Avr 10

drapeaux

Il faudra que les jeunes soient au cœur de la campagne pour les élections nationales de 2012 : parce que leur vision est précieuse pour construire le devenir de la France et parce que les conséquences de ces élections détermineront largement leur avenir d’adulte. Dans ce contexte, j’ai pris connaissance avec un grand intérêt de l’enquête « 2011 la jeunesse du monde » qui montre que les jeunes Français sont ceux qui sont le plus satisfaits de leur situation, tout en étant les plus pessimistes pour l’avenir.

Cette enquête planétaire a été réalisée par Fondapol auprès de 33 000 jeunes de 25 pays, ayant entre 16 et 29 ans. Le principal intérêt de cette étude est de montrer les différences de perceptions de la jeunesse, selon les pays. A mon avis, elle présente des surprises pour ce qui est de l’opinion des jeunes Français.

Premier constat : les jeunes Français apparaissent plutôt satisfaits de leur situation personnelle : 83 % disent ainsi être satisfaits de leur vie. C’est le 2e niveau le plus haut parmi les pays européens (la moyenne européenne est à 78 %), et il se situe aussi au plus haut au plan mondial. Par ailleurs, 61 % des jeunes Français sont satisfaits de leur travail : c’est le plus haut niveau en Europe, et le 2e rang au plan mondial. Par rapport au travail, les jeunes Français sont ceux qui témoignent du plus grand équilibre entre les trois dimensions suivantes d’une carrière réussie : un bon salaire, un travail intéressant et une bonne ambiance de travail. Ces résultats ne doivent bien sûr pas occulter le problème crucial du chômage des jeunes, qui est l’un des premiers défis de notre société. Mais les résultats de cette enquête, pour d’autres pays avec un chômage élevé chez les jeunes, ne sont pas au niveau de ceux de la France pour la satisfaction au travail.

2e constat : si les jeunes Français sont ceux qui semblent les plus satisfaits de leur situation personnelle, ce sont pourtant ceux qui affichent un pessimisme record. 17 % seulement pensent que l’avenir de la France est prometteur, soit un niveau très bas, comme chez nos voisins européens (25 % en Allemagne, 20 % en Espagne, 22 % en Italie). La situation est différente hors d’Europe : 37 % aux USA, 49 % en Israël, 59 % en Russie, 65 % au Canada, 82 % en Chine ! Des résultats qui font toucher du doigt les problèmes de la « vieille Europe ».

Pour compléter ce constat préoccupant : 53 % des jeunes Français jugent leur avenir personnel prometteur (61 % en Europe, 56 % en Allemagne), et 49 % sont certains d’avoir un bon travail dans l’avenir (71 % en Allemagne, 65 % en Europe).

3e série de constats, sur les projets de vie des jeunes, qui ne manquent pas d’intérêt. Pour les jeunes Français, la première concrétisation d’une vie satisfaisante, c’est de fonder une famille (47 % des interviewés pour une moyenne européenne de 39 %). Quant à leurs projets dans les 15 ans, le plus fréquent chez les Français est d’acquérir son logement (68 % soit le record mondial), et ensuite d’avoir des enfants (58 %, 2e rang mondial).

Résultat intéressant aussi sur une question de société qui figure à l’agenda politique : 67 % des jeunes Français jugent que les immigrés doivent s’intégrer dans le pays d’accueil, soit un niveau élevé que l’on retrouve aussi en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis et au Canada, les résultats sont respectivement de 43 % et 53 %. Ces résultats pour la « vieille Europe » semblent assez éloignés de l’image que l’on voudrait parfois nous imposer d’une jeunesse aspirant à une société mondialisée, fondée sur le multiculturalisme.

Alors que penser de ces résultats, quelle conclusion en tirer pour le projet pour la France que nous devons construire ? Comment interpréter notamment la contradiction entre une situation personnelle actuelle vécue comme relativement satisfaisante (en comparaison avec la situation dans d’autres pays) et le fort pessimisme pour l’avenir : la conviction que le « modèle » français ne pourra plus « tourné » comme dans le passé, une confiance dans l’avenir sapée par l’autodénigrement, 1er sport national, ou encore la difficulté à faire adhérer la jeunesse à un projet « de conquête » ?

Cette enquête planétaire confirme en tous cas l’élan qui existe hors d’Europe, dans les pays « émergents » et ailleurs. Rien que cela doit nous amener à réfléchir.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

Déc 05

Le Maire du 3e arrondissement vient de réaliser une visite médiatisée du campement de fortune de Villette, occupé par des Rroms, selon les informations diffusées. Cela a été l’occasion pour Thierry Philip de développer une nouvelle fois sa « doctrine » sur une question qui s’avère effectivement complexe.

Ce campement s’est monté sur un terrain du Conseil général, entre la voie SNCF et la voie du tram. La première préoccupation est celle des conditions d’hébergement des familles qui l’occupent : vie sous des tentes alors que l’hiver arrive, hygiène, sécurité du fait de la proximité des voies. Se pose aussi la question de ce qui se transforme en bidonville au cœur de la ville.

