L’actualité des derniers jours m’amène à revenir sur deux sujets traités dans des posts récents. Celui sur la scène médiatique tout d’abord, avec une distinction qui n’a pas à mon avis retenu toute l’attention qu’elle méritait. Ceux sur le grand emprunt national ensuite avec la remise du rapport de la Commission Juppé-Rocard.

Après la mise en ligne de mon post « apprentis sorciers », une amie a attiré mon attention sur un bon exemple de partialité de la scène médiatique : celui de la distinction par le Financial Times de Christine Lagarde en tant que meilleur ministre européen de l’Economie et des Finances. Il est vrai que cela ne cadre pas vraiment avec la mode du « chaos national » que certains cherchent à promouvoir. C’est une belle reconnaissance de l’efficace réaction française lors du déclenchement de la crise financière, mais aussi, et il est important de le souligner pour éviter les lectures erronées de ce palmarès, pour la performance de la ministre sur la scène internationale quand il a fallu traiter de la réglementation des banques. Quel écart entre cette distinction et le pathétique spectacle du week-end précédent offert par Ségolène Royal !

Autre retour sur posts : le grand emprunt national. La commission Juppé-Rocard a remis son rapport sur les investissements d’avenir à financer par cet emprunt. Nicolas Sarkozy se prononcera sur les conclusions début décembre. 1er constat : les propositions sont effectivement bien tournées vers l’avenir. On peut ainsi saluer le fait que sont envisagés des projets dans la société numérique (avec un équilibre entre infrastructures et usages/contenus), les véhicules du futur, les énergies décarbonées (y compris le nucléaire du futur), et le développement des villes durables (trouver le moyen de concilier la nécessaire densification des villes avec la qualité de vie). L’enseignement supérieur et la recherche se taillent la part du lion, avec heureusement des garanties quant au ciblage et à l’efficacité des investissements. Il ne s’agit pas de financer le fonctionnement courant : il est sans doute utile de le rappeler quand on lit les récents écrits sur le sujet du Maire du 3e, 1er représentant de Ségolène Royal sur l’arrondissement. Le soutien aux PME n’a pas été oublié, notamment pour dégager les financements nécessaires à leur croissance. Il faudra toutefois être vigilant à ce qu’elles bénéficient des retombées des investissements en recherche.

La perspective d’un emprunt auprès des particuliers s’éloigne encore pour limiter le coût. L’essentiel, c’est de trouver le moyen de faire adhérer les Français d’une façon ou d’une autre à ces investissements pour l’avenir.

Ces propositions nécessitent la mobilisation de 35 milliards d’euros, un montant qui permet d’éviter une montée des taux d’intérêt préjudiciable à l’ensemble de l’économie. Sur ces 35 milliards, 13 milliards proviendraient des sommes remboursées par les banques. Tiens, vous vous rappelez le battage médiatique de la gauche début 2009, qui tendait à faire croire que le Gouvernement n’avait qu’une priorité, celle d’enrichir encore les banques…

Pierre Bérat