Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Étiquette : Conseil du 3e arrondissement

Des primaires 1 + 9

Je fais suite à mon post du 23 juin dans lequel j’évoquais le sujet des primaires pour les municipales lyonnaises, suite à la proposition faite par Michel Havard. Après un week-end de rando propice à la réflexion, je me demande si nous ne pourrions pas organiser des primaires 1 + 9, c’est-à-dire demander aux Lyonnais de la droite et du centre de se prononcer à la fois pour le meilleur candidat pour la Ville de Lyon, mais aussi pour celle ou celui qu’ils souhaitent voir à la tête des Mairies d’arrondissement.

Puisque des milliers de Lyonnais pourraient se déplacer pour départager les prétendants à la fonction de Maire de Lyon, pourquoi ne pas leur demander en même temps de le faire pour leur Maire d’arrondissement ? Chacun voterait ainsi pour un candidat “Ville de Lyon” et pour un candidat pour son arrondissement.

Il me semble en effet nécessaire, dans la logique de dynamique collective que j’évoquais dans mon précédent post, de tenir compte de la spécificité des élections municipales sous le régime PML, à savoir pour les villes de Paris, Marseille et Lyon. Pour ces villes, l’élection municipale est en fait une combinaison d’élections par arrondissement, même si une tête de liste générale est identifiée.

Il ne s’agirait pas d’éclater la primaire municipale en 9 primaires d’arrondissement, mais plutôt d’ajouter, à la clarification opérée pour la tête de liste générale, une clarification, ou une transparence, au niveau des arrondissements. Faut-il rappeler que les Maires d’arrondissement ne sont pas désignés par le Maire de Lyon, mais élus par chaque Conseil d’arrondissement ? Faut-il souligner aussi que si un Maire d’arrondissement dispose de peu de pouvoirs “formels”, il peut par contre jouer un rôle très important pour défendre les intérêts de son arrondissement, porter les projets de ce dernier, et être un interlocuteur de proximité efficace ? Ceux qui sont sensibles à leur cadre de vie savent qu’il y a ainsi de bons et de moins bons maires d’arrondissement, que certains savent “tenir” leur arrondissement, d’autres beaucoup moins. C’est bien que la fonction a une utilité.

C’est la raison pour laquelle, quitte à jouer la démocratie, la transparence et l’efficacité pour la désignation du chef de file municipal, autant le faire aussi pour ceux qui seront amenés à être maire d’arrondissement, en cas de victoire de leur liste dans leur arrondissement. Celle ou celui qui sortirait vainqueur de ces primaires d’arrondissement ne serait pas forcément “tête de liste d’arrondissement”, puisque le maire d’arrondissement n’est pas forcément le tête de liste. Mais le maire d’arrondissement serait clairement identifié sur la liste.

Cela éviterait ainsi de voir des maires d’arrondissement “surprises”, sortis du chapeau après les élections municipales, parce qu’il a fallu trouver un lot de consolation pour un recalé de la Mairie centrale, ou parce qu’il a fallu faire de la place pour une composante de la majorité. Ce serait un gage de transparence, sans doute aussi d’une meilleure efficacité dans la fonction. Et ce serait encore une façon de construire avec méthode la dynamique collective qui doit être celle d’une élection municipale, en permettant aussi de cerner le périmètre de la majorité municipale.

Qualificatifs

Indécent, tel fut le terme employé par l’adjointe à l’urbanisme du 3e, pour qualifier le vœu que j’ai soumis au Conseil d’arrondissement d’hier sur l’urbanisme à Montchat (mon post du 7 janvier) ! Indécent ! Je pourrais traiter par le mépris de tels propos, surtout que je suis un peu occupé en ce moment… Mais non, on ne peut pas laisser faire et dire n’importe quoi, même si nous avons bien compris que les esprits s’échauffent à gauche en cette pré-campagne.

Voici donc ma réponse en quelques qualificatifs.

