Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Étiquette : Bernard Rivalta

C’est quoi cette mobilité ?

Je vous propose de terminer cette série de billets sur l’autre bilan de la Mairie PS du 3e arrondissement en traitant du sujet clé de la mobilité. Là encore, le bilan n’est pas bon ; des choix incohérents et l’idéologie « anti-voiture » d’une partie de la majorité ont conduit à une dégradation de notre capacité à se déplacer.

Ce mandat s’est d’abord traduit par la réduction des capacités de circulation sur deux axes majeurs du 3e : l’avenue Félix-Faure et l’avenue de Saxe. Conséquence : des déplacements beaucoup plus compliqués en heure de pointe en Est-Ouest et Sud-Nord.

Dans le même temps, un plan d’ensemble semble avoir été lancé pour contraindre les déplacements automobiles dans le secteur de la Part-Dieu, alors même que la construction de plusieurs tours est envisagée. La suppression de la trémie de Garibaldi au niveau du cours Lafayette va créer une intersection très chargée entre deux axes majeurs de circulation. La nouvelle tour InCity se construit sans parking, ce qui provoquera une saturation du stationnement en surface et des automobilistes tournant dans le secteur à la recherche d’une place. Pour corser la situation, se prépare l’aberrante fermeture de la rue Servient sous la Part-Dieu, le trafic étant dévié vers un prolongement de la rue Bouchut. Le réaménagement de la gare Part-Dieu va se traduire aussi par la suppression de deux files de circulation de l’avenue Pompidou, sous les voies ferrées, un choix qui va contraindre l’accessibilité du quartier Villette. Lors de la réunion de présentation de ce projet, j’ai posé la question des conséquences pour la fluidité du trafic. Réponse : « il est clair que la suppression de deux voies de circulation va causer des remontées de trafic ! ».

Autre constat : depuis quelques mois, Montchat connaît de coûteux travaux de voirie dont le résultat immédiat est de réduire les capacités de stationnement et de compliquer les conditions de circulation.

Cette dégradation des conditions de mobilité est d’autant plus dommageable que la desserte en transports en commun a peu progressé. Seul le prolongement de T4 jusqu’à Part-Dieu constituera prochainement une réelle amélioration. La ligne C3 reste toujours aussi irrégulière. Les déplacements entre l’Est et l’Ouest de l’arrondissement en C9 et C13 sont toujours une épreuve (desserte insuffisante, bus bondés). L’électrification du C13 va même entraîner une dégradation du service puisque le quartier de la Mairie du 3e ne sera plus desservi. Quant à la navette de Montchat, elle reste bien une promesse non tenue.

Voilà les constats que je fais après cinq ans de mandat de Thierry Philip. Je le fais sans être un adepte du tout voiture en ville. Personnellement, je fais environ 80 % de mes déplacements domicile-travail ou domicile-école à pied, en transport en commun ou en Velo’V. Mais il faut admettre qu’il y a des situations personnelles, de famille ou d’activité professionnelle qui font que l’usage de la voiture est incontournable.

Le Maire du 3e nous dira sans doute que les déplacements « c’est pas lui » mais le SYTRAL de M. Rivalta. On a vu son effacement quand s’est posé le problème de la caricature de concertation sur le dossier « C3 ». Thierry Philip promettait pourtant en 2008 qu’il serait un chef d’orchestre, et que jamais il ne dirait à propos des sujets locaux « ce n’est pas de ma responsabilité »…

Béton et densification urbaine (suite)

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Je reviens sur la modification du Plan Local d’Urbanisme, projet sur lequel nous – les élus Ensemble pour Lyon du 3e – avons voté non lors du dernier Conseil. En débattant avec la Majorité du 3e, je me suis demandé à propos des points posant problème s’il y avait une volonté de masquer certaines évolutions ou bien un défaut de suivi des dossiers. Les suites de ce débat renforcent mes doutes.

Ces doutes concernent notamment le changement de destination de l’îlot Créqui/Chaponnay/Edison. J’ai déjà évoqué mon étonnement lorsque j’ai constaté que Mme Panassier, l’adjointe à l’urbanisme du 3e, n’évoquait pas spontanément ce projet dans sa présentation. Elle a répondu à mon interpellation avec des arguments pour le moins « datés » relatifs à la requalification de la place Voltaire. Elle a aussi essayé la diversion en mettant en avant le désormais classique « Mieux vivre ensemble » puis en glissant sur des propos plus que limites. Passons…

Depuis, la conseillère déléguée Anne Brugnera s’est aussi exprimée sur le sujet. Elle se positionne résolument comme la « grande rectificatrice » du Conseil du 3e, dès que l’opposition joue son rôle… quitte d’ailleurs à se prendre les pieds dans le tapis comme nous l’avons vu sur le dossier « Citrouille et Potiron » et comme nous le voyons encore sur cette question d’urbanisme. Mme Brugnera nous dit « L’opposition s’est émue du projet visant à lever une réserve pour espace sportif… Concernant le terrain sportif, il en existe déjà un à proximité ». Non Mme Brugnera, la réserve que vous comptez supprimer sur l’îlot en cause était une réserve pour espace public, au profit du Grand Lyon et non de la Ville (je joins une photo pour aider le cas échéant au suivi de ce dossier !). Tout cela pose effectivement question sur la vision de la Mairie du 3e sur le renouvellement urbain du secteur Voltaire.

Malaise encore avec la suppression de la réserve pour espace vert de la rue des Petites sœurs. Mme Panassier nous dit : « c’était trop petit » (1990 m²). La réserve qui a été créée rue Meynis lors de la dernière modification fait seulement 1260 m². Celle qui existe rue de l’Espérance 1810 m²…

Malaise toujours avec les aménagements du tramway T3 du fait de la mise en service de Rhônexpress et du projet de desserte du Grand stade. Une réunion de concertation avait lieu mercredi soir en Mairie. Monsieur Rivalta, Président du Sytral, a plusieurs fois évoqué lors de la soirée le fait que des tramways pour le Grand stade partiront effectivement du nouveau quai prévu au Sud de la rue Paul Bert (sur une partie du tènement prévu pour l’Esplanade verte Dauphiné II)… Et tant pis si les supporters devront faire un trajet de 500 mètres entre la gare Part Dieu/Métro et cette gare « spéciale ». Pourtant, dans les documents de concertation consultables en Mairie, c’est-à-dire dans les « écrits », nulle mention de cette gare « spéciale ». Les aménagements prévus sont présentés comme une plate-forme constituant :

  • un quai de secours,
  • un point de stockage de rames (injection/retrait du réseau),
  • un point de régulation du trafic pour « gérer l’encombrement du tronc commun T3, T4, Rhônexpress » (et après on vient prétendre que l’intersection avec la rue Paul Bert ne va pas perturber gravement la circulation automobile)…

Bref, la question majeure de l’urbanisme exige mieux que du verbiage : du sérieux dans le suivi des dossiers, de la transparence et du pragmatisme.

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