Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Préoccupations sur le projet d’Université Rhône-Alpes

Fin septembre, de façon un peu surprenante, Jean-Jack Queyranne dévoilait le lancement de l’Université Rhône-Alpes. Les conseillers régionaux “de base” découvraient alors qu’un projet d’Alliance de l’Université Rhône-Alpes avait été discuté avec les Présidents d’université et directeurs de grandes écoles. Après une phase de structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) au niveau des PRES de Lyon et Grenoble, l’Alliance vise à établir un partenariat renforcé entre les établissements au niveau régional.

Décidément, avec ce concept d’Université Rhône-Alpes, l’exécutif régional est adepte des scoops ! Déjà en 2011, au moment du vote de la Stratégie régionale de l’enseignement supérieur et de la recherche, le conseiller délégué alors en fonction, Thierry Philip, avait avancé ce concept dans ses interviews. C’était assez surprenant dans la mesure où cette stratégie (au demeurant bien peu stratégique) abordait peu la question. S’agissait-il de faire parler ou de préparer les esprits ?

Pour ma part, sur le principe, je souscris plutôt à l’idée de travailler à la structuration de l’ESR aussi au niveau régional. Comme beaucoup, je suis convaincu que notre rayonnement international en termes de recherche et de savoir se construit en additionnant tous nos atouts, et notamment en valorisant ensemble Lyon et Grenoble. Par ailleurs, il y a une mobilité des étudiants et des perspectives professionnelles qui justifient d’aborder les choses au niveau régional.

La façon d’aborder le projet pose néanmoins questions.

Je déplore tout d’abord que ce projet se construise pour l’instant sans associer largement toutes les parties prenantes, et sans implication de l’ensemble de l’institution régionale, et notamment de ses élus, porteurs de l’intérêt régional. J’ai exprimé en commission l’étonnement légitime qui doit être celui des élus régionaux quand ils apprennent le lancement de l’Alliance par communiqué de presse, même si ce communiqué est “obligeamment” diffuser en réunion (:)). Ce projet d’université Rhône-Alpes mérite une vraie construction démocratique et le thème de l’ESR, même s’il s’agit pour l’instant d’une compétence non obligatoire pour la Région, ne peut être un domaine réservé du Président.

On nous répondra que le projet va justement être discuté dans le cadre des Assises de l’enseignement supérieur qui se tiennent dans les prochains jours. Mais justement, cette concomitance m’amène à exprimer d’autres préoccupations.

S’il y a un lien entre le projet d’Université Rhône-Alpes et les lois en préparation sur l’enseignement supérieur et l’Acte III de la décentralisation, il faut cependant éviter de tout mélanger. A mon sens, le projet d’Université Rhône-Alpes ne doit pas être une initiative tactique dans un jeu consistant à affirmer le rôle des régions pour qu’elles obtiennent de nouvelles compétences. Avant les enjeux de pouvoir, la priorité doit aller à la définition de la valeur ajoutée d’une structuration régionale.

Enfin, il est aussi préoccupant que l’Université Rhône-Alpes soit abordée dans l’urgence, dans le contexte de maîtrise de la dépense publique. Il ne faudrait pas que la démarche soit ramenée à de la recherche d’économies budgétaires.

 

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1 Comment

  1. Christine HOUBART

    Comme toujours avec les socialistes mais pas seulement, c’est toujours plus de compétences mais qui va payer? Toujours les mêmes, nous autres citoyens de la classe moyenne. Il suffit de lire dans la presse économique, les taux d’imposition des villes et des territoires pour s’en convaincre.

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