Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Étiquette : Grand Lyon

Amnésie

Dans une interview parue la semaine dernière dans « Les Petites Affiches Lyonnaises », le Vice-Président PS du Grand Lyon chargé du développement économique, cite, à juste titre, l’Institut de Recherche Technologique LyonBiotech comme l’un des projets majeurs de l’agglomération en matière d’innovation. En effet, ce campus technologique, va soutenir de nombreux projets qui devraient générer du développement économique pour la région lyonnaise et Rhône-Alpes à moyen-long terme.

Monsieur Kimelfeld oublie juste de mentionner, sans parler de souligner, que cet Institut de Recherche Technologique a été retenu dans le cadre du programme des Investissements d’avenir, lancé par le Gouvernement, et qui sera financé par l’Etat (Grand emprunt). Bref un exemple concret de ce que fait l’Etat pour assurer l’avenir du pays… et pour contribuer au développement des territoires. Cet oubli des tenants de l’affaire est sans doute l’effet d’une amnésie…

Vous me direz que c’est toujours mieux que l’attitude schizophrène qui sévit au Conseil régional sur le sujet des Investissements d’avenir. Dans cette collectivité, pour la majorité PS-Verts, il est de bon ton de tirer à boulets rouges sur le programme Investissements d’avenir, jugé trop tourné vers l’excellence ( !)… ce qui n’empêche pas le Président de région de se féliciter, dans ses communiqués de presse, des projets retenus par ce même programme en Rhône-Alpes, sans citer bien sûr le financement de l’Etat. Pour rappel, lors du vote de la Stratégie régionale d’enseignement supérieur et de la recherche, c’est après une bataille serrée que j’avais réussi à faire admettre un amendement permettant de saisir les opportunités liées au programme Investissements d’avenir.

Mais finalement, rien que de très classique de la part du PS face à la politique gouvernementale : nier, dénigrer et occulter les réalités.

En tous cas, pour une bonne information sur les bénéfices du programme Investissements d’avenir pour Lyon et Rhône-Alpes, je vous conseille plutôt la lecture de l’article du Sénateur UMP François-Noël Buffet dans « Top Rhône-Alpes ».

Un vrai choix

 

J’ai participé à plusieurs opérations de la campagne des élections cantonales ce week-end, pour soutenir Gérard Vollory dans le 11e canton de Lyon. Le scrutin approche et j’ai senti que nos concitoyens commencent à s’y intéresser.

L’élection dans le 11e canton (qui couvre en gros les quartiers de Villette Paul Bert et Dauphiné Sans Souci) est très intéressante car elle voit s’opposer deux approches de la fonction de conseiller général : d’un côté, un élu sortant PS, positionné sur ce canton « par hasard », parce qu’il faut bien se faire élire quelque part pour accéder à certains postes. De l’autre, Gérard Vollory, candidat de la Majorité départementale, qui vit au quotidien dans  le canton, et le vit au quotidien, et qui se propose de mettre à la disposition des habitants, une vraie proximité et une vraie ouverture aux autres, notamment pour exercer toutes les compétences sociales du Département, et ce concrètement au niveau des quartiers.

Pour les socialistes, le message est le suivant : il faut réveiller le Conseil général. On sait ce que cela veut d’abord dire : de la com, de la com et encore de la com. Dans l’action publique, comme dans la vie tout court, il y a ceux qui font (parfois avec du savoir-faire), ceux qui font faire, ceux qui font savoir et ceux qui font croire… Clairement, de nombreuses collectivités dirigées par le PS relèvent de la dernière catégorie, celle qui consiste à se bâtir une image parfois avec des réalités très faibles derrière. Je le vois à la Région, grosse machine à communiquer, mais pour des résultats souvent minimes. Pour ne prendre qu’un exemple, j’ai été frappé à mon arrivée à Charbonnière de voir comment la politique « handicap » du Conseil régional, pourtant proclamée dans une délibération cadre, avait en fait été par la suite fortement limitée.

Par réveil du Conseil général, il faut en fait comprendre dans les propos du PS, beaucoup de belles plaquettes et des campagnes de promotion pour faire savoir et surtout faire croire.  Je dois dire que le grand document sur papier glacé du candidat PS est significatif…

L’approche de la majorité départementale sortante est à l’opposé : exercer pleinement les compétences du Conseil général, en faisant primer l’efficacité, et en maîtrisant les dépenses, ce qui a permis de ne pas augmenter les impôts depuis 6 ans. C’est suffisamment rare pour être souligné.

Dans l’approche du PS, il faut aussi comprendre toujours plus de dépenses publiques, sans réelle utilité. Dans le programme du candidat PS, j’ai trouvé une proposition particulièrement significative. Ce candidat promet ainsi la mise en place de nouveaux postes de développeurs économiques. Alors que la Région intervient déjà largement en matière économique, que le Grand Lyon a créé de très nombreux postes de développeurs économiques, voilà que les socialistes veulent rajouter une couche d’acteurs au niveau du département. Ne serait-il pas déjà intéressant de demander aux TPE/PME des quartiers Villette Paul Bert et Sans Souci ce que leur ont apporté concrètement les dispositifs existants de la Région et du Grand Lyon, dispositifs d’intervention qu’elles financent largement par les impôts qu’elles paient ?

On comprend ainsi l’opposition viscérale du PS à la réforme des collectivités territoriales. C’est un vrai choc de cultures. La réforme vise à bien établir les rôles entre les collectivités, pour éviter les doublons inutiles et coûteux. Non seulement le PS est fermé à cette logique de rationalisation, mais il veut encore en rajouter des couches dans la complexité administrative !

Pour suivre et participer à la campagne de Gérard VOLLORY et Sadia SILEM :

http://www.gvollory2011.com/

 

Matrix

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Il y a quelques jours, arrêté à un feu, mon regard se pose sur un panneau publicitaire de notre ville. « Le bonheur est dans la ville », tel était le slogan de l’affiche, accompagné d’une photo de cadre urbain. J’ai cru tout d’abord qu’il s’agissait de promotion immobilière. Mais non, le « signataire » était le Grand Lyon, ce que j’ai ensuite constaté à de multiples occasions, découvrant diverses versions de cette affiche.

Première réaction que l’on peut avoir : voilà une fois de plus le Grand Lyon dans le rôle de l’annonceur publicitaire. On connaissait déjà le montage « Vélo’v » qui intégrait la création de nombreux panneaux publicitaires sur l’espace public. Une fois encore le Grand Lyon fait du remplissage publicitaire de ces panneaux.

Deuxième interrogation : est-il bien opportun pour le Grand Lyon d’engager une telle campagne publicitaire « d’auto-persuasion » ? Le bonheur est dans la ville ! On peut le penser, il faut le souhaiter et s’en préoccuper, mais est-ce à la collectivité de le marteler ainsi avec nos impôts ?

En m’interrogeant, je me suis dit que cela pouvait participer d’une politique générale visant à freiner l’étalement urbain. C’est un peu tiré par les cheveux, mais bon… Mais même dans ce cas là, pas sûr que ce soit de la compétence communautaire.

Quant au bonheur rue Garibaldi ! Oui un bonheur complet… dans vingt ans !

L’art de réduire les possibles

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Il y a quelques jours se tenait – enfin !- au Grand Lyon la réunion de lancement de la concertation sur le réaménagement de la rue Garibaldi. Après quelques jours de réflexion, voici quelques réactions à cette réunion présidée par Gérard Collomb.

Premier constat marquant : la forte participation, qui démontre l’intérêt du dossier pour les Lyonnais de la rive gauche, mais ce n’est pas une surprise. Ce fut une intéressante réunion d’introduction de cette concertation.

Je poursuis par une autre satisfaction. Gérard Collomb a vanté la création du nouveau carrefour avec les rues Arménie/Pensionnat. Cela avait été pour l’équipe d’arrondissement du mandat dernier un combat acharné, et j’avais fortement œuvré en ce sens avec le Conseil de quartier de Voltaire-Part Dieu et les associations. Une reconnaissance qui fait plaisir a posteriori !

La concertation sur cet important projet va porter sur les aménagements le long du nouvel axe Garibaldi, sur les aménagements des espaces publics qui jouxtent la rue, et sans doute sur le nombre de voies de circulation qui seront maintenues. Par contre trois points et non des moindres ne sont pas discutables. Il faut le regretter et les motifs invoqués par le Maire de Lyon sont peu recevables.

La suppression des trémies tout d’abord. Je n’ai pas d’avis arrêté, général, sur la question. J’attends que l’on me démontre la faisabilité de la mise à niveau, en termes d’écoulement du trafic. J’ai en tous cas relever une contradiction. Le Maire de Lyon nous dit que les trémies n’ont aucune utilité dans la mesure où il y a des feux sur l’itinéraire. Son propos est le suivant : à quoi cela servirait-il d’éviter des croisements, si le flux de circulation est arrêté plus loin ? Tout dépend en fait du temps de vert qu’il faut laisser aux différents axes qui coupent Garibaldi. Par ailleurs, on nous explique que le trafic moyen sur l’axe Garibaldi varie de 13 000 véhicules/jour à 30 000 véhicules/jour selon les sections. Une part importante du trafic entre ou quitte en effet Garibaldi le long du parcours. Cela veut dire que les conditions d’écoulement du trafic ne sont pas les mêmes tout le long de l’axe. S’il est possible de gérer un carrefour en surface à un endroit, ce n’est pas forcément le cas ailleurs.

Concernant les trémies, la question a été posée par des habitants de leur réutilisation ; une proposition balayée par le Maire de Lyon au motif qu’il ne concevait pas la vie en ville, sous terre. Certes, il ne s’agit pas de prévoir de créer des bureaux ou des logements dans les trémies ! Mais faut-il pour autant exclure d’autres réutilisations ? A l’heure où l’on parle de densifier la ville, ne faut-il pas ouvrir la réflexion ?

Autre point qui n’est pas discutable : le tronçonnage du projet sur plusieurs mandats. Sur le mandat 2008-2014, seule la (petite) section Vauban (6e)-rue Bouchut (3e) sera réaménagée. Le reste attendra (encore) au moins 2014-2020 ! Gérard Collomb justifie cet étalement, qui devient maintenant historique, par la nécessité de ne pas multiplier les chantiers pour ne pas gêner la circulation ! Plus c’est gros, plus ça passe. La réalité est bien sûr tout autre : c’est encore le résultat d’un arbitrage entre les projets. Rappelons encore ce qu’écrivait Thierry Philip dans son programme électoral : « Nous créerons un parcours vert tout le long de la rue Garibaldi… Ce projet annoncé par Gérard Collomb en Novembre 2007 est budgété dans le plan de mandat 2008-2014 à hauteur de 55 millions d’euros (sic) ». On nous aurait trompé ?

Ce tronçonnage dans le temps est bien sûr extrêmement décevant pour des quartiers qui attendent un mieux vivre depuis déjà 10 ans. C’est aussi une incohérence majeure de la politique des déplacements. Car tant que l’aménagement n’est pas complet, il n’y aura ni itinéraire continu Sud-Nord pour les transports en commun, ni voie verte pour les vélos. Belle opportunité perdue.

Une dernière remarque pour le sourire. J’ai bien noté que le Maire de Lyon avait préféré sa place habituelle à la tribune du Conseil du Grand Lyon plutôt que la place qui lui avait été réservée au centre de l’hémicycle avec les autres élus. Faut-il y voir une rupture définitive avec le Ségolénisme, en refusant ainsi un des principes fondateurs de la démarche participative royaliste ?

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