Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Étiquette : Conseil régional Rhône-Alpes

Mauvais choix

100_0151Vous trouverez ci-dessous les liens vers les vidéos de mes deux interventions lors de la session du Conseil régional des 13 et 14 octobre, session qui, une nouvelle fois, a donné lieu à des débats très agressifs entre composantes de la “Majorité” régionale (voir Progrès du jour).

Mes interventions ont porté sur des sujets apparemment sans lien : la politique de coopération internationale et l’aide de la Région à l’investissement des établissements de formation sanitaire et sociale (aide à la construction, équipement, modernisation des écoles). Mais ces deux dossiers illustrent une évolution néfaste pour notre région que nous dénonçons depuis longtemps : d’un côté, la majorité de Gauche engage la Région toujours plus loin sur des projets “hors compétences obligatoires” du type des coopérations internationales “exotiques” qui mobilisent de l’argent, sans intérêt pour les Rhônalpins, et de l’autre, cette majorité nous explique qu’elle est obligée de faire profil bas sur les aides à l’investissement des établissements de formation sanitaire et sociale (écoles d’infirmières, kinés, ambulanciers, auxiliaires de vie sociale, éducateurs…), faute de moyens budgétaires, alors qu’il s’agit d’une compétence première des Régions…

Je demande votre indulgence pour l’intervention du 13 octobre ; séance de nuit, la fatigue pèse à 23 H ! Quant à l’interruption de l’intervention du 14 octobre, elle s’explique par les perturbations liées aux conciliabules des cadres PS dans mon dos (en quête de synthèse pré-primaires ?) ! Le nouvel hémicyle de la Région est très beau, mais c’est aussi calme qu’un hall de gare : quand on intervient en séance, on a parfois l’impression de le faire au milieu de la gare de la Part-Dieu !

Voici les liens vers les videos :

Aide à l’investissement des établissements de formation sanitaire et sociale

Politique de coopération internationale

Face à la montagne

station2

Chers lecteurs de mon blog, en cette période particulière, entre bilan et bonnes résolutions, je souhaite que 2011 soit pour vous une belle année. Ce sont donc des vœux de bonne santé, de joies en famille et avec vos amis, de réussites et de réalisations que je vous adresse bien sincèrement.

Comment faut-il collectivement aborder cette année nouvelle ? J’ai relu mon post d’il y a un an. Ce n’est pas par paresse intellectuelle, mais je crois qu’il reste, un an après, pleinement d’actualité. Oui, il faut (toujours) garder le cap ! Face à la montagne de défis, conjoncturels et structurels, auxquels est confrontée la France, il faut poursuivre sur le chemin « de réalité » qui permettra d’y faire face. Et sur ce chemin, il y a des réformes à effectuer, des approches à modifier. Garder le cap, alors que cette période de sortie de crise reste très dure, tout particulièrement pour ceux qui sont privés d’emploi, cela ne veut pas dire que la France n’a pas progressé. Notre pays a avancé ses dernières années : des capacités d’innovation et d’entrepreneuriat ont été libérées et porteront demain leurs fruits en termes d’emploi, l’impôt imbécile qu’était la TP a été réformé, l’autonomie des universités fait son chemin, la retraite par répartition a été sauvée, il est plus possible qu’hier de parler « défense des intérêts de la France et de l’Europe »… Alors poursuivons notre ascension, le col n’est plus très loin….

Cette période est aussi l’heure des bilans. Non pas dans une logique comptable, mais pour en tirer des enseignements pour l’avenir. Pour ce qui est de mon engagement politique, et de mes deux mandats électoraux, j’ai envie d’évoquer deux sujets. Pour le 3e arrondissement, c’est la tristesse d’avoir assisté en 2010 au démantèlement de la Résidence pour personnes âgées Constant. J’y repensais ces jours, car chaque année, le repas de Noël de la Résidence était un moment fort de convivialité. Les locaux sont aujourd’hui vides ; une « friche sociale ». Ce dossier reste l’exemple d’une aberration politique. Pour ce qui est du Conseil régional, c’est le grand regret de voir se réaliser la « chronique d’un délitement annoncé » tant la majorité régionale est composite. Et pourtant, que d’atouts en Rhône-Alpes qui ne demandent qu’à être valorisés !

Je vous souhaite de bien débuter cette année. Pour ma part, j’espère pouvoir rendre visite aux sommets enneigés, pour faire le plein de grands espaces et d’oxygène. C’est une bonne entrée en matière « annuelle ». Car en 2011, il nous faudra voir loin et nous aurons besoin de beaucoup d’énergie ! Ce ne sera pas une année d’attente. Elle devra être, à la fois, une année de concrétisation et une année de préparation des futurs grands choix pour la France.

Les miracles de Charbonnières

P5310091En ces temps de fortes contraintes budgétaires, le dossier du nouveau siège de la Région semble ouvrir une voie miraculeuse.

La dernière session a été animée sur ce sujet, à l’occasion d’une communication sur le projet. Premier élément de l’affaire, le dérapage du coût de la construction : annoncé à 96 millions en 2005, la communication de jeudi dernier nous apprend que le coût final de la construction s’établira à 145,1 millions d’euros fin 2010… Je ne m’étends pas sur ce dérapage incontrôlé largement traité lors de la campagne électorale.

