Sep 25

Voici la vidéo de mon intervention en Conseil municipal de Lyon du 25 septembre 2018, à propos du projet d’extension du groupe scolaire Léon Jouhaux.

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Déc 09

dsc00763Pour faire face à l’augmentation du nombre d’enfants à scolariser à la Part-Dieu, la Ville de Lyon fait le choix de réaliser une extension du groupe scolaire Léon Jouhaux. Le conseil d’arrondissement du 28 novembre a examiné le lancement des études pour ce projet. Ce choix me semble être une double erreur, pédagogique et urbanistique.

C’est une erreur pédagogique car le groupe scolaire Léon Jouhaux est déjà une “grosse” école de 19 classes. Après l’extension, elle en comptera 23. Or chacun sait que les élèves étudient dans de meilleures conditions quand l’école est de taille limitée. L’adjointe aux affaires scolaires de la Ville de Lyon, Anne Brugnera, le reconnaissait d’ailleurs lors du conseil municipal de septembre : “au delà de 17 classes, c’est difficile de gérer” disait-elle ! Et le choix est d’autant plus inapproprié qu’il faudra créer une cour de récréation sur une partie de la place des Martyrs de la résistance, avec une rue à traverser…

C’est aussi une erreur urbanistique, car la logique voudrait que l’urbanisation de la Part-Dieu s’accompagne de la création d’une nouvelle école, au cœur même du projet urbain. Ce serait rendre un meilleur service aux nouveaux habitants, et ce serait amener de la “vie quotidienne” et de la convivialité au cœur de la nouvelle Part-Dieu. C’est en général ce qui se passe dans le cadre des ZAC : les constructions d’immeubles s’accompagnent d’équipements nécessaires à la vie des habitants. Prenez le nouveau quartier de la Buire. Que serait-il sans l’école Aimé Césaire et le Parc Jacob Kaplan ? Une zone à forte densité d’habitat, sans âme.

Or nous savons que l’une des faiblesses du quartier Part-Dieu, c’est qu’il manque de lieux de vie au quotidien. La Ville de Lyon laisse ainsi passer une occasion d’utiliser l’un des terrains en mutation pour y créer une école. Un choix d’autant plus regrettable que l’un des rares équipements existant, la Maison de l’enfance du 3e Ouest, va quitter la rue Desaix.

Certes, la construction d’une nouvelle école aurait couté plus cher. Mais cela aurait été un investissement confortant le projet urbain “Part-Dieu”.

Depuis des années, avec d’autres, je dénonce un projet urbain qui oublie les fonctions du quotidien, la qualité de vie, qui ne donne pas réellement leur place aux habitants. La promotion du projet a repris notre slogan de “quartier à vivre”, mais il manque toujours de contenu réel ! La Part-Dieu est d’abord faite pour l’activité économique et les visiteurs. Ce choix de ne pas créer une nouvelle école en est une illustration concrète.

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Mai 20

Quel bilan tirer en matière de concertation après 5 ans de gauche plurielle dans le 3e arrondissement ? Attention, sur ce sujet de la démocratie participative, comme sur celui de la culture, nous sommes dans le domaine réservé de la gauche ! Elle serait la seule à en maîtriser la théorie et la pratique… Que pouvons-nous constater dans le 3e arrondissement ?

Le premier constat que l’on peut faire, c’est celui d’une concertation très étroitement encadrée. L’adjoint à la démocratie de proximité est le spécialiste en la matière, qui ne manque pas une occasion d’affirmer en préambule des réunions, ou de “faire un rappel au réglement”, pour tracer la frontière de ce qui est discutable dans les projets. Avec une telle approche, nos élus de gauche semblent douter de la capacité des citoyens à avoir un avis sur toutes les dimensions d’un problème. Ces cadrages donnent la malheureuse impression d’un père de famille traçant à ses enfants les limites du terrain de jeu… Cette concertation encadrée est bien sûr inacceptable, et je sais que nombreuses sont les personnes impliquées dans les conseils de quartier à partager ce point de vue. Cela explique d’ailleurs les nombreux abandons et démissions des conseils de quartier, que l’histoire municipale officielle tient bien sûr à gommer…

Dans les limites qui sont fixées par nos élus de gauche, ce que l’on peut dire c’est qu’il y a eu du bon et du moins bon en matière de concertation dans le cadre des conseils de quartier. Il faut reconnaître que sur certains projets de proximité, cette concertation a été réelle.

Mais, globalement, notre arrondissement a connu de grosses lacunes en matière de concertation.

Notons d’abord que certaines décisions ont été prises en l’absence de toute concertation : urbanisation du quartier de la Buire, création du terminus du tram pour le Grand Stade sur l’Esplanade Villette, modification à venir de l’itinéraire du C13 (l’information n’est pas concertation), réaménagement prévu de la place de Francfort (l’absence de concertation a conduit in fine au blocage du projet).

