Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Étiquette : Catherine Panassier

Difficile de suivre

Ces derniers mois, j’ai été surpris de constater que la Maire du 3e arrondissement, Catherine Panassier, fuyait les occasions de débat et d’explication des décisions prises. Ainsi, cet été, la promesse faite aux habitants d’une réunion pour leur présenter l’opération immobilière d’aménagement du site de la clinique Trarieux à Montchat n’était pas tenue, au motif que la campagne électorale avait démarré… Plus récemment, j’ai fait le constat d’une absence d’élus de la « majorité » à deux assemblées générales importantes de comités d’intérêt local : à Montchat avec le sujet de la zone 30 km/h en cours de déploiement à l’ordre du jour (seul l’élu écologiste Dominique Hitz était présent), puis à Villette-Paul Bert, où un point détaillé était fait sur les aménagements du projet Part-Dieu (seule l’élue écologiste Françoise Chevallier était présente). Dans les deux cas, on avait laissé entendre aux organisateurs que la « période de réserve » des élections de mars permettait difficilement une participation aux réunions de CIL…

Pour tout dire, je trouve assez inconvenant l’utilisation de cet argument pour éviter l’échange avec les habitants. La loi dispose qu’avant les élections, les élus ne peuvent mobiliser les moyens de la collectivité territoriale à l’appui de leur candidature ou pour promouvoir leurs réalisations. Je ne crois pas que d’assister à une assemblée générale d’une association indépendante entre dans ce cadre. La loi n’a bien sûr pas prévu que l’action des élus s’arrête 6 mois avant le scrutin… et il est bien dans la mission d’un Maire de répondre aux questions des habitants. Je dois dire que c’est bien la 1ère fois que j’entends ces arguments pour expliquer l’absence à une AG de CIL.

Tout cela est d’autant plus étonnant que dans le même temps, la Maire du 3e n’hésite pas à porter et participer à une concertation sur l’aménagement du débouché Sud de la rue Moncey, avec l’idée d’une démolition totale ou partielle du CLIP à la clé… On parle ainsi d’un projet structurant avec une facture pouvant varier de 20 à 35 M.€, qui n’a fait l’objet d’aucune présentation ou débat en Conseil d’arrondissement !

Ainsi, pour cette opération qui met en musique ce qu’il faut bien appeler des promesses de campagne, on ne parle plus de période de réserve…

Le secteur Mutualité n’est plus oublié

Je me félicite que l’amendement que j’avais proposé ait été voté lors du Conseil municipal du 19 décembre 2019. Ainsi, le secteur couvert par l’expérimentation de la vidéo-verbalisation à Guillotière va intégrer des rues sensibles du secteur Mutualité dans le 3e arrondissement : les rues Montebello, Aimé Colomb et une partie de la rue Mortier (ce qui peut être vidéosurveillé avec les caméras existantes).

Cela permet ainsi de corriger un oubli puisque la délibération initiale ne comportait rien sur Mutualité, alors même qu’il y a un mois et demi j’avais alerté la Maire du 3e, Catherine Panassier, en Conseil du 3e arrondissement (voir ci-dessous mon billet du 5/11/2019). Elle avait balayé mon vœu au prétexte d’attendre les résultats d’études. Je la laisse, avec sa majorité, expliquer le pourquoi de ce refus…

L’essentiel est que ce test de la vidéo-verbalisation intègre bien sans attendre toutes les rues où des problèmes se posent, notamment du fait de stationnements sur la chaussée, supports de bruits, de trafics et autres nuisances pour les habitants.

La vidéo de mon intervention en Conseil municipal c’est ici.

Gonflé et malsain

COMMUNIQUE DE PRESSE

Dans son édition du 17 novembre, le Progrès consacre un article aux insuffisances du gardiennage dans plusieurs équipements sportifs du 3e arrondissement : sont en cause le nettoyage des vestiaires, la surveillance des accès, la remise des clés… des problèmes importants pour l’activité des clubs sportifs utilisateurs de ces équipements.

L’adjoint aux sports du 3e arrondissement a réagi publiquement à cet article, exprimant sa « déception vis-à-vis de l’AS Montchat », l’une des associations qui fait remonter ces dysfonctionnements. Abdel Achache explique cette déception d’une part par le fait qu’il faut laisser du temps pour apporter les réponses et d’autre part parce que l’association alerte sur ces dysfonctionnements alors qu’elle va bénéficier d’un agrandissement de son terrain du stade Foe.

Je trouve cette réaction gonflée et malsaine.

Gonflée car réclamer (encore) un peu de patience alors que ces problèmes durent depuis très longtemps n’est pas une réponse acceptable. La Ville doit gérer ses équipes de façon beaucoup plus réactive. L’action municipale ne peut être durablement tributaire de mutations de personnels ou de réorganisation du service.

Cette réaction de la Ville est aussi malsaine car elle résonne comme un avertissement aux associations : si vous voulez notre soutien financier, si vous voulez des investissements, soyez dociles avec la Mairie… Il n’y a en effet aucun rapport entre l’extension du stade Foe et les dysfonctionnements signalés. C’est d’autant plus malsain que lors du conseil d’arrondissement du 12 novembre, Catherine Panassier, Maire du 3e avait déjà lourdement insisté sur l’investissement réalisé par la Ville pour l’extension du stade, en suggérant là encore que l’AS Montchat devrait être reconnaissante. Et l’adjoint aux sports de la Ville de Lyon, Yann Cucherat, a tenu le même discours en Conseil municipal. Les élus municipaux ne doivent pas considérer les associations comme des obligés dociles. Elles sont des partenaires qui aident la Ville en proposant des activités au bénéfice de la population.

Remplacement du Maire de Lyon 3e : un retour aux urnes des habitants était nécessaire

Voici l’explication de notre décision de ne pas prendre part au vote pour l’élection du nouveau Maire de Lyon 3e, même si nous étions bien sûr présents à la séance de ce samedi 10 mars 2018.

 

A la suite de la démission de Thierry Philip, le Conseil du 3e arrondissement a élu, ce samedi 10 mars, Catherine Panassier pour lui succéder.

Il s’agit d’une élection faux-semblant. Malgré leurs fractures, malgré les divergences politiques de fond dans le nouveau paysage politique national, les conseillers issus de la liste Collomb de 2014 se sont entendus pour cette désignation car il y avait les postes d’adjoint à se répartir.

Suite à la démission de Thierry Philip, qui est aussi une traduction de ce malaise au sein de la coalition de 2014 (cf. son interview dans le Progrès du 10 mars), il aurait fallu que les habitants du 3e puissent revenir aux urnes, pour clarifier les choix politiques pour l’arrondissement. Dans ce contexte, les élus Les Républicains et apparentés du 3e ont choisi de ne pas prendre part à cette élection au sein du conseil.

Nous avons besoin de savoir comment va agir cet ensemble d’élus qui regroupe des PS traditionnels, des Verts assumés, des communistes historiques, des MODEMs, d’anciens socialistes devenus l’avant-garde du macronisme, des modérés de la société civile… Comment cet ensemble hétéroclite entend-il agir pour notre arrondissement pendant les deux prochaines années :

  • En matière de mobilité, partagent-ils la vision d’une écologie punitive et de la chasse systématique à la voiture, défendue avec acharnement par certains d’entre eux, comme nous le voyons sur la réduction des voiries ou la réforme du stationnement ?
  • Concernant les écoles, défendent-ils toujours la vision de M. Peillon/Hamon en matière de rythmes scolaires ou sont-ils finalement ralliés au retour à la situation antérieure ?
  • En matière de lutte contre la délinquance, sont-ils pour une action ferme pour mettre un terme aux comportements qui nuisent à la vie des gens ou bien confirment-ils qu’ils sont des adeptes du fatalisme et de l’excuse sociale ?
  • En matière de cadre de vie, sont-ils pour la densification de l’habitat, y compris à visée électoraliste, ou de vrais partisans de la qualité de vie en ville et de l’identité des quartiers ?
  • Concernant les migrants, sujet qui a été d’actualité dans le 3e, sont-ils d’accord avec les projets du Ministre de l’intérieur Gérard Collomb ou bien sont-ils sur une position de large accueil ?

C’est cela qui est en question, et il aurait été bon que les habitants puissent clarifier les choses.

Et maintenant, quelle feuille de route pour le 3e arrondissement ?

Voici la vidéo de mon interview sur Lyon Mag/Jazz Radio par Gérard Angel, suite à la démission de Thierry Philip. Ce départ n’est pas anodin, et il pose des questions pour notre arrondissement (voir aussi ci-dessous mon communiqué de presse).

Communiqué de presse du 15 janvier 2018

Thierry Philip vient d’annoncer qu’il abandonnera prochainement sa fonction de Maire du 3e arrondissement dans un discours sur l’engagement politique qui ne manquait pas de panache. C’est une décision qui n’est pas anodine et qui suscite le respect. Il me semble effectivement logique et incontournable qu’un élu assure pleinement son mandat.

Nous avons eu de nombreuses divergences de vue avec Thierry Philip ces dernières années, à propos du développement du 3e arrondissement. Je salue cependant l’homme de conviction et je reconnais qu’il était un chef d’orchestre pour la majorité municipale du 3e.

Cela met d’autant plus en avant une question majeure qui se pose pour les habitants du 3e arrondissement. Quelle va être l’orientation politique de l’équipe qui a la charge de servir les Lyonnais du plus important arrondissement de la ville ?

La majorité du 3e arrondissement est en effet particulièrement hétéroclite, rassemblant des élus « En marche » qui ont coupé avec le PS, des élus PS qui se veulent les gardiens du Temple socialiste, des Verts parmi les plus idéologues, des MODEM, des cadres du PCF, des modérés de la société civile…

Le départ de Thierry Philip pose ainsi la question de l’orientation politique pour cette fin de mandat, alors même que les enjeux d’un arrondissement qui vient de passer le cap des 100 000 habitants exigent une orientation claire :
– quelle réponse pour les secteurs de l’arrondissement confrontés à l’insécurité et aux atteintes à la tranquillité publique,
– quel engagement pour obtenir les nouveaux équipements nécessaires du fait de la forte croissance de la population,
– quelle vigilance sur le Grand projet Part-Dieu pour s’assurer qu’il prend bien en compte les besoins et contraintes des habitants,
– quelle volonté pour préserver les spécificités des quartiers, leur identité, leur cadre de vie, pour éviter qu’une densification homogène se traduise par la banalisation des quartiers et la généralisation des problèmes liés à cette densification,
– quelle détermination pour veiller à ce que l’affirmation de la Métropole ne se traduise pas par une perte de la proximité dans la mise en œuvre des politiques ?

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