Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Étiquette : Foyer de Montchat

Arrêtez, si vous êtes fatigués de gérer !

DSC00310Lors du dernier conseil d’arrondissement, nous avons débattu du fonctionnement de l’Espace Elsa Triolet, équipement qui remplace le Foyer de Montchat, en regroupant la MJC, une salle de spectacle et une Maison de quartier. Ce dossier, d’apparence technique, pose une question de fond qui fait que j’ai des divergences avec le projet de la Mairie PS du 3e arrondissement.

Avant d’évoquer ces divergences, je tiens à affirmer les points suivants car je sais d’expérience que Thierry Philip et son équipe vont essayer de transformer nos positions pour dire que nous sommes contre telle ou telle chose ! Je dis donc très clairement :

  • que je me félicite de la rénovation du Foyer de Montchat et de l’ouverture de l’Espace Elsa Triolet, équipement agrandi, au cœur du quartier. Ce projet de nouvel équipement a été lancé à la fin des années quatre-vingt-dix. Nous avons été nombreux à y travailler, et il faut tout d’abord saluer les acteurs locaux (CIL, associations, MJC, conseil de quartier) pour leurs idées et leur implication. Donc, une grande satisfaction de voir aujourd’hui la réalisation.
  • que l’équipement doit conserver la vocation voulue dès le départ, à savoir un équipement de PROXIMITE, pour répondre aux besoins du quartier et être un outil d’animation de Montchat.
  • que c’est une bonne chose d’avoir combiné rénovation du Foyer et relocalisation de la MJC Espace Montchat, pour constituer un équipement unique. Pour ma part, je considère que cet équipement de proximité doit reposer sur deux piliers équilibrés, la MJC et la Maison de quartier, accueillant toutes les associations locales et offrant des salles pour des événements de proximité, avec une supervision de la Mairie d’arrondissement, garante du bon fonctionnement.

Ces positions étant réaffirmées revenons sur les divergences. De quoi s’agit-il ? Jusqu’à maintenant, le Foyer de Montchat comportait des salles d’activité et de réunions dont la gestion relevait de la Mairie d’arrondissement, suivant la logique de proximité. Aujourd’hui, la Ville de Lyon, avec le soutien de la Mairie d’arrondissement, veut que cette gestion soit “recentralisée”, pour être prise en charge par les services de l’Hôtel de ville. Seuls quelques bureaux de la Maison de quartier relèveraient encore de la Mairie d’arrondissement. Mais cela ne serait pas le cas des salles d’activité et de la salle polyvalente.

Ce n’est pas un bon choix car cela va conduire à moins de proximité de la gestion, ce que l’on peut traduire par + de lourdeurs et donc un moins bon service aux habitants. Gérer en proximité un équipement, c’est être beaucoup plus souple et réactif pour répondre aux demandes des utilisateurs. Si l’on veut que l’Espace Elsa Triolet favorise l’animation du quartier, il faut cette souplesse et cette réactivité. Franchement, si une Mairie d’arrondissement ne gère pas ce type d’équipement, on se demande à quoi sert une Mairie d’arrondissement.

L’adjointe à la vie associative nous dit que malgré cette recentralisation, tout ira bien car une commission tripartite MJC, Maison de quartier, Mairie d’arrondissement va superviser le planning. Le problème, c’est que cette commission n’est mentionnée nulle part dans la délibération ou le règlement intérieur. Par contre, la recentralisation est écrite noir sur blanc.

Cette recentralisation est motivée par le fait – je cite la délibération – que le projet de réhabilitation et d’extension a été mené avec pour objectifs d’offrir des espaces d’utilisation très variés dont la gestion ne peut reposer sur la seule mairie d’arrondissement“.

J’ai envie de dire au Maire actuel du 3e : si vous êtes fatigués de gérer en proximité, faites autre chose !

