Mar 07

Habitant(e)  du 3e arrondissement, vous êtes intéressé(e) par la démocratie de proximité. Vous trouvez normal de donner votre avis sur les projets urbains. Vous êtes notamment intéressé(e) par le devenir de la Part-Dieu. La densification du quartier, avec de nouvelles tours, et les déplacements supplémentaires induits, ne vous laissent pas indifférents.

Alors ruez-vous à l’aéroport, à la gare, ou préparez votre voiture pour vous rendre à Cannes demain. Nous apprenons en effet dans le programme du Maire de Lyon qu’il va présenter demain au MIPIM de Cannes, le salon de l’immobilier d’entreprise, deux nouveaux projets d’immeubles « denses » (Silex et Sky 56). Déjà l’année dernière, Gérard Collomb avait dévoilé en avant-première dans cette ville, le projet urbain de la nouvelle Part-Dieu. A Lyon, c’était l’embargo avant cette présentation ! Sympa pour les Lyonnais !

Nos élus locaux PS nous avaient expliqué après que ce n’étaient que des « intentions d’aménagement » qui avaient été présentées aux investisseurs. Ah le jargon technico-politique ! Mais demain, ce sont bien deux projets majeurs qui seront présentés dans une séquence « Lyon Part-Dieu, de l’ambition à la réalisation ».

Inutile de vous dire qu’en tant qu’élu d’opposition, on ne nous a rien montré de cela. Même traitement pour les habitants en dehors des circuits initiés. Dans les réunions, on vous parle de concepts : « le sol facile », les « pieds d’immeuble animés », le « hub »… mais pour le concret… Et pourtant ces deux projets d’immeubles “denses” sont importants, ne serait-ce que pour les habitants résidant à proximité. Le premier projet se situe à l’angle Bouchut/Cuirassier et intéresse donc directement les nombreux habitants de la barre de la rue du Lac. Le second, à l’angle Félix Faure/Mouton Duvernet (vous vous rappelez, le terrain promis pour le skate-parc), sera la façade de l’Esplanade Dauphiné-Villette et intéresse donc le quartier Dauphiné.

Ces annonces délocalisées pourraient porter à sourire. J’y vois un vrai mépris pour les Lyonnais ou la négation du fait que la Part-Dieu est aussi un quartier d’habitation, et ce malgré les belles paroles de notre Maire d’arrondissement.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , , , ,

Oct 07

Le programme était attrayant : pensez donc, une séance de CICA sur le plan de mandat 2008-2014 pour l’arrondissement, autrement dit un échange entre le conseil d’arrondissement et les associations sur les projets de la Ville pour les 5 ans qui viennent. Un sujet qui mijotait depuis 18 mois ! La soirée aura été pour le moins décevante sur le fond et la forme.

 

Cette réunion de CICA a en effet été un modèle de verrouillage. Rappelons que le Comité d’Initiative et de Consultation d’Arrondissement, est un moment de la vie démocratique qui permet aux associations d’interpeller les élus sur les affaires de la Cité et d’en débattre. A quoi avons-nous assisté ? A un propos fleuve du Maire Thierry PHILIP, lequel, selon une approche de “leader massimo” à la cubaine, a présenté pendant 1H15, avec nombre de détails, les différents projets du plan de mandat. Pour les ¾ d’heure restants, situation inédite, la plupart des associations n’ont pas pu poser leurs questions, le Maire déterminant lui-même les points sur lesquels il pensait avoir déjà répondu ! Pour ma part, j’ai du arracher de haute lutte la possibilité d’intervenir deux minutes en fin de séance pour donner un point de vue d’opposition sur ce plan de mandat ; rappelons que cela aura été la seule occasion de débat public sur ce document fondamental qu’est le plan de mandat.

 

Un peu de méthode aurait sans doute permis une séance plus fructueuse. Pourquoi ne pas avoir envoyé avant la séance, aux associations et à l’opposition, le document longuement présenté ? Cela aurait ainsi pu permettre aux associations de poser des questions complémentaires et cela aurait laissé du temps pour de véritables échanges. La circulaire sur les conseils d’arrondissement ne dit-elle pas que ces derniers mettent à la disposition des associations du CICA toutes les informations permettant de préparer les débats !

 

Mais ne soyons pas naïfs. Il fallait verrouiller la séance pour surtout éviter que soit discuté le grand nombre de promesses qui ne seront pas tenues. Un rapide pointage montre que ce sont près de 50 % des projets promis qui ne sont pas programmés. Et en termes de volume financier, c’est sans doute encore plus puisque ce ne sont pas moins de 2 groupes scolaires, 2 aménagements de rues + la moitié du réaménagement de la rue Garibaldi, 5 équipements de service public de proximité, 3 espaces verts, le rachat de Chambovet, qui passent à la trappe !

 

J’aurai l’occasion de commenter cela, mais à ce stade je voudrais revenir sur les excuses données par Thierry PHILIP. Il a bien sûr invoqué les contraintes financières, mentionnant d’hypothétiques réductions des dotations financières aux collectivités locales. La réalité d’aujourd’hui, c’est que ce plan de mandat, revu fortement à la baisse, intervient alors :

  • Que le remboursement anticipé de la TVA, dans le cadre du plan de relance gouvernemental, vient d’apporter 26 millions d’euros non prévus au Grand Lyon pour réaliser des investissements,
  • Que ce sont 29 millions d’euros qui sont actuellement ponctionnés en plus aux Lyonnais, via les impôts locaux, avec une pression fiscale qui s’accroît de 12 % du fait du cumul des effets base et taux.

 

Bref des projets en moins, des impôts en plus et surtout silence dans les rangs !

 

Pierre Bérat

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