Lamentable : oui il est lamentable de juger indécent le dépôt d’un vœu par un élu, démarche prévue par la loi. On peut ne pas être d’accord avec son contenu, mais que vient faire la décence là-dedans.

Consternant : oui il est consternant d’entendre le Maire du 3e et son adjointe dire qu’il n’est pas possible de modifier le Plan Local d’Urbanisme (PLU), avant sa révision générale, pour identifier des immeubles à préserver. On peut ainsi modifier ou réviser le PLU avant sa révision générale de 2015, pour augmenter les droits à construire à la Part Dieu, pour réaliser de grands équipements, pour modifier le zonage de certains terrains (comme c’est le cas pour RVI avec la dernière modification)… mais il ne serait pas possible d’identifier des bâtiments à préserver.

Consternant encore de voir, par le refus de voter notre vœu, que la Mairie du 3e ne veut rien faire pour tenter de maîtriser la mutation urbaine de Montchat. La seule réponse est qu’une sensibilisation au PLU est en cours dans le cadre des conseils de quartier…

Ridicule : oui il est ridicule de faire porter la responsabilité sur l’ancienne équipe municipale du 3e, d’abord parce qu’effectivement il n’y a pas de PLU d’arrondissement mais bien un PLU du Grand Lyon, et ensuite parce que le PLU en vigueur a été élaboré il y a bientôt dix ans. En dix ans de nouveaux problèmes apparaissent. Plutôt que de chercher qui a dit quoi il y a dix ans, le Maire aurait mieux à faire à chercher des solutions aujourd’hui.

Je ne peux terminer ce post sans citer les propos de Madame Vallaud-Belkacem, lors de sa campagne
cantonale de 2008 :  « Le quartier, chacun le constate aujourd’hui, est en train de changer de statut. Il gardera toujours son caractère de village auxquel les Montchatois tiennent tant, cette proximité et cette convivialité entre les habitants qui font toute l’âme du quartier. Je rassure les inquiets, le plan local d’urbanisme garantira la protection des petites villas. »

Parole, parole, parole… Eh bien quatre ans après Madame Vallaud-Belkacem, les Montchatois sont toujours inquiets, le PLU ne garantit rien, il n’a rien protégé.

Monsieur le Maire, Madame l’adjointe à l’urbanisme, continuez comme cela, suffisants, contents de vous. Dans trois ans, quand le nouveau PLU sera opérant, il sera sans doute trop tard pour beaucoup de choses.

Effets secondaires des primaires

urne election

Lors du dernier Conseil du 3e arrondissement, nous avons délibéré sur la mise à disposition de moyens de la Ville de Lyon pour l’organisation de primaires de partis politiques (il faut comprendre du PS !). J’ai préconisé l’abstention sur ce dossier, car si je ne suis pas opposé au principe, il y a beaucoup à dire sur les conditions et la situation à Lyon.

Pas d’opposition de principe donc à ce que les communes puissent aider à l’organisation de consultations de type primaires de partis politiques. Ces consultations peuvent effectivement contribuer au fonctionnement de notre démocratie, même si elles n’ont pas à être systématiques : à chaque mouvement politique d’en déterminer l’utilité pour une élection donnée. Dans cette optique, les communes peuvent effectivement en faciliter l’organisation, en mettant à disposition des locaux.

Ma première préoccupation sur ce sujet, c’est que ces primaires préservent les droits des citoyens et ne soient pas une occasion de fichage par un parti politique, des citoyens en général, et des fonctionnaires territoriaux en particulier. Le risque est avéré, la CNIL s’est prononcée sur le sujet et des garanties ont été données ; il convient maintenant de veiller fermement à leur application.

Si je n’ai pas d’objection à  la mise à disposition de moyens des collectivités (salles, moyens matériels, personnel de surveillance…), c’est toutefois à plusieurs conditions :

  • que l’utilisation de ces moyens ne perturbe pas leur vocation première,
  • que la possibilité d’organiser des primaires soit bien encadrée pour éviter que cela ne devienne une activité « permanente » du week-end dans des locaux municipaux,
  • que toute utilisation de moyens publics entraînant un coût pour la collectivité fasse l’objet d’une prise en charge de l’euro à l’euro par le parti politique organisateur.

