! Prémonitions ??

  6. Pierre BERAT

    Je suis également consterné par les réactions du PS au journal de 13H : les responsables du PS qui se sont exprimés disent comprendre la démarche de ¨Papandréou et semblent ne pas voir le problème crucial que font peser l’incertitude et le délai. Cela en dit long sur la vision de la crise financière que peut avoir le PS…

  7. math

    Vous présentez un résumé de cette crise de la Grèce de manière très objective. La presse de ce jour ‘nest pas tendre particulièrement en Allemagne. Les grecs ont profité de tous les avantages jusqu’à ce jour et maintenant il faut payer l’addition.
    Quant on constate que le pays n’a même pas de cadastre pour faire “entrer” dans les caisses des impots fonciers et autres!!! cela nous paraît inimaginable. Certes le pays fut gouverné sans doute par des élus fachés avec les chiffres. Mais comme ils sont entrés dans l’Europe sous un gouvernement de gauche qui lui aussi ait faché avec les chiffres. Il faut à ce jour assumer ses responsabilités. Nicolas Sarkozy et la Chancelliere allemande ont vraiment été convaincants pour sauver la Grèce. La Grèce avait acceptée, elle a le devoir d’honorer ses engagements. Certes consulter le peuple est démocratique mais le mal est fait il s’agit à ce jour de se ressaisir même si cela coûte aux grecs. Les démarches pour sortir de l’Europe avant de sortir de l’euro sont aussi longues et si ce pays veut sombrer qu’il continue à garder des oeuillères. Le mal est fait donc maintenant il faut se reconstruire.
    Quant à

  8. Pierre BERAT

    Merci à tous pour ces commentaires, que je lis toujours avec intérêt, et qui constituent autant de témoignages de la façon dont nous vivons cette crise internationale.

  9. Les gaullistes qui remettent en cause le référendum on aura tout vu. Et bien soit continuons à prendre le peuple grec pour un peuple de touristes, incorrigibles frauderurs, n’ayons pas peur des mots d’incorrigible fainéants. On a bien compris le message. Mais soyons néanmoins prudents car vous aurez remarquer qu’après la Grèce et l’Italie, la France sera peut-être le prochain pays à subir les assauts des marchés sur sa dette. En Allemagne on critique certes sévèrement nos voisins du sud mais on met aussi en évidence le peu d’efforts fait par la France particulièrement durant le quinquénnat de Nicolas Sarkosy (période durant laquelle la dette du pays a explosé, notamment grâce à la loi TEPA)
    Je le répète donc attention à vos arguments car que direz vous aux français si des baisses de 30% des retraites, la suppression des allocations familiales s’avéraient nécessaires…
    Finalement vous auriez dû voter Bayrou en 2007, lui proposait la règle d’or dans le projet du MODEM!

    Pierre, je te laisse également un lien d’un de tes collègues élu local de Paris, qui défend lui aussi de sans problème de congruence les positions de son parti.

    http://www.didier-guillot.info/

  10. Guyot Roger

    Aux dernières nouvelles, Papaandreou renoncerait au référendum.
    La fermeté et la force de conviction de N.S. et A.M. ont payées; Souhaitons que ce succés permette de régler cette impasse.

  11. Pierre BERAT

    @ Lionel, faut-il comprendre ta dernière phrase comme une critique de l’enseignement de Sciences Po Lyon ? 🙂

  12. @ pierre: sur le développement de l’esprit critique?

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