Je passe aussi sur les propos du Président du groupe PS de la Région ; selon lui, cet investissement majeur de la Région va fortement contribuer à l’amélioration du service rendu aux Rhônalpins. En ces temps de difficultés sociales liées à la crise, ces derniers seront attentifs au retour sur investissement dont ils bénéficieront.

Mais nous ne sommes pas au bout des surprises. La communication nous explique ainsi que le coût du projet du nouveau siège sera maintenu dans la fourchette de 20 à 30 millions d’euros annoncée au départ !!! Par quel miracle passons-nous de 145,1 millions de coût de construction à 20/30 millions ? Par un tour de passe-passe consistant à défalquer :

  • le montant des travaux qui auraient pu être réalisés sur le site de Charbonnières,
  • les économies réalisées sur 20 ans sur les loyers des bâtiments hébergeant aujourd’hui certains services délocalisés,
  • la vente des terrains et bâtiments du site de Charbonnières.

Peut-être va-t-on nous dire demain que le départ du Conseil régional va se traduire par une baisse de stress parmi les lapins et reinettes qui peuplent le terrain de Charbonnières – qui retrouveront la quiétude après le départ des élus et fonctionnaires -, et que cette baisse de stress de la faune locale peut être valorisée x millions d’euros sur 50 ans, venant ainsi réduire d’autant le coût du nouveau siège !

Pour démonter l’argumentation, on peut déjà pointer que des loyers supplémentaires sont d’ores et déjà engagés pour localiser des services annexes qui ne peuvent trouver place dans le nouveau siège. D’autre part, ces économies de loyers seront en partie compensées par les charges de propriétaire des surfaces correspondantes dans le nouveau siège.

Quant à la vente de Charbonnières, elle reste à concrétiser. En la matière, un élément pose question. On nous dit que le bâtiment principal, estimé à 15/18 millions d’euros, pourrait trouver une nouvelle utilisation en tant que pôle des écotechnologies. La reconnaissance récente par l’Etat de l’inter-pôles de compétitivité « Efficacité énergétique » constituerait en la matière une opportunité. Mais tout ceci ne tient pas. Les pôles de compétitivité doivent viser à investir dans des projets de R&D, pour susciter de l’innovation, et non à mener des projets immobiliers, même de support. Mais en mettant en avant ce projet, l’intention est claire : sa non-réalisation, et donc l’absence de la « recette » escomptée, fournira une nouvelle occasion de faire porter le chapeau au Gouvernement… Rien que de très classique.

A chacun ses priorités

La 2e session du Conseil régional a encore été très formelle, avec l’adoption du règlement intérieur, les désignations des représentants dans les organismes extérieurs (lycées notamment) et la mise en place des commissions. Une dose de « fond » toutefois avec un débat sur la réforme des collectivités territoriales, débat qui pose question sur les priorités de la majorité régionale.

Cette session aura fourni une nouvelle illustration du « déficit d’ouverture » de la majorité rose-rouge-verte. Elle a refusé de confier la présidence de la Commission des finances à l’opposition –ce qui aurait marqué une volonté de transparence -, à la différence de ce qui se fait en Région Ile-de-France. Par ailleurs, quasiment aucun représentant de l’opposition n’a été désigné pour siéger dans les lycées publics, un sectarisme qui aura aussi un coût compte tenu des longs déplacements que devront réaliser les représentants de gauche pour se rendre aux multiples réunions…

Le débat sur la réforme des collectivités territoriales a confirmé la posture annoncée par Jean-Jack Queyranne dans son discours d’installation. Il s’agit de positionner la Région comme un contre pouvoir.

Quelles conclusions à ce débat ? On voit bien que la préoccupation première est celle du mode de scrutin, avec une concentration des critiques sur le scrutin uninominal proposé pour les futurs conseillers territoriaux. La Gauche a renouvelé son procès en sorcellerie fait au futur conseiller territorial, lequel, élu dans un « super-canton » serait selon elle incapable de porter une vision régionale, ne s’occupant que des « petits intérêts » cantonaux. Drôle de défiance vis-à-vis des élus locaux. Comme l’a dit mon collègue ardéchois Mathieu Darnaud, pour notre groupe de la Droite et du Centre, la vision est claire : c’est un territoire = un élu, pour que l’électeur sache à qui demander des comptes et pour assurer une juste représentation de tous les territoires au niveau régional. Et nous faisons confiance aux futurs conseillers territoriaux, pour concilier implication locale et vision régionale. N’est-ce pas Gérard Collomb qui déclarait ces derniers jours qu’il assurait mieux sa mission de sénateur, donc au service de la France, parce qu’il était riche de son ancrage local en tant que maire ?

Mais parlons priorité. Etait-il vraiment nécessaire de consacrer le premier débat du nouveau Conseil régional à cette réforme, alors que cette dernière va justement être débattue là où il se doit, à savoir au Parlement. Pour ma part, je pense qu’il aurait été plus utile de débattre de la situation économique et de l’emploi, des sujets au cœur des compétences de la Région. En cette période de sortie progressive de la crise, alors que les effets de cette dernière sur l’emploi sont encore là, la situation reste très fragile. Elle nécessite un pilotage subtil par les acteurs, que ce soit à propos de l’arrêt progressif des mesures de relance ou pour le soutien au rebond de l’activité. Il aurait été intéressant d’entendre les positions des uns et des autres, représentants des Rhônalpins, sans attendre encore un mois…

Page 2 of 2

2008 - 2019 - Réalisé par Omma Services - Thème par Anders Norén