Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Étiquette : Laurent Wauquiez

Chiffres vertueux et chiffres calamiteux

Nous avons eu jeudi dernier le premier débat d’orientation budgétaire (DOB) de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes. La stratégie budgétaire exposée par Laurent Wauquiez et Etienne Blanc, 1er vice-président, traduit notre volontarisme pour redresser la Région en respectant les engagements de la campagne.

Alors qu’elles ont augmenté en moyenne de 6 % par an depuis 2005, les dépenses de fonctionnement vont reculer pour la 1ère fois, dès cette année avec – 75 millions d’euros. Sur la durée du mandat, la baisse sera de 4 % en moyenne par an.

Cette logique vertueuse permettra de restaurer la capacité d’autofinancement de la Région, et donc d’accroître l’investissement. Plus d’investissement, ce sera bon pour nos territoires et bon pour la croissance. Entre 2016 et 2020, ce sont ainsi 4 milliards d’euros d’investissements qui seront possibles.

Cette stratégie budgétaire est particulièrement volontariste, puisqu’elle intervient dans un contexte de forte baisse des dotations de l’Etat et qu’elle intègre la promesse de ne pas augmenter la fiscalité.

Le plan d’économies de 300 millions d’euros sur le mandat est un vrai défi. Il intègre la réduction du train de vie des élus, voté dès la première session de l’Assemblée régionale : baisse des indemnités, réduction de la commission permanente… La réduction des moyens généraux (cf. ci-dessous) doit aussi y contribuer grandement. Et il faudra réviser les politiques régionales, pour plus d’efficience, en faisant notamment en sorte que la fusion des régions réalise bien l’objectif de réduction de la dépense publique.

Volontarisme politique et changement complet d’approche de l’utilisation des “impôts et taxes” versés par chacun de nous. Car ce débat d’orientation budgétaire a aussi été l’occasion de revenir sur des chiffres calamiteux de l’ancienne majorité : 170 000 euros par an de frais de taxi !… alors qu’il y avait en plus 150 voitures de fonction (qui seront ramenées à 90). 780 000 euros de prestations pour l’organisation des expositions au siège de Confluence ! Il faut clairement rompre avec ces pratiques de gaspillage des fonds publics.

Il faudra enfin mieux contrôler l’usage des fonds publics par les organismes subventionnés par la Région. La session de jeudi dernier a aussi été l’occasion de présenter le rapport de la CRC sur la Villa Gillet. Ce dossier illustre bien le laxisme de la gestion socialiste, du côté de la Région “Queyranne”… mais aussi de la Ville de Lyon, Gérard Collomb n’hésitant pas à déclarer en Conseil municipal qu’il n’est responsable de rien dans les dérapages puisque la Région était le principal financeur… La Ville de Lyon contribuait quand même à hauteur de 220 000 euros par an. Pour Gérard Collomb, 220 000 euros, c’est donc une dépense accessoire, qui n’est pas à surveiller !

Au travail

La mise en place de la nouvelle Région se poursuit, à un rythme soutenu, avec l’installation des commissions jeudi et vendredi derniers.

Je suis très heureux et honoré d’assurer la Présidence de la Commission “Enseignement supérieur et Recherche” pour ce mandat régional.

Le rôle des commissions est de contribuer à la préparation des décisions du Conseil régional et de la Commission permanente, en examinant et donnant un avis sur les projets de délibération de l’Exécutif.

Le travail de la Commission dont j’ai la responsabilité va donc se faire en étroite liaison avec le Vice-Président Yannick Neuder, chargé de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Deux vice-présidents de la commission vont assurer avec moi son animation : Jean-Louis Guyader, conseiller régional de l’Ain et Jean-Pierre Brenas, conseiller régional du Puy-de-Dôme. Nous formons ainsi un pack en lien avec les territoires des trois rectorats, de Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand, et nous pourrons ainsi bien travailler avec nos grands pôles d’enseignement supérieur et avec tous les sites dans les villes moyennes.

Pour ce mandat, je siégerai aussi dans les commissions suivantes :

  • “Transport, Aménagement du territoire et Infrastructures”, avec de nombreux dossiers importants (la convention avec la SNCF pour les TER, les aéroports régionaux, le devenir des CDDRA…),
  • “Numérique”, avec de nombreux projets du Président Laurent Wauquiez et de la Vice-Présidente Juliette Jarry pour dynamiser cette politique,
  • “Action sociale, Politique de la Ville et Logement”, commission dont j’étais déjà membre dans le mandat dernier.

100 jours !

Dans 100 jours, les Auvergnats/Rhônalpins auront choisi leur avenir au sein de la grande région Rhône-Alpes/Auvergne. Après 10 ans de gauche plurielle en Rhône-Alpes, ces élections régionales sont en enjeu majeur. Pourtant, pour de multiples raisons – perte de confiance en la politique, mode de scrutin qui ne favorise pas l’affirmation des Régions, graves menaces mondiales qui occupent les esprits…-, il est possible que les Français peinent à s’y intéresser.

Quelques mots pour rappeler les raisons pour lesquelles ces élections méritent intérêt, mobilisation et clarté du choix.

Commençons par souligner qu’elles seront une nouvelle et déterminante occasion pour les Français d’engager une dynamique pour une autre politique pour la France. Après le succès des élections départementales, les régionales doivent renouveler l’expression du ras-le-bol face à l’impasse socialiste, ses erreurs et sa démagogie.

Ensuite, soyons conscients que les Régions ont les moyens d’apporter des réponses aux grandes préoccupations des Français.

L’emploi. En charge du développement économique et de l’appui aux entreprises, les Régions peuvent contribuer fortement à la création d’un environnement favorable à la dynamique entrepreneuriale, à la création de richesses et donc au développement de l’emploi. Leur rôle en matière de formation et d’orientation doit permettre de rapprocher les demandeurs d’emploi des opportunités professionnelles. Je regrette d’ailleurs que la loi NOTRe ne soit pas allée plus loin dans le rôle confié aux régions. Dans le contexte d’atonie économique que nous connaissons en France, c’est une responsabilité fondamentale des Régions. La majorité sortante a échoué dans ce domaine, empêtrée dans ses blocages idéologiques, son saupoudrage clientéliste et sa culture de la bureaucratie. En 10 ans, elle a fait de la puissance régionale Rhône-Alpes une région banalisée au plan économique. Les derniers chiffres régionaux du chômage ne montrent pas d’amélioration (+ 5,1 % sur un an). Quant à la création de richesses, nous sommes bien loin du potentiel de notre belle région : un PIB par habitant qui a moins progressé que la moyenne de l’UE depuis 2010 et deux fois moins (!) que notre région partenaire du Baden Würtemberg ou que la région de Stockholm.

L’avenir des jeunes. Outre une politique générale favorable à l’emploi, la Région peut impulser une politique d’orientation clairement tournée vers les débouchés professionnels. Elle peut favoriser le développement de l’apprentissage. Deux sujets sur lesquels le bilan de l’équipe sortante est médiocre. + 31,7 % pour le chômage des jeunes depuis 2010. Et la Région, c’est aussi la responsabilité d’assurer les meilleures conditions d’études au lycée et leur ouverture sur leur environnement.

La sécurité. Certes, la Région n’est pas l’acteur premier de notre sécurité compte tenu de ses compétences. Mais il y a deux domaines où elle doit s’en préoccuper. Celui des lycées, car la Région doit s’engager pour protéger les jeunes des violences et nuisances qu’ils sont susceptibles de rencontrer dans l’environnement scolaire. Celui des TER ensuite, car les milliers de Rhônalpins qui fréquentent quotidiennement gares, trains et cars pour leurs déplacements doivent pouvoir le faire en toute quiétude. La Région doit donc intégrer la menace terroriste ainsi que se donner les moyens de lutter contre les fauteurs de troubles du quotidien. Entendre Jean-Jacques Queyranne annoncer fièrement il y a quelques jours que quelques TER ont une vidéoprotection activée souligne l’ampleur du retard que nous avons pris.

Un cadre de vie de qualité. Les territoires de notre région sont magnifiques. Avec l’arrivée de l’Auvergne, la grande région sera encore plus riche en espaces d’exceptions. Mais ce capital nature doit être entretenu et il faut veiller à l’équilibre entre les territoires, avec le risque de pôles urbains toujours plus denses, captant emplois et richesses, et celui de perte de vitalité de certains espaces ruraux. La Région peut favoriser les bons équilibres, en matière de services dans tous les territoires (notamment en matière de santé et de commerces de proximité), en aidant (vraiment) l’agriculture, avec son rôle en matière de mobilité (TER), avec son impulsion en matière d’énergies renouvelables, avec les parcs naturels.

La maîtrise de l’immigration. Sur ce sujet sensible qui dépend de décisions européennes et nationales, la Région a bien sûr peu d’influence. Sauf que la majorité sortante, dans son soutien aux associations, a largement favorisé des approches communautaristes. Là encore, il y a sans doute d’autres priorités, y compris pour favoriser la cohésion nationale.

100 jours donc, pour un enjeu majeur.

Fin août, Laurent WAUQUIEZ a lancé au Mont Mézenc la campagne pour un Nouveau Souffle pour Rhône-Alpes/Auvergne. Car si la Région a la possibilité d’agir sur ces questions fondamentales, force est de reconnaître que la majorité sortante a endormi notre région. Avec la campagne de Laurent WAUQUIEZ pour un renouveau de Rhône-Alpes/Auvergne, la dynamique est là ! Intéressez-vous y !

Légèreté

Retour sur une semaine « de rentrée » très budgétaire avec l’intervention de François Fillon. Ce n’est ni l’actualité, ni le tir de barrage du PS qui ont été légers. Par contre, pour ce qui est des arguments de l’opposition, et de leurs propositions, là, c’est la grande légèreté.

Les sondages semblent montrer, et c’est là une bonne nouvelle, qu’une large majorité de Français est consciente que le niveau de dettes de la France n’est pas supportable, à la fois pour les années à venir, et pour les générations futures.

Au PS deux types de position : ceux qui pensent que l’on peut continuer comme cela, avec cette dette énorme, et ceux qui reconnaissent que cela n’est plus possible. Mais dans l’un et l’autre cas, il s’agit de faire croire que cet endettement s’est constitué depuis 2007, et surtout, il faut faire oublier la nécessité du Plan de relance, qu’il a bien fallu financer, quand la France, comme la plus grande partie du monde, s’est trouvée face à la plus grave crise économique et financière depuis 1945. Et pourtant rappelez-vous la fin 2008 : la position des socialistes, c’était alors de dénoncer l’insuffisance du plan de relance. Ils demandaient plus de dépenses publiques, ratio dépenses publiques de relance/PIB à l’appui, avec notamment une relance par la baisse de la TVA. Amnésie, amnésie…

Cette semaine, cela a été le tir de barrage contre la batterie de mesures présentée par le Gouvernement. Il fallait démontrer que ces mesures s’en prenaient exclusivement aux classes moyennes, la cible électorale du PS : ainsi, la classe moyenne s’est trouvée définie comme buveuse de coca cola « classique », adepte au quotidien des parcs d’attraction et revendant constamment ses résidences secondaires. Même la mesure sur les heures supplémentaires, dont les entreprises sont la cible directe, a été présentée comme pénalisant d’abord les salariés. Tiens, j’avais cru comprendre jusqu’à maintenant dans les positions de la gauche que les mesures sur les heures supplémentaires n’étaient qu’un cadeau aux entreprises sans intérêt pour les Français. Bien évidemment, pas de commentaire par contre du côté du PS sur la décision du Gouvernement, par la voix de Laurent Wauquiez, de verser un 10e mois de bourse complet aux étudiants. Ce n’était pourtant pas une décision facile dans le contexte actuel.

Le PS s’est bien gardé de commenter l’ensemble de la vingtaine de mesures censées permettre des économies de « façon équilibrée » ; pas plus qu’il ne trace de perspective sérieuse à moyen terme en matière de maîtrise de la dépense publique. Ce que l’on sait sur les leaders du PS, c’est qui a fait la bise à qui à la Rochelle… On connaît aussi le palmarès de l’hypocrisie de ses leaders sur le retour de DSK. Pour le reste, il faudra attendre.

Ah si, il y a eu quand même la référence de François Hollande à la mythologie de 1981. Merci, on connaît le résultat : la faillite en 18 mois et 30 ans de poison lent pour la société française.

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