Fév 27

Voici mon communiqué à propos de la fermeture annoncée de l’avenue Georges Pompidou à compter du 5 mars 2018.

 

 

 

La Ville et la Métropole dépensent des millions d’euros pour ouvrir des voutes (Perrache, Confluence)… et des millions pour en fermer une autre !

Lundi prochain, l’avenue Pompidou sera fermée à la circulation pour le chantier des nouveaux accès à la gare, une coupure des circulations piétons/TC et voitures qui préfigure la réduction à 2×1 voie de cet axe majeur. Cet aménagement est l’une des incohérences du projet Part-Dieu que je dénonce depuis l’origine.

Constatant les effets néfastes pour la vie des quartiers et la circulation, la Métropole et la Ville de Lyon ont réalisé depuis quelques années de gros investissements pour ouvrir les « voutes » à Perrache ou à Confluence… mais à la Part-Dieu, avec la fermeture pendant le chantier des nouveaux accès à la gare, puis la réduction de 2×2 voies à 2×1 voie de l’avenue Pompidou, sous l’emprise SNCF, c’est une voute qui se ferme.

Cet aménagement, fortement poussé par la composante de la majorité municipale qui pratique la chasse à la voiture et l’écologie punitive, constitue l’une des incohérences du projet Part-Dieu. Après la conférence de presse de la Métropole de Lyon hier, il est important de rappeler/signaler les éléments suivants :

  • En restreignant fortement la circulation autour de la gare, l’aménagement va tout simplement limiter les fonctionnalités de cette dernière, que le projet PEM qui coute des centaines de millions d’euros vise pourtant à améliorer. L’accessibilité de la gare sera atteinte alors que les études de faisabilité estiment à + 18 % l’évolution du trafic automobile dans le secteur.
  • L’aménagement va encore compliquer les flux Est-Ouest, de part et d’autre de la gare, pénalisant des dizaines de milliers d’habitants résidant à Villette-Paul Bert. Ce quartier va être un peu plus enclavé. Les piétons, qui rencontrent déjà beaucoup de difficultés, devront tous passer par le hall bondé de la gare. Le bus C9, unique moyen de TC pour le centre de Villette et Ferrandière, verra sa qualité de desserte se dégrader encore. Et l’accessibilité au 3e Ouest en voiture sera très difficile.
  • La création délibérée de ce goulot d’étranglement va nécessairement détourner le trafic, et notamment vers l’Esplanade Mandela, pourtant promue comme poumon vert du secteur…

Depuis l’origine du projet, j’alerte sur cette incohérence et j’ai toujours refusé de soutenir cet aménagement au Conseil de la Métropole de Lyon ou au Conseil municipal de Lyon.

Il ne s’agit pas de critiquer pour critiquer, mais de rappeler que d’autres options étaient possibles pour ne pas « fermer cette voute » : créer de nouveaux accès à la gare, au Nord, près de Bonnel/Lafayette (accès C3), gagner le volume nécessaire aux nouveaux accès dans la butte pour ne pas réduire la voirie, préférer une passerelle aérienne. Le choix de la « facilité » et du moindre coût a été fait, au prix de l’incohérence préjudiciable à l’efficacité du Pôle d’échange et à la vie des quartiers autour de la gare.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

Oct 26

Voici les positions que j’ai portées sur le registre d’enquête publique du Projet d’Echange Multimodal Lyon Part-Dieu.

Vous pouvez vous exprimer dans le cadre de cette enquête jusqu’au 10 novembre. Il est possible de le faire en Mairie du 3e ou à la Mairie centrale, par courrier électronique (pem-part-dieu@mail.registre-numerique.fr) ou directement sur le registre numérique (www.registre-numerique.fr/pem-part-dieu).

“Chacun s’accorde sur la nécessité de réaménager et d’agrandir la gare de la Part-Dieu pour permettre de développer la desserte ferroviaire et d’améliorer le confort des usagers du train. Je partage les objectifs du projet tendant à agrandir le hall central de la gare et à améliorer les connexions avec tous les modes de transport qui desservent cette gare.

Concernant le développement et l’amélioration de la desserte ferroviaire de la gare, il faut rappeler qu’ils sont aussi liés à la réalisation du contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise et qu’il faut sans doute ne pas chercher à concentrer tous les trafics sur la gare Part-Dieu. D’autres gares de l’agglomération peuvent accueillir les dessertes nécessaires à l’accessibilité de la Métropole et ce sans forcément dégrader le service aux usagers.

