Nov 06

Lors du Conseil d’arrondissement de jeudi soir, j’ai interrogé Thierry Philip sur la poursuite de la grève dans les cantines. Directement concerné, j’avais eu aussi dans la journée plusieurs témoignages de parents m’exprimant leur ras-le-bol face à la poursuite du mouvement, en cette rentrée. La situation devient vraiment critique pour les familles notamment lorsque les parents travaillent.

L’adjointe aux affaires scolaires a confirmé l’ampleur de la poursuite de la grève : 7 restaurants scolaires sur 15 sont toujours fermés dans le 3e, avec un préavis courant pour l’instant jusqu’au 9 novembre. Pour le reste, le Maire a expliqué que la négociation se poursuivait avec un syndicat et qu’il restait à espérer une issue prochaine… Cette situation pose à mon avis plusieurs questions.

Tout d’abord celle du conflit social lui-même. De toute évidence, les choses ont été bien mal gérées par la Ville. Les revendications ont tout d’abord été masquées par le mouvement d’opposition à la réforme des retraites. Ensuite la Ville a communiqué sur une fin de mouvement, alors que l’accord n’était pas signé avec tous les syndicats. En tant que parent, nous avons ainsi reçu un courrier annonçant un accord avec la CGT qui se révélait plutôt optimiste quant à la réouverture des cantines à la rentrée. La déception n’en a été que plus grande dans les écoles toujours concernées.

Sur le fond du dossier, et la question de la dégradation des conditions de travail des agents, la Ville met en avant la progression « imprévisible » du nombre d’enfants qui déjeunent à la cantine. Le problème est en fait bien dû en partie à un défaut d’anticipation des conséquences du développement urbain. Je cite le syndicat CFTC : « la Ville de Lyon avait bien connaissance de la croissance démographique sur son territoire, notamment par le nombre de nouveaux logements, et aurait pu en anticiper les conséquences ». Par ailleurs, si la hausse des inscriptions est aussi liée à la crise, qui modifierait les besoins, cela n’exonère pas pour autant la Ville de sa responsabilité. Bien au contraire, la mobilisation en cette période difficile est l’affaire de tous. Et les cantines sont un service fondamental rendu à la population. L’adaptation de ce service aux besoins doit être une priorité, alors qu’il y a tant d’actions de la Ville qui sont un peu en marge.

Enfin, il y a la question des mesures temporaires que la Ville pourrait prendre, pour soulager les parents, dans le contexte de poursuite de la grève. Là encore, c’est le grand flou. Le courrier adressé aux parents ouvre une fenêtre, « en envisageant si nécessaire des solutions d’accueil à partir du 8 novembre si la grève devait durer ». Nous y sommes. Quelles sont ces solutions d’accueil ? Après avoir posé trois fois la question, j’ai obtenu un indice de réponse du Maire du 3e : « on ne va bien sûr pas contribuer à casser la grève ». Avec un tel volontarisme, on peut toujours espérer une solution… Et pourtant, une solution temporaire d’accueil des enfants pendant le temps du repas n’aurait rien d’un « cassage » de grève. Qui peut penser que les parents se satisferaient dans la durée d’un tel service ? Ce serait simplement permettre à de nombreux Lyonnais de sortir de situations éprouvantes et ingérables.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , ,

Sep 25

Restaurant_scolaire

Nous devons tous être mobilisés dans la bataille de l’emploi, car en cette période de sortie de crise, il faut faire redescendre le niveau du chômage. L’emploi est la priorité, et pourtant, plusieurs familles lyonnaises, dont les deux parents travaillent, doivent actuellement faire face à l’impossibilité d’accueillir leur enfant à la cantine de l’école, dans plusieurs groupes scolaires de la Ville, dont Meynis et Charial. Ils doivent donc venir récupérer leur enfant à 11H20 – ce qui comme chacun sait, est très facile quand on travaille -, ou bien trouver le moyen de confier leur enfant à quelqu’un.

Les raisons : des cantines trop petites pour la demande de restauration et des critères pour prioriser les demandes qui placent les familles dont les deux parents travaillent au 4e rang en termes de priorités ! C’est faire peu de cas des contraintes des parents actifs ; un constat que l’on peut faire aussi devant le manque d’empressement de la Ville de Lyon à mettre en place, et à faire connaître, un service minimum d’accueil des enfants les jours de grève de qualité (sujet que nous avons déjà traité).

Que faut-il penser de cette situation aberrante ?

D’abord ces critères de priorisation sont aberrants. Lors du vote du règlement de restauration scolaire, qui fixe ces nouveaux critères, les élus « Ensemble pour Lyon » se sont opposés.

Ensuite, la cause du problème, c’est un défaut de prospective, une mauvaise prévision des besoins. Soyons réalistes, cette prévision n’est pas si facile que cela, tant la Ville change rapidement dans certains secteurs, avec de nouvelles constructions, mais aussi les changements de structure de la population. La vérité d’une année ne sera pas forcément celle de quatre années plus tard. On peut cependant s’étonner qu’une cantine comme celle de Charial, qui vient d’être rénovée, soit trop petite la rentrée suivant son inauguration.

Face à cette situation, la première exigence, c’est d’accélérer la réalisation des équipements permettant d’augmenter la capacité. Mais dans l’attente, il faut trouver des solutions temporaires de remplacement, et ce très rapidement. Même si ce n’est pas une obligation juridique, la Ville doit rendre ce service qui est vraiment un service fondamental pour les habitants.

La Ville de Lyon semble aujourd’hui compter sur les solidarités de proximité entre les parents pour résoudre le problème. Cette solidarité est bien évidemment une bonne chose, mais elle ne peut être érigée en système de gestion. La Ville doit faire face.

Notre mobilisation ne faiblit pas pour que la Ville assure ses responsabilités : le groupe municipal « Ensemble pour Lyon » reviendra sur le sujet en Conseil municipal et Dominique Perben, en tant que député, a de nouveau saisi Gérard Collomb du problème des écoles du quartier Villette.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , ,