Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

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Garibaldi : aller au-delà du trait d’union

Retour sur la réunion de présentation des premières orientations d’aménagement de la rue Garibaldi, lundi 15 : des intentions d’aménagement qui vont dans le bon sens, des réserves qui subsistent et des « mots » qui interrogent.

Il me semble que les intentions d’aménagement présentées vont globalement dans le bon sens : une voirie « apaisée », avec un espace concédé aux modes doux, de bonnes liaisons Est-Ouest, une végétalisation, la valorisation des équipements et espaces publics (Auditorium, Halle Paul Bocuse, place des Martyrs…) . Tout cela rejoint la vision pour laquelle nous nous battons depuis des années.

J’approuve aussi le choix de retenir 3 voies de circulation automobile pour éviter l’asphyxie. Je partage aussi l’intérêt de poser d’emblée la nécessité de la desserte transport en communs de l’axe Garibaldi, une desserte qui est aujourd’hui bien insuffisante.

Restent quelques points de désaccord. Je regrette toujours le choix qui est fait de limiter l’aménagement à la section Vauban-Bouchut au cours de ce mandat. Je suis aussi toujours dubitatif quant à la faisabilité de la suppression de la trémie Lafayette, en termes de fluidité du trafic. Pourquoi ne pas conserver cette trémie, quitte à étendre sa couverture pour réaliser des aménagements devant la Halle de Lyon et l’auditorium ?

J’ai trouvé osée la justification par Gérard Collomb de l’absence de parking sous la future Tour In City. Ces propos étaient en gros les suivants : on ne crée pas de parking parce que la voirie est trop encombrée pour y accéder… Bonjour le cercle vicieux ! C’est sûr qu’avec les véhicules qui vont tourner en surface faute de parking à In City, on va avoir du mal à accéder au parking du Palais de justice, donc il faut supprimer ce parking….

J’ai aussi été étonné par les propos de l’Adjoint à la concertation, lequel, si j’ai bien compris, a dit vouloir s’en tenir à l’appellation « rue » pour l’axe Garibaldi. Je crois avoir compris que cela voulait dire rue = voirie apaisée. Selon moi, l’axe Garibaldi « nouveau » doit être un axe marquant, au cœur du 3e. Il doit être « agréable à vivre », tout en contribuant au rayonnement de Lyon et à la modernisation/revalorisation du quartier Part-Dieu. Il ne serait pas illogique que l’on parle dans cette logique de cours ou d’avenue Garibaldi. Je conteste l’équation avenue = nuisances urbaines. Il y a des rues très « pénibles à vivre » et des avenues très agréables.

Trait d’union semble être le mot d’ordre du projet. La rue Garibaldi nouvelle doit être un trait d’union entre les quartiers qui la bordent, et plus loin, entre la Part Dieu et le centre historique, et entre les parcs Tête d’or et Sergent Blandan. Oui, trois fois oui. Supprimer la coupure urbaine est l’un des premiers impératifs. Mais en matière de trait d’union entre Part Dieu et Presqu’île, le point crucial est surtout celui des transports en commun. C’est un problème de Lyon, que 2 de ses points centraux ne soient pas reliés directement, rapidement et de façon fiable par les transports en commun.

Donc trait d’union, oui, mais cela ne suffit pas. L’axe Garibaldi nouveau doit être un axe de prestige, de haute qualité urbaine, qui participe d’une vision nouvelle de la Part Dieu, quartier central à vivre.

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Il y a quelques jours, arrêté à un feu, mon regard se pose sur un panneau publicitaire de notre ville. « Le bonheur est dans la ville », tel était le slogan de l’affiche, accompagné d’une photo de cadre urbain. J’ai cru tout d’abord qu’il s’agissait de promotion immobilière. Mais non, le « signataire » était le Grand Lyon, ce que j’ai ensuite constaté à de multiples occasions, découvrant diverses versions de cette affiche.

Première réaction que l’on peut avoir : voilà une fois de plus le Grand Lyon dans le rôle de l’annonceur publicitaire. On connaissait déjà le montage « Vélo’v » qui intégrait la création de nombreux panneaux publicitaires sur l’espace public. Une fois encore le Grand Lyon fait du remplissage publicitaire de ces panneaux.

