Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Étiquette : Grenoble

Changez d’équipage !

cockpitEn fin de semaine dernière, s’est tenue la dernière session du Conseil régional Rhône-Alpes… une session qui fut à l’image de la mandature : des délibérations qui laissent de côté des besoins essentiels des Rhônalpins, des positions déconnectées des réalités et une dynamique régionale toujours bloquée par les divergences des composantes de la “majorité“. Et pourtant, comme un couple au bord de la rupture qui veut donner l’illusion de l’harmonie dans les dîners en ville, PS et Verts s’étaient bridés en début de session. Mais patatras, après une première fissure lors du vote des volets territoriaux du contrat de plan, la fracture s’est imposée à l’occasion d’un vœu sur le soutien à l’industrie microélectronique.

Quelques jours plus tôt, alors que des menaces planent sur certaines activités de STMicro à Grenoble, Jean-Jack Queyranne avait lancé l’idée d’un airbus européen de la microélectronique. Mais voilà que le Front de gauche revendique en pleine session la paternité de cet airbus de la microélectronique ! Et voici aussi les Verts qui mettent en avant leur version de l’airbus de la microélectronique. Une véritable escadrille d’airbus !

Mais au-delà de cette querelle d’égos partisans, c’est le fond qui est consternant. Alors qu’il s’agit effectivement de parvenir à conforter le pôle microélectronique grenoblois, pour préserver et développer l’emploi, les composantes de la majorité régionale étalent leur absence de vision commune.

Le Front de gauche parle développement de l’industrie, mais chacun a bien compris à quel modèle industriel pensent ses élus régionaux proches de la CGT. Un modèle fait de contrôle politique sur l’activité qui ne peut que dissuader les investisseurs. Les Verts mettent eux-aussi en avant dans le vœu qu’ils proposent la conditionnalité des aides, mais personne n’oublie aussi que depuis cinq ans, ils n’ont cessé de s’opposer aux nanotechnologies pour des raisons idéologiques. Queyranne a été contraint de reconnaître que voter ce vœu des Verts, ce serait “envoyer un très mauvais signal” pour l’investissement dans la microélectronique à Grenoble. Voilà, on ne pouvait démontrer plus clairement que cette “majorité” n’est pas en mesure de faire les choix stratégiques pour le développement économique et l’emploi. Mauvais signal ? C’est cette coalition qui est par nature un mauvais signal !

Alors pour rester dans l’image aéronautique, pour notre sécurité économique, que ces composantes de la gauche plurielle quittent le cockpit ! Il faut un nouvel équipage pour la grande région.

Crash test ?

Grenoble a été plusieurs fois dans son histoire un laboratoire politique. Mais la semaine dernière, la ville a plutôt été le cadre d’un crash test pour la coalition rose-rouge-verte du Conseil régional.

L’annonce de la destruction d’un lycée de la ville, à défaut de sa réhabilitation, a mis le feu aux poudres entre PS et Verts locaux. Il est vrai que l’on a parfois tendance à oublier, vu de Lyon, que les Verts sont dans l’opposition à la Municipalité PS de Grenoble. Mais cette affaire locale a rapidement pris une tournure régionale. Le Président du groupe PS à la Région s’en est pris « vertement », si j’ose dire, aux Verts, dénonçant leurs exigences et oppositions qui « écornent sérieusement la cohérence de notre majorité ». Bel aveu ! (rétrospective ).

Il est vrai que ces dernières semaines ont largement illustré la difficulté de cette majorité à s’entendre. Traductions concrètes, certaines délibérations de l’exécutif ont été retoquées par l’Assemblée régionale. Et le constat est le même dans les groupes de travail, avec d’un côté des Verts arc-boutés sur des positions de principe et des élus PS qui voudraient continuer à gérer les affaires comme avant… et des élus Front de gauche et PRG qui essayent de faire entendre leur petite musique. On voit bien aussi que l’extrême lenteur qui marque le début de cette mandature trouve une bonne part de son explication dans ces oppositions et rivalités, et les incontournables négociations qui en découlent.

Tout cela ne porte toutefois pas à sourire. Il apparaît que les Rhônalpins ont largement été trompés par une offre de coalition de circonstance. Pendant que cette « majorité » joue à se faire peur, le temps passe… alors que les enjeux du moment (en matière d’emploi, de sortie de crise, de grands événements, d’infrastructures…) exigent plutôt une politique régionale pointue, réactive et déterminée.

On peut avoir aussi une autre crainte, celle de voir la dépense régionale poursuivre dans la « non maîtrise » pour « arroser » à la fois ici et là, et contenter ainsi les différents soutiens politiques. C’est souvent une solution pour faire taire les oppositions les plus virulentes. Mais on est bien loin de la nécessaire recherche d’économies, pas plus que cela ne fait une politique régionale !

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