Pour l’aménagement des friches RVI et Merck, là encore, la concertation a été absente. La Mairie PS du 3e arrondissement ose écrire dans son bilan de mandat : “RVI une page nouvelle s’écrit, projet concerté avec vous” ! C’est l’un des mensonges du document. Car ces dernières années, aucune réflexion participative n’a été menée avec les habitants pour savoir comment ils voyaient le futur de ces “morceaux de ville”, au coeur du 3e (voir sur ce blog tous les billets que j’ai pu écrire sur le sujet). Nos édiles ont décidé pour nous, imposant leurs choix.  Le seul élément qui soit concerté, c’est l’aménagement interne de l’espace vert prévu dans le projet global. Je pense pour ma part que les choix sur le devenir de la Ville et de ses composantes peuvent aussi être concertés, bref une concertation sur l’urbanisme est possible et nécessaire.

Enfin nous souffrons aussi dans le 3e arrondissement de la concertation “écran de fumée”. J’entends par là les opérations de communication à gros budget censées apporter les informations et collecter le point de vue des habitants. Celle sur l’aménagement de la rue Garibaldi était dans cette lignée. Mais le summum est atteint avec la concertation “Part-Dieu 2020”, le Grand Lyon organisant un show autour du projet sans pour autant délivrer les informations qui impactent directement les habitants concernés, et sans prendre le temps de les écouter. La manipulation apparaît clairement lors des conférences du projet au cours desquelles des experts débatent pendant deux heures des concepts, avant de laisser la place à quelques questions des habitants, auxquelles nos élus daignent répondre… tant que ces questions sont jugées d’un “bon niveau”.

Bref, le 12e engagement de la gauche plurielle du 3e arrondissement, “concerter pour mieux décider” est bien imparfaitement tenu. D’abord parce que la non-concertation existe dans certains cas, et que dans d’autres, il s’agit d’une concertation “accessoire” ou “encadrée”. Ne sont concertées que les décisions “de détail”. Je pense pour ma part que l’avis des habitants est utile sur la finalité des projets, la conception de l’aménagement des quartiers, et pas seulement sur l’emplacement des poubelles ou des bancs sur l’espace public.

 

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Fév 12

Dans son discours d’investiture en tant que maire d’arrondissement, Thierry Philip déclarait « Nous ne dirons jamais, ce n’est pas nous, ce n’est pas de notre faute, ce n’est pas de notre responsabilité. Tout dossier du 3e sera défendu à la Ville et au Grand Lyon jusqu’à son aboutissement ». Normal, c’est la vocation d’un Maire d’arrondissement. Aussi, je suis particulièrement surpris du traitement de quelques « affaires » locales ces dernières semaines.

Sur son blog le 4 janvier, le Maire du 3e répondait ainsi à un membre de conseil de quartier qui lui reprochait de ne pas avoir pleinement participé à une réunion sur la ZAC de la Buire prévue de longue date,  préférant une réunion de la campagne des régionales : « J’ai fait l’introduction pour la réunion de la Buire, en expliquant que la Zac n’était pas à ce stade sous la responsabilité de la mairie mais de l’opérateur privé qui était présent ».

Autre fait particulièrement significatif, à la fin du dernier conseil d’arrondissement, des habitants ont manifesté leur opposition à l’installation d’une nouvelle antenne de téléphonie mobile avenue Félix Faure, demandant un appui de la Mairie. Le Maire du 3e a refusé tout dialogue, prétextant que la question relevait de la Mairie centrale ! Et il a laissé l’adjointe verte Mireille Roy traiter le mécontentement… (à rapprocher de mon post « Zizanie »).

Une habitante du 3e me faisait part dernièrement de sa surprise d’avoir trouvé le Maire dans sa résidence, en opération « porte à porte » pour les régionales. Elle me disait « il ferait mieux de s’occuper des problèmes du cadre de vie ». On pense bien sûr à la propreté, pour laquelle non seulement la situation ne s’améliore pas mais se dégrade plutôt. Et en la matière, on rappellera que le Maire du 3e n’a même pas à jouer l’intermédiaire avec d’autres puisqu’il est aussi le Vice-Président du Grand Lyon à la propreté.

Je suis d’accord à la fois avec la réaction de cette dame, et avec le discours d’investiture : ma conception de la mission de maire d’arrondissement, c’est d’abord une action résolue pour résoudre tous les problèmes de proximité, même quand l’action consiste à œuvrer auprès d’autres autorités responsables. Mais il est vrai qu’un tel rôle est difficile à assumer dans une situation de boulimie de mandats électifs : Maire d’arrondissement, Vice-Président du Grand Lyon chargé de la propreté et Vice-Président du Conseil régional en quête de reconduction/promotion…

Pierre Bérat

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