Deuxième interrogation : est-il bien opportun pour le Grand Lyon d’engager une telle campagne publicitaire « d’auto-persuasion » ? Le bonheur est dans la ville ! On peut le penser, il faut le souhaiter et s’en préoccuper, mais est-ce à la collectivité de le marteler ainsi avec nos impôts ?

En m’interrogeant, je me suis dit que cela pouvait participer d’une politique générale visant à freiner l’étalement urbain. C’est un peu tiré par les cheveux, mais bon… Mais même dans ce cas là, pas sûr que ce soit de la compétence communautaire.

Quant au bonheur rue Garibaldi ! Oui un bonheur complet… dans vingt ans !

L’art de réduire les possibles

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Il y a quelques jours se tenait – enfin !- au Grand Lyon la réunion de lancement de la concertation sur le réaménagement de la rue Garibaldi. Après quelques jours de réflexion, voici quelques réactions à cette réunion présidée par Gérard Collomb.

Premier constat marquant : la forte participation, qui démontre l’intérêt du dossier pour les Lyonnais de la rive gauche, mais ce n’est pas une surprise. Ce fut une intéressante réunion d’introduction de cette concertation.

Je poursuis par une autre satisfaction. Gérard Collomb a vanté la création du nouveau carrefour avec les rues Arménie/Pensionnat. Cela avait été pour l’équipe d’arrondissement du mandat dernier un combat acharné, et j’avais fortement œuvré en ce sens avec le Conseil de quartier de Voltaire-Part Dieu et les associations. Une reconnaissance qui fait plaisir a posteriori !

La concertation sur cet important projet va porter sur les aménagements le long du nouvel axe Garibaldi, sur les aménagements des espaces publics qui jouxtent la rue, et sans doute sur le nombre de voies de circulation qui seront maintenues. Par contre trois points et non des moindres ne sont pas discutables. Il faut le regretter et les motifs invoqués par le Maire de Lyon sont peu recevables.

La suppression des trémies tout d’abord. Je n’ai pas d’avis arrêté, général, sur la question. J’attends que l’on me démontre la faisabilité de la mise à niveau, en termes d’écoulement du trafic. J’ai en tous cas relever une contradiction. Le Maire de Lyon nous dit que les trémies n’ont aucune utilité dans la mesure où il y a des feux sur l’itinéraire. Son propos est le suivant : à quoi cela servirait-il d’éviter des croisements, si le flux de circulation est arrêté plus loin ? Tout dépend en fait du temps de vert qu’il faut laisser aux différents axes qui coupent Garibaldi. Par ailleurs, on nous explique que le trafic moyen sur l’axe Garibaldi varie de 13 000 véhicules/jour à 30 000 véhicules/jour selon les sections. Une part importante du trafic entre ou quitte en effet Garibaldi le long du parcours. Cela veut dire que les conditions d’écoulement du trafic ne sont pas les mêmes tout le long de l’axe. S’il est possible de gérer un carrefour en surface à un endroit, ce n’est pas forcément le cas ailleurs.

Concernant les trémies, la question a été posée par des habitants de leur réutilisation ; une proposition balayée par le Maire de Lyon au motif qu’il ne concevait pas la vie en ville, sous terre. Certes, il ne s’agit pas de prévoir de créer des bureaux ou des logements dans les trémies ! Mais faut-il pour autant exclure d’autres réutilisations ? A l’heure où l’on parle de densifier la ville, ne faut-il pas ouvrir la réflexion ?

Autre point qui n’est pas discutable : le tronçonnage du projet sur plusieurs mandats. Sur le mandat 2008-2014, seule la (petite) section Vauban (6e)-rue Bouchut (3e) sera réaménagée. Le reste attendra (encore) au moins 2014-2020 ! Gérard Collomb justifie cet étalement, qui devient maintenant historique, par la nécessité de ne pas multiplier les chantiers pour ne pas gêner la circulation ! Plus c’est gros, plus ça passe. La réalité est bien sûr tout autre : c’est encore le résultat d’un arbitrage entre les projets. Rappelons encore ce qu’écrivait Thierry Philip dans son programme électoral : « Nous créerons un parcours vert tout le long de la rue Garibaldi… Ce projet annoncé par Gérard Collomb en Novembre 2007 est budgété dans le plan de mandat 2008-2014 à hauteur de 55 millions d’euros (sic) ». On nous aurait trompé ?

