Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Étiquette : Anne Brugnera

Les nouveaux rythmes scolaires en pratique…

Alors que les doutes sur la sincérité du vote des conseils d’école ne font que grandir, Gérard Collomb et son adjointe Anne Brugnera poursuivent à marche forcée la mise en place de leur réforme des rythmes scolaires, nouvelle organisation qui va coûter aux familles, coûter aux finances publiques, désorganiser la vie des familles, des écoles, des associations proposant des activités le mercredi, des professionnels dans le domaine de l’enfance… alors même que cela changera peu de choses pour améliorer l’apprentissage des enfants !

Je rencontre de nombreux parents révoltés ou consternés par cette situation et j’ai proposé à l’un d’entre eux de publier son « témoignage ». Rien de tel que du vécu pour dénoncer les aberrations !

« En tant que parent, je ne comprends pas et je n’accepte pas l’organisation des rythmes scolaires proposée par Monsieur Gérard Collomb le 14 mai dernier suite au décret Hamon.

En effet, il me semble important de rappeler les fondements de cette réforme centrée sur l’intérêt de l’enfant et sur sa bonne prise en charge tout au long de la semaine scolaire : l’objectif est de mieux répartir le temps d’apprentissage sur la semaine en assurant une grande régularité dans les apprentissages (respect des rythmes d’apprentissage et de repos).

Le choix fait par Gérard Collomb et son équipe ne va pas dans ce sens. Choisir de regrouper toutes les activités  sur une demi- journée – et pas n’importe laquelle – le vendredi n’est pas synonyme de régularité mais plutôt de weekend de 2,5 jours (pour les enseignants, pour les parents pouvant facilement caler leurs absences professionnelles sur celles de leur enfant).

Le choix du mercredi matin travaillé et du vendredi après midi réservé à des activités périscolaires facultatives vont par ailleurs impacter dès la rentrée mes finances et mon organisation.

Je vais payer à mon assistante maternelle les 3 heures du mercredi matin pour pouvoir garantir son pouvoir d’achat et qu’elle puisse ainsi m’assurer la garde de mon enfant sur le temps du déjeuner, le soir après l’école, les mercredis après midi et les vacances scolaires. Qui a pris en compte les impacts organisationnels et financiers pour les assistantes maternelles ?  L’évolution de ce métier qui va tendre uniquement vers la garde d’enfants non scolarisés ?

Je vais payer l’activité périscolaire du vendredi 200 euros/an en m’engageant pour une année sur une activité non connue lors de la préinscription. Initialement, le montant était de 20 euros par an !

J’espère que l’activité « choisie » du mercredi matin sera planifiée le mercredi dans l’après midi et pas un soir de semaine pour que mon enfant puisse continuer à s’épanouir dans une activité qui lui plait.

Le mieux serait d’annuler cette réforme en raison de son coût pour la collectivité, pour les parents, pour l’économie. En effet, le mercredi matin depuis des années génère des revenus à l’Etat (ex : emploi des assistantes maternelles, écoles de musique, associations sportives et culturelles, professeurs de musique particuliers, orthophoniste, orthodontiste, station de ski, organisation du 4/5….). Comment ces impacts ont il été mesurés ? Est-ce que toutes ces activités pourront être réalisées le samedi ou le soir sans fatiguer plus nos enfants?

Le moins pire à Lyon serait d’étudier une répartition des activités sur deux demi journées (mardi et jeudi) pour répondre aux critères initiaux de la réforme et non une demi-journée le vendredi pour faciliter la gestion du personnel et des équipements de la ville. »

Tout ça pour ça !

Voici le texte de mon intervention lors du Conseil d’arrondissement du 2 juin sur l’organisation des rythmes scolaires proposée par Gérard COLLOMB et Anne BRUGNERA.

« Enfin, nous abordons le sujet des rythmes scolaires, c’est un sujet très important et on sait combien il préoccupe les parents et les enseignants.

Nous allons voter contre cette délibération comme nous l’avons expliqué en conseil municipal.

La première raison est le défaut de concertation et l’absence de débat démocratique sur la question, cela mérite un vote négatif. Il est consternant de constater que c’est le 2 juin, à deux semaines de la fin des cours et à quelques mois de la rentrée, avec les vacances au milieu, que les parents d’élèves connaissent les modalités de l’organisation de la semaine, ce qui leur pose d’énormes problèmes.

Gérard COLLOMB avait décidé de se donner un an de plus pour donner le temps à la réflexion ; cette année n’a servi à rien car il n’y a pas eu de concertation ni de débat démocratique alors que la campagne municipale aurait dû être l’occasion de débattre de ce sujet. Vous avez fait preuve d’un évitement permanent sur la question. Il était répondu aux parents dans les conseils d’école que nous ne pouvions pas aborder le sujet étant en campagne électorale, ce qui est un comble puisque nous étions là au cœur du débat municipal.

Il y a eu mensonge en plus puisque Gérard COLLOMB, dans la seule information qu’il avait pu donner, avait annoncé un coût pour les familles de 2 à 19 euros par an et que, quelques jours après les élections, c’est devenu un coût de 2 euros à 20 euros par mois ce qui, en termes de déontologie démocratique, pose un problème. Comment peut-on se renier ainsi en quelques jours ? Vous avez inventé l’école publique payante ! C’est tromper les Lyonnais que d’avoir fait ce type de fausse information.

Pour toutes ces raisons, cela méritait déjà de marquer le coup par un vote négatif.

Le deuxième point c’est sur le fond de la réforme ; nous avons complètement perdu de vue l’objectif de départ de cette réforme. Je rappelle pour Madame BRUGNERA, qui n’est pas là ce soir, mais qui l’a dit largement dans les médias, l’objectif n’est pas de rendre le planning lisible pour les élèves, ni de ne pas compliquer l’organisation dans les établissements scolaires mais, l’objectif est bien d’alléger le temps scolaire pour que les enfants puissent mieux apprendre à l’école. En la matière, il y a des besoins.

Aujourd’hui, vous nous proposez de basculer les heures d’apprentissage du vendredi après-midi sur le mercredi matin, on est bien loin de l’objectif de l’allègement puisque le rythme va rester soutenu pendant une bonne partie de la semaine pour les enfants.

Je souscris assez à la formule « tout ça pour ça » parce qu’il n’était pas utile de se lancer dans un tel “barnum” pour aboutir à un résultat finalement aussi marginal.

Votre proposition est habile parce que finalement, elle va arranger beaucoup de monde et nous retrouvons le modèle lyonnais de Gérard COLLOMB, c’est « socialo-démago » car  en faisant ça, on ne bouscule pas trop les choses et on va se mettre « dans la poche » un certain nombre de personnes. Le problème, c’est que cette réforme, qui ne change rien sur le fond,  a un coût, pour la collectivité et pour les familles. Il est estimé entre 8 et 9 millions d’euros par an. Dans le contexte actuel, c’est une somme significative, c’est une nouvelle école par an en termes d’investissement.

Il s’agit donc d’une réforme a minima, qui ne change pas grand-chose, mais qui va obérer nos capacités budgétaires dans un contexte que l’on sait déjà très contraint.

La troisième raison, dont on a peu parlé – mais en politique il faut avoir des positions fermes et les assumer -, c’est qu’il y a un très mauvais signal politique qui est donné car, derrière, c’est le weekend de 2 jours ½ qui est proposé. Aujourd’hui où l’on est plutôt dans une logique où il faudrait que la France travaille plus, pour nous sortir des difficultés dans lesquelles nous sommes, par le biais de cette réforme, vous allez donner un encouragement au week-end de 2 jours ½. En termes philosophiques ou d’organisation de la société, ce n’est pas un bon message mais il est cohérent avec votre logique socialiste que vous avez développée depuis quelques années. Par ailleurs, une telle interruption n’est pas bonne pour les rythmes scolaires !

Pour ces trois raisons et, face à cette réforme qui s’avère être un fiasco, à la fois national et local, puisqu’encore une fois, cette réforme ne débouche pas sur grand-chose pour un coût important, nous allons voter contre cette délibération. Aujourd’hui, la meilleure solution serait d’annuler cette réforme ; reste à espérer que la raison l’emporte et qu’au niveau national, face au résultat que l’on va obtenir, le Gouvernement revienne sur ce sujet. Nous manifesterons samedi, devant le Rectorat, pour demander l’annulation de cette réforme car, nous sommes nombreux à nous y opposer en l’état.

Nous sommes devant une réforme malmenée qui perd ses objectifs de départ et qui est moins favorable que ce que nous pouvions avoir.  Merci. »

Un “modèle” pour quoi faire ?

Ce matin, sur les marchés de la circonscription, nous avons reçu la visite de Gérard Collomb et de Jean-Jack Queyranne, venant soutenir la candidate socialiste. Comme prévu, entre ces deux tours, les grands moyens sont mobilisés pour tenter de faire basculer à gauche la 4e circonscription. Cette “démonstration” s’accompagne d’un nouvel argument de campagne : il faut voter pour la candidate PS pour que le “modèle municipal” lyonnais puisse venir également inspirer l’Assemblée nationale. Rien de moins.

Cette nouvelle orientation stratégique est finalement assez logique. Le Maire de Lyon sait bien que pour emporter la 4e circonscription, le programme du PS, et ses mauvaises nouvelles, sont un peu courts. Pas sûr non plus que les petite manoeuvres pour tenter de susciter la division à droite suffisent. Alors on essaye de surfer sur le modèle municipal lyonnais.

Cela m’inspire les remarques suivantes.

Je vois mal en quoi ce modèle lyonnais va pouvoir permettre de faire face aux défis qui se posent à notre pays. En quoi ce modèle répond-il à la nécessité d’améliorer constamment la compétitivité de notre économie et de maîtriser le coût du travail, pour créer de l’emploi ? En quoi va-t-il permettre de peser pour que l’Europe soit plus protectrice ? En quoi permet-il d’affronter le défi énergétique ? En quoi permet-il d’inscrire notre système éducatif dans une dynamique de progrès, pour donner toutes ses chances à notre jeunesse ? En quoi permet-il d’assurer la défense des intérêts de la France dans le monde ? Voilà pourtant quels sont les enjeux des élections législatives. Il convient de ne pas se tromper d’élection dimanche prochain.

Ensuite, j’avais cru comprendre que le modèle socialiste lyonnais devait incarner un certain modérantisme. Force est de constater, à l’écouter, que la candidate de la 4e circonscription, Anne Brugnera, est une socialiste plutôt “traditionnelle”.

J’aimerais aussi savoir ce que pensent les électeurs Europe Ecologie Les Verts de cette nouvelle posture de campagne, ce parti venant d’être laminé, avec la frange rebelle du PS local, par ce modèle lyonnais. J’aurais aimé poser la question à Pierre Hémon, mais il ne faisait pas partie de la parade électorale ce matin.

Quant à ce modèle municipal lyonnais en lui-même, nous aurons l’occasion de revenir sur ses prétendus mérites dans les mois qui viennent. Je ferais cependant d’ores et déjà un commentaire. Comme la politique proposée par le PS au plan national, il s’agit de mesures de court terme, qui font “plaisir”, créent une ambiance, mais qui pénalisent le développement durable de la collectivité.

Béton et densification urbaine (suite)

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Je reviens sur la modification du Plan Local d’Urbanisme, projet sur lequel nous – les élus Ensemble pour Lyon du 3e – avons voté non lors du dernier Conseil. En débattant avec la Majorité du 3e, je me suis demandé à propos des points posant problème s’il y avait une volonté de masquer certaines évolutions ou bien un défaut de suivi des dossiers. Les suites de ce débat renforcent mes doutes.

Ces doutes concernent notamment le changement de destination de l’îlot Créqui/Chaponnay/Edison. J’ai déjà évoqué mon étonnement lorsque j’ai constaté que Mme Panassier, l’adjointe à l’urbanisme du 3e, n’évoquait pas spontanément ce projet dans sa présentation. Elle a répondu à mon interpellation avec des arguments pour le moins « datés » relatifs à la requalification de la place Voltaire. Elle a aussi essayé la diversion en mettant en avant le désormais classique « Mieux vivre ensemble » puis en glissant sur des propos plus que limites. Passons…

Depuis, la conseillère déléguée Anne Brugnera s’est aussi exprimée sur le sujet. Elle se positionne résolument comme la « grande rectificatrice » du Conseil du 3e, dès que l’opposition joue son rôle… quitte d’ailleurs à se prendre les pieds dans le tapis comme nous l’avons vu sur le dossier « Citrouille et Potiron » et comme nous le voyons encore sur cette question d’urbanisme. Mme Brugnera nous dit « L’opposition s’est émue du projet visant à lever une réserve pour espace sportif… Concernant le terrain sportif, il en existe déjà un à proximité ». Non Mme Brugnera, la réserve que vous comptez supprimer sur l’îlot en cause était une réserve pour espace public, au profit du Grand Lyon et non de la Ville (je joins une photo pour aider le cas échéant au suivi de ce dossier !). Tout cela pose effectivement question sur la vision de la Mairie du 3e sur le renouvellement urbain du secteur Voltaire.

Malaise encore avec la suppression de la réserve pour espace vert de la rue des Petites sœurs. Mme Panassier nous dit : « c’était trop petit » (1990 m²). La réserve qui a été créée rue Meynis lors de la dernière modification fait seulement 1260 m². Celle qui existe rue de l’Espérance 1810 m²…

Malaise toujours avec les aménagements du tramway T3 du fait de la mise en service de Rhônexpress et du projet de desserte du Grand stade. Une réunion de concertation avait lieu mercredi soir en Mairie. Monsieur Rivalta, Président du Sytral, a plusieurs fois évoqué lors de la soirée le fait que des tramways pour le Grand stade partiront effectivement du nouveau quai prévu au Sud de la rue Paul Bert (sur une partie du tènement prévu pour l’Esplanade verte Dauphiné II)… Et tant pis si les supporters devront faire un trajet de 500 mètres entre la gare Part Dieu/Métro et cette gare « spéciale ». Pourtant, dans les documents de concertation consultables en Mairie, c’est-à-dire dans les « écrits », nulle mention de cette gare « spéciale ». Les aménagements prévus sont présentés comme une plate-forme constituant :

  • un quai de secours,
  • un point de stockage de rames (injection/retrait du réseau),
  • un point de régulation du trafic pour « gérer l’encombrement du tronc commun T3, T4, Rhônexpress » (et après on vient prétendre que l’intersection avec la rue Paul Bert ne va pas perturber gravement la circulation automobile)…

Bref, la question majeure de l’urbanisme exige mieux que du verbiage : du sérieux dans le suivi des dossiers, de la transparence et du pragmatisme.

Vous avez dit contre-vérité ?

De retour de quelques jours de congés, on me signale un billet me concernant sur le blog de Madame Brugnera, conseillère du 3e chargée de la petite enfance. Il fait suite à un échange que nous avons eu sur le dossier des Relais d’assistantes maternelles « Citrouille et Potiron » lors du conseil d’arrondissement du 3e. Madame Brugnera entend ainsi « rectifier des contre vérités que je véhiculerais sur le sujet ». Diantre ! Interroger serait donc proférer des contre-vérités.  Le plus cocasse, c’est que non seulement elle ne démontre aucune contre vérité, mais bien au contraire, elle confirme les points que j’avais soulevés, en contredisant par la même le Maire du 3e  – cf. mon billet du 28 février !

1er élément. La conseillère à la petite enfance écrit que face à deux options – la reprise des relais par la Mutualité du Rhône ou la reprise par une association de parents et d’assistantes maternelles -, la Ville de Lyon fait le choix de la 1ère option. Il y a donc bien un choix et non une « automaticité juridique ». J’avais voulu éclaircir ce point, et le Maire du 3e avait répondu que la 1ère option était la seule solution juridiquement possible. Va comprendre…

2e élément. Je m’étais étonné en conseil du fait que les anciens salariés des Relais n’avaient apparemment pas reçu de proposition écrite de recrutement dans le cadre du nouveau montage. La conseillère à la petite enfance confirme que les courriels ont été adressés aux relais, alors que les salariés n’avaient plus accès aux locaux…

Je voudrais revenir aussi sur le qualificatif « exemplaire » que j’avais employé et qui semble poser problème à Mme Brugnera. Oui, je trouve intéressantes les expériences qui voient des citoyens, en l’occurrence des parents et des assistantes maternelles, se mobiliser dans la durée pour gérer un équipement. Visiblement, à entendre Mme Brugnera, l’autogestion n’est plus une approche prisée à gauche…

Je voudrais aussi dire que quatre mois de fermeture de relais d’assistantes maternelles, ce n’est pas une simple « péripétie administrative ». L’affaire aurait dû être mieux gérée pour éviter la rupture. Je voudrais lui dire aussi qu’il revient aux élus d’arrondissement de répondre aux questions « techniques » posées sur les dossiers. La réponse « voyez avec la Mairie centrale », même sur des points juridiques « complexes » n’est pas satisfaisante. De la même façon, les élus d’arrondissement auraient pu faire en sorte de veiller à ce que les salariés soient bien informés, en essayant de rapprocher les points de vue. C’est dans cette intermédiation et cette contribution à l’ingénierie des dossiers que réside la valeur ajoutée des élus d’arrondissement.

L’important maintenant est effectivement la réouverture des relais et de renouer avec leur succès avec la Mutualité du Rhône. Pour autant, il faut être transparent sur la gestion de ce dossier et en tirer les leçons.

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