Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Étiquette : C3

Mea Culpa

Il y a un an, au sortir de la période estivale, je dénonçais une desserte en transports en commun à Lyon en juillet-août indigne d’une métropole européenne. Mea culpa ! Ces propos étaient en effet décalés… tant la situation de cet été s’est avérée encore bien pire !!! Pour les malheureux travailleurs de juillet-août ou les touristes, la mobilité à Lyon cet été a été un calvaire.

Comme chaque année, il a déjà fallu faire face aux fréquences largement allégées, avec des délais de 7/10 minutes entre les dessertes, y compris sur les lignes fortes. Sur un voyage avec correspondances cela fait rapidement tourner l’horloge du déplacement…

Mais il a fallu compter aussi avec une multitude incroyable de chantiers qui a complètement désorganisé le réseau. Il y a bien sûr le cas de Confluence, redevenue une enclave le temps de cet été avec l’interruption des lignes de tram… une vraie galère pour beaucoup de monde compte tenu de l’importance qu’a pris le secteur en termes de pôle d’activité. Mais au-delà de ce point noir, les problèmes étaient partout, avec des interruptions de lignes et des modifications d’itinéraires systématiques. Franchement, les désagréments pour les personnes qui ont eu à se déplacer quotidiennement à Lyon pendant l’été ont été très importants, en termes de temps perdu, de mauvaises conditions de transport, de stress.

Alors bien sûr, les autorités responsables de cette situation vont évoquer la nécessité de faire des travaux et l’intérêt de les concentrer au maximum l’été, quand il y a moins de monde. Comme les élections approchent, il est vrai que la situation était particulièrement tendue cette année…

Deux opinions sur cette vision des choses.

Tout d’abord, comme je le disais déjà l’année dernière, il serait peut-être temps d’intégrer le fait que pour une grande métropole, un certain niveau d’activité continue pendant l’été. Les salariés ne bénéficient pas d’une “trêve” aussi longue que la trêve politique de deux mois. Quand on ajoute les températures de plus en plus chaudes, il serait peut-être opportun de ne plus systématiquement passer par pertes et profits les conditions de vie des travailleurs estivaux. Et puis il y a les touristes, de plus en plus nombreux à Lyon. Pense-t-on à l’image qu’ils ont de la ville face à un niveau aussi dégradé de la desserte en transports en commun ?

Ensuite, je m’interroge sur les mesures prises pour pallier les conséquences de certains travaux. Effectivement, dans certains cas, des solutions de substitution ont été mises en place, avec par exemple des bus relais ou de nouveaux arrêts provisoires. De toute évidence, ces mesures ont été définies à partir de normes techniques appliquées de façon systématique. Mais a-t-on pensé aux besoins des usagers, à la façon de réduire au mieux les nuisances liées au bouleversement du réseau du fait des travaux ? On peut en douter quand on voit par exemple la difficulté à récupérer le bus relais de Confluence à la sortie du métro Perrache ou bien encore la localisation de l’arrêt provisoire du C3 à Cordeliers, bien caché derrière l’Eglise Saint Bonaventure, lorsque la ligne a été coupée.

Bref, il y a une vraie remise en question à opérer sur la gestion des transports collectifs à Lyon pendant la période estivale.

 

Un an pour quoi faire ?

Depuis l’élection municipale de mars 2014, Thierry Philip et son équipe ont passé beaucoup de temps à se répartir les postes puis à changer plusieurs fois cette répartition. Le Conseil d’arrondissement a ainsi pris une allure de “Tournez manège” ! 

Pendant ce temps, les sujets de préoccupation perdurent.

En matière de sécurité, si la mobilisation des habitants, relayée par notre opposition, a conduit la Mairie à enfin reconnaitre les problèmes (place Gabriel Péri, Villette…), les solutions durables sont toujours attendues. Par ailleurs, des problèmes perdurent, comme par exemple les dégradations sur véhicules à Montchat.

La densification urbaine se poursuit à marche forcée : les habitants de la Part-Dieu découvrent toujours les projets de tours à l’issue du MIPIM ou autres salons immobiliers et l’ambiance village de Montchat est de plus en plus menacée.

Pour nos déplacements, l’offre des lignes C3, C9 et C13 reste inadaptée.

Quant à l’autosatisfaction du Maire sur les nouveaux rythmes scolaires, elle est bien décalée par rapport à ce que vivent les parents et les équipes éducatives…

 

C’est quoi cette mobilité ?

Je vous propose de terminer cette série de billets sur l’autre bilan de la Mairie PS du 3e arrondissement en traitant du sujet clé de la mobilité. Là encore, le bilan n’est pas bon ; des choix incohérents et l’idéologie « anti-voiture » d’une partie de la majorité ont conduit à une dégradation de notre capacité à se déplacer.

Ce mandat s’est d’abord traduit par la réduction des capacités de circulation sur deux axes majeurs du 3e : l’avenue Félix-Faure et l’avenue de Saxe. Conséquence : des déplacements beaucoup plus compliqués en heure de pointe en Est-Ouest et Sud-Nord.

Dans le même temps, un plan d’ensemble semble avoir été lancé pour contraindre les déplacements automobiles dans le secteur de la Part-Dieu, alors même que la construction de plusieurs tours est envisagée. La suppression de la trémie de Garibaldi au niveau du cours Lafayette va créer une intersection très chargée entre deux axes majeurs de circulation. La nouvelle tour InCity se construit sans parking, ce qui provoquera une saturation du stationnement en surface et des automobilistes tournant dans le secteur à la recherche d’une place. Pour corser la situation, se prépare l’aberrante fermeture de la rue Servient sous la Part-Dieu, le trafic étant dévié vers un prolongement de la rue Bouchut. Le réaménagement de la gare Part-Dieu va se traduire aussi par la suppression de deux files de circulation de l’avenue Pompidou, sous les voies ferrées, un choix qui va contraindre l’accessibilité du quartier Villette. Lors de la réunion de présentation de ce projet, j’ai posé la question des conséquences pour la fluidité du trafic. Réponse : « il est clair que la suppression de deux voies de circulation va causer des remontées de trafic ! ».

Autre constat : depuis quelques mois, Montchat connaît de coûteux travaux de voirie dont le résultat immédiat est de réduire les capacités de stationnement et de compliquer les conditions de circulation.

Cette dégradation des conditions de mobilité est d’autant plus dommageable que la desserte en transports en commun a peu progressé. Seul le prolongement de T4 jusqu’à Part-Dieu constituera prochainement une réelle amélioration. La ligne C3 reste toujours aussi irrégulière. Les déplacements entre l’Est et l’Ouest de l’arrondissement en C9 et C13 sont toujours une épreuve (desserte insuffisante, bus bondés). L’électrification du C13 va même entraîner une dégradation du service puisque le quartier de la Mairie du 3e ne sera plus desservi. Quant à la navette de Montchat, elle reste bien une promesse non tenue.

Voilà les constats que je fais après cinq ans de mandat de Thierry Philip. Je le fais sans être un adepte du tout voiture en ville. Personnellement, je fais environ 80 % de mes déplacements domicile-travail ou domicile-école à pied, en transport en commun ou en Velo’V. Mais il faut admettre qu’il y a des situations personnelles, de famille ou d’activité professionnelle qui font que l’usage de la voiture est incontournable.

Le Maire du 3e nous dira sans doute que les déplacements « c’est pas lui » mais le SYTRAL de M. Rivalta. On a vu son effacement quand s’est posé le problème de la caricature de concertation sur le dossier « C3 ». Thierry Philip promettait pourtant en 2008 qu’il serait un chef d’orchestre, et que jamais il ne dirait à propos des sujets locaux « ce n’est pas de ma responsabilité »…

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