Ce tronçonnage dans le temps est bien sûr extrêmement décevant pour des quartiers qui attendent un mieux vivre depuis déjà 10 ans. C’est aussi une incohérence majeure de la politique des déplacements. Car tant que l’aménagement n’est pas complet, il n’y aura ni itinéraire continu Sud-Nord pour les transports en commun, ni voie verte pour les vélos. Belle opportunité perdue.

Une dernière remarque pour le sourire. J’ai bien noté que le Maire de Lyon avait préféré sa place habituelle à la tribune du Conseil du Grand Lyon plutôt que la place qui lui avait été réservée au centre de l’hémicycle avec les autres élus. Faut-il y voir une rupture définitive avec le Ségolénisme, en refusant ainsi un des principes fondateurs de la démarche participative royaliste ?

La Part-Dieu, quartier à vivre ?

L’entrée du centre commercial de la Part Dieu, côté esplanade du « crayon », vient de faire l’objet d’un lifting, avec l’ouverture de nouveaux restaurants. Ce projet attendu est une réussite, confortant la Part Dieu comme un pôle d’animation. N’oublions pas pour autant que la Part Dieu est aussi un lieu de vie, où l’on réside ; une dimension qui me semble parfois oubliée.

 

En passant par l’esplanade un après-midi d’été indien de cette semaine, j’ai pu constater que ce réaménagement était réussi, avec ces terrasses orientées au Sud qui donnent immédiatement un autre visage à cet espace qui symbolisait plutôt jusqu’à maintenant l’abandon urbain. C’est une nouvelle ouverture du centre commercial sur la ville, qui confirme ce dernier comme un pôle d’animation. Mais dans ce contexte de progrès, restons vigilants sur la vision que les décideurs peuvent avoir du quartier. J’ai quelques inquiétudes quand je lis les propos récents du Maire du 3e : « Mais nous souhaitons que la Part Dieu soit aussi un lieu de vie. Un lieu où l’on prend plaisir à aller au restaurant, au cinéma, voir à un spectacle, se balader en famille ou à la sortie du bureau ».

 

Selon moi, la Part Dieu ne doit pas être seulement un centre d’affaires, un pôle commercial et de divertissements de niveau agglomération. C’est un lieu de vie, mais pas seulement en tant que pôle d’animation. C’est un lieu de vie parce que des gens y résident : vous êtes près de 3 000 à vivre à proximité immédiate du centre commercial. Et nous sommes plus de 25 000 à résider aux alentours à Part Dieu Sud, Villette, Lafayette… C’est un lieu d’habitat et il faut créer les conditions pour qu’il le reste ; une vigilance sans doute salutaire quand on constate combien la qualité de vie s’est par exemple dégradée le long des berges du Rhône, malgré les atouts du secteur.

 

Penser la Part Dieu en termes de lieu de résidence, cela veut dire notamment éviter de prendre des mesures qui vont asphyxier le secteur. Avec la réalisation d’une Tour Incity sans parking, nous avons déjà souligné que nous n’en prenions pas le chemin, tant les effets collatéraux pour les rues environnantes vont être problématiques. Je ne partage pas non plus l’avis rapporté dans le Progrès d’hier selon lequel le tronçon Lafayette-Bouchut sur Garibaldi « est le tronçon où la coupure urbaine est la plus forte » et qu’il faut donc traiter en priorité. A mon avis, en termes de lieux de vie, c’est à Part-Dieu Sud que Garibaldi crée aujourd’hui la frontière la plus préjudiciable au tissu urbain. Et penser la Part Dieu comme un lieu d’habitat, c’est aussi améliorer les possibilités de déplacement internes au quartier (la liaison Villette-Part Dieu sous la gare ou par Pompidou, des parcours piétons et 2 roues courts et continus). C’est aussi soutenir le tissu commercial de proximité des quartiers environnants.

 

Pierre Bérat

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