C’est la 3e fois cette semaine (en CICA, lors de l’AG du CIL Villette Paul Bert et dans le Progrès) que Thierry Philip développe sa « doctrine ». Le discours est bien rodé et habile – je pense que si le campement se trouvait quelques mètres plus loin, sur un terrain de la Ville ou du Grand Lyon, il serait sans doute un peu différent -… Après avoir évoqué la dimension humaine du sujet, il s’étonne que le Conseil général ne fasse pas appel de la décision de justice qui empêche l’expulsion, puis souligne que c’est à l’Etat de régler le problème, en visant bien sûr le Gouvernement.

Je crois que l’on peut pointer que s’il n’y avait pas eu le gros raté du Grand Lyon lors de la réalisation du T3, qui a conduit à faire contourner provisoirement l’îlot de l’impasse Millon par le Tramway, condamnant ainsi l’aménagement définitif de l’Esplanade Dauphiné-Villette pour de nombreuses années, nous n’en serions pas là. Il n’y aurait sans doute plus ce vaste terrain vague au cœur de l’arrondissement. Voici un héritage du premier mandat de la gauche à Lyon, qui risque d’ailleurs aussi de se traduire par l’édification d’un dépôt du tram à cet emplacement…

Mais pour revenir au cœur du sujet, oui le dossier est complexe. On peut s’étonner de la décision de justice qui empêche la fermeture de ce campement et de ses motivations, alors même que le séjour en France est soumis à conditions. Est-il réellement opportun de légitimer l’occupation sans droit d’un terrain pour y édifier un campement sauvage, au motif qu’il n’y a pas de projet de construction immédiat ? Et puis ce dossier est complexe car au-delà du devenir du site, se pose la question du devenir des personnes qui occupent le campement. Et effectivement c’est bien une question qui relève largement de l’Etat et de l’Europe puisqu’elle touche à la question des flux migratoires.

Mais en la matière, je voudrais inviter le Maire du 3e à pousser sa réflexion encore plus loin, pour être pleinement cohérent dans son approche et sa communication. Car on ne peut, comme le font les élus socialistes en ce moment, dénoncer au quotidien avec outrance la politique du Gouvernement en matière d’immigration, l’accusant de trop de sévérité, et en même temps en appeler à des solutions nationales. Pour éviter les conséquences humaines désastreuses de ces flux migratoires, il faut effectivement soutenir le développement dans les pays d’origine. Mais il faut aussi éviter d’émettre des signaux tendant à faire croire que la France accueillera toute la « misère du monde ». Une attitude plus responsable de la gauche en la matière serait la bienvenue.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , ,

Mai 24

Début de long week-end avec un énervement certain quand je prends connaissance des déclarations du président PS du Conseil général du Pas-de-Calais. Celui-ci vient de refuser la location cet été d’une cantine de collège par une compagnie de CRS.

 

En tant que propriétaire des locaux, ce président de conseil général peut effectivement prendre cette décision. C’est sa responsabilité. Il rendra des comptes aux conseillers généraux qui l’élisent et ces derniers à leurs électeurs. Par contre, les déclarations de cet élu sont graves, puisqu’il motive sa décision par le fait que les CRS feraient la ” chasse aux migrants. Comment un élu peut-il s’en prendre en ces termes à une force de sécurité de la République qui exerce sa mission ? D’après ce que je comprends, ces CRS viennent l’été à Calais pour sécuriser les plages, et leur présence permet aussi de contribuer à la politique de lutte contre l’immigration irrégulière, dans une région particulièrement concernée par cette problématique.

 

Bien sûr, nous sommes en campagne électorale. Pour tenter de gagner des suffrages, des élus PS n’hésitent pas à faire de la surenchère pour éviter des transferts de voix vers l’extrême gauche. Mais ce faisant, ces responsables politiques jouent avec le feu ; en s’attaquant ainsi à l’Etat, ils ouvrent la voie à d’autres remises en cause.

 

Puisque l’on se trouve en pleine campagne européenne, ces déclarations apportent en tous cas un éclairage intéressant de la vision que les socialistes peuvent avoir de la politique de maîtrise de l’immigration, surtout quand elles sont le fait d’un élu d’une région qui se trouve au cœur des flux européens de migrants, suscités par des filières organisées d’immigration, qui exploitent la misère humaine. Elles relativisent aussi les postures qui se veulent “responsables” d’autres notables socialistes, car je n’ai pas entendu ce week-end de regrets de ce parti sur ces paroles.

 

Autre déclaration pour terminer ce week-end : celle de l’impôt sur le revenu. Comme beaucoup, j’ai encore attendu le dernier week-end pour entreprendre cet exercice, heureusement effectivement plus simple avec la déclaration pré-remplie.

 

En le faisant, il me revient à l’esprit que, chaque année, le remboursement des seuls intérêts de la dette de la France représente une somme équivalente aux ¾ du produit de cet impôt sur le revenu ! Qu’en sera-t-il demain, quelle part de l’impôt sur le revenu de nos enfants servira à payer les intérêts de notre dette ?

 

 

Cette période de crise est bien sûr particulière, puisqu’il faut de toute urgence relancer l’activité, et donc se donner les moyens de le faire, fut-ce au prix d’un déficit budgétaire accru. Mais quand on mesure le poids de notre dette, on comprend que le Gouvernement veille à ce que cette dépense budgétaire de relance aille d’abord à l’investissement, et qu’il garde le cap de l’assainissement budgétaire pour la sortie de crise, malgré les oppositions de ceux qui font de l’anti-réforme et du corporatisme leur seule ligne politique.

 

Pierre Bérat

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