Dossiers montchatois

Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, vous trouverez ci-dessous l’interview que j’ai réalisée dans Signé Montchat sur les dossiers “chauds” du quartier (l’article est accessible via le lien en dessous du pavé gris). Au-delà de cette interview, j’en profite pour saluer la qualité et l’intérêt de ce journal : le dernier numéro a ainsi traité, de façon approfondie et complète, les sujets d’actualité du quartier . Son dossier principal était : “Le quartier peut-il perdre son âme ?”.

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Urbanisme désordonné

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Dossier important lors du premier Conseil d’arrondissement de l’année avec le lancement de la réalisation d’une bibliothèque municipale pour le 3e Est. Projet attendu, il a été approuvé à l’unanimité par le Conseil. Ce dossier a néanmoins permis de déplorer une fois de plus que l’aménagement du tènement RVI souffre d’un défaut de démarche urbanistique.

Cette nouvelle bibliothèque municipale sera implantée en rez-de-chaussée d’un nouveau programme de logement social, avenue Lacassagne, en bordure Nord du tènement RVI. Cette bibliothèque était attendue, pas forcément sur le tènement RVI, puisque le programme de la liste PS prévoyait plutôt une école. Mais quoi qu’il en soit, c’est un équipement très utile pour le 3e arrondissement Est.

Que penser de sa localisation ? J’ai eu quelques interrogations à la lecture du rapport, car il est mentionné plusieurs fois que cette bibliothèque permet une optimisation de l’opération foncière. Soit, mais le plus important il me semble c’est qu’elle réponde au mieux au besoin des habitants de sa « zone d’attractivité » sur Montchat, Sans Souci/Dauphiné et Villette/Maisons neuves. Cela veut dire une bonne complémentarité avec la bibliothèque du Foyer de Montchat et une bonne desserte en transport en commun. En la matière, l’équipement sera un peu loin du métro et le manque d’une station de tram rue Feuillat se rappelle à notre souvenir !

Ce dossier a été l’occasion d’une grande première ! C’est la 1ère fois que le Conseil d’arrondissement pouvait voir le plan d’aménagement du tènement RVI. Incroyable mais vrai ! Des plans avaient circulé ici ou là, mais le Conseil d’arrondissement n’a jamais discuté du plan d’aménagement, malgré l’importance de cet aménagement. C’est avec plaisir que j’ai constaté que nous avions été entendus sur un point : le futur jardin n’est plus enclavé au milieu du tènement, mais il est « pour l’instant » positionné au Nord-Est. Par contre, il est prévu de construire un immeuble de logement social (celui qui accueillera la bibliothèque) en façade de l’avenue Lacassagne, entre cette avenue et le jardin. C’est, il me semble,  une erreur urbanistique importante, car cela va renforcer l’effet « tunnel » de Lacassagne, privant d’une opportune ouverture sur un espace de nature… Je l’ai souligné lors du Conseil.

Cela aurait au moins mérité que l’on en discute avec les habitants. Mais l’aménagement des tènements RVI/Merck, c’est ça : ni concertation, ni vision urbanistique. On aménage au fur et à mesure, en fonction des « opportunités » et des « coups » que l’on peut faire, et on présente le plan de ce qui va être réalisé. Un beau cas d’école pour des étudiants en urbanisme pour illustrer les erreurs de méthode à éviter. Pour ma part, je crois que tout cela aurait mérité un vrai projet participatif de définition d’un nouveau quartier.

Des garanties insuffisantes

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Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 7 octobre 2010

“Il ne me semble pas souhaitable d’approuver en l’état les conventions de mise à disposition du bâtiment de la rue Lamartine pour y relocaliser une partie des espaces de production artistique de la friche RVI.

D’abord, il apparaît assez évident que ce bâtiment, enclavé, bordant une petite rue résidentielle, à quelques mètres des habitations, qui plus est dans une rue qui connaît déjà des problèmes de maîtrise de son occupation du fait d’un statut complexe, n’est pas une localisation adaptée pour une relocalisation de la friche. La proximité de cette dernière ne saurait constituer une raison suffisante. Et notre responsabilité d’élus du 3e arrondissement est de veiller au cadre de vie des habitants.

Je précise, pour que les choses soient bien claires, et ne donnent pas lieu à une présentation erronée, que je ne suis pas opposé au principe des espaces de production artistique sous forme de friches. Je précise aussi, que, oui, il y a eu une activité intéressante de création artistique sur la friche RVI.

Le problème c’est que les conventions qui nous sont soumises ne présentent pas les garanties pour assurer la tranquillité publique à laquelle ont droit les habitants.

Qu’est-ce qui permet de porter cette appréciation ? Tout simplement l’expérience de la friche RVI. Que nous apprend cette expérience ?

  • Que l’on a beau prendre toutes les précautions sur le caractère précaire et temporaire de la mise à disposition, il est toujours difficile d’y mettre un terme. Ce type de projet enclenche du « provisoire qui dure ». Les habitants, comme les porteurs du projet d’extension du stade Foe ont toutes les raisons de craindre « un provisoire qui dure ».
  • 2e enseignement : malgré leur bonne volonté, les acteurs de la friche autogérée, ont été débordés par certains occupants, ce qui a rendu comme vous le savez problématique la maîtrise de ce qui se passait sur le tènement, provoquant des nuisances importantes pour le voisinage.

 Que prévoient les conventions ?

  • Tout d’abord une gestion du site Lamartine qui de nouveau est porteuse de dérapages. L’association de gestion « Lamartine » va coiffer des collectifs d’artistes, des conventions étant signées à la fois avec l’une et avec les autres. Mais comment l’association Lamartine, qui aura la charge d’attribuer les clés, sera-t-elle en mesure concrètement de contrôler qui peut séjourner dans le bâtiment ? Et cette association, comme les collectifs, risquent d’être soumis comme cela a été le cas sur la friche RVI, à une « pression sociale » conduisant à étendre les droits d’accès.
  • 2e constat : pour faciliter le montage, la Ville de Lyon fait le choix de dire que le bâtiment ne sera pas un ERP (établissement recevant du public). Cela l’exonère ainsi d’un certain nombre de mesures. Mais dans les faits, les conventions le disent elles-même, il y aura des visiteurs et des clients qui accéderont au bâtiment, bâtiment qui sera libre d’accès et non doté d’un gardien. On en arrive ainsi à une situation étonnante : le Foyer de Montchat, qui accueille des associations, dispose d’un gardien, avec des règles d’utilisation très strictes qui pénalisent parfois l’activité de ces associations. Dans le futur bâtiment Lamartine, rien de tout cela… La Ville fait ainsi le choix de se tenir en marge : il est même précisé qu’elle ne pourra pas se rendre dans le bâtiment avant un délai de 24H après l’annonce de sa venue…
  • Si l’on ajoute qu’il reste des interrogations sur le respect des normes « sécurité », qu’il n’y a pas de limites dans les horaires d’utilisation, alors que certaines activités sont potentiellement bruyantes, on voit bien que toutes les précautions ne sont pas prises et que la Ville ne se donne pas les moyens de maîtriser l’utilisation future du site.

Dans ces conditions, il ne me semble pas possible de voter favorablement. Et l’on ne peut que souhaiter que ces conventions soient revues d’ici le Conseil municipal, en prévoyant au minimum, la présence d’un gardien et une référence à des horaires d’utilisation.

Enfin, si l’on élargit les constats, il apparaît assez clairement que ce secteur de notre arrondissement fait l’objet d’une gestion très approximative. La rue Lamartine se voit attribuer une nouvelle vocation dans la précipitation, avec une Ville de Lyon qui ne se donne pas les moyens de son discours. La sortie de la friche RVI est dans le même temps mal négociée. Parallèlement, tout le secteur fait l’objet d’un aménagement sans vision urbanistique d’ensemble. Cela donne une impression de « ni fait, ni à faire ». Comme l’a souligné justement Mme Panassier, le secteur RVI Merck est aussi vaste que celui des Grattes ciels à Villeurbanne. Imagine-t-on un instant le Maire de Villeurbanne lotir cet espace comme les choses s’annoncent pour Merck-RVI ?

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