Force est de constater que l’approche de la Mairie PS de Lyon pose un certain nombre de problèmes. Tout d’abord, un manque évident de transparence : quand notre groupe municipal a demandé des informations détaillées sur les moyens que la Ville comptait mettre à disposition du PS pour l’organisation de ses primaires d’octobre, il n’a pas eu de réponse parce qu’il fallait attendre le vote de la délibération en Conseil municipal… mais dans le même temps, les militants du PS distribuaient dès le 11 septembre des tracts signalant les écoles mobilisées pour l’opération ! Ce n’est pas à la Fédération PS du Rhône de fixer les conditions de mise à disposition par la Ville de Lyon.

Par ailleurs, la délibération que nous avons examinée est une délibération de circonstance, pour les primaires du PS du mois d’octobre. Il n’est ni bon, ni sain, de « légiférer » pour un cas particulier. On le voit avec cette délibération taillée sur mesure pour garantir au PS des conditions financières favorables pour disposer des moyens de la ville : pas de mention de la prise en charge d’un éventuel chauffage des salles, un forfait de nettoyage des locaux après utilisation de moins d’une heure (on parle quand même du nettoyage de locaux scolaires après une journée de va-et-vient liés au scrutin) !

Enfin, la Mairie PS veut se montrer en pointe sur la démocratie. Et pourtant, force est de constater que la situation est loin d’être exemplaire à Lyon sur la possibilité de disposer de salles ou d’espaces d’expression pour les mouvements politiques. Je suis même bien placé pour déplorer que la Ville cherche à gêner l’exercice de mandats électifs : j’ai ainsi rappelé au Maire du 3e que j’avais essuyé un refus lorsque j’avais demandé à disposer d’une salle, une fois par mois, pour tenir une permanence de proximité au Château Sans Souci, en tant que conseiller régional.

Bref, pour toutes ces raisons, cela a été l’abstention lors du vote de la délibération en conseil d’arrondissement.

Merci Pascale

Mardi dernier, Sylvie Pendarias a fait son entrée au Conseil du 3e succédant à Pascale Decieux. C’est avec plaisir que nous accueillons Sylvie dans notre groupe ; nous travaillons avec elle depuis longtemps, notamment à Montchat.

 Je veux aussi, à cette occasion, saluer l’action de Pascale Decieux.

Pascale est une femme de convictions. Nous avons mené ensemble plusieurs combats politiques : municipaux bien sûr, mais aussi lors de la dernière campagne présidentielle de 2007, notamment en allant à la rencontre des habitants de notre arrondissement.

Tout au long de ces années, j’ai beaucoup apprécié sa détermination et son franc-parler. Pascale a beaucoup œuvré pour la Ville de Lyon : en tant que Première adjointe du 3e arrondissement, mais aussi par toutes ses initiatives en matière de coopération internationale, à la fois à l’Hôtel de ville et en Mairie d’arrondissement. Pascale fait partie de cette catégorie d’élus qui, sans le faire savoir ou se pousser du col, passent beaucoup de leur temps à étudier et défendre les dossiers : son travail en commission d’appel d’offres, organe particulièrement important, a été considérable.

Pascale a décidé en juin de démissionner de son mandat. Ce n’est pas un abandon de mandat, mais une décision qu’elle a prise suite à un déménagement à l’extérieur de Lyon. Elle a estimé que ne résidant plus à Lyon, elle n’était pas la mieux placée pour s’occuper des dossiers lyonnais. Une décision à saluer, car certains s’accommodent bien de ce genre de situation…

Bonne continuation Pascale,  tu auras maintenant plus de temps pour ta famille et la création artistique puisque c’est une autre de tes facettes ! Et puis je sais que tu continueras à défendre et promouvoir tes idées !

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