Juil 07

Je vous propose de terminer cette série de billets sur l’autre bilan de la Mairie PS du 3e arrondissement en traitant du sujet clé de la mobilité. Là encore, le bilan n’est pas bon ; des choix incohérents et l’idéologie « anti-voiture » d’une partie de la majorité ont conduit à une dégradation de notre capacité à se déplacer.

Ce mandat s’est d’abord traduit par la réduction des capacités de circulation sur deux axes majeurs du 3e : l’avenue Félix-Faure et l’avenue de Saxe. Conséquence : des déplacements beaucoup plus compliqués en heure de pointe en Est-Ouest et Sud-Nord.

Dans le même temps, un plan d’ensemble semble avoir été lancé pour contraindre les déplacements automobiles dans le secteur de la Part-Dieu, alors même que la construction de plusieurs tours est envisagée. La suppression de la trémie de Garibaldi au niveau du cours Lafayette va créer une intersection très chargée entre deux axes majeurs de circulation. La nouvelle tour InCity se construit sans parking, ce qui provoquera une saturation du stationnement en surface et des automobilistes tournant dans le secteur à la recherche d’une place. Pour corser la situation, se prépare l’aberrante fermeture de la rue Servient sous la Part-Dieu, le trafic étant dévié vers un prolongement de la rue Bouchut. Le réaménagement de la gare Part-Dieu va se traduire aussi par la suppression de deux files de circulation de l’avenue Pompidou, sous les voies ferrées, un choix qui va contraindre l’accessibilité du quartier Villette. Lors de la réunion de présentation de ce projet, j’ai posé la question des conséquences pour la fluidité du trafic. Réponse : « il est clair que la suppression de deux voies de circulation va causer des remontées de trafic ! ».

Autre constat : depuis quelques mois, Montchat connaît de coûteux travaux de voirie dont le résultat immédiat est de réduire les capacités de stationnement et de compliquer les conditions de circulation.

Cette dégradation des conditions de mobilité est d’autant plus dommageable que la desserte en transports en commun a peu progressé. Seul le prolongement de T4 jusqu’à Part-Dieu constituera prochainement une réelle amélioration. La ligne C3 reste toujours aussi irrégulière. Les déplacements entre l’Est et l’Ouest de l’arrondissement en C9 et C13 sont toujours une épreuve (desserte insuffisante, bus bondés). L’électrification du C13 va même entraîner une dégradation du service puisque le quartier de la Mairie du 3e ne sera plus desservi. Quant à la navette de Montchat, elle reste bien une promesse non tenue.

Voilà les constats que je fais après cinq ans de mandat de Thierry Philip. Je le fais sans être un adepte du tout voiture en ville. Personnellement, je fais environ 80 % de mes déplacements domicile-travail ou domicile-école à pied, en transport en commun ou en Velo’V. Mais il faut admettre qu’il y a des situations personnelles, de famille ou d’activité professionnelle qui font que l’usage de la voiture est incontournable.

Le Maire du 3e nous dira sans doute que les déplacements « c’est pas lui » mais le SYTRAL de M. Rivalta. On a vu son effacement quand s’est posé le problème de la caricature de concertation sur le dossier « C3 ». Thierry Philip promettait pourtant en 2008 qu’il serait un chef d’orchestre, et que jamais il ne dirait à propos des sujets locaux « ce n’est pas de ma responsabilité »…

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , , , , , ,

Juin 27

Assez rapidement, des itinéraires cyclables devraient être créés sur l’avenue de Saxe et l’avenue Félix Faure, avec pour conséquence probable, la perte d’une voie de circulation. C’est ce qui a été annoncé dernièrement par la Mairie du 3e.

Premier constat : ces aménagements étaient déjà « dans les tuyaux » avant la concertation sur le plan « modes doux ». Ce n’est donc pas un scoop mais compte tenu de ces conclusions, on peut constater que cette concertation aura ainsi largement été un leurre.

Deuxième constat : avec les axes sélectionnés, le Grand Lyon et la Mairie du 3e font clairement le choix de réaliser des itinéraires modes doux sur des axes structurants de circulation. La conséquence immédiate est de réduire les capacités d’écoulement de ces axes pour le trafic automobile ce qui va ravir ceux qui veulent une ville sans voitures. Je veux dire de nouveau qu’il me semble aberrant d’utiliser les vélos pour bloquer les grands axes. Et je veux dire aussi que c’est une erreur que de réduire les capacités de circulation automobile de l’avenue de Saxe et de Félix Faure, cette dernière pouvant selon le projet être réduite à une voie !

Cette restriction de voirie est d’autant plus une erreur qu’il y a d’autres solutions pour les itinéraires deux roues. On nous dit que les objectifs de ces nouveaux axes sont :

  • Pour l’avenue de Saxe, de réaliser un nouvel axe Sud-Nord, allant vers le Parc de la Tête d’Or,
  • Pour l’avenue Félix Faure, de réaliser une liaison vers Villeurbanne.

Voici quelques réflexions en s’appuyant sur le plan ci-dessous qui comporte en violet, les grands itinéraires deux roues existants ou programmés comme Garibaldi, en orange les projets sur Saxe et Félix Faure et en bleu les autres aménagements possibles (avec mes excuses pour la qualité médiocre du plan, c’est un blog à petits moyens !).

Concernant l’itinéraire Nord-Sud, on constate que nous avons déjà celui des Berges du Rhône et que nous aurons celui de Garibaldi (d’où la nécessité de réaliser au plus vite l’intégralité du nouvel aménagement de cet axe).

Pour la liaison avec Villeurbanne, nous avons l’itinéraire cours Gambetta-Albert Thomas-Mouton Duvernet et la piste le long du tram T3 jusqu’à Reconnaissance. Cet itinéraire pourrait être amélioré en sécurisant Gambetta, l’intersection Albert-Thomas/Dauphiné et en réalisant une jonction directe Mouton-Duvernet – Tram T3.

Nous avons aussi un 2e itinéraire, avec rue de la Part Dieu-Bouchut et la possibilité de réaliser un aménagement pour prolonger la liaison via la rue Saint Antoine, dont la largeur constitue une opportunité. Cela a je crois été pointé par le Conseil de quartier. Outre cet aménagement, cela implique de trouver une solution « lourde » pour traverser la Part-Dieu, mais cette traversée est de toute façon une nécessité.

Une autre approche est donc possible : plutôt que de se lancer dans des aménagements de grandes longueurs, dont la finalité « anti-voitures » apparaît assez évidente, il serait sans doute plus judicieux de mobiliser les moyens financiers pour sécuriser et terminer les liaisons existantes ou potentielles compte tenu des maillons déjà réalisés.

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écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,