Si je partage donc les objectifs du projet en matière de desserte ferroviaire et de confort des usagers, il y a néanmoins des aspects du projet PEM Part-Dieu qui me semblent problématiques, à la fois en termes de cohérence globale du projet et pour la vie des habitants du quartier. Ces derniers comprennent que cet équipement métropolitain majeur que constitue la gare nécessite un développement et présente des contraintes pour le quartier. Mais pour autant, il faut que ce développement s’intègre le mieux possible à un tissu urbain où vivent 20 000 habitants. La perspective ne peut être de faire de la Part-Dieu une zone uniquement consacrée aux échanges multimodaux, au centre d’affaires et au centre commercial.

Le premier problème est celui de la réduction de la chaussée de l’avenue Pompidou à deux fois une voie sous la gare, soit la perte de deux voies. Cette réduction va constituer un goulot d’étranglement, alors même que les études du PEM montrent que le trafic automobile autour de la Part-Dieu va s’accroître (+ 18 %). Le développement à proximité de l’offre des loueurs de voitures va aussi générer + 30 % de trafics de ces véhicules. La circulation va donc être saturée sous les voies, ce qui va pénaliser l’accessibilité à la gare. On le constate déjà depuis le début des travaux, en semaine, mais aussi le dimanche en fin de journée !

Par ailleurs, cette réduction de voirie pose un problème d’accessibilité locale pour le quartier de Villette Paul Bert. La liaison entre ce quartier et le centre-ville va être encore plus compliquée. Les études préalables au projet PEM ne semblent pas avoir analysé l’impact en termes de plan local de circulation. Par ailleurs, la suppression du site propre Est-Ouest sous les voies va encore dégrader la qualité de la circulation du bus C9, pourtant déjà très aléatoire, pénalisant ainsi tous les habitants du centre de Montchat, de Maisons neuves et de Ferrandière.

Je regrette que des alternatives pour les nouveaux accès aux quais n’aient pas été étudiées sérieusement. J’avais pour ma part avancé l’idée de nouveaux accès côté rue de Bonnel, ce qui présentait l’avantage de rapprocher l’accès aux trains depuis le cours Lafayette, notamment pour les nombreux usagers qui viennent à la gare en C3.

Autre sujet : les nouvelles galeries commerciales Villette et Béraudier peuvent avoir des effets défavorables pour la vie des quartiers environnants. La surface des commerces de la gare va ainsi être doublée passant de 5 428 m² à 10 500 m². Si je suis favorable à ce que la gare dispose de tous les commerces et services apportant du confort aux voyageurs, il ne faut pas pour autant constituer un nouveau centre commercial avec une offre diversifiée. En effet, comme la gare est une zone touristique, les commerces peuvent y être ouverts le dimanche toute la journée et tardivement en soirée. Si l’on fait de ces galeries un centre commercial complet, celui-ci bénéficiera d’un avantage concurrentiel par rapport aux commerces des quartiers environnants. Cela risque donc de fragiliser les commerces des centres de quartier (Paul Bert Sainte Anne, Guichard/Voltaire) et des axes alentours (Lafayette, Félix Faure). En fragilisant les rues commerçantes, cela nuirait aux habitants de ces secteurs et à l’animation urbaine.

Concernant le nouvel aménagement de la place Béraudier, il faut être particulièrement vigilant quant à la création de la place basse. Les abords de la Part-Dieu sont sensibles en termes de sécurité. En créant de nouveaux espaces souterrains, avec de multiples issues, on multiplie les risques de trafics, d’agressions et de nuisances. L’espace d’échange de cette place basse doit donc être totalement sécurisé pour ne pas reproduire les échecs connus dans ce type d’espaces (ancienne Fosse aux ours par exemple).

Concernant le nouvel ensemble To Lyon, d’après les maquettes qui ont été présentées, on peut s’interroger sur l’intégration urbaine de la nouvelle tour. Sa hauteur (170 m) et sa couleur noire risquent d’écraser la perspective du pôle d’échange, d’autant plus que la hauteur de la façade de la gare sera quant à elle largement diminuée dans la nouvelle configuration.

Enfin cette enquête publique est l’occasion de contester de nouveau le prolongement de la rue Bouchut jusqu’au boulevard Vivier-Merle pour accueillir la circulation automobile qui passait jusqu’à maintenant par la rue Servient. Cet aménagement va nécessairement amener une hausse du trafic dans les rues résidentielles Mazenod et André Philip, en contradiction avec la hiérarchie des voiries. Là encore, les habitants sont oubliés dans ces plans de développement.”

 

 